‹ Guide historique et descriptif de la Cathédrale d'AngersChapitre 2 sur 9 · DESCRIPTION · texte numérisé non relu

DESCRIPTION

Extérieur

Le Grand porlail (xne siècle), probablement du même architecte que le grand portail du Mans, celui de Chartres et les portes latérales de Saint-Étienne de Bourges, a ses montants et ses voussures ornés de personnages bibliques, et d’anges en adoration, devant

Le Trône du Ciel.

Au tympan :

Dieu, Souverain Juge, assis en Majesté, est représenté entre les quatre animaux symboliques de l’Apocalypse, sur la mer transparente. Au linteau étaient sculptés les douze Apôtres (il en reste deux

sur les côtés). Le trumeau qui partageait la baie en deux, a disparu au siècle dernier : il portait une statue de la Vierge-Mère, par Poncet (xvc siècle).

Les vantaux du portail sont couverts de curieuses pentures en fer forgé du xne siècle.

Au-dessus de la baie centrale :

Saint Maurice et ses compagnons .

En costume de chevaliers. Statues pierre, d’un effet très pittoresque, exécutées en 1537, par Jean Giffart et Antoine des Marais, restaurées maladroitement, en 1838, par Dantan aîné.

Au-dessous, une inscription (restituée en 1838), rappelle le besoin de paix d’une époque profondément troublée :

©û paccm, ©amine, biebus noatria

(St btaaipa gcntca q [une] bclla nolunt. 1540.

A gauche de la façade, sur la rue de l’Évêché, vis-à-vis la « Court du grand archidiacre » :

Calvaire.

Élevé en 1816, sur l’emplacement d’un calvaire érigé, en 1751, par l’évêque Jean de Vaugirault, et détruit pendant la Terreur.

A la gauche de ce calvaire, petite tourelle , ou échauguette, construite par ce prélat, pour y faire ses dévotions à la Croix, sans sortir de son palais.

Intérieur

La cathédrale est orientée. Elle a la forme d’une croix latine, mesurant 90 mètres 45 de longueur totale ; 44 mètres 66 dans les transepts ; 16 mètres 40 de largeur dans la nef ^une des plus larges nefs connues ; la base de ses murailles est vraisemblablement celle des deux nefs latérales de l’église du xi° siècle).

Ses voàles dômicales ont 26 mètres d’élévation sous clefs : elles sont probablement les premières de ce style angevin, dit « Plantagenet », importé en Poitou et en Touraine.

Une Crypte funéraire, qui s’ouvre sous une pierre scellée, au milieu de la nef, construite en 1763, pour les chanoines, est réservéo maintenant à fa sépulture des évêques. (Y furent déposés, les corps des -U‘uu évêques d’Angers morts depuis le Concordat : IS'N. SS. Charles Montault des Islos, Louis Paysant, Guillaume Angebault, et jusqu’en 1889, le cœur do M,r d’Andigné, évêque de Nantes, transporté alors à Beaufort), ÿ

Nef

Au-dessus de la porte :

Les orgues .

Refaites en 1872, par Cavailhé-Coll. On y compte 3,000 tuyaux.

Le buffet, d’un grand style, le plus beau peut-être en ce genre, avec ses quatre Atlantes de bois, a été sculpté, de 1742 à 1748, sur les plans de J. -Jérôme Servandoni, par Pierre-Étienne Surugue, mort à Paris, en 1772.

Le Chemin de la Croix .

Ces quatorze tableaux sur toile (xix° siècle), sont du peintre angevin Charles-Marcel Avril de Pignerolle.

Côté gauche de la nef

Sous les orgues :

Bénitier antique .

Baignoire romaine de marbre vert, posée sur deux lionceaux de marbre blanc du xve siècle, donnée en 1450 par René d’Anjou, qui l’avait rapportée de Provence. C’est un ancien font baptismal où, d’après la légende recueillie au xve siècle, « le roi Marsille, converti par Marie-Madeleine », aurait été fait chrétien.

