NAVIGATION A VAPEUR
Des steamers font un service journalier entre Genève , Lausanne et Villeneuve . Trqjet , 8 heures Va*
Promenades intérieures. La Treille , jolie terrasse plantée de marronniers, est située au midi; St- Antoine , aujourd'hui place Maurice , d'où l’on découvre une vue magnifique sur le coteau de Coligny ; et, sur le lac jusqu'à Yvoire , en Savoie, Molle et Morges , dans le canton de Vaud : on y distingue aussi très-bien le mont Buet .
Observation. Le voyageur qui veut aller de Genève à Chnmouni , en Suisse ou en Italie, peut trouver des retours aux hôtels indiqués , et les Guides ou Itinéraires de Richard dans toutes les librairies de Genève. Passe-port à
GUIDE EN ITALIE
l’hùtel de ville , où Ton est obligé d’aller le prendre à midi , ou de 9 heures à 11 heures du soir , en présentant uue carte qu’on a reçue en entrant dans la ville.
On peut éviter le visa du passe-port si , en entrant à Genève, on déclare vouloir seulement traverser la ville (1).
de GENÈVE a MILAN.
Les postes sont égales à celles qui existaient autrefois en
France.
4(5 postes Vv françaises et fi postes italiennes.
De Genève à Do vaine, Thonon ,
Evian , St*Gingoux , Vionne , St-Maurice , Martigny , Riddes ,
Sion ,
Sierre ,
Tourtemagne , Viége ,
Glise ou Brigg, Berisal ,
fl
Passage du Shnplon , S Iseila (ici on arrête les passe-ports et les ba-
gages) , 2
Domo-d’Ossoia , 2
Vogognn, 2
Baveno , 3
Arona , 2
isesto-Calende (postes italiennes) , 1
Gallaratc, I
Legnareilo , l
Rho, 1
Milan , 1
La première portion de cette route , qui comprend un espace de 3C kil. à peu près en ligne droite de Genève à Thonon , n’offre ni aspects fort intéressants, ni objets particulièrement dignes de remarque. De la colline de Coligny, dont le point le plus élevé est un peu au delà du village de ce nom , à environ trois quarts de lieue de Genève , la vue
(i) Pour la description complète de Genève, voyez Guide du voyageur en Suisse , en Savoie et en Piémont, chez !.. Maison, rue Christine , * , Paris.
ROUTE 5. — DE PA !US A MILAN PAR GENÈVE. là*
s’étend d’unç manière assez agréable , d’un côté sur le mont Blanc et la première chaîne des Alpes, de l’autre sur le Jura et cette lisière de jolies habitations qui bordent sans interruption, dans un espace de 8 kil., la rive droite du lac. Une plaine aride et raonotoqe s’étend de là jusqu’à Domine ( Dovenia ) , le premier village savoyard qu’on traverse sur la route. Le paysag;e devient de plus en plus indistinct. On perd à peu près de vue le lac et ses rives ; les hautes Alpes ne se bussent plus apercevoir qu’en profil.
Dovaine, séparé du lac par une plaine de trois kil. de largeur, couverte d’arbres , et appuyé de l’autre coté sur ia pente occidentale du coteau de Boisy, pe jouit d’aucune vue. ( Ici on examine les passe-ports et les bagages. )
La route va de là continuellement en montant et en s’écartant toujours davantage du lac, jusqu’au village de Mas tongy. Mais un peu plus loin, après une montée ennuyeuse, une plaine étendue se déroule aux regards à mesure qu’on avance. On revoit le lac qu'on avait perdu de vue ; on le voit dès lors dans sa partie la plus large, formant un vaste bassiq entre la rive vaudoise et le golfe de Thonon. Thonon et lp Chartreuse de Ripaille se découvrent au milieu de ce riant paysage.
Ripaille , anciennement couvent d’augustins, avec uq beau parc, fut fondé par AraédéeVIII de Savoie : ce prince y passa les dernières années de sa vie. On prétend que le royal anachorète ne consacrait pas tous ses jours à la pénitence, mais qu’il passait une bonne partie de son temps en plaisirs et çn festins, d'où est Yenq le proverbe français ; « Faire ripaille. »
On arrive à Thonon par un chemin uni , ombragé de beaux arbres, qui donne une assez agréable apparence à l’entrée de cette capitale du Chablais.
Thonon [hôtel s la Balance) , peuplé de 4,000 hab. , a un collège, quelques fabriques et un commerce de détail assez actif. Les environs sont cultivés avec soin. Thonon était autrefois la capitale du Chablais.
