‹ Guide du voyageur en ItalieChapitre 79 sur 218 · MONUMENTS RELIGIEUX · texte numérisé non relu

MONUMENTS RELIGIEUX

Des divers édifices qni font l'ornement de la ville de Milan, le plus considérable est la Cathédrale, il Duomo (l ), qu’on regarde comme la plus belle église de ritalie après Saint-Pierre de Rome. Le vaisseau a 113 mètres de longueur, 69 mètres de largeur dans la croisée et 70 dans la nef, 60 m. de hauteur sous la coupole, 37 dans la nef, 28 dans les bascôtés et 16 dans les chapelles. La hauteur extérieure de la coupole, avec le couronnement qu’on y a ajouté, est de 93 mètres. Cinquante-deux colonnes de marbre qui ont 21 mètres de hauteur, y compris les chapiteaux et les bases, et 6 mètres de circonférence, soutiennent cet immense édifice; il en existe peu au monde dont les ornements soient aussi nombreux et si variés : dans toutes les profondeurs , dans toutes les saillies, au-dessus de chaque tour, sur toutes les flèches , s’élèvent des statues en marbre blanc dont le nombre est estimé a plus de 3,000, mais dont beaucoup échappent à la vue.

On est effrayé de la dépense et des travaux que sa construction a dû exiger; aussi a-t-il été appelé la huitième merveille du monde, titre fastueux qui ne peut lui convenir que parce qu’il est surchargé d’une quantité prodigieuse de statues et d’autres ornements d’un beau marbre blanc qu’on tire des environs du lac Majeur.

(i) En Italie les Cathédrales (Dômes) sont ouvertes depuis le lever jusqu'au coucher du soleil; les autres églises s'ouvrent entre « et 7 heures du matin jusqu’à midi, une heure , et de 3 à g ou 7 heures du soir.

On donne un ou deux pauls au sacristain qui montre l’intérieur du temple : «o c. à i fr.

Les palais sont ouverts depuis 9 à 10 heures du matin jusqu’à midi , une heure , et de 3 heures à » heures du soir.

On donne 2 à 4 pauls au cicerone. — Voyez Giovani Villa. Fasli, dclla métropole, a dcl metropolita di Milano, mo.

Ce bâtiment, commencé en 138G , n’est pas encore entièrement achevé, malgré les deux millions que Napoléon y consacra, et les 144,000 francs que l’empereur d’Autriche y destine tous les ans. En 1 174 , on éleva au-dessus de la coupole une pyramide de marbre surmontée d’une grande statue de la Vierge en marbre doré, le tout de 27 mètres de hauteur. Dans les derniers temps, et pendant que Milan était le siège du nouveau royaume d’Italie, on a terminé la façade, qui était à peine commencée , et l’on a décoré le dessus du toit d’une grande quantité d'aiguilles, de statues et de bas-reliefs en marbre blanc. Ces beaux travaux ont été exécutés sous le règne et par les ordres de Napoléon. C’est sous ce somptueux assemblage do terrasses, de galeries et d’escaliers, qu’on doit monter, non-seulement pour juger de l’immense travail dont l’église est chargée, mais encore pour y jouir de la vue d’une plaine délicieuse parsemée de villes et de villages , et terminée par l’angle de la jonction des Alpes avec l’Apennin. On distingue parfaitement : lo la Chartreuse de Pavie ; 2» le mont Blanc ; 3° le mont Rosa; 4° le Stelvio; 5« les chaînes de YOberland, et une multitude de hautes sommités qui forment un magnifique panorama.

La façade est ornée de bas-reliefs qui représentent divers faits de l’histoire sacrée, et sont assez curieux. L’un d’eux, sur la droite, représente une tête couverte d’un voile , mais ce voile est tellement transparent, qu’il laisse deviner tous les traits du visage. On fait remarquer cette tête aux étrangers. Le milieu delà façade est occupé par la simple inscription suivante, tracée en gros caractères de bronze :

Marjæ Nascenti.

On entre par cinq grandes portes fort laides et peu en harmonie avec la splendeur de l’édifice. Les deux colonnes de granit qui soutiennent en dedans l’ornement de la porte du milieu sont surtout remarquables par leur prodigieuse grosseur; elles sont d’un seul morceau, et semblent servir de support aux deux statues colossales de saint Charles et saint Ambroise : la première par Monti de Ravcnne , la seconde

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par le ehev. Pompée Marchesi. Au-dessus, de beaux vitraux représentent l'Assomption , riche peinture de Jean Berlini. L’intérieur est mal éclairé; il est de forme tudesque, que plusieurs confondent avec le gothique. Ses arcs pointus sont bien loin d’avoir la grâce des arcs circulaires qu’on admire dans les édifices d’architecture grecque ou romaine ; néanmoins l’ensemble a quelque chose de grand et d’imposant au premier coup d’œil , et serait même d’un assez bon genre, s’il n’était gâté par des ceintures de niches dans lesquelles on a placé une foule de statues , car il paraît que l’architecte avait la manie d’en mettre partout.

