‹ Guide du voyageur en ItalieChapitre 52 sur 218 · EXCLUSIONS DE BAVENO · texte numérisé non relu

EXCLUSIONS DE BAVENO

Au Monteroiie,

Aux montagnes de Saint- François ,

Saint- Thomas et St- Julien,

De St-Julien à Pella , par bateau ,

De Pella à Varallo , par Lalma ,

Ül

Pour visiter le Sacro-Monte ,

Va

De Ciriagio à Omigro ,

WOmigro à Baveno, par voiture ,

Va

D’Omt^ro à Orta , par eau ,

— par terre ,

Le touriste trouve à Baveno des ânes pour l'ascension du

Monter one, au prix de 4 fr. ; pour Orta, 8 fr. ; pour V arallo et le mont Rosa, 6 fr. par jour.

Les deux steamers qui naviguent sur le lac Majeur , le

Verbano et le S (-Charles , sont petits, mais proprement disposés, avec un assez bon restauraut à bord?

Au sortir de Baveno, la route du Simplon, q« nous suivons sur le bord du lac, n’est pour ainsi dire qu’une longue terrasse , garnie de bornes éloignées seulement de quelques pieds les unes des autres.

Au delà de Belgtrale, joli village , on aperçoit la statue de wint Charles Borromée , et bientôt on est à

Arona. Hôtels : de la Poste et Royal. Parmi les viiles qui dominent les bords du lac Majeur , celle d* Arona, par où passe la nouvelle route du Simplon , rappelle d’intéressants souvenus. C’est là que naquit, en 1538, saint Charles Borromée , cardinal et archevêque de Milan , qui consacra sa vie et ses richesses à fonder des établissements de charité, et se distingua surtout par son généreux dévoüment lors de la peste qui ravagea en 1576 Milan et ses environs.

Arona est une ville ancienne de 4,000 habitants, avec un petit port défendu par des murailles. Elle est bâtie sur les bords mêmes du lac : la principale rue, où se trouve l’auberge, est si étroite, qu’une voiture seule peut y passer. Là route du Simploti suit la partie haute de la viHe : le steamer s’arrête ici deux fois par jour; on y embarque des voitures.

La principale église , celle de Santa-Maria , renferme Un beau tableau de Gaudenzio Ferrari f représentant une Sainte Famille, avec des volets sur lesquels se trouvent des figures de saints et le portrait d'une comtesse Borromée , qui en fît don à l’église. Saint Charles Borromée naquit dans le vieux château d’Arona , presque détruit maintenant.

A une demi-heure de marche de la ville, sur le sommet d’une colline , on trouve la statue colossale de St Charles Borromée y ayant 22 mètres dé hauteur , et placée sur un piédestal de 1 3 mètres. La tête , les mains et les pieds sont fondus ; le reste de la statue est formé de feuilles de cuivre battu, arrangées autour d’une masse de maçonnerie qui soutient tout le monument. Le saint est représenté étendant les mains vers le lac et sur Arona, sa ville natale, leur donnant sa bénédiction. Cette statue, malgré ses proportions gigantesques, a une certaine grâce dans son attitude, et

176 GUIDE EN ITALIE

quelque chose de bienveillant dans la contenance, dont reflet produit une viye impression. Elle fut élevée en 1697, par souscription, mais principalement par la famille Borromée. On peut pénétrer dans l’intérieur de la statue et aller jusqu’à la tête ; mais cette ascension est dilflcile et fatigante : elle s’effectue au moyen de deux échelles attachées ensemble , s’appuyant sur le piédestal et atteignant le bord de la robe du saint. Ici le curieux doit grimper en se glissant entre les plis de la draperie supérieuse et inférieure , tâche qui présentera quelques difficultés , s’il est un peu corpulent ; alors il se cramponne aux piliers de pierre qui supportent la tête, en plaçant ses pieds sur des barres de fer qui servent à fixer la draperie de cuivre. Tout ceci se fait dans l’obscurité jusqu’à ce qu'il atteigne la tête, qui peut contenir trois personnes à la fois : ici se termine l’ascension, et le voyageur pourra se reposer en s’asseyant dans le creux du nez , qui sert de fauteuil. Dans l’église voisine on a conservé plusieurs reliques de saint Charles Borromée.