A vingt minutes de marche de Thonon , on a à sa gauche le ci-devant couvent de Ripaille, dont nous venons de parler. Un épais rideau d’arbres le cache du côté de la route,
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ainsi que Ja plus grande partie du promontoire où Ripaille est situé.
A 1 kil. environ au delà, on traverse le torrent de la Dranse sur un pont soutenu par 24 arches , mais tortueux , mal pavé, et tellement étroit, que deux voitures ne peuvent y passer de front.
Sur le revers de ce coteau , à un quart de lieue de la Dranse , la route passe à Amphion , joli village connu par ses eaux ferrugineuses et toniques , dont la source sort de terre, au bord du lac , sous un hangar qui sert d’abri contre la pluie et le soleil.
D 'Amphion , en suivant la pente légèrement inclinée de la rive du lac , on arrive en moins de trois quarts d’heure de marche à
ÊVIAN ( Aquianum ) ( hôtels : du Nord , de la Poste) ,1a seconde ville du Chablais , peuplée de 1,700 hab. , fréquentée dans la belle saison par des étrangers qu’attire la beauté de sa situation , plus encore que les eaux minérales , dont il y a cependant de plusieurs natures dans le voisinage de cette ville. Evian est peut-être le point le mieux placé de toute la rive gauche pour contempler la rive opposée. La côte de Suisse s’y développe aux regards sur une étendue de 48 à 50 kilomètres.
A 4 kil. d’Évian est le village de la Tour-Rondo , non loin duquel s’arrêtait anciennement la route. On ne trouvait plus au delà, jusqu’à l’entrée du Valais, que des sentiers étroits et pénibles qui rendaient à peu près impraticable la course par terre. La nécessité de s’embarquer pour faire le trajet éloignait la plupart des voyageurs d’entreprendre le tour du lac de Genève. Cette belle promenade n’est devenue à la mode que depuis que les ingénieurs français, en sapant les masses énormes de rochers qui bordaient le lac au sudest, ont construit sur leurs débris une chaussée en terrasse dont on admire le travail.
Meillerie , jadis composée d’une vingtaine de misérables habitations entassées au pied d’une pente rapide, à 4 kil. de la Tour-Ronde, est devenue, depuis qu’une grande route la traverse, un endroit assez agréable qui présente1 l’aspect d’une prospérité croissante. On voit, en passant, des usines
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en activité et des maisons neuves qui forment comme un village moderne au-dessus des masures du village ancien. Une espèce d'auberge ou plutôt de cabaret, dont l'enseigne dorée et ciselée sent prodigieusement le xix* siècle , peut au moins offrir quelques rafraîchissements aux voyageurs à pied (t).
C'est à 1 kil. du rivage de Meillerie que le lac atteint sa plus grande profondeur, 307 mètres. Ici lord Byron manqua de périr dans une tempête. Rousseau, dans sa Nouvelle Héloïse, a conduit aussi vers ce port St-Preux et madame de Wolmar, poussés par un orage. Sur le rivage opposé s'aperçoivent Clarens et les murs blancs du château de Chillon.
Au delà de Meillerie, le paysage devient à chaque moment plus imposant et plus agreste. Toutes les proportions grandissent. On arrive au pied de ces fameux rochers que la poudre à canon a mutilés sans leur ôter leur âpreté primitive.
Quand la vue , attristée par l’aspect sauvage de ces rochers , se reporte sur le bassin du lac et sur ses rives , on découvre à peu de distance devant soi le joli promontoire où est situé
Sàint-Gingolph [hôtel : la Poste ), avec ses vergers qui s'abaissent en pente douce jusque vers la grève , et les embarcations dont le vent agite les banderoles dans ce petit port. Pop. 600 hab.
Avant d'y arriver, on passe sur l'emplacement un peu incertain de l'antique Taurelunum , bourg florissant au temps des Romains, anéanti, l'an 563 de notre ère, par la chute d'une partie de la montagne voisine.
On compte à peu près 4 kil. de Saint-Gingolph au hameau du Boverely auprès des bouches du Rhône. Cette dernière portion de la rive gauche offre une suite de tableaux auprès desquels toutes les descriptions sont pâles et inanimées.
Du Boveret au Port- Valais y on perd tout à fait de vue le lac. La route est, de temps à autre, encaissée entre des
(t) La lotte est un poisson délicieux que le gourmand doit demander.
