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Novi,

Arquata,

Pavie,

1 Va

Casteggio,

Konco,

Pontedecimo,

Voghera,

i Vt

Tortone,

2 Va 1

Gênes,

De Milan on voyage dans une belle plaine d’environ 20 milles de longueur, et en côtoyant jusqu’à Pavie le canal Naviglio. La fertilité offre partout le coup d’œil le plus agréa-

blo ; la route est bordée d’arbres rangés en différents ordres , et baignée par des canaux qui se répandent dans les campagnes.

Pàvie ( Pavia ), ( hôtels : de la Lombardie, la Croix-Rlanche, la Poste) , située sur les bords du Tessin et dans une belle plaine, est une ville très-ancienne ; suivant Pline elle existait même avant Milan. Son territoire est si fertile, qu’on l’appelle le Jardin du Milanais. Elle a d’assez beaux édite. 11 n’y a pas encore longtemps, on y voyait de hautes tours carrées bâties de briques : c’est dans une de ces tours que fut renfermé Boôce, dont on voit la tombe dans l’église des Augustins. La place la plus considérable est environnée d’un grand portique; les rues sont larges et bien alignées; la plus belle est celle qui traverse la ville et va aboutir au pont du Tessin : ce pont, revêtu de marbres, est couvert et sert de promenade aux habitants; il a 340 pas de longueur. Cette antique cité lombarde est aujourd’hui chef-lieu de province, siège d’un évêché, d’une intendance, d’un tribunal de première instance et d’une chambre de commerce.

Monuments religieux. — La Cathédrale , qui a été rebâtie il n’y a pas bien longtemps, n’a rien de remarquable; on y conserve une prétendue lance de Roland, qui n’est autre chose qu’un aviron armé de fer. V église de Saint- Pierre , où repose, dit-on, le corps de saint Augustin, est ornée de marbres et de statues ; l’architecture en est gothique et hardie.

Il y avait autrefois une citadelle très-forte qui, dans les guerres d’Italie, fut plusieurs fois assiégée et prise d’assaut: aujourd’hui elle est presque ruinée.

Université. — L’université de Pavie a été toujours renommée à cause des grands hommes qu’elle a possédés , et qui , par leur mérite personnel, ont su soutenir la célébrité de cet utile établissement : tels sont les fameux jurisconsultes Jazon, RaJde et Alciat, qui en ont été professeurs. Parmi les objets qui méritent une attention particulière, on peut citer la bibliothèque, le musée d* histoire naturelle , le cabinel de physique et d'anatomie , et le jardin botanique.

Palais. — Les palais les plus remarquables par la richesse des ornements et la magniticence des galeries sont ceux de

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Brambilla et de l’ex-professeur Scarpa, où est un portrait peint par Raphaël, et par leur architecture et la beauté des jardins, ceux de Maino et d’OIlevano. Le théâtre, bâti en 1733, est d’une forme assez agréable.

Moeurs. — Les habitants de Pavie sont très-réservés dans leur maintien ; les mœurs y sont respectées. Les femmes n’ont garde de se montrer à la promenade ou dans les lieux publics avec cet air de liberté et d’abandon qui se fait remarquer dans beaucoup d’autres villes, et qui choque la décence. L’habillement de la bourgeoisie et du peuple annonce la richesse du pays, qui abonde réellement en grains, vin, fromage, chanvre et autres denrées. Pop. 23,000 hab.

Chartreuse. — A quatre milles avant d’arriver à Pavie, est la célèbre chartreuse, supprimée par Joseph II, dont nous avons déjà parlé aux excursions de Milan, route 27 , page 295. Ce monastère est isolé, et couvre, par ses nombreux bâtiments de service, par son église et son beau cloître, l’espace de terrain qu’occuperait un fort village. L’église, qui a été commencée en 1396 par Jean Galéas, est un mélange d’architecture gothique avec celle de la renaissance. Elle est entièrement incrustée de marbres de diverses couleurs, et elle était couverte en plomb. La façade est garnie de sculptures, de manière à ne pas rencontrer deux pieds de matière simplement polie. L'ordonnance générale ne laisse pas cependant d’être belle. Le plan de l’église forme la croix latine surmontée d’une belle coupole. En entrant, on trouve de chaque côté huit chapelles dont les murs sont couverts de peintures à fresque très-médiocres, ruais entourées d’ornements dcrés ou chargés de couleurs les plus vives. Chaque autel, surmonté d’un tableau , offre à l’œil l’assemblage des marbres les plus rares, incrustés ordinairement de pierres tines. Jusque-là il n’y a que du luxe, mais il est grand. La traverse de la croix joint à ce mérite étranger à l’art celui d’une grande pureté d’architecture, et l’on y retrouve ritalie. Cependant, quoique la somptuosité qui y règne soit étourdissante, elle est toujours soumise au bon goût. C’est là que se trouve en marbre blanc le tombeau de Jean Galéas, fondateur de cette église. Ce monument ressemble au tombeau de