Les quatre évangélistes et les quatre pères de l’Église en bronze qui décorent les deux chaires sont dignes de l’attention du voyageur; elles sont de François Brambilla. Au milieu de cette multitude de sculptures, on remarque les 17 bas-reliefs de la partie supérieure du mur d’enceinte du chœur, qui, d’après l’expression de M. Valéry, sont d’une finesse de ciseau rare. Le gFand et riche tabernacle en bronze doré du maître-autel est du même artiste. Au-dessus de celui-ci, un brillant reliquaire se fait remarquer : il renferme un des clous de la vraie croix, relique vénérée que, le 3 mai de chaque année, anniversaire de la terrible peste de 1576, l’archevêque de Milan promène processionnellement dans la ville, h l’exemple de saint Charles Borromée.

Ce que l’intérieur de l’église offre de plus digne de remarque, c’est la chapelle souterraine où repose le corps de saint Charles Borromée, mort en 1584. La sculpture, la ciselure et l’orfèvrerie ont épuisé leurs ornements pour exprimer les vertus de ce saint, et embellir le monument qui renferme sa dépouille mortelle. La châsse est d’argent avec des panneaux de cristal de roche et des moulures de vermeil ; le dedans du caveau, éclairé dans le haut par uu soupirail et une grille , est orné de bas-reliefs d’argent : ces divers ouvrages sont estimés et par leur richesse et par leur travail.

Le chœur est tout sculpté en marbre par dehors et en bois dans l’intérieur. Les sculptures du dedans sont faites avec beaucoup de goût; le pavé est de marbre très-beau, supérieur même à celui de Saint-Pierre du Vatican , mais il en

manque environ un tiers. Le trésor de l'église est un des plus riches qu’on connaisse. Les statues de saint Ambroise et de saint Charles sont d’argent et plus grandes que nature. Ajoutons un certain nombre de tableaux qui représentent les actions les plus remarquables de la vie de saint Charles, et dont on garnit tout le tour de la nef dans le temps de sa fête. Derrière le chœur est une statue en marbre de saint Barthélemi, fort estimée : c’est une vraie anatomie de muscles au-dessus de grandeur naturelle : le Saint est représenté écorché, portant sa peau sur ses épaules. C’est une composition des plus remarquables; sur la base on lit: Non me PraxUeles fecit , sed Marcus Aijraii. Je ne suis point l’ouvrage de Paxitèle, mais de Marcus Agrati.

L’escalier qui conduit au sommet du clocher le plus élevé est tout de marbre. Il ne faut pas oublier, si l’on monte au sommet de la cathédrale, de demander à voir les statues <T J dam et d'Ève , en marbre blanc, par Brambilla . Ce sont deux morceaux supérieurs ; Adam est un chef-d’œuvre d’anatomie.

Tombeaux . On remarque celui du cardinal Frédéric Borromée, cousin du saint archevêque; le mausolée d’Othon le Grand et de Jean Visconti , oncle et neveu, archevêques et seigneurs de Milan aux xiiic et xive siècles; celui du cardinal Marin Caracciolo . La chapelle de Jean- Jacques Médicis est occupée par le riche mausolée érigé, d’après les dessins de Michel-Ange, par le pape Pie IV à son frère. — Les peintures que renferment les diverses chapelles, et le gigantesque candélabre qui s’élève au centre de la chapelle du bras gauche de la croix , sont , ainsi que les peintures sur verre, dignes de la curiosité du voyageur.

Dans l’église de Milan on observe encore le rit ambrosien, qui s’étendà beaucoup de cérémonies et de pratiques qui n’ont pas lieu dans les autres églises catholiques : par exemple, on y baptise par immersion, comme dans les temps de la primitive Église ; le carême ne commence que le dimanche de la Quadragésime , et les bals ne cessent que ce jour; mais aussi on observe le jeûne pendant les trois jours des Rogations.

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Parmi les autres églises ou chapelles, dont le nombre est très-considérable, voici celles qui nous paraissent mériter une attention particulière.