La vue des pics neigeux du mont Rosa> prise de la partie inférieure du lac Majeur , est magniüque. Un bac passe les voyageurs sur le Tessin , qui sert d’écoulement au lac , et qui va de 1£ arroser les plaines de la Lombardie autrichienne et la petite ville de

Sesto-Calende , où on ne trouve pas une bonne auberge. Ici les passe-ports sont strictement examinés , et il n'est permis à aucun voyageur de passer la frontière , s'il n'est muni de la signature d'un ministre autrichien ; faute de quoi , il est renvoyé à Turin ou à Berne pour se la procurer. On croit que Sesto a été une station romaine , et que son nom lui vient d’un marché qui s’y tenait le premier de chaque mois , Sexto Calendarum. Cette ville est située sur la rive gauche du Tessin , juste au-dessus de l’endroit où cette rivière quitte le lac Majeur . L'église de St-Donato est un monument du moyen-àge.

Un paquebot à vapeur part tous les jours , excepté le dimanche, à une heure, pour l’extrémité supérieure du lac , s’arrêtant à Arona , et passant par les îles Jf or r ornées. Il correspond avec les omnibus de Milan , qui partent une demi-heure après l’arrivée du bateau à vapeur.

La roule de Milan parcourt un pays plat et monotone; c’est le commencemeut de la grande plaine de la Lombardie, traversant des avenues de mûriers aux tètes arrondies, des haies d’acacias , et des vignes au milieu d’arbres fruitiers ; le tout disposé de manière à cacher la vue de chaque côté de la route. Toute cette contrée est extrêmement fertile , mais n’offre aucun intérêt, et, de plus, la route présente le désagrément d’être ordinairement couverte de poussière. Les postes, en général, ne sont pas bien montées, et, malgré le pourboire que vous promettrez au postillon, vous n’en irez pas plus vite. A l’entrée de chaque village, vous trouvez son nom écrit sur le mur. Le premier qu’on rencontre est S orna, où se trouve un ancien château de Visconti, entouré de murailles crénelées, et un cyprès remarquable par son âge et par sa grosseur : c’est un des plus forts qu’on connaisse; on prétend qu’il date du temps de Jules César; il a 40 mètres de haut sur 8 mètres environ de circonférence. Napoléon défendit qu’on troublât sa vieillesse dans la construction de la route du Simplon , et il ordonna qu’elle décrirait une petite courbe autour de ce patriarche de la végétation.

Ce fut près de cet endroit qu’eut lieu la première grande bataille entre Scipion et Annibal , ordinairement appelée la bataille du Tessin , dans laquelle Scipion fut défait.

Gallerati . Au delà on trouve Cascina delle Corde (des cordes), qu’on appelle aussi Cascina del Bon-Jesu . A Busto , à l kil. 1/2 de cet endroit, à l’est, se trouve une église construite d’après les plans de Bramante, et contenant des fresques de Gaudensio Ferrari .

l poste , Legannello.

l poste , Bho. Hors de cette ville vous trouvez une trèsbelle église d’après les plans de Pellegrini ; la façade, linie depuis peu , est de Pallack : près de cet endroit on rencontre d’immenses champs de riz, dont le voisinage est trèsmalsain.

La route se termine en entrant à Milan par Yarco del Sempione (l’arc du Simplon), commencé par Napoléon , et terminé par le gouvernement autrichien en 1838.

Milan. ( V . route 27.)

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de PARIS A MILAN , 2e route , par PONTAllLIEK,

LAUSANNE et VEVEY.

De Paris à

Jougne , l

Orbe (poste étrang.), 2

Mon t-sou s- Va u d rey (voyez route cidessus ), Mouchard ,

37ui.7k. Cossdnnay, I 0 Lausanne,

0 9 Vevey,

§.), 2 O OU 0 ” l/

2 l Roche ,

2 1 St-Mauriee,

Pontarlier ,

I)e Saint-Maurice à Milan ( v. route ci-avant), 39 */i

Pour la description de la route jusqu’à Jougne , voyez le Guide du voyageur en France de Richard , chez L. Maison , éditeur, 3 , rue Christine.