Sous la première arcade, porte de la

Chapelle Sainte-Anne (ou du Calvaire)

Construite en 1466 par le chanoine Hugues Fresneau, qui y avait son tombeau. Le Concile provincial de Tours, chassé par la peste, s’y termina en 1568, sous la présidence de l’archevêque Simon de Maillé. Les clefs de voûte portent les armoiries du Chapitre et celles de l’évêque Hardouin de Bueil, mort en 1439. Les vitraux auraient été faits sur les indications du roi René, qui, dit-on, peignit lui-même les Douze Apôtres sur les murailles (badigeonnées depuis le Concordat). Le tympan des fenêtres ogivales flamboyantes représente des fleurs de lis. On a remis à l’une des fenêtres (1891), de très beaux vitreaux (tin du xve siècle ou commencement du xvie), représentant une femme agenouillée sur un dragon (la Luxure?), au-dessus saint Michel terrassant le dragon, et, à gauche, un Ange portant l’écusson de France.

A gauche en entrant :

Ecce homoy toile, par J. -B. Thonnesse (né à Dijon, en 1755, mort à l’hôpital d’Angers, en 1830).

Toujours en suivant sur la gauche :

Vierge-Mère , toile, xixe siècle.

Entre les deux fenêtres :

Croix de marbre noir érigée à la mémoire de Mgr Montault des Isles (évêque d’Angers de 1802 à 1839).

Au-dessus de l’autel :

Calvaire, par David d’Angers, 1821.

Le Crucifix (zinc fondu). La Vierge et saint Jean (statues pierre).

Au retable de l’autel :

La Passion , la Crucifixion et la Résurrection du Sauveur.

Peinture sur bois, fin du xve siècle. (Appartint à l’abbé Choyer, aujourd’hui à M. le chanoine Mâchefer, custode. Provient de l’église de Saint-Mathurin, Maine-et-Loire.)

Parement du tombeau de l’autel : à la partie supérieure :

Les œuvres de miséricorde.

Au-dessous :

Lazare et le mauvais riche.

Aux deux extrémités du premier rang, un évêque guérissant les maladies corporelles et morales. Bas-reliefs sur bois doré et argenté, fin du xve siècle. (A M. L. de Farcy. Provient de l’autel Saint- Amand, église de la Trinité d’Angers).

A droite :

Saint Maurice , toile (xixe siècle), par J. B. Thonnesse.

Nef (côté gauche, suite)

En rentrant dans la nef, suivant toujours la gauche, deuxième arcade :

Tombeau de Mgr Angebault (évêque d’Angers de 1842 à 18G9).

Statue agenouillée de marbro blanc, par Henri Bourriché (187fi). L’inscription, en style archaïque, est de M,r X. Barbier de Montault.

A la deuxième travée, première arcade :

Porte.

Donnait autrefois sur une terrasse de l’évéché ; elle livra passage,

en 1572, au « gros Guillaume », cloche pesant 25,000 livres, et mesurant 21 pieds de tour (détruite en 1793).

Deuxième arcade : •

Tombeau de l'évêque Raoul de Beaumont (1177-1197).

Détruit en 1783, il a été relevé en 1874. La figure a été faite en incrustation de mastics de couleur, selon le style et d’après les étoffes trouvées, en 1846, dans le cercueil de l’évêque (Gaulier du Mans, sculpteur). — Au mur du fond, sous les armes de Raoul de Beaumont, l’épitaphe est accompagnée des anciennes épitaphes rétablies des sépultures ; à gauche, du chanoine Guillaume Fournier , mort en 1490 ; à droite, de Vcvêque Hugues O dard [ 1323).

Troisième travée :

Chaire à prêcher , bois sculpté (largeur 9 mètres, hauteur 12 mètres), œuvre de l'abbé René Choyer, d’Angers, donateur (1870).

L’idée générale est la Société de Dieu avec les hommes , l’Eglise militante et l’Église triomphante. Trois tribunes, selon l’usage antique, pour l’évêque et ses assistants. Au pied de la première tribune : Adam , Abraham et Noê.

A l’extrémité à gauche, le Judaïsme au milieu des ruines de l’ancienne religion, Aaron et Moïse à ses côtés. Sur le rampant, reliant la chaire à l’extrémité gauche, deux bas-reliefs : Èzéchiel invitant les morts à entendre la parole de Dieu ; Daniel montrant la petite pierre détachée du rocher.