L'église de Saint-Ambroise, place de ce nom, est célèbre par son ancienneté; elle date de l’année*387. L’intérieur de cette ancienne basilique pourrait être comparé à un musée , tant est grand le nombre des inscriptions, bas-reliefs, bustes, monuments, etc., des premiers siècles du christianisme, qu'elle renferme. — Sa forme présente trois nefs d’un style gothique, dont les voûtes ogivales sont fort curieuses au point de vue de l’art; au milieu de la principale nef s’élève une colonne de granit égyptien, sur laquelle repose un serpent en bronze dont on ignore l’origine. — Dans la même nef se trouve aussi un monument sépulcral de marbre blanc, d’un haut intérêt , tant par le fini du travail des bas-reliefs dont il est couvert que par son antiquité. — Dans la seconde chapelle à droite, on admire une vierge, un saint Barthélemi et un saint Jean de Gaudenzio Ferrari. — Dans la chapelle qui suit, dédiée à sainte Marcelline, se trouve une belle statue en marbre de cette vierge, récemment exécutée par Pacetti. — Dans la dernière chapelle se voit une toile très-remarquable de Lanzani; représentant saint Ambroise recevant le viatique; et presque en face, une belle fresque de Borgognone, qui représente J.-G. entre deux anges. — Les autres peintures qui décorent ce beau temple sont de Tiepolo Lanino , del Caio , Bianchi , Panfilo , etc. — La grande mosaïque qui se trouve dans l’abside du chœur est aussi fort belle. — L’autel de marbre sous lequel repose le vénérable archevêque et la chaire du haut de laquelle il prêcha doivent fixer l’attention du voyageur.

L’église de Saint-Alexandre. Le portail de cette église est orné de sept ou huit statues dont deux sont colossales. L’intérieur de l’édifice offre un caractère majestueux; on admire la grande quantité de Japis-Iazuli , d’agates orientales, de jaspes sanguins et autres pierres précieuses dont le maîtreautel est revêtu. La voûte, la coupole, les arcades et les murs sont couverts de peintures par Campi , Procaccini , Crespi , etc.

L’église Santa-Maria, près dcSan-Cclso, fut fondée en

M91 par Jean Galeazzo Visconti; sa façade est remarquable par deux sibylles couchées sur le fronton du portail, et par deux statues d 'Adam et d*Ève placées à côté de l’entrée : la statue d’Ève peut être comparée à ce que l’antiquité a de plus parfait; elle est J’œuvre d’Adolphe Florentin. Les sibylles et les statues sont de marbre blanc, par Fontana. L’intérieur de cette église présente des peintures à fresque du chevalier Appiani qui sont de la plus grande beauté. La chapelle de la Vierge , où se trouve la statue de la mère du Sauveur, par .Fonfana, et sur l’autel son image recouverte d’un voile d’argent d’une riche ciselure. — Le maîtreautel n’a été terminé qu’en 1825.

L’église S.-Vittore , située dans le bourg, porte Vercellina, est ornée de belles peintures par Procaccin i et Pompée Betloni .

L’église Santa-Maria de la Passione, rue du même nom , est un bel édifice à trois nefs et autant de portes , orné de jolies peintures de Bianchi : un Crucifiement, toile riche, par Jules Campi ; une Flagellation , peinte sur le mur, par Salmeggia ; la Cène des Apôtres , par Gaudenzio Ferrari ; J.-C. au jardin des Olives, par Salmeggia; l’Assomption, par Preterezzano ; St François, par Procaccini ; la Vierge et plusieurs Saints, par Camille Landriani ; la Cène de St Charles, par Daniel Crespi . On admire aussi dans cette église le beau monument élevé, en 1495, à la mémoire de Daniel Birago.

La petite église de Santa-Maria del Castello , place del Foro , restaurée depuis peu , renferme de beaux tableaux par Daniel Crespi , Procaccini et Nuvolone .

L’église Santa-Maria , près de S.-Satiro, fut érigée, dit on, sur l’emplacement d’un ancien temple de Jupiter; les plans sont de Bramante; la décoration intérieure qu’on admire aujourd’hui date de 1817. — Le maître-autel est de Philippe Pizzagali , et les statues dont il est orné sont de Crasioso Rusca .

L’église Santa-Stephànô Maggiore, place du même nom, se compose de trois nefs et six chapelles d’une belle architecture ; dans l’une d’elles se trouve une belle toile de Procaccini. Ce fut dans ce temple qu’en 147G, les trois con-

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jurés Ulgiati , Visconti , et Lampugnani , assassinèrent le duc Galeazzo-Marle Visconti.

L’église de Saint-Nazaire. On lit cette épitaphe singulière de J.-J. Trivulce, maréchal de France : Qui nunquam quievit , quicscit , race. Silence! celui qui n’a jamais eu de repos repose.

Enfin Saint-Laurent, San-Lorenzo, est une église dont l’architecture est aussi hardie que singulière. Sa forme est octogone; quatre côtés disposés en portions de cercle ont dans leur enfoncement deux rangs de colonnes l’un sur l’autre qui servent de galeries tournantes; les autres quatre cotés, qui sent en ligne droite, n’ont qu’un seul ordre de colonnes, et ces colonnes, qui ont une double hauteur, soutiennent le dôme : tout cela forme un ensemble assez frappant.

