‹ Guide du voyageur en ItalieChapitre 70 sur 218 · ROUTE 10.— DE GÊNES A TURIN PAR LE G.-ST-BERN · texte numérisé non relu

ROUTE 10.— DE GÊNES A TURIN PAR LE G.-ST-BERN

/ac et le Plan-de-Jupiter, et l’on arrive, au bout de deux heures, à Saint-Remy. Là on commence déjà à ressentir les chaleurs de l’Italie. Ensuite, passant par <S aint-Ov en, E trouble, le défilé de la Cluse et Gignod , on gagne la cité. Avant d’y arriver , la vue de l’amphithéâtre donne une idée de l’état de cette ville du temps des Romains. Ce monument de la grandeur des maîtres du monde ne présente que des ruines; mais ces ruines sont imposantes, et l’arc de triomphe d’Auguste, assez bien conservé, atteste la prospérité d’Aoste avant la chute de l’empire.

Aoste. Hôtels : la Poste , l’Ecu-du-Valais , la Couronne. Cette ville est l’ancienne Augusta Salassiorum , ou Au gusta Prœloria . Une colonie de 3,000 soldats qu’Auguste y envoya la fit nommer ainsi. Aujourd’hui elle n’a d’autre avantage que sa position favorable au commerce, à cause de plusieurs vallées qui y aboutissent , et dont elle est le centre et la capitale. La cathédrale, de style gothique, doit être visitée, ainsi que la collégiale de Saint-Orzo ; sur la grande place est une croix en pierre , élevée lorsque la ville refusa de recevoir les dogmes de Calvin ; elle porte l’inscription suivante :

liane Calvini fugi erexit anno M • D. XLI. Religionis conslantia reparavit anno M, D. CCXLI.

Aoste est bâtie sur la Doire ; on y voit des individus affligés du crétinisme, mais seulement dans la classe trèspauvre. C’est la patrie de saint Anselme, évêque de Cantor- Léry. La vallée a 48 kil. d’étendue; elle est très-abondante en fruits et en pâturages. Pop. G, 800 h.

La diligence va et vient trois fois par semaine d’Aoste à Turin.

Les principaux bourgs ou villages qu’on traverse pour se rendre dans la cité d’Aoste, en Lombardie, ou dans les plaines du Piémont, sont d’abord Châtillon et Bard, Fort- Abbre , qui, lors du passage de l’armée française parle Grand- Saint-Bernard , furent le théâtre des plus vives attaques des Français, auxquelles les Autrichiens opposèrent, mais en vain, la plus opiniâtre résistance. Viennent ensuite Saint- Martin et Donas ( Donalium ), où i’on voit un chemin

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taillé dans le roc, et qu’on prétend avoir été fait par Annibal. Enfin on arrive à

Ivuée, Eporedia, ville de 8,500 habitants, située sur la rive droite de laDoire, et bâtie partie sur le penchant d’une colline, et partie en plaine. Elle a été , dit-on, fondée 100 ans avant J.C., et a essuyé plusieurs sièges. On y fait un commerce considérable de fromages. 11 y a de bonnes filatures de soie et de coton, un entrepôt de fer de Cogne . La vieille prison ainsi que les restes des anciens murs présentent un aspect très-pittoresque.

D’ivrée on va à Turin par Chivasso , et à Milan par Verceil, N avare et Bufalora .

D’ALTORF a TURIN par le SAINT-GOTHARD.

Amsteg,

Wasen , Andermatt, Saint-Gothard , Airolo ,

Faido,

Giornico ,

Poleggio,

Bellinzone,

Magadino,

Par vapeur à Àrona, Turin,

Ces distances ont été calculées diversement; il n’y a pas ici de relais établis officiellement . Lutz marque 9 heures 30 minutes < VAltorf au Saint-Gothard ; Ebel, 22 lieues d’Altorf à Bellinzone; Artaria, 33 lieues d’Aroaa à Altorf. {Voir notre Guide en Suisse.)

Le Saint-Gothard, situé entre la Suisse et l’Italie, est un des passages des hautes Alpes les plus fréquentés. La grande route qui le traverse part de la ville d’Altorf et remonte la lieuss jusqu’à sa source; ensuite, du point le plus élevé du col, longeant le cours du Tessin qui se précipite vers l’Italie, elle aboutit à Bellinzone; de là on peut se rendre ou au lac Majeur ou à celui de Lugano.