Tout le pays que le voyageur parcourt en quittant la France abonde en belles scènes alpestres jusqu’à Orbe ( Suisse ) ( auberge ; la Maison*de-Viile ) , ville pittoresque et ancienne , peuplée de 2,000 habit., bâtie sur une colline presque entourée par la rivière d 'Orbe, qu’on traverse sur deux ponts, chacun d’une seule arche : le pont inférieur est d’une grande antiquité; le supérieur est moderne, avec une arche de 42 mètres d’ouverture. C’était l’ Ur biginum dès Romains, et une place importante dans le moyen-âge, sous les rois bourguignons, qui y possédaient un' château royal. La belle mais cruelle Brunehilde, reine des Francs, s’y réfugia avec sa petite-ülle; mais elle y fut bientôt mise à mort. Les trois fils de Lothaire s’y réunirent en 855 pour diviser le royaume. En 1475, les Suisses prirent Orbé d’assaut; mais le château, dont il ne reste plus que deux tours en ruines , fit une résistance vigoureuse : la garnison ne cédait que pied à pied , disputant la possession de chaque appartement, de chaque escalier et de chaque passage; ceux qui restèrent furent poursuivis dans la tour , que les Suisses incendièrent. La tour circulaire mérite d’étre visitée avec attention.

ROUTE 0. — DE PARIS A 1IILAN PAR PONTARLIEK. 179

En quittant Orbe, notre route incline vers le sud jusqu’à

Cossonney (Suisse ), petite localité n’ayant de remarquable que sa position. De ce point , la route suit une direction oblique vers Test, au, milieu d'une riante campagne qui nous conduit à

Lausanne. De loin la vue de cette cité, située sur la pente des collines , surmontée de sa cathédrale et de son château , offre un aspect très-pittoresque. Entre cette ville et le lac se trouve le faubourg ou village d’ Ouchy, qu’on peut appeler Je port de Lausanne . Auberge : l’Ancre, sur le bord de l’eau , bonne et pas chère. C’est dans cette auberge , au mois de juin 1816, que lord Byr.on écrivit le Prisonnier de Chü - Ion dans l’espace de deux jours, pendant lesquels il fut retenu par le mauvais temps.

Après avoir traversé la promenade ombragée de Montbenon , nous entrons à

Lausanne. Hôtels : Gibbon, l’un des meilleurs et des mieux situés de la Suisse , bien tenu , et , prix modérés : table d’hôte à ,1 h. , 6 >h. et 8 h. du soir; le Faucon, excellent , mais un peuplier; la Couronne, hôtel du commerce. Il y a deux autres hôtels en face de l’hôtel Gibbon et près du. grand-pont. — Lausanne , capitale du canton de Vaud , renferme ,14,500 habitants. Le pays de Yaud (ali. Waadtiand ) était originairement soumis aux ducs de Savoie; mais, ayant été vaincu par les Bernois, il resta tributaire de cette république pendant deux .siècles et demi , jusqu’en 1798, époque où il acheta son indépendance. La ville est située sur le versant inférieur du; mont Jorat , qui s’abaisse graduellement jusqu’au |ac, mais non sans être coupé par plusieurs ravins ; c’est pourquoi beaucoup de ses rues présentent des montées et des descentes , dont quelques-unes sont très-rapides et courent dans une direction parallèle au lac , en sorte qu’on ne peut l’apercevoir. L’une de ces montées , celle qui conduit à la cathédrale , est garnie du haut en bas d’escaliers de bois recouverts d’un toit: elle est très-fatigante. On vient de construire un viaduc d’une grande hardiesse sur la vallée profonde dont la ville occupe les bords; ce pont, qui part en face de l’hôtel Gibbon, traverse la vallée, et va rejoindre la nouvelle route qui, Ion

Guide en Italie.

géant les bords E. du lac , conduit maintenant au centre de la ville sur un plan uni , et en rend l’accès beaucoup plus facile qu’autrefois. Les anciennes rues sont pour la plupart étroites et assez sales. On jouit d’une très -belle vue de la terrasse de la cathédrale.