C’est près de cette église qu’on voit les seize colonnes dont nous avons déjà parié , seul monument antique qui subsiste encore dans Milan , malgré les ravages du temps et les catastrophes que cette ville a éprouvées. On croit que ces seize colonnes, précieux restes de la splendeur de cette même ville dans les beaux temps de l’empire romain , faisaient partie des thermes d’Hercule, construits par Maxiraien , surnommé 1’IIercule, collègue de Dioclétien. Il n’existe pas même dans Rome d’édifice antique qui ait un pareil nombre de colonnes rangées sur la même ligne. M. Aimé Guillon, membre de plusieurs académies, a fait sur ce sujet une savante dissertation; mais quelques connaisseurs prétendent que la belle proportion des colonnes indique une époque antérieure au règne de Maximien. Napoléon fit établir au-dessus de ces colonnes un mur en briques,, pour les garantir des injures du temps.

L’église Santa-Fidele, place du même nom, dont le fronton est orné d’un beau bas-relief représentant l’Assomption , par Gaetano Monii , renferme de bons tableaux , entre autres celui qui représente saint Ambroise implorant Dieu pour la cessation de la peste : belle composition !

Notre cadre ne nous permet pas de décrire les autres églises que renferme Milan; mais, si son temps le lui permet, nous conseillons au voyageur de visiter les suivantes : — Santo -

Eustorgio, cour3 de porte Ticinesse; Santa-Maria delle Grazie , porte de Vercellina; Santo-Marco , sur le bord du canal de porte Neuve; Santo-Maurizio , cours de porte Vercellina; Sauta- Euphemia , du vc siècle; SantO-Paolo , cours de St-Celso ; Santo-Tommaso in Terra Mala% cours du Broletto ; Santa la Vittoria , etc.

Palais. — Milan renferme un grand nombre de palais. Le plus considérable est celui qu’on appelle Palais royal , Palazzo reale : il fut bâti dans le 14e siècle, et devait par conséquent se ressentir de la barbarie de ce temps. Dans le lic siècle, on lui donna une forme plus convenable. L’architecture du grand salon , les statues, les cariatides, étaient admirées des connaisseurs ; mais, comme on avait été obligé de travailler sur un vieux édifice , l’ensemble ne présentait pas cet aspect de magnificence qu'il a aujourd’hui En effet, dans les derniers temps il a été singulièrement agrandi; on y a construit de vastes écuries qui manquaient, et un trèsbeau manège , en sorte qu’il est presque double de ce qu’il était. Les superbes peintures à fresque et autres ornements dont l’intérieur a été décoré sont dignes des célèbres artistes qui y ont travaillé, et feront l’admiration de la postérité. Parmi les richesses que renferme cette royale habitation , le voyageur remarquera les productions du célèbre Andrea Appiani , mort trop tôt pour l’art. — C’est surtout dans Y Apothéose de Napoléon que se déploie le talent de ce peintre. L’empereur, revêtu des habits impériaux, est placé sur un char traîné par des chevaux aériens; belle composition ! — On admire aussi le beau tableau de David , représentant Napoléon à cheval ; le Mont St-tfernard, par Hossy ; plusieurs autres portraits de Napoléon , et , au rez-de- ' chaussée, sa statue colossale, par Canova. — Le voyageur est admis à visiter ce palais , en s’adressant au sergent de garde, qui ne refuse jamais cette faveur.

Dans l’intérieur de ce palais se trouve une petite et trèsancienne église dédiée à St Gothard, servant de chapelle pour la cour, qui l’a fait restaurer splendidement dans ces derniers temps : on y admire de belles peintures de Cerano , de Tra ballesi , d* Albertalli , etc. Tout proche cette église s’élève une haute et élégante tour en briques, surmontée d’un ange colossal ailé, en cuivre, servant de girouette.

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Lf palais archiépiscopal, qui est au sud de l’église métropolitaine, faisait anciennement partie du Palais royal. Au 16e siècle, saint Charles le lit reconstruire pour y loger les chanoines. Deux grandes salles renferment une riche collection de tableaux des plus remarquables des écoles lombarde , vénitienne et bolonaise , avec des paysages de Vernet, de Canaletto , de Panini , etc.*

Le Palais de justice était la résidence du juge criminel; il contient des prisons pour les prévenus et les condamnés. Le bâtiment est assez bien construit, et disposé d’une manière conforme à son usage.

Palais Marino, place S.-Fedele. C’est un édifice trèsimposant, construit en 1555, par Thomas Marino, sur les dessins d 'Alessi ; ses vastes et nombreux appartements sont occupés aujourd’hui par les bureaux de la trésorerie et les magasins de la douane qui occupent le rez-de-chaussée.

Le palais de la Comptabilité, pont de St-Andrea. L’intérieur de ce noble édifice présentera au touriste toute la magnificence des architectures ancienne et moderne; ce qui donne une haute idée du talent de Fabius Magone , qui en est l’architecte. Ce beau palais est maintenant occupé par la cour des comptes.