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La route, qui a de 4 à 5 mètres de largeur, est pavce en quelques endroits de grandes dalles de granit. On en a reconstruit à neuf quelques parties, soit pour en diminuer les sinuosités, soit pour en adoucir la pente trop rapide. En hiver, les neiges s’y accumulent quelquefois à la hauteur de S à 10 mètres ; mais les habitants d 'Urseren et tfAirolo , qui, pour aider au transport des marchandises, sont constamment occupés à gravir ou à descendre la montagne avec des traîneaux attelés de bœufs, prennent un soin tout particulier de déblayer la route, en sorte qu’il est bien rare qu’elle demeure fermée pendant huit jours.

La ville d’ALTORF ( sîltorfia ), [ Auberges : Adler (l’Aigle), la Clef-d’Or ; Loewe (le Lion) ], où l’on prend ordinairement la grande route qui traverse le Saint-Gothard , est le cheflieu du canton d’Uri. Quoique cernée de toutes parts par des montagnes si élevées qu’il faut faire des efforts pour voir le ciel, elle a néanmoins des maisons assez vastes, trèspropres, et de plus ornées de grilles et de jardins. Dans l’endroit où l’on prétend que le héros de la Suisse eut l’adresse d’abattre la pomme que le cruel Gesler avait placée sur la tête du jeune Tell , on a élevé deux fontaines qui indiquent l’espace que parcourut la lïèehe : on y voit les statues du père et du fils dans la même attitude qu’ils devaient avoir pendant la scène tragique qui détermina la liberté des cantons helvétiques. Pop. 4,700 hab.

Au sortir d’Altorf, on passe un fougueux torrent qui descend dans la vallée du Sehéchen, et l’on entre dans celle de la Reuss, où après avoir traversé les villages d 'Ersfelden, Klaus vlSilenen , on arrive à Amsley , qui est à 3 lieues, 12 kil. d’Altorf. Rien de si triste que les premiers villages qu’on rencontre en pénétrant dans la vallée de la Reuss; tout annonce que cette lugubre contrée est l’asile de la maladie , de la pauvreté ; l’espèce humaine y est dégradée jusque dans ses formes, funeste produit de l’air corrompu par les exhalaisons des eaux stagnantes dans des plaines basses, chaudes et marécageuses. Cependant les environs d’Amsteg son tassez agréables, et la végétation y paraît d’une vigueur singulière : dillérence qui vient sans doute de ce que ce gros bourg est

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situé au pied du Saint-Gotbard , pris dans la plus grande étendue qu’on puisse donner à sa base.

b'^msteg à la vallée d 'Urseren on compte 4 lieues, lfi k. Pendant ce trajet, on dirait que la nature prend plaisir à sc décomposer pour offrir aux regards du voyageur les scènes à la fois les plus effrayantes et les plus sublimes. A chaque pas on est frappé du désordre occasionné par les éléments qui se font la guerre.

A un quart de lieue d’Àmsteg, t kil., on trouve le hameau ftlm-Riedy près duquel on passe un ruisseau qui , sortant d’une gorge très-profonde , offre un aspect tout à fait pittoresque. Plus loin on traverse le village de Meischlinghen , et l’on ne tarde pas à atteindre le point nommé le Fallibrouky où;un torrent forme , au milieu d’un groupe de noirs sapins, des cascades très-agréables. Ensuite on gagne la rive gauche de la Reuss sur un pont nommé le Saut-du-Moine; ce pont, composé d’une seule arche, est ainsi appelé parce qu’il repose sur deux rochers si rapprochés l’un de l’autre, qu’il semble qu’on pourrait franchir la rivière d’un saut.

A une petite distance de là , on traverse un torrent qui descend de ,1a montagne; immédiatement après, la route, s’élevant par une pente très-rapide , conduit à JVasen , où l’on trouve une bonne auberge. L’église de ce village , bâtie sur une roche qui domine la vallée, produit dans le paysage un effet très-agréable. A une demi-lieue de Wasen, on rencontre le village de JVatlenghcn , près duquel on passe un pont nommé Schœn-Rrilcke , qui ramène sur la rive droite de la Reuss ; et , au bout d’une autre demi-lieue , on est reporté sur la rive gauche de cette rivière par un autre pont dont l’arche est d'une hauteur extraordinaire. Depuis ce troisième pont jusqu’à la vallée d’Urseren, la Reuss forme une suite presque continue de chutes.