François 1er, à Saint-Denis. L’entassement des richesses re-

commence au maître-autel, qui, avec le tabernacle, forme un monceau d’albàtre parsemé de pierres précieuses. Toutes les voûtes sont peintes à fresque, et la plupart des ornements qui les décorent se détachent sur un fond d’or ou d’azur. Près du tombeau de Galéas on trouve une porte basse qui mène au lavabo des moines. Une grande vasque de marbre règne le long du mur, auquel sont ajustées des figures qui lancent de l’eau. Au-dessus est un buste qui , dit-on, est le portrait de Henri Gamodia , ou Zamodia , Allemand de nation, et architecte de l’église. A la gauche du lavabo , on voit un petit puits en marbre blanc , comme tout le reste de cette pièce, où l’artiste semble avoir épuisé son art, tant on y trouve d’élégance et de délicatesse.

La richesse et la grandeur des deux sacristies répondent à ce qu’on a vu déjà; un immense réfectoire, une vaste bibliothèque , des salles d’assemblée pour le chapitre, un bâtiment pour donner l’hospitalité aux étrangers, ainsi que tous les lieux nécessaires à la vie ordinaire, sont distribués avec art autour de l’église , d’où l’on sort d’un côté pour entrer d’abord dans le portique de la fontaine, lieu distribué absolument comme l’atrium des anciens. Des eaux jaillissantes sont au centre, et un portique en terre cuite sculptée, soutenu par des colonnes élégantes , dire sur ses quatre côtés égaux une promenade délicieuse pendant la chaleur du jour : les plafonds sont peints en azur et or.

A ce cloître en succède un autre plus vaste , mais non moins élégant. Les murs sont garnis de peintures à fresque, et l’espace du milieu, couvert d'un gazon, était le cimetière des chartreux, dont on voit les cellules toutes semblables s’élever symétriquement au-dessus du toit avancé qui couvre le portique. Vingt-deux portes correspondent à chacune d’elles : rien n’égale l’élégance sévère et la propreté de ce lieu de tranquillité.

On ne peut se faire une idée de la somptuosité de cette chartreuse quand on ne l’a point vue, et il est impossible d’évaluer les millions qu’on a successivement dépensés pour la mettre dans l’état où elle est. La première pierre fut posée par Galéas en 139G. Dès l’année 1390, les chartreux y avaient été appelés et établis. Le duc leur assigna des biens,

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â condition de terminer et embellir cette église. Non-seulement ils remplirent grandement leur promesse, mais ils amassèrent encore des richesses immenses par des améliorations qu’ils introduisirent dans la culture de leurs terres. En effet, il est difficile de trouver un sol plus fertile et mieux employé que celui qui entoure au loin ce monastère. La terre y est tellement garnie de végétation et d’arbres , qu’on a peine à concevoir aujourd’hui comment on a pu donner en ce lieu une bataille aussi importante que celle de Pavie, où notre François !«r fut fait prisonnier. C’est cependant près des murs de cette chartreuse qu’eut tieu cette action mémorable , et c’est dans ce monastère meme que le roi de France fut conduit, quand il eut tout perdu , fors l’honneur. ( Voyez page 295.)

Vogiière est la dernière place du Piémont, aux contins du pays de Plaisance et du territoire de Pavie. Celte ville, bâtie dans une situation riante, offre une vue agréable et charmante. La cathédrale est d’architecture moderne, et mérite d’être remarquée. De Voghère il y a une roule qui conduit directement à Plaisance , par Bronio et Chdteau- Sainl-Jean. ( Voy . route 24.)

A G milles, 11 kil. environ en avant de Tortone , on passe Je Curone . La route continue au milieu d’une plaine fertile, bien cultivée, et coupée par plusieurs torrents dont le passage présente quelque danger dans les temps pluvieux. Le grand nombre de mûriers plantés dans la campagne donne une idée du commerce de soie qu’on fait dans ce pays.

Tortone, grande ville, autrefois bien peuplée, n’est plus importante aujourd’hui. En passant dans cette ville, on voit quelques maisoos bien bâties. [Voy. route 24.)

Gênes. (Proy. route 8.)

liOÜTE 38* — DE MILAN A BOLOGNE

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