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rochers verticaux taillés régulièrement , et formant comme des murailles de chaque côté du chemin. Bientôt on arrive à Mùraz, qui n’offre rien de remarquable que ce mouvement général d’améliorations qui s’observe, depuis une vingtaine d’années, dans tout le Valais, Un clocher en obélisque signale de loin Monthey , au milieu des bois de châtaigniers qui ombragent le paysage.
En sortant de Montkey par le pont de la Viége , la vue se porte sqr un massif de hautes montagnes qui se présentent en face sur la rive droite, et qui croissent en élévation et eu âpreté à mesure qu’elles s’approchent de l'extrémité de la vallée que leurs bases vont bientôt fermer. Eiies sont couronnées par une suite de sommités coupées à pic du côté du Rhône, s’élevant par gradation rapide jusqu’à la Dent-de- Morele , la plus haute d’entre elles et la plus avancée vers le fleuve , au-dessus duquel elle se projette comme une tour. A gauche, un autre groupe de montagnes plus élevées encore arrête nos regards : c’est celui des Denls-du- Midi # dont les pyramides élancées se détachent du milieu d’une vallée de neige, .
De Massongy à Saint-Maurice , la grande vallée se rétrécit chaque moment davantage : on suit de près le lit du Rhône encaissé de plus en plus entre les corniches de rochers qui forment les derniers gradins des Dents de Morcle et du Midi.
St-Màurice. Auberge : l’hôtel de l’Union , situé près des Diligences, dont le départ a lieu tous les matins pour Milan , Genève, Paris . Dans l’hôtel, bureaux des omnibus, correspondant avec le bateau à vapeur ; prix : de St- Maurice à f^ilieneuve , 2 fr. dans l’intérieur; 2 fr, 50 c. dans le coupé. Voitures particulières pour Martigny , les bains de Lo'ëche, et guides pour l’ascension de la Dent-du-Midi , dont l’accès est facile, et d’où l’on jouit d’une vue magnifique. Dîners à table d’hôte, 3 fr.; déjeuners, thé ou café, beurre, miei et petit pain , de 1 fr. 25 c. à 1 fr. 50 c.
St-Maurice est une petite ville de 1,300 habitants, située sur la rive gauche du Rhône , à 450 mètres environ au-dessus de la mer. Ses curiosités sont :
JL’ abbaye , fondée en l'honneur de saint Maurice , chef
de la légion thébaine , qui souffrit ici le martyre, et dont elle porte le nom. On attribue sa fondation à saint Théodore , le premier évêque du Valais , qui occupa le siège épiscopal de 361 à 391. Sigismond, roi de Bourgogne, lui fit des dotations considérables. Rodolphe roi de la Transjurane, y fut couronné en 889, et y est enseveli. Cette abbaye, plusieurs fois pillée et détruite au moyen-àge , se releva constamment de ses ruines. Les augustins s’y établirent en 1188; leur abbé, crossé et initié, porte le titre de comte , et relève immédiatement du saint-siège. Outre sa collection de reliques, la plus riche en ce genre, l’abbaye possède deux vases d’agate, présent de Charlemagne. On y voit une espèce de petit clocher en or, dont les niches sont remplies de petites figures d’un pouce de haut, finement travaillées ; un calice donné par Berthe , reine de Bourgogne , et plusieurs autres objets d’une haute antiquité.
V église, daas laquelle on voit la châsse de St Sigismond, fut très-endommagée par un incendie dans le xvir siècle ; mais la tour n’a souffert aucune altération. On trouve dans l’intérieur plusieurs inscriptions romaines. La ville de Saint- Maurice était connue jadis sous les noms de Targada et d 'Agaunum.
La scène qui frappe l’œil du voyageur au pont de Saint- Maurice est vraiment imposante : une seule arche trèshardie de 22 mètres d’ouverture s’étend sur le fleuve, trèsrapide en cet endroit , s’appuyant à droite sur la Dent-de- Morcle, et à gauche sur la Dent-du-Midi , dont les bases ^projettent si loin , qu’elles laissent à peine de la place aù ileuve pour continuer sa course vagabonde.
Les habitants de ce district sont encore aujourd’hui Savoyards par leur langage , qui est à peu près le même que celui du Chablais ; mais leur costume, leur physionomie , leur manière de vivre , le style de leurs constructions , ont déjà une forte empreinte valaisane. Les femmes s’y font en général remarquer par une expression de visage assez agréable, que leur joli chapeau national contribue à relever; mais îc reste de leur ajustement dissimule trop peu une dégoûtante difformité dont il est rare qu’elles soient entièrement exemptes. Le goitre se montre déjà ici sous des formes repoussantes.