Palais du Gouvernement, rue de Montforte, de construction moderne, avec une façade restaurée, une belle cour ornée de portiques , de vastes appartements et une grande salle décorée par Appiani.

Palais du Commandement militaire, rue de Brera, édifice riche en stuc et en peintures.

On voit dans Milan beaucoup d’autres palais qui sont la propriété de la haute noblesse ou des plus riches particuliers de cette ville : tels sont ceux connus sous les noms de Cusani, Lilla , Belgiojoso, Trivulzio , Méllerio , Clerici , Aresi, Serbelloniy Borromeo , Archinti , et celui qui est au milieu d’un superbe jardin, appelé Villa Bonaparte . Tous ces divers palais sont remarquables par leur belle architecture et par les riches ornements dont ils sont décorés.

Etablissements publics. — Dans le nombre des divers établissements publics dont la ville de Milan est pourvue, un bien digne de remarque est la Bibliothèque ambrosienne. Cet établissement fut l’ouvrage du cardinal Frédéric Borroméc,

archevêque de Milan et neveu de saint Charles. La bibliothèque proprement dite est composée de 40 mille volumes imprimés et de plus de 15 mille manuscrits. Le plus célèbre de ces manuscrits est celui des Antiquités d eJosèphe, traduites par Rufiin : c'est peut-être le plus singulier de tous ceux qui existent; il est écrit sur du papyrus d'Égypte , et paraît, suivant Mabillon , avoir 1,400 ans d’antiquité. Le cabinet ou muséum de Settala , dont la description a été imprimée, fut réuni, du moins en grande partie, à la bibliothèque ambrosienne. On y remarque un fragment de saint Cirylle en caractères slaves anciens; dix lettres de Lucrèce Borgia, dont l’une renferme une mèche de ses cheveux, dont elle faisait cadeau au cardinal Bembo; quelques palimpsestes de Cicéron; un manuscrit entier de Léonard de Vinci , volume curieux sur la physique et la mécanique, ayant pour titre Codice atlantico , avec plusieurs dessins et les caractères disposés de droite à gauche. Dans le salon de peinture , le magnifique dessin original de Raphaël, représentant V École d' Athènes ; à côté se trouve le carton du même peintre, la bataille de Constantin contre Maxence ; onze tableaux du Titien : Jésus-Christ au sépulcre, la Fuite en Égypte, l’Adoration des Mages, une Madeleine, le Mariage de sainte Catherine, la Vierge, saint Joseph, saint Jean, l’enfant Jésus, sainte Catherine, un Ecce homo, sainte Cécile avec J.-C., un saint Jérôme, le portrait de Jacques de Médicis ; — un Christ par le Corrége; une Mater dolorosa, du même ; le Lavement des pieds , par Raphaël ; et beaucoup d’autres bonnes toiles de Guerchin , Pérugin , Andrea del Sarto , Carlo Dolcit Baroccio , Salvator Rosa , Schidone , Bassano le Vieux , Gaudenzio Ferrari y Pellegrino TibaldL

Parmi les tableaux de l’école allemande , nous citerons plusieurs compositions d'Albert Durer , entre autres la Conversion de saint Eustache , un Cranack et un Emmelinck fort curieux; deux portraits de Holbeiny belle exécution ; plusieurs toiles de Lucas de L,eyde , etc.

Palais des sciences et des beaux-arts, rue de Brera.— Ce palais, qu’on appelle aussi Brera , fut bâti par Richini et Pier Marini pour faire un college de jésuites; il renferme

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Y Institut des sciences , lettres et arts , fondé en 1802 ; Y académie des beaux-arts ; la bibliothèque , riche de 170,000 volumes, dont beaucoup d’ouvrages modernes, et d’environ 1,000 manuscrits; Y observatoire , très-renommé et riche en instruments astronomiques: c’est là que, pendant un demi-siècle , le savant astronome Barnabé Oriani étudia le ciel. •

La galerie de tableaux. — A l’extrémité du grand escalier, une porte à gauche conduit à un vestibule long et étroit, orné de fresques de Bernard Luinit de Bramante Lazzari et de Ferrari.

Première salle. Les tableaux les plus frappants sont : saint Pierre et saint Paul , du Guide ; saint Sébastien, par Annibal Carrache ; la Femme adultère, par Palme le vieux; la Danse des Amours, par YAlbane ; la Madeleine et le Sauveur, par Louis Carrache ; deux tableaux de saints, par Procaccini; le Martyre de saint Etienne, du même; l’Ascension , par Jules Romain ; la Vierge , l’Enfant Jésus et des saints , par Minichino ; la Vierge et Jésus endormi dans le giron, par Sasso Ferrato ; la Vierge et l’enfant Jésus, par le Dominiquin ; une Tète de Christ, par Guerchin ; une Madone, le Sauveur et saint Joseph, par YAlbane ; la Femme adultère , par Augustin Carrache ; l’Assomption de Marie , par Paris Bordone ; la Nativité , par Jules Romain; le Baptême du Sauveur, par Paris Bordone; une Assomption, grande composition de Borgognone; Abraham et Agar, du Guerchin; un Rubens, un saint Sébastien, par M. A. Caravage .