Cathédrale. La cathédrale de Lausanne , quf passe pour une des plus belles églises gothiques de l'Europe, a été fondée vers l’an 1000 par l’évêque Henri , et consacrée en 1275 par le pape Grégoire X. Cette grande et superbe église, située sur une hauteur qui domine la ville, est aperçue de fort loin , et présente un aspect imposant. Son plan , qui forme une croix latine, occupe une surface de 227 mètres, mesure vaudoise. Elle est surmontée de deux grandes tours, dont l’une sert de clocher, et l’autre , construite au-dessus du chœur, présente une flèche élégante et très-déliée qui s’élève à plus de 77 mètres au-dessus du sol.

On entre dans l’église par deux superbes portiques ornés d’un grand nombre de statues et de sculptures, et par trois petites portes. La longueur de l’église dans œuvre est de 105 mètres; sa largeur dans le cjjœur est de 40 mètres, et sous la grande nef et ses bas-côtés de 22. Cette nef est haute de 20 à 22 mètres , et la coupole du chœur de 34. L’intérieur de l’église est orné de deux étages de galeries et renferme plus de mille colonnes , entre lesquelles on en distingue un grand nombre à. cause de leur extrême délicatesse. Le chœur, séparé jadis par un jubé de maTbre noir et maintenant par une grille , présente une fenêtre ronde , appelée la Rose, de 10 mètres de diamètre, et garnie de vitraux de diverses couleurs qui représentent des sujets de l’histoire sacrée. Parmi plusieurs tombeaux, quelques-uns se font remarquer par leur belle exécution. On y voit entre autres celui du pape Félix V, qui, en 1449, abdiqua la tiare dans l’église de Saint-François; ceux de plusieurs évêques, du ^chevalier Othon de Grandson , d’une princesse russe de la famille Orlow, d’une duchesse Caroline deCourlande, d’une comtesse de Walhnoden-Cimbron , et, le plus récent , celui de dame Henriette Canning, épouse de Stratford^Canning, ambassadeur d’Angleterre en Suisse. Ce monument, qui porte la date de 1817, est un très-bel ouvrage de Bartolini. Le

souvenir d’un grand événement historique se rattache à la cathédrale : en octobre 153G, il s'y tint pendant une semaine une dispute religieuse, en présence de commissaires bernois; FareJ, Viret et Calvin y assistaient.

C’est dans cette église qu’a été enterré le vénérable Bernard de Mentlion , fondateur de l’hospice du Grand-Saint- Bernard, auquel il a donné son nom.

Au pied de l’escalier qui conduit à la cathédrale , en partant de la place du Marché, n° G, demeure le sacristain , auquel il faut s’adresser pour entrer dans l’église, qui est presque toujours fermée.

Evèchc . Du haut du clocher de la cathédrale, et depuis la terrasse voisine , qui est ombragée de deux rangées de marronniers , on jouit d’une des plus belles vues de la Suisse. Tout auprès de cette terrasse sont plusieurs rampes d’escaliers en bois et recouverts, qui établissent un moyen de communication assez prompt, mais fort pénible, entre le quartier de la Cité et celui de la Palud. Un bâtiment trèsancien, appelé l’Évêché, et qui a son entrée sur la terrasse, renferme les prisons du tribunal du district de Lausanne; on a converti une partie de ce bâtiment en une école d’enseignement mutuel.

11 existe une autre plate-forme non loin de la cathédrale ; c’est celle du Ckâleau , tour carrée et massive flanquée de quatre tourelles , et dont l’aspect est tout à fait romantique. C’était autrefois la résidence des évêques de Lausanne ; mais il sert maintenant aux réunions du conseil du canton. Lausanne possède un collège fondé en 1587 , et un muséum cantonal dans lequel on trouve quelques objets dignes d’intérét : une collection des minéraux de Bex eX un échantillon de ses mines de sel. Les autres branches de l’histoire naturelle y sont aussi rassemblées : on y trouve un échantillon du silurus glanis , un des plus grands poissons d'eau douce, provenant du lac de Morat; plusieurs antiquités découvertes dans le canton, à Aventicum , et sur les bords du lac Léman.