A droite, bas-reliefs correspondants, Saint Jean l'Évangéliste , ayant la vision de la Cité sainte, nouvelle Jérusalem ; la Pêche miraculeuse. A l’extrémité à droite, Jésus-Christ , la porte du ciel (sur la porte de la chaire), entre saint Jean , saint Mathieu , saint Marc et saint Luc.

Aux panneaux de la tribune principale, ayant aux angles les statues des Apôtres , trois bas-reliefs : Jésus remettant les clefs à saint Pierre; Nicodème apprenant la voie du salut ; Jésus et la, Samaritaine.

Aux deux tribunes latérales, statues des Docteurs de l’Église, grecs et latins ; à gauche : S. Bernard , é>. Basile , S. Grégoire ; à droite : S. Léon, S. Ambroise , S. Jérôme (manque S. Augustin).

Au dossier de la tribune principale : Le Mariage mystique du Christ et de son Eglise. A droite et à gauche, dans les bas-reliefs : les rois et reines de Saba , les souverains de Tharse, les femmes de Tyr et de Sidon apportant leurs présents aux Divins Époux. Sur les faces latérales, à gauche : Vision du Labarum par Constantin ; à droite : Baptême de Clovis par saint Rémi.

Au-dessus de l’abat-voix , le Ciel, nombreuses statuettes de saints. Au centre, sous le clocheton, le Père Éternel et l'Agneau ; l’ancienne et

la nouvelle alliance : à sa gauche, David ; à sa droite, saint Jean V Évangéliste.

Transept gauche (Chapelle des Évêques)

En tournant, dans le transept, à gauche, se voient (première arcade), les restes du

Tombeau de V évêque Jean de Resly (1499), doyen de Saint-Martin de Tours, confesseur et conseiller du roi Charles VIII, grand aumônier de France.

Le pignon était jadis couronné d’une statue équestre de saint Martin. Le sépulcre, revêtu d’un parement de pierres blanches avec huit statuettes de chanoines, sous des arcatures (recueilli au Musée diocésain, à l’évêché), portait sur une tablette de marbre noir, la statue en bronze de l’évêque, fondue par les Huguenots, en 1562. Dans le fond étaient figurés, en peinture, l’évêque à genoux, son frère derrière lui et saint Paul, le présentant à Jésus portant sa croix près de la Vierge ; à côté, la Mort, qui venait le frapper.

Au devant, sur le sol, pierre tombale (marbre noir), du chanoine grand archidiacre François Pasqueray du Rouzay , mort en 1750.

Deuxième arcade :

Tombeau de V évêque Jean Olivier .

Ce sont quelques restes du tombeau somptueux qu’avait fait construire pour lui-même, l’évêque Jean Olivier, mort en 1540, frère du grand chancelier de France et auteur du poème latin Pandora. Tout ce monument où se confondait, selon la mode du temps, le sacré et le profane, était couvert d’inscriptions latines et grecques. L’évêque était figuré en une statue de marbre blanc, couchée sur un socle, revêtu de marbre rouge. L’extérieur et l’intérieur de l’arcade étaient décorés de pilastres en pierre blanche, chargés de délicats rinceaux, et des médaillons de Moïse, Priam, Epicure, Salomon, Plutarque, Térence, Eschyle, Ovide, Cicéron, Linus, Museus, Diogène, Pythagore, Ptolémée, Boèce, saint Paul, Aristote, Juvénal, Virgile, etc., accompagnés chacun d’une sentence sur la mort. Quelques-uns de ces pilastres sont au Musée Saint-Jean et au Musée diocésain (évêché). A l’intérieur de l’arcade, une frise conserve encore trace des médaillons représentant en marbre blanc, les têtes décharnées d’A lexandre, Romulus , Sémiramis, Hercule, Cléopâtre , Rhea Au-dessous, le cartouche encadré de rinceaux, portait une épitaphe en vers latins, composée par l’évêque -poète qui s’y appelait Janus, au lieu de Joannes. A gauche de ce cartouche, sur une lame do cuivre, avec une autre épitaphe à droite, figurait le portrait à l’huile du prélat.

Badigeonné en 1783, le mausolée a été laissé, en 1794, en l’état où il est aujourd’hui.