Seconde salle . Les Saints devant la Croix, par le Tintoret ; l’Assomption, par Morino; l’ Apparition de la Vierge, par Fnea Salmeggia ; une Madone , le Sauveur et les saints , par Falvodi; la Piété, par Garofalo; la Vierge et des saints, par Jules Romain; le Sauveur mangeant avec les Pharisiens, par Paul Veronèse; les Noces de Cana , grande composition du même; Jésus avec Marthe et Marie, du même; l’Adoration des Mages, du même; un saint Roch, du Rassan; le Sauveur mort., par le Tintoret; saint François, par Palme le jeune; le Sauveur et saint Joseph , par V Albane; le Sauveur, par Benvenuto Garofalo; la Samari-

aine, par Fede Galizia ; saint François, par Palma le jeune, etc.

Troisième salle . Le Martyre de saint Pierre, par Cône gliano ; une Annonciation , du père de Raphaël; la Prédication de saint Marc, par Aldobrandi ; le Crucifiement, par Verone; les Ames délivrées du purgatoire, par Salvator Rosa; un paysage, du meme; un autre paysage, du Poussin ; un portrait de Salomon, une Madone, de Pompée B ottoni ; une tête de Monk, par Velasquez , etc.

Quatrième salle . Un saint Jérôme, par Salvator Rosa ; saint Jean-Baptiste dans le désert, par Assini ; la Vierge et saint Antoine, par Luc Jordan ; une Madone, le Sauveur, ù la manière du Corrège ; plusieurs toiles de VEspagnolet , etc., etc.

Cinquième salle . Le Christ portant sa croix , noble composition de Daniel Crespi ; plusieurs toiles de Léonard de Vinci , de Bramante , d 'Oggiono, des frères Procaccini% etc.

Dans le premier cabinet , on admire le Mariage de la Vierge , que Raphaël peignit à vingt ans , et d’autres toiles du Pérugin , de Bellino , de Cimabué ;

Dans le second cabinet , l'Adoration des Mages , par Costa ; la Vierge et plusieurs saints, par Moroni ; la Vierge avec l’Enfant Jésus, par Orbetto ; une tête de vieillard , par le Titien ;

Dans le troisième cabinet , Moïse sauvé des eaux , chefd’œuvre de Giorgione ; saint François visité par deux personnes, du Titien ; Jésus-Christ à Emmaüs , par Bonifacio ; beaucoup d’autres toiles de Jordaens , Sneyders , etc. , etc.

Les salles suivantes contiennent les marbres, statues, basreliefs, bustes antiques, plâtres et quelques œuvres de Canota.

M. Polonceau indique à Milan une belle toile de Raphaël représentant une Vierge d’une beauté ravissante. D’une main elle soulève un voile qui couvre un petit enfant endormi, de l’autre main elle soutient un autre enfant un peu plus grand. Cette composition est divine. M. Brocka, le propriétaire de ce beau tableau, en possède un autre de Murillo , représentant un enfant dormant sur la terre; au bas

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de celte belle page on lit : Ecce Agnus Dei : voici PAgneau de Dieu. Tout est beau dans cette composition.

L'hôtel de la monnaie, ou le Zecca , possède une belle collection de médailles antiques et modernes.

Le réfectoire de Pancien couvent de Ste-Marie-des- Grâces : c’est là que sont quelques traces admirables du Cénacle de Léonard de Vinci, il faut s’adresser au custode, qui, moyennant une légère rétribution , ouvre les portes du couvent. Visiter l’église à côté , où il y a quelques beaux tableaux.

Le grand hôpital est un bâtiment magnifique et immense. Jamais la fortune n’a employé les ressources de Part pour un but plus louable. On y reçoit tous les pauvres malades. Il y a, outre les médecins et les chirurgiens ordinaires, des professeurs de médecine et de chirurgie, ainsi que des élèves qui en même temps étudient la théorie de ces arts salutaires, en apprennent la pratique et servent les malades.

Au centre de la principale cour de cette philanthropique habitation s’élève une église composée d’un seul dôme, dont le maître-autel est orné d’une belle toile du Guerchin.

Le nombre des malades que renferme cet asile de la douleur est, terme moyen, de 1,300.

L’hôpital militaire est aussi un noble édifice érigé sur les dessins de Bramante ; c’était autrefois un ancien couvent. Les autres établissements de charité que renferme Milan sont : l’hôpital des Fate-bene-sorelle , des Fate-bene fratelli ; V hospice des orphelins , des orphelines ; le lazaret, les salles d'asile pour les enfants .