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Ermitage de Notre-Dame-du-Sex. A peine sortis de St~ Maurice par la route de Martigny , nous trouvons à notre droite l’Ermitage de Notre-Dame-du-Sex , bâti sur une étroite corniche , à une hauteur considérable , au milieu des assises de rochers qui forment la base de la Dent-du-Midi. Cette singulière retraite, qu’on prendrait de loin pour l’aire d’un oiseau de proie , plutôt que pour une habitation construite par la main des hommes, mérite d’être visitée , par sa situation extraordinaire , et pour les aspects qu’on a de cette esplanade élevée de 200 mètres au-dessus du Rhône. Le chemin qui y conduit est une suite de rampes taillées en zigzag dans le roc , presque verticalement les unes au-dessus des autres , et bordées d’une petite muraille sèche , suffisante pour marquer le précipice qu’on a continuellement à côté de soi.
Un peu plus bas, sur la route, la chapelle de Verolliey r élevée à l’endroit même où la légion thébaine fut décimée.
Entre Saint- Maurice et Martigny, à la droite de notre route , se trouve la belle chute de la Sallenche , qui descend dans la vallée du Rhône d’une hauteur perpendiculaire d’environ 100 mètres; mais le saut de la cascade ne dépasse pas 40 mètres.
Cette chute , qui s’aperçoit de fort loin , est très-curieuse.
Avant d’atteindre Martigny , les tours pittoresques du château de la Bâtie s’oftïent à nos regards. Cet édifice fut détruit en 1518 par Georges Supersax.
Bientôt après nous entrons à
Martigny (ail. Martinach). Auberges : la Tour, recommandable par sa position et le confortable de ses appartements : bonne cuisine, prix modérés. — Mulets et guides pour Chamouni et le Grand-Saint-Bernard ; calèche pour la route;— la Poste, le Cygne , tolérables et prix modérés ; tous les jours table d’hôte , 3 fr., le Yin compris.
Martigny ( VOclodurus des Romains) est divisé en deux parties : l’une située sur la route du Simplon, l’autre, Bour g -de- Martigny y à plus d’un kil. 1/2, en remontant la vallée de la Dranse . Sa position sur la grande route du Simplon , au point où finit la route à chars du Saint-Bernard et le sentier à mules de Chamouni, en fait comme un centre où se réunissent les voyageurs. C’est une petite ville sans apparence, à 1,500 mètres environ au-dessus de la mer, et
située près de l’endroit où le Rhône reçoit la Dranse , torrent qui a déjà deux fois manqué de détruire Martigny et Bourgde-Martigny, en 1545 et en 1818. Les marques de la dernière inondation sont encore visibles sur les murs de beaucoup de maisons. La massive construction des murs inférieurs de la maison de poste est destinée à la garantir de semblables catastrophes. C'est dans cette ville que réside la congrégation des moines de Saint-Bernard, où ils ont un couvent d’où partent les pères qui vont relever ceux qui ont séjourné pendant un certain temps sur le Grand-Saint-Bernard. Le monastère du Saint-Bernard est à 10 heures de marche de cette ville.
On peut atteindre la vallée de Chamouni en 7 ou 8 h., par le passage de la Tête-Noire, ou par le col de Balme.
On récolte dans cette partie du Valais deux vins exquis et renommés, que l’on appelle Coquempin et vin de la Marque .
En sortant de Martigny, on voit des rochers stériles taillés à pic. Des marais occupent une partie du bas de la vallée. Le pays change ensuite : on découvre de beaux pâturages. Des vignes, soutenues par de petits murs, s'élèvent en terrasse les unes au-dessus des antres, tapissent le bas des montagnes tournées vers le midi ; des villages , des églises, des oratoires, remarquables par leur blancheur, décorent les cimes culminantes.
Riddes. Notre route, qui avait suivi la rive gauche du Rhône , traverse ce fleuve et se continue dans la vallée du Rhône, à laquelle la nature adonné un tout autre aspect : le paysage, de sombre et triste qu’il était, est devenu pittoresque et fertile.
