‹ Guide et souvenir de la St-Jean-Baptiste, Montréal, 1884 [microforme]Chapitre 13 sur 33 · Etude de notre histoire · texte numérisé non relu

Etude de notre histoire

40. Encouragement des études propre à favoriser notre commerce, nos industries et nos manufactures.

C'est la fête du peuple, il la veut grande et fière La nature sourit à sa noble bannière ;

Le soleil annonce un beau jour !

Le Tout-Puissant exauce et la vierge qui prie Et les bons citoyens offrant à la patrie

L’humble tribut de leus amour.

Que ne puis-je, en son nom, fixant tes destinées, .O Canada français, t'annoncer des années De gloire et de félicité !

Que ne puis-je, de Dieu comme Moïse, Mourir en signalant une terre promise

h aug A ta nationalité !

Mais les temps ne sont plus où de divins oracles, Aux peuples dévoyés, par d’éclatants miracles

EEE ETES

Indiquaient un chemin tracé :

CAGE Aveugles, pour guider nos pas dans la nuit noire, Ecoutons, saississant le fil de notre histoire,

n°? Ecoutons les voix du passé... .Y I13 --‘{ Peaux blanches, abordez sans crainte ce rivage,

“ Oubliez parmi nous les périls du voyage -

‘“ À travers le grand lac salé :

Dr] 222.2

‘ Nous vous offrons nos bois, nos fleuves, nos montagnes: « Et l’épi de maïs cueilli par nos compagnes

‘ Aux dents de perle, au teint hâlé.

‘* Partagez avec nous! Dans nos vastes domaines, ‘ Le castor vit en paix avec les douces rennes

‘ Qui viennent boire à son étang ; ‘€ L'esprit de feu qui brille au-dessus de nos têtes, ‘ En chef hospitalier, convie aux mêmes fêtes

‘ Le guerrier rovge et l’homme blanc.

‘ Soyez les bienvenus! mais, quand nos solitudes + Se rempliront du bruit d’étranges multitudes ‘ Qui sur vos pas vont accourir, ‘ Laissez à nos enfants les signes de leur race, ‘ Leur vie errante et libre et leur pays de chasse,

‘4 Nos os et notre souvenir ! ”?

Des siècles expirés franchissant les ténèbres,

Race éteinte, pourquoi, sur des tons si funèbres, Viens-tu jeter dans nos festins,

Comme un reproche amer, l'hymne de l'espérance

Où, jadis, saluant l’étendard de la France,

Tu croyais charmer les destins ?

Viens-tu nous annencer que l'espoir n’est qu’un rêve,

Que tout change ici-bas sans retour et sans trève, Que tout sentier mène au néant ?

Qu’avec Tyr et Sydon, Babylone et Palmyre,

Des peuples, des héros, grands noms que l’on admire

Nul n'échappe au gouffre béant ?

Que sembable au torrent de la marée avide,

Des enfants d’Albion l'invasion raoide Nous fera sentir ses rigueurs ?

“Que nos fils parleront une langue étrangère,

-Que les traditions apprises de leur mère

Ne feront plus battre leurs cœurs ?

Ah ! cesse de troubler nos fêtes patronales ! D'un plus noble avenir nos brillantes annales Offrent des gages glorieux.

Silence!....un chant plus doux medule à notre oreille Les refrains endormis que ce beau jour réveille,

Ecoutons la voix des aïeux!

“4 Quand au sommet d’un mont stérile, ‘€ Le royal habitant des airs,

“€ Loin des sentiers de l’univers

‘ À su se choisir un asile,

‘ Ce n’est pas que des aquilons

‘€ Le cortége ait pour lui des charmes ; ‘€ Mais il ressent moins d’alarmes

€ Pour l’avenir de ses aiglons.

€ Tel, de l’heureuse Normandie

‘* Quittant la rive en souriant,

‘ Aux bords lointains du Saint-Laurent ‘« Champlain fonde une autre patrie,

‘6 Ce n’est pas l’exil de la cour

4€ Qui le pousse vers cette plage;

< Non, son cœur y voit l'héritage

“4 Des Français qui viendront un jour!

‘ Ainsi commenca l'épopée

‘€ Qu'au prix de son sang généreux :

‘ La France grava dans ces lieux

‘ Avec la hache, avec l'épée;

‘ Ce fut une œuvre de géant!

‘€ Qui nous rendra nos jours de gloire ‘€ Pourquoi faut-il que la victoire

€ Nous ait trahis au dernier chant ?

66 D'Israël le bras tutélaire

‘€ Succombe aux coups de Dalila;

4 Montcalm que, seul, Wolfe égala, # Cède à la fortune arbitraire!

“ Mourons! pour la dernière fois

‘ Sur nos drapeaux a lui l'aurore.

‘6 Vivons! si Dieu nous laisse encore

‘ L'honneur, notre langue et nos lois!

‘€ Dépôt sacré, pour ta defense,

‘€ Nos fils, quand nous ne serons plus, ‘ S’armeront des mâles vertus,

‘“ Seuls dons que Hous laisse 4 France.

‘ Mais si par le sort envieux

‘ Leur âme, aux faux dieux asservie,

‘€ Sur leurs autels te sacrifie,

é: Viens, viens nous retrouver aux cieux! ”?

© Vos vœux s’accompliront: dormez, ombres chéries, Dormez: à. jurons par immortel Cartier!

Ce dépôt illustré par vos mains aguerries,

Gardé par notre amour depuis un siècle entier,

Cet auguste héritage, aujourd hui que nous sommes Eprouvés par la lutte, un demi million d'hommes,

Qui songe à le sacrifier ?

Le trahir? nous! comment? par peur? comme le lâche Tout couvert. de mépris justement prodigué!

Comme le serf obscur qui, courbé sur sa tâche,

Se plie au joug honteux de père en fils légué!

Par un sordide espoir? comme le mercenaire

Qui livrerait son Dieu pour un hideux salaire. .

Mais nous étions à Câteauguay!

Nous n'étions que trois cents à notre Thermopyle:

Pour défendre nos droits, nous serions trois cent mille Invoquant la foi des traités;

Et votre sang soudain, s'allumant dans nos veines,

Déroberait encore aux Parques inhumaines

Nos immuables libertés!

Tels, des rochers rivaux que la discorde anime, Unissent leurs efforts pour soustraire à l’abime Les débris de leur seul vaisseau;

Les torts sont oubliés, le péril les efface; De leurs divisions s’évanouit la trace,

s Comm? celle des vents sur l’eau.

Ainsi puisse Albion sur l'océan du monde,

Bénissant un accord si fécond en bienfaits,

Aux splendides couleurs de la reine de l'onde

Allier pour toujours le pavillon français;

Et puissent dans nos champs qu’un même fleuve arrose,

L'érable et le chardon, et le trèfle et la rose,

Croitre unis et fleurir en paix!

LdC FISER

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