LA VILLE DE MONTREAL
La cité de Montréal fut fondée le 18 mai 1642, par Paul de Chomedy, Sieur de Maisonneuve, sous le nom de Ville-Marie, et sa naissance, entourée d'un voile de mystérieuse et sauvage poésie, rappelle des souvenirs qui émeuvent le cœur de ceux qui aiment à lire notre histoire et à se reporter en imagination aux premiers jours de la colonie.
Parlant de la fondation de Montréal, M. Francis Parkman, l’historien . national des Etats-Unis, dit dans son ouvrage The Jesuits in North America :
“ Sous plus d’un aspect l’entreprise de Montréal appartient au temps des croisades.
“ L'esprit de Godefroy de Bouillon survivait dans Chomedy de Muisonneuve ; et, dans Marguerite Bourgeois se réalisait ce pur idéal de la femme chrétienne, fleur de la terre épanouie aux rayons du ciel, qui sub juguait par sa douce influence la férocité d’un âge barbare.
“Le dix-sept mai 1642, la petite flotille de Maisonneuve, une pinasse, un bateau plat et deux chaloupes, celles-ci à la rame, celles-là à la voile, approchaient de Montréal. Tous les voyageurs entonnèrent à l’unisson ur hymme d'actions de grâce. ,
‘ Le jour suivant, ils glissaient le long des rivages verdoyants et solitaires, au iourd’hui tout remuants de la vie d’une ville active, et mirent pied à terre à l'endroit que Champlain, trente-et-yn ans auparavant, avait choisi comme un site favorable à un établissement. C'était une langue ou triangle de terre, formée par la jonction d’un ruisseau avec le Saint-Laurent, et connue depuis sous le nom de Pointe-à-Callières. Au bord du ruisseau s'étendait un champ, et au-delà s'élevait la forêt avec son avant-garde d'arbres isolés. Les fleurs hâtives du printemps s'épanouissaient dans l’herbe naissante, et les oiseaux aux plumages variés voltigeaient dans les buissons.
‘ Maissonneuve sauta à terre et se jeta à genoux; ses compagnons imitèrent son exemple, et tous unirent leurs voix en un cantique enthousiaste d'actions de grâce. Les tentes, le bagage, les armes et les munitions furent transportés à terre. Un autel fut dressé auprès, sur un site gracieux, et Mademoiselle Mance, avec Madame de la Pelletrie, aidées de leur servante, Charlotte Barré, le décorèrent avec un goût qui fit l'admiration de tous les assistants. Alors toute la petite colonie se réunit autour du sanctuaire improvisé. En avant se tenait le P. Vimont, vêtu des riches ornements du sacrifice ; auprès, les deux dames avec leur servante; Montmagnay, spectateur peu empressé ; et Maisonneuve, figure guerrière, droit et grand de taille, ses hommes groupés autour de lui—soldats, marins,
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