Sion. ( Hôtels : le Lion-d’Or , — la Poste , — la Croix- Blanche. ) Cette ville, capitale du haut Valais, est située sur la rive droite du Rhône ; elle est le siège d’un évêque dont les prédécesseurs furent pendant un temps les plus puissants et les plus riches seigneurs de la Suisse , et qui encore aujourd’hui convoquent et président les assemblées générales de ce canton démocratique. Elle est la capitale du Valais , et contient 2,500 habitants. Elle possède trois vastes châteaux qui lui donnent de loin un aspect féodal et pitto-
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resque. En venant de Martigny, celui que Ton aperçoit à gauche est le château Tourbillon , bâti en 1 492 ; il fut longtemps la résidence de l’évéque, et aujourd’hui il tombe en ruines. Celui de Valérie , situé sur le pic sud , renferme une église très-ancienne , et sert maintenant de séminaire. Audessous se trouve un troisième château nommé Majorie , parce qu'il servait de résidence aux majors ou anciens gouverneurs du Valais; il fut brûlé en 1788 dans un incendie qui détruisit la plus grande partie de la ville. Les jésuites ont un couvent à Sion , où ils ont formé une collection de l’histoire naturelle du Valais.
L 'hôpital, conlié aux soins des sœurs de Charité, contient plusieurs victimes du goitre et du crétinisme, maladies prédominantes dans ce district.
On voit dans cette ville des crétins sourds , muets et presque insensibles aux coups. Iis ont des goitres qui leur pendent jusqu’à la ceinture. On ne trouve en eux aucune trace de raisonnement, mais ils sont pleins d’activité pour ce qujl regarde les besoins corporels. On découvre encore des ruines du temps des Romains. Vis-à-vis de Sion , de l’autre côté du Rhône, on remarque dans un village un couvent taillé tout entier dans le roc , avec caves , cuisines , réfectoires, église, cellules, etc.; mais il est désert, à cause de l'humidité qui y règne.
Sierre , dans une situation agréable. On. y voit une église et des bâtiments plus ornés que dans le reste du Valais; c’est le séjour des gens les plus riches du pays. De Sion à Brigg <, on remarque le théâtre des batailles livrées entre les Yaiaisans et les Français dans la sanglante guerre de 1798.
Après Sierre , de hauts monticules de sable s’élèvent en cônes dans la vallée; le lit du fleuve se couvre de petites îles verdoyantes formées par des troncs d’arbres et des sapins entraînés par le courant. A gauche, on découvre la ville de Leuck.y placée sur les flancs de la montagne, et fortifiée par un antique château qui appartenait autrefois à* l’évéque. L’habillement, la figure et le langage des habitants ne sont pas moins remarquables que le pays qu’ils habitent ; iis parlent l’allemand du moyen-âge.
Tourtemagne (ail. Turtman). Hôtels : la Poste; le Soleil, très-bon; de Lion. — A vingt minutes de marche derrière cette auberge , vous trouvez une cascade aussi belle que celle de la Sallenche ou Pissevache , dans une situation plus remarquable; un sentier étroit et glissant conduit dans un fond garni de hauts rochers qui semblent avoir été ainsi disposés pour former un amphithéâtre autour du torrent, qui se précipite en grandes masses avec un bruit majestueux.
On passe au bourg de
Viège , situé à l’entrée des vallées de Saint-Nicolas ; il s'étend sur la rivière qui en descend. Deux églises d’une architecture remarquable , dans la partie la plus élevée du village, se dessinent sur les montagnes que domine le mont Rose.
Après Viège , on trouve de grandes prairies marécageuses ; on atteint le fond de la vallée; elle s'élargit à son extrémité , et se couvre de verdure. Le bourg de Brieg ou Brigg* et ses tours surmontées d'énormes globes de ferblanc paraissent au pied des glaciers, au milieu des prairies, des bois et des bosquets. A gauche est le joli village de IVaters ; le Rhône qui l'arrose descend des sommités de la Fourche et des sombres vallées de l'Axe ; à droite on aperçoit déjà les premiers travaux du Simplon , le beau pont construit dans la Spltine ; le chemin , qui s'élève insensiblement, perce les sombres forêts de sapins.
Brigg ou Brieg (Scmpronium). Hôtels : du Simplon, de la Poste j chambres , I à 2 fr. ; déjeuner, 1 fr. ; table d'hôte à midi , 3 fr. avec le vin ; à 7 heures du soir, 2 fr. 50 cent. Chevaux et chars pour passer le Simplon ou excursions.
Brigg est l’endroit où s’arrêtent ordinairement les voyageurs avant de franchir le Simplon* Cette petite ville n’a rien de remarquable qu’un peu d’originalité,, et le collège des Jésuites , contenant 10 pères et environ 30 élèves. On y trouve aussi un couvent d'insulines* Population, 700 habitants.
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LE SJMPLON.
Qui non palazzl , non teatro o loggia ;
Ma’n loro vece un’ abete, un faggio , un pino, Tra l’crba verde, c’I bel monte vicino Lcvan dl terra al ciel nostr’ inteletto.