La maison de Gibbon , dans laquelle il termina son Histoire de Rome, est située dans la partie inférieure de la ville, derrière f église de St-François : la maison ainsi que le

i. Il

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jardin ont éprouvé de grands changements. Les murs dfcr l’hôtel Gibbon occupent maintenant l’emplacement de son pavillon d’été, et le berceau a été remplacé par le jardin de l’hôtel ; mais la terrasse qui domine le lac et les acacias qui l’entourent sont restés dans le même état.

On a beaucoup fait, dans ces dernières années, pour l’amélioration des institutions de ce petit Etat. Les voyageurs ne verront pas sans intérêt le pénitentiaire , la prison et Y école normale , dont l’organisation remarquable atteste l’esprit libéral et éclairé qui a présidé à leur établissement.

Il y a au casino un excellent salon de lecture, où les étrangers sont admis sur la présentation d’un membre.

On a construit depuis peu une chapelle anglaise dans laquelle le service divin est célébré tous les dimanches.

Le ministre de Sardaigne réside à Lausanne , où les passeports pour Chamouni et Turin doivent être signés. Prix du visa : 2 fr.

L’administration des postes et des diligences est place St- François , près de l’église et de l’hôtel Gibbon. La poste auæ chevaux est dans la rue Martheray, 57.

Les bateaux à vapeur touchent à Ouchy (port de Lausanne) deux fois par jour, en allant et en revenant. Des omnibus y conduisent les voyageurs et les ramènent à la ville. Prix de l’omnibus, 50 c. sans bagage, et l fr. avec bagage. ' |

De Lausanne, on continue à voyager en poste jusqu’à Milan : des diligences partent tous les jours pour Vevay ,

Bex , j Berne, Genève , JSeuchâtel et Bâle.

En quittant Lausanne, la route que nous suivons jusqu’à Vevay est fort étroite et presque toujours bordée de murs assez élevés pour cacher la vue du lac, ce qui la rend extrêmement monotone.

Vevay. Hôtels : les Trois-Couronnes , nouvel et splendide établissement, situé sur le bord du lac , avec une vue magnifique; de la Ville-de-Londres , de la Croix-Blanche, du Faucon. Table d’hôte à 1 h. f/2- Vevay { ail. Vivis , le Vibiscum des Romains) est la seconde ville du canton de Vaud , et contient 4,500 hab. Elle est principalement remarquable par le charme de sa situa-

DOUTE 0. — I)E PA 1US A MILAN l’Aïl PO.NTAKLIEH. \H\

lion sur Je bord du lac Léman , à l’endroit où ses rivages offrent les sites les plus beaux. Les ouvrages de Rousseau (ses Confessions) ont aussi contribué à sa célébrité.

Du haut d’une petite terrasse à l’extrémité du marché, l’œil peut contempler la scène de la Nouvelle Héloïse; à l’E . , les villages de Clarens , Montreux , Chillon ; au delà, Villeneuve et la gorge du Rhône , qui semble s’appuyer sur tes Alpes gigantesques du Valais; la Denl-du-Midi et le Pain-de-Sucre ( voisins du Grand-Saint-Bernard ) ; tandis que sur le rivage opposé du lac s’élèvent les rochers de Meil lerie , surmontés par les pics de la Dent-d'üchc; enfin le village de St-Gingolph , au pied des montagnes.

Voici ce que Victor Hugo dit en parlant de Vevay :

<• Je suis à Vevay, jolie petite ville blanche , propre , anglaise, confortable, chauffée par les pentes méridionales du mont de Chardonne comme par des poêles , et abritée par les Alpes comme par un paravent. J’ai devant moi un ciel d’été, le soleil , des coteaux couverts de vignes mûres, et cette magnifique émeraude du Léman , enchâssée dans des montagnes de neige comme dans une orfèvrerie d’argent.