Vient ensuite le village de Gœschenen , au sortir duquel on passe un quatrième pont appelé Hœderli-Brilcke , et l’on se retrouve sur la rive droite de la Reuss. Ici la vallée prend un aspect aussi effrayant que sauvage; elle ne présente que des rochers absolument nus , et l’on n’entrevoit le ciel que par d’étroites échappées entre ces rochers. A un

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quart de lieue plus loin , on est remis sur la rive gauche par un cinquième pont nommé Tantzenben; et enfin, après une montée d'une heure et demie dans cette gorge affreuse et glaciale, on parvient au fameux Pont-du-Diable , par lequel on regagne la rive droite. L’arche de l’ancien pont avait 25 mètres d'ouverture; le nouveau, récemment construit, est magnifique. Ces lieux pleins d’horreur retentissent au loin des rugissements de la Reuss, qui se précipite dans l’abîme avec une impétuosité effrayante. On est étonné des scènes de dévastation qu’on a sous ses yeux. Tout ce que la fable raconte des masses élevées jusqu’au ciel par les géants, et renversées sur ces rebelles, n’est qu’une faible image de l’informe chaos que présente la gorge où est bâti le Pont-du-Diable.

Bientôt après avoir passé le Pont-du-Diable, le peu de lumière que les sommets des montagnes réfléchissent dans cette profonde vallée disparaît sous les voûtes de YUrnerloch ; c’est un antre taillé dans le roc vif, et qu’on a été obligé de pratiquer, parce que, dans cet endroit , les parois de la montagne sont trop escarpées et presque perpendiculaires. La galerie a 84 mètres de longueur. En sortant de cette caverne humide et obscure , la scène change tout â coup, et le voyageur, comme par enchantement, se trouve transporté sous un beau ciel ; il aperçoit des touffes de verdure et des champs assez bien cultivés, contraste d’autant plus frappant qu’il était inattendu : c’est la vallée d'Urscren , qui , à la vérité , n’est pas des plus fertiles , mais que les gorges affreuses qu’on vient de quitter font, par une illusion bien naturelle, paraître un séjour délicieux.

Cette vallée , qu’on traverse jusqu’à l’endroit où la montée recommence pour ne cesser qu’au sommet du Saint-Gothard, renferme quatre villages.

Andermatt ( hôtel : des Trois-Rois ; les diligences descendent dans cet hôtel ) , qu’on rencontre à un quart d’heure de la galerie de TUrner loch, en est le chef-lieu. A trois quarts de lieue plus loin est le village de Y Hospital, situé près du confluent des deux Reuss, dont l’ une vient du Saint-Gothard et l’autre do la Fourche. Les lits de ces deux torrents sont profondément excavés, et bordés de précipices.

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En partant de Y Hospital , la route n’oiïïe plus ees grand* accidents de la nature qui causent la surprise et inspirent l’eü’roi. On monte lentement sur une chaussée pavée de grosses dalles de granit. Cependant on arrive dans un endroit où le rapprochement des deux parois des rochers semble fermer entièrement le passage, et où la Iieuss fait une chute assez forte. Tout près de là on traverse cette rivière sur le pont de Jiudunt , et, continuant de monter pendant quelques moments, on atteint enfin le point le plus élevé du passage.

C’est dans ce lieu qu’était bâti l’hospice.

La température du col du Saint-Gothard est très-âpre et très-rigoureuse. L’hiver y dure pendant neuf mois, et les neiges s’y accumulent à une hauteur prodigieuse. Les voyageurs qui traversent Je Saint-Gothard pendant la mauvaise saison doivent s’attacher à suivre scrupuleusement les conseils des gens du pays. Si des circonstances impérieuses les forcent à continuer leur route dans un temps dangereux , la seule précaution qu’ils puissent prendre, c’est d’ôter aux chevaux leurs clochettes et tout ce qui pourrait faire quelque bruit, et de se hâter de traverser les mauvais pas sans dire un mot et dans le plus grand silence, car il ne faut souvent qu’un son très-faible pour déterminer la chute des masses de neige dont on est menacé.

De l’hospice à Airolo (Ayrolum) , il y a deux lieues ou 8 kil. de descente très-rapide. Une singularité assez remarquable, c’est qu’on fait une partie de ce trajet par un chemin de marbre, de spath et de cristal. Le Tessin , dont on longe les rives , coule d’abord parmi des rochers où il produit une multitude de belles cascades, et puis il se divise en divers rameaux pour traverser la région des sapins. En quittant le plateau du Saint-Gothard, on s’enfonce dans le Val- Tremola. Après environ une heure de marche, on passe le Tessin sur un pont. Là quelquefois, en hiver, les neiges, transportées par des vents impétueux, s’entassent jusqu’à lG à 17 mètres de hauteur, et souvent même, en été, forment sur le Tessin. des voûtes qui sont en état de supporter des fardeaux d’une pesanteur très-considérable. Au-dessous du second pont qu’on rencontre, on aperçoit déjà de vertes