Théâtres. — Milan possède plusieurs théâtres; le premier est le grand théâtre royal de la Scala, où l’on joue l’opéra; il fut bâti en moins de deux ans par un certain nombre d’actionnaires qui se remboursèrent sur la vente des loges. Rieri de plus magnifique, de plus commode et de mieux servi que ce théâtre : on entre par un grand vestibule qui conduit au parterre, et a deux grands escaliers pour cinq rangs de loges, et une terrasse où Pon peut aller prendre le frais. Les loges sont grandes, garnies de rideaux de soie , commodes , meublées très-agréablement , et au

nombre de deux cent quarante. L’usage d’y tenir assemblée , d’y recevoir des visites et d’y faire la conversation , est aussi commun à Milan que dans le reste de l'Italie (l). 0° exécute de grands ballets sur le théâtre de la Scala : les décorations sont quelquefois assez belles, assez bien entendues; mais les pantomimes et les danses sont presque toujours infiniment au-dessous de ce qu’on devrait attendre. Ce noble édifice est le seul rival qu’ait en Italie le théâtre St-Charles à Naples. Voici les dimensions de ces deux grands théâtres :

La feCALA. —

Longueur totale ,

88 mètres.

Largeur,

La scène. —

Longueur,

Largeur,

Avant-scène. —

Longueur,

Largeur,

Parterre. —

Longueur,

Largeur,

St-Chàrlks a Naples. — Longueur totale ,

La scène.

— Longueur,

— Largeur,

Avant-scène.

— Longueur,

— Largeur,

Parterre.

— Longueur,

— Largeur,

Ce théâtre est donc le plus vaste et le plus riche en architecture de l’Italie, et peut contenir de 4 à 5,000 personnes.

Les mêmes actionnaires firent bâtir ensuite un autre théâtre à la Canobiana . Du palais de la cour, on va à ce théâtre par un corridor qui traverse la rue. Le petit théâtre del Rè est très-fréquenté. On y joue tantôt des opéras bouffons , tantôt des tragédies et des comédies. Les autres petits théâtres ne méritent pas une mention particulière.

(i) Ce qnlfalt qu’on n’entend que le premier coup d’archet, qui est vraiment magnifique, mais on n’cntend que celui-là à cause du bruit des portes de loges et du déchaînement des langues : tout le monde cause sans s’occuper du théâtre. Le ballet n’a pas plutôt commencé , que le Jeu et le# conversations cessent sur-le-champ.

SlMONl) . Voyaga en Italie.

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Les fondateurs de Milan avaient sans doute manqué d« prévoyance : cette ville, bâtie au milieu d’une vaste plaine, est trop éloignée des deux fleuves qui traversent la Lombardie. L’industrie humaine a su réparer la faute des fondateurs; deux canaux artificiels font communiquer Milan avec l’Adda et le Tessin. Le canal du Tessin, commencé en 1179, fut terminé en 1271. Celui de l’Adda fut fait en 1457. Arrivé à un mille de la porte Neuve, au nord de Milan, le canal de l’Adda se trouva plus haut de cinq pieds que celui du Tessin : pour les réunir dans la ville sans chute, on pratiqua six écluses, et, pour prévenir les inondations, on plaça près de la porte Neuve un déversoir qui porte les eaux surabondantes hors de la ville. On peut dire que ces deux canaux sont la véritable richesse de Milan ; ils servent nonseulement à l’approvisionnement de cette ville, aux arts mécaniques et à l’irrigation des jardins , mais encore au commerce, surtout depuis qu’on a rendu plus praticables les routes du Simplon et du Saint-Gothard. En général, la science des eaux et de l'architecture hydraulique est employée dans toute ritalie avec autant d’intelligence que de succès.

Le Jardin public est très-rapproché de la porte Orientale; il est assez grand et bien entendu. Au milieu est un bâtiment carré qui pourrait servir aux fêtes publiques. Du jardin on monte aux remparts, qui, étant plantés d'une double allée de marronniers, olfrent une belle et longue promenade.

Le local autrefois occupé par le grand château, et qu’ou appela ensuite le Foro Bonaparte , est sans doute bien digne de fixer l'attention du voyageur. De ce château ou ancienne forteresse , il ne reste presque plus rien qui puisse servir à la défense , et Ton n’a conservé que le carré intérieur qui formait le palais des Visconti et Sforce, seigneurs de Milan, à présent changé en logement aussi sain que commode pour les troupes. Le démantèlement des fortifications est un double avantage pour la ville , d’abord parce qu’elle n’est plus exposée aux risques et aux maux que causent les sièges, et ensuite parce que ce démantèlement a procuré un espace très-vaste â l’ouest pour les évolutions militaires, et, du ■côté de la ville , une superbe promenade plantée d’arbres de