» Vevay n’a que trois choses, mais ces trois choses sont charmantes : sa propreté, son climat et son église. »

Les principaux édifices publics sont : Y église de St-Martin , qui renferme les tombes d’Edmond Ludlow, général de l’armée parlementaire et l’un des juges de Charles 1er, roi d’Angleterre , ainsi que celle de l’amiral Broughton , qui , comme lieutenant civil , lut à cet infortuné monarque sa sentence de mort. llsmouTurent tous deux ici dans l’exil; leurs têtes ayant été mises à prix , le gouvernement de Berne refusa constamment de les livrer, malgré les nombreuses réclamations qui lui furent adressées. La maison de Ludlow existe encore ; on lit sur la porte cette inscription : « Omne solum forli patriâ. » — L’ église de Ste-Claire , édifice d’un style simple et élégant; l’ hôpital , construit en 1754 , renferme une école de travail, une école primaire, la bibliothèque , de 12,000 vol.; les tribunaux criminel et correctionnel v tiennent leurs séances ; la halle au blé, la douane , Yhôtel de ville , construit en 1755, lès prisons, le collège , construit en 1838. Moyens de locomotion. Trois bateaux à vapeur font cha-

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que jour le trajet de Genève à Villeneuve et retour; de petites embarcations pour la promenade stationnent pendant toute la belle saison au bas de la grande place.

Des diligences et courriers partent et arrivent chaque jour, pour Londres et Paris par Besançon, pour le midi de la France par Genève , pour Milan et Y Italie par le Simplon , pour Y Allemagne, Neufchâtel , Berne , etc. Bureau , n° 35 , rue du Lac.

A 3 kil. , sur une éminence qui domine le lac , se trouve Yancien château de Blonay , bâti dans le Xe siècle, lequel , pendant 700 ans, a appartenu à la même famille ; plus loin , au-dessus de Clarens, se voit un autre château, celui de Châtelard.

A 1 kil. V2 de Vevay, vous trouvez le hameau de la Tour de PHI, avec un château bâti au bord de l'eau dans le xme siècle. 1 kil. Va plus l°in se Douve

Clarens, décrit d’une manière si sentimentale par J.-J. Rousseau dans sa Nouvelle Hèloise ; sa situation commande une des plus belles vues du lac , offrant la perspective des montagnes qui forment la vallée du Rhône, et celle des rivages opposés. Mais le village est par lui-même pauvre et n'offre aucun intérêt. Il ne doit sa célébrité qu’aux belles pages de Rousseau. Celui qui voudrait, la Nouvelle Héloïse à la main, chercher tous ces endroits si ravissants dans la description , ne saurait assurément les reconnaître , tant , comme l’a dit Rousseau lui même, « ils sont grossièrement altérés! » L’endroit où l’on s’attend à trouver le bosquet de Julie est maintenant un champ de pommes de terre. Byron dit que les arbres ont été abattus par les moines du Saint- Bernard , et employés pour l’usage de la maison ; mais sa seigneurie a oublié une chose : c’est de demander si le bosquet avait réellement existé autre part que dans l’imagination du poète.

A 4 kil. E. de Yevay se trouve le grand village de

Chailly ; on y voit encore la maison qu’habitait madame de Warens , la protectrice de Jean-Jacques.

Les collines doucement inclinées et couvertes de vignes, qui depuis Genève bordent presque sans interruption les

beaux rivages du lac, changent ici d’aspect ; ce ne sont plus que des escarpements s’élevant brusquement du bord de l’eau à une hauteur considérable ; la route suit les sinuosités des baies qui se trouvent à leur base.

Montreux ( hôtel : la Couronne) est un joli village dans une position des plus pittoresques : d’un côté s’élève majestueusement la Dent-de-Jaman , et de l’autre coulent les belles eaux du lac. La température y est fort douce; aussi beaucoup de valétudinaires de tous pays viennent-ils y séjourner. L’auberge est très-bonne; on y trouve aussi des pensions bourgeoises très-confortables. Le voyageur devra visiter le cimetière , V église et sa terrasse, d’où l'on jouit d’une vue magnifique. Le costume des femme attirera aussi son attention.

A 3 kil. de Montreux se trouve le romantique château de Chillon , situé sur un roc isolé , entouré d’eaux profondes , mais tout près du rivage et de la route, avec laquelle il communique par un pont-levis. Ce donjon présente une masse de bâtiments fort considérable, mais irrégulière, dominée par une grande tour carrée munie d’un beffroi. 11 fut bâti en 1238 par Amédée IV de Savoie, et servit longtemps de prison d’État. Au nombre des victimes qui y furent enfermées figurent plusieurs des premiers réformateurs. Dans son Prisonnier de Chillon , quand Byron fait la description d’un captif imaginaire , il ignorait l’histoire réelle de Bonnivard , prieur de Saint-Victor, qui se rendit suspect au duc de Savoie par les efforts qu’il fit pour affranchir les Génevois du joug de la Savoie. Les émissaires du duc s’emparèrent de lui et l’entraînèrent secrètement dans ce château. Pendant six longues années il fut plongé dans le cachot le plus profond, sur un sol au niveau des eaux du lac. On voit encore fixé à l’un des piliers l’anneau auquel il fut attaché, et on aperçoit très-distinctement à sa base, sur les dalles de pierre, la trace des pas du prisonnier.