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prairies, et l’on quitte cette nature sauvage, dont les regards du voyageur ont été constamment frappés sur les Lords de la Reuss. Ensuite on passe à côté de la chapelle de Sainte- Anne, et, traversant la forH.de Piotella , on ne tarde pas d’arriver à Airolo , où l’on voit un sol qui, s’il n’est pas des plus fertiles, répond du moins aux soins du cultivateur par des récoltes assez abondantes en pois, en pommes de terre et • même en blé.

Dazio-Grande , qui vient après, est à 9 kil. d’Airolo. Le chemin qui y mène descend comme un escalier, en suivant pendant un quart d’heure une gorge que débordent des rochers très-escarpés. On passe trois ponts dans ce court trajet. La route actuelle, pratiquée dans cette gorge, a coûté des sommes immenses.

Entre Dazio-Grande e t Giornico il y a un intervalle de 12 kil. Après avoir passé le village de Faido , qui est à 4 kil., la vallée commence à se rétrécir. Depuis Airolo jusqu’à cet endroit , les montagnes qui environnent cette vallée s’abaissant insensiblement vers l’Italie, le Tessin, qui se précipitait en torrents , a déjà pris un cours plus égal et plus tranquille : mais tout à coup d’énormes rochers s’opposent à son passage; on dirait que ce fleuve, impatient et irrité de la barrière qu’il rencontre, rassemble toutes ses forces pour la surmonter. En effet il bouillonne , s’élance en écume blanchâtre par-dessus la chaîne de rochers qui l’a retardé dans sa marche, et tombe au fond d’un gouffre épouvantable : bientôt il reparaît et s’étend dans la plaine. Cependant le chemin , pratiqué en corniche dans les rochers , descend par une pente assez roide à Giornico , grand village divisé en deux parties par le Tessin, et entouré de superbes châtaigniers.

Au delà de Giornico ( Jornicum ), la vallée s’élargit et s’étend jusqu’à Bellinzone . On passe par Polleggio , et de là on arrive à Bellinzone dans deux heures de marche.

Bellinzone ( Castrum Bilitionis), [auberges : l’Ange, l'Aigle-d’Or, le Serpent (Biscia), est une jolie petite ville assise des deux côtés du Tessin et sur la pente de la montagne. Elle commande un paysage important, parce que la vallée s’y rétrécit à tel point, qu’il ne reste de place que pour

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la grande route et la rivière. A l’est on a construit deux châteaux-forts l’un au-dessus de l’autre, et il y en a un troisième du côté de l’ouest. Les murs qui servent de défense à ces châteaux descendent jusqu’au bord du Tessin, en sorte que les portes de la ville ferment toute la vallée. Bellinzorie est donc la clef de la Suisse du côté du Saint-Gothard : elle est de plus une ville d’entrepôt pour les marchandises qui vont en Italie ou qui en viennent. Ce furent les Français qui, sous le règne de François I€r, élevèrent la grande digue qu’on volt près de cette ville , et qui sert à prévenir les dévastations du Tessin. Les habitants parlent l’italien , mais les aubergistes savent l’allemand. Curiosités : Y église située sur la place, belle construction moderne, dont la façade est en marbre blanc ; la chaire est ornée de bas-reliefs historiques. Le voyageur doit aussijvisiter, dans le faubourg de Ravecchia, l’ancienne église de S.-Biaggio (St-Blaisc).

ROUTE XXL

DE TURIN a GÊNES pak ALEXANDRIE.

25 p. Va, 51 1.

TrulTarello,

Alexandrie,

Poirino, Dusino ,

Novi,

lh

Arquata,

lh

Gambetta,

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Ronco ,

Asti,

Ponte-Decimu,

Annone,

Felizano,

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Gênes,

COMMUNICATIONS

De Truflarello à Chieri, 1 V2 De Poirino â Cari-

gnano, I V*

à Somma riva, 3

à Raconiggi , 2

à Alba, 4

D’x\sti à Casale, 5

D’Asti à Alba, 4 */i

D’Alexandrie à Casale, 4 »/* â Valenza, 2 */> à Acqui, 5 à Tortona, 3

ROUTE 2!. — DE mil* A GÊNES PAU ALEXANDRIE. 219

Nous suivrons sur cette route M. Vavssc de Villlcrs.