différentes espèces. C'est là qu'aboutit la nouvelle route du Simplon. A l'extrémité de Ja place d’armes, on a érigé un arc de triomphe qui peut être comparé à ce que l’architecture des Grecs et des Romains nous a transmis de plus noble et de plus imposant dans ce genre. Non loin du château est un magnifique cirque destiné aux courses et à la naumaebie , lequel, au moyen de dix rangs de gradins dont sa circonférence est décorée, et de ses galeries, peut contenir trente mille spectateurs. L’arènea 150 mètres dans sa plus grande longueur et 76 mètres dans sa plus grande largeur. Ou y voit un arc de marbre soutenu de quatre colonnes d’ordre dorique : le pulvinar en a huit d’ordre corinthien, du meilleur granit, et couronnées par les plus beaux chapiteaux. A la porte Ticinèse on admire pareillement un arc de triomphe avec deux corps-de-garde qui sont d’ordre rustique : la porte Neuve en offre encore un d'ordre corinthien avec de superbes has-reJiefs. Tous ces ouvrages, faits pendant l'occupation française,, sous Napoléon , ont un caractère de grandeur et de magnificence qui ne peut être que le produit du génie et fie la puissance que suppose l’exécution de pareilles entreprises.

Le passage Cristoforis peut soutenir le parallèle avec les plus beaux passages de Paris. On y trouve un brillant café , des librairies et plusieurs magasins élégants.

Grands hommes. — La ville de Milan a eu beaucoup de personnages célèbres dans les sciences et les belles-lettres son histoire littéraire forme seule quatre gros volumes infolio; aussi cette ville fut-elle surnommée la nouvelle Athènes. Virgile y étudia. On compte parmi les anciens auteurs que Milan a produits, Cœcilius Statius, galère Maxime , Virginia Jiufus , et Salvius Julianus ; parmi les modernes, Cardan , Alciat , le P.. Lecchi , le P. Porta , le marquis Beccaria , Frisi , Parini , et une foule d’autres que les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas dénommer. On trouve dans cette ville beaucoup d’imprimeurs et. de libraires qui méritent d'étre connus des gens de lettres.

Commerce. — Le commerce et l’industrie de Milan ont toujours été assez florissants. Par sa situation., cette ville est naturellement un entrepôt général de toute l’Italie. A la vé-

GUIDE EN ITALIE

rité , la difficulté des transports et l'intérêt personnel ayant suggéré aux peuples voisins la route par mer et le cabotage , Milan perdit beaucoup à ce nouvel ordre de choses ; mais, les superbes routes qui ont été construites dans les derniers temps balançant les facilités des courses par mer, la capitale de la Lombardie peut espérer de réparer, du moins en partie, les pertes qui lui ont été occasionnées. Ses moyens commerciaux se sont singulièrement multipliés : autrefois ils se bornaient aux produits de son territoire, tels que riz, fromages et soie, qui s'expédiaient à l'intérieur pour être échangés avec les objets qui lui étaient nécessaires; elle avait quelques fabriques d’étolïes de soie et de coton , mais qui , faute de débouchés, étaient tombées en décadence : aujourd’hui de riches négociants y ont formé des établissements considérables ; à l’activité nécessaire dans le commerce ces négociants joignent de grandes fortunes , et avec beaucoup d’argent comptant ils font des spéculations très-avantageuses. Ainsi le commerce actuel de Milan s’étend à une foule d’objets : il embrasse le trafic des produits de l’agriculture ; il s’alimente de ceux des fabriques d’indiennes , de mouchoirs, de rubans, de voiles, de velours, de cuirs, de savons, de verrerie ; il s’occupe même à vivifier l’industrie, en lui fournissant des débouchés convenables : l’orfèvrerie , les fleurs artificielles, les broderies et les galons de Milan, sont envoyés dans toute l’Italie. Il y a plus , les diverses relations commerciales, et le besoin qu’ont tous les pays environnants d’avoir des fonds dans cette ville , ont fait que les opérations du change y sont devenues très-importantes , et de cet état de choses on peut conclure que Milan doit être maintenant rangé dans la classe des villes de commerce les plus considérables.

Habitants. — De toutes les villes d’Italie, Milan est celle où les étrangers reçoivent le meilleur accueil : ses habitants sont naturellement hospitaliers. On y voit -de très-belles - femmes; ce qui les distingue surtout, et qui est sans doute l’elTet d’un climat tempéré, c’est la plus belle carnation. La noblesse y est très-nombreuse ; mais il y a aussi plus qu’aillcurs des rentiers , des propriétaires et des capitalistes, qui rivalisent avec elle sous le rapport du luxe. On remarque

quelquefois au Cours deux cents à trois cents carrosses. Les modes, pour la plupart calquées sur celles de Paris, donnent le ton dans les autres villes de l’Italie.

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