ROUTE XVIII
de PONT-DE-BE AU VOISIN a TURIN.
Par le Petit-Saint-Bernard.
Pour passer le Petit-Saint-Bernard, on suit la route du montCénis depuis le pont de Beauvoisin jusqu’à Montmè- Han ; là, laissant à droite la vallée de la Maurienne, on entre dans celle de la Tarentaise , pays stérile et plein d’affreuses montagnes ; il y a cependant de bons pâturages. La rivière de l’Isère la traverse d’orient en occident , et y prend
GUIDE ES ITALIE
une de ses sources. En remontant cette rivière, et passant par Conflans , on vient à
Moütiehs ( auberges : hôtel de la Diligence , et celui tenu par Vizioz) , capitale de la Tarentaise. Cette ville n’est qu’une grande bourgade peuplée d’environ 2,000 habitants , toute ouverte, sans défense, et coupée par l’ïsère. Ses rues sont très-étroites. V église métropolitaine est devant une place de médiocre grandeur, il n’y a guère de remarquable que le palais où réside l’archevêque, son ancien hôpital , une école des mines avec un laboratoire de chimie. Du reste, les avenues de la ville sont extrêmement difficiles ; on n’y arrive que par des défilés bordés de torrents et de précipices. Elle est à 8 lieues ou 32 kil. S.-E. de Montmélian .
En partant de Moutiers , on continue à remonter le cours de l’Isère; on traverse la petite ville de Saint-Maurice, et l’on gagne le village de S cez , qui est situé au pied du Petit - Saint-Dernard. C’est un trajet d’envirpn 5 lieues ou 20 kil. Le village de Scez , comme tous ceux qui se trouvent placés sur une route fréquentée, est assez commerçant ; mais sa situation le rend sujet, en hiver, à des tourbillons de vent très-dangereux. Ces tourbillons, qu’on appelle tourmentes , agissent sur l’atmosphère avec une telle violence, qu’ils étouffent quelquefois ceux qui ont le malheur d’en être surpris. Les neiges charriées et accumulées par ces mêmes tourbillons s’élèvent assez souvent jusqu’à 4 mètres.
Au village de Scez on quitte l’Isère, et l’on commence à monter en se dirigeant vers le nord. Dans un quart d’heure on arrive à Villard- Dessous par un chemin pavé de pierres calcaires , et au bout d’un autre quart d’heure on passe sur un pont le torrent qui descend du Petit Saint-Bernard, Au delà de ce pont on jouit d’une perspective tout à fait agréable : d’un côté, une belle cascade se précipite à travers des prairies bordées d’arbres , et placées par échelons au-dessus d’un village ; de l’autre on voit, à l’entrée de la vallée d'où sort le torrent, des masses informes de gypse blanchâtre qui contrastent singulièrement avec la verdure de leur base. Après avoir dépassé la cascade, on ne tarde pas à rencontrer Saint-Germain , dernier hameau d’hiver.
De ce hameau on continue de monter par une pente