Après avoir traversé le Pô, au sortir de Turin, sur un joli pont qui fait face à la Vigne de la Reine, maison de plaisance, on suit à droite un chemin agréable qui domine en terrasse sur le fleuve, et qui est dominé lui-méme à gauche parla charmante colline de Turin.

Au bout de 2 kil., on voit, sur la rive opposée, la maison royale du Valentin.

A 4 kil. plus loin, on traverse la petite ville de Monica - Ueri (mons Calezius) , qui est bâtie sur l’antique Ccstonn, et possède de magnifiques jardins , un château royal situé sur un site très-élevé, et un fort marché hebdomadaire. Population, 8,600 hab. environ.

Truffarello est un village peu considérable. On sc rend de là par une route de 12 kil. qui n’est qu’un chemin de traverse, quoique ligne de poste, à Chieri ou Quiers, ville assez considérable, qui a une communication plus directe avec Turin par la montagne de la Snperga.

Chieri [Carrea Polentia ) est riche et bien bâtie, dans une plaine agréable : on y remarque une jolie église et une porte de ville construite en arc de triomphe. Population, 12,000 hab.

On prend à gauche, par une plaine bien cultivée, la direction de

Poirino , bourg de 5,000 hab., avec un bureau de poste, bans le temps des pluies le chemin est impraticable, et alors il vaut mieux aller à Alexandrie par Casai.

Meme plaine pendant la première distance. Au bout de 8 kil., on traverse le bourg de Villanova , de 2,500 habitants , par une rue droite. On passe à Dussino ( Doria Decionum ), ferme isolée, aussi bien que Gambetta . Aux deux tiers de l’intervalle qui sépare ces deux fermes , le village de Fïllefranche , perché sur une jolie colline qui domine la route droite, offre un coup d’œil assez gracieux.

La route s’enfonce dans de petites collines qui se rattachent sur la gauche à celle de Turin , dont la plus haute cime , couronnée par le majestueux dôme de la Superga, se montre encore dans un lointain de cinq à six lieues. Ces collines , arrosées par des ruisseaux qui vont grossir le Tanaro, pré-

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sentent des aspects variés , se couvrent de vignes en approchant d’Asti.

Asti ( llasla Pompeia ), ( hôtels : le Lion-d’Or ( il Leone d'Oro ), hôtel Royal ( VAlbergo real ), le Canon-d’Or [il Cannone d’Oro), ville de 21,000 habitants, située près du Tanaro, est entourée de grandes et de mauvaises murailles qui lui donnent une enceinte presque aussi étendue que celle de Turin. Le quartier des gens riches est bien bâti , mais peu peuplé. Les rues sont étroites, le peuple pauvre, sans industrie et sans commerce. On remarque la cathédrale , d'architecture moderne, bâtie sur le site d’un temple de Diane. Elle renferme de très-bonnes peintures, Si-Second , Notre-Dame dite la Consolata , et, hors la ville, St-Barlhc lemi , ci-devant des Bénédictins; les palais Fr inc o , Bistagno , JlfaseUi et Eessacjni. Cette ville, célèbre jadis par ses cent tours, n’en possède plus qu’une trentaine, dont le nombre et la hauteur diminuent encore journellement. On remarque dans le nombre des hôtels celui du fameux Ai- Üeri , le plus célèbre poète tragique d’Italie. Asti est le siège d’un évêché. Les vins rouges et blancs d'Asti sont réputés , à juste titre, les meilleurs du Piémont. Popul. estimée à 24,000 habit.

Outre la route qu’on suit, Asti en a une de 7 lieues ou 28 k. sur y/cqui, petite ville, et une de 5 lieues sur Alha , autre petite ville de 7,000 habit. , où Ton peut se rendre aussi de Chierasco , patrie de l’empereur Pertinax; elle est sans doute la plus ancienne ville d’Italie, si sa fondation remonte à Janus. Connue des Romains sous le nom d ’Alba Pompeia> elle doit ce nom à son restaurateur, Pompeius Strabon, père du grand Pompée.

Ori traverse le Stirone , où est une plaine riche en blé, très-peu boisée et fort triste.

On passe à Annone ( ad Nonum ), hameau; Quatordio et Felizzano , bourgs de 1,500 habitants. A mi-chemin de Feiizzano à Alexandrie , on trouve Solero , bourg de 1 ,200 habitants.

La ville d ’ Alexandrie , vue de loin, présente l’effet d’un grand village au milieu d’une grande plaine. Un quart de lieue ou l kilomètre avant d’v arriver, on trouve un embran-

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