Le château sert maintenant d’arsenal ; sa vieille chapelle , très-curieuse , sert de magasin à poudre ; mais on ne peut y entrer. A l’exception de cette partie du bâtiment, l’étranger peut le visiter en entier. Les souvenirs historiques qui se

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rattachent à cette féodale habitation l'intéresseront vivement.

Le lac peut avoir dans cet endroit une profondeur d’environ 125 mètres. C’est près de ce château que J.-J. Rousseau a placé, dans sa Nouvelle Héloïse, la catastrophe qui coûta la vie à Julie.

Un peu au delà du château se trouve le splendide hôtel Byron , commandant une belle vue; c’est une habitation vaste et tranquille, où le voyageur trouve tout le confort désirable. (Mis en vente en 1845; pourrait être fermé.)

Villeneuve ( hôtels : la Croix-Blanche, le Lion-d’Or) , petite ville ancienne entourée de murailles et ayant 1,500 habitants. C’est le Penniculus des Romains. Villeneuve est situé à l’extrémité orientale du lac, à l’endroit où la route quitte ses bords pour entrer dans la vallée du Rhône, et où ce fleuve se jette dans le lac. Une diligence attend l’arrivée des steamers pour conduire les voyageurs à Bex.

A l kil. Va de Villeneuve, on trouve une petite île, la seule qui existe sur cette partie du lac , et dont Byron parle dans le Prisonnier de Chillon . — Ensuite on arrive à

Roc UE , où se trouve le relais de poste , et tout proche se trouve

Laigle (Aquilea) ( hôtel : la Croix-Blanche), village de 1,700 habitants , construit de marbre noir, ce qui lui donne un aspect fort triste. Ses environs renferment des carrières de marbres de différentes nuances.

La route que nous suivons traverse une contrée alpestre très-pittoresque jusqu’à

Bex. Hôtel : l’Union (bonne), comprenant une pension et un établissement de bains alimenté par une source sulfureuse qui prend naissance dans le voisinage, ce qui amène un assez grand concours de monde à Bex. On y trouve, pour faire des excursions dans les montagnes , des guides , des chevaux et des chars-à-bancs.

Bex est un village de 3,000 habitants , situé sur la grande route du Simplon, principalement remarquable par ses mines de sel et les ateliers établis pour leur exploitation. Dès le milieu du xvie siècle , on obtenait le sel de sources

saumâtres qui pendant longtemps appartinrent à la famille d’un marchand d’Augsbourg, nommé Zobel ; mais elles sont maintenant la propriété du gouvernement du canton. Jusqu’en 1823, les sources salines fournissaient seules le sel, et elles diminuaient rapidement, lorsque M. Charpentier, directeur des mines, fit la découverte d’une énorme masse de roche salée qui a assuré l’existence de l’établissement , et en a augmenté considérablement le produit annuel, qui est maintenant porté à 30,000 quintaux.

Les salines sont la première chose que les étrangers visitent en arrivant à Bex; elles sont situées à 3 kil. dans la vallée de la Gryonne ; une route escarpée, mais praticable pour les chars-à-bancs , conduit au milieu de sites magni fiques à l’entrée des mines.

Avant d’atteindre St-Maurice , nous trouvons le village do

Lavey, avec 200 habitants et un bel établissement de bains thermaux dont la température est de 45° centigrades. L’établissement des bains et les hôtels destinés à loger les pensionnaires sont bien disposés et dans une situation pittoresque (1)

St-Maurice. ( Voyez route ô, p. 168.)

(i) Pour plus grands détails, voyer, Manuel duvoyayeur $n Suisse, route 86. — Cher. L. Maison, s, rue Christine, Paris.

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