Au devant, sur le pavé, pierre tombale marbre noir, de Georges Louet , grand archidiacre et abbé de Toussaint, évêque nommé de Tréguier, mort empoisonné, dit-on, à La Rochelle, le 4 décembre 1608,

Troisième arcade :

Une porte ouvrait ici sur le jardin de l’évêché : les Huguenots y pénétrèrent par trahison, en 1562. On y voit aujourd’hui le

Tombeau de V évêque Claude de Rueil , mort en 1649.

Démoli en 1794, le monument fut relevé en l’état actuel en 1850. La statue en marbre blanc est de Philippe de Buyster, sculpteur du roi. Au fond de l’arcade, les trois cadres de marbre noir étaient remplis, au centre, par le portrait en buste de Claude de Rueil ; à gauche, par le portrait de son oncle, Guillaume Ruzé, mort évêque d’Angers, en 1587 ; à droite, par celui de Martin Ruzé de Beaulieu, secrétaire d’État, mort en 1613. Les inscriptions qu’on y lit ont été refaites, au xi.V siècle, d’après les anciennes.

Au devant, dalle de marbre noir (refaite en 1851), avec

U épitaphe de Henri Arnaud , frère des Arnaud de Port-Royal, évêque d’Angers de 1650 à 1692, fondateur du Mont-de-Piété, etc.

Cinquième arcade :

Porte du palais épiscopal , faite en 1230, refaite en 1699.

Devant la sixième et la septième arcades :

Autel de la Vierge .

Construit, tel qu’il est aujourd’hui, en 1736, par les soins de l’évêque Jean de Yaugirauld. Statue de Vierge-mère en pierre (xvme siècle). Au couronnement, la Charité et l'Espérance (probablement de Jacques-Charles Gaultier, d’Angers). Au retable, petit bas-relief, Y Annonciation (plâtre, 1861).

Au devant, sur le sol, pierres tombales, marbre noir, de Jean de 1 augirauld , évêque d’Angers, mort le 21 juin 1758, et de Michel Poncet de la Rivière , de l’Académie française, évêque d’Angers, mort le 2 août 1730.

Devant la huitième et la dixième arcades, à l’angle des deux grilles de communion des autels i

Pierre tombale (blanche), de Jean Michel , évêque d'Angers, conseiller de Louis II, roi de Sicile, mort en 1447.

On y voit encore les traces des crampons de fer d’une herse, protégeant le tombeau contre l’indiscrétion pieuse des nombreux pèlerins qui, jusqu’à la fin du siècle dernier, y affluaient. La bibliothèque municipale conserve des volumes de procès-verbaux de miracles, enregistrés sur la tombe de ce pieux personnage, que le roi René demanda au pape, en 1472, de canoniser. Le portrait de Jean Michel figure à la partie supérieure du grand vitrail (xve siècle), de la Crucifixion (fenêtre au-dessus).

Les trois petits autels en pierre, rehaussés d’or (en style du xiii0 siècle), sont dédiés à sainte Anne, au Saint Sacrement et à saint Joseph (architecte, Joly ; sculpteurs, André et Moisseron, 1861-1888),

Sanctuaire

Le Grand Autel,

Avec son majestueux baldaquin de bois doré, porté par six colonnes de marbre posées sur de hauts piédestaux, est élevé de 17 mètres 20 au-dessus du sol. Il a été construit de 1757 à 1759, par l’architecte Antoine-Denis Gervais, de Paris, et terminé par son fils. Le marbre rouge provient des carrières de Saint-Berthevin de Laval, et la brèche violette, d’Italie. Il est à deux faces consacrées, la principale à saint Maurice, l’autre face (chœur), à saint René, évêque d’Angers. Au milieu, un oculus laisse voir le corps de saint Martial, martyr des catacombes, apporté par le marquis d’Aubeterre, ambassadeur à Rome, à sa sœur, dernière abbesse du Ronceray. La couronne d’or que soutient un ange au couronnement, et qui renfermait autrefois la custode, pour la réserve eucharistique, a été brisée pendant la Révolution, et refaite en 1816 par Pierre-Louis David, père de David d’Angers. Le tabernacle en bois (1809), peint en imitation de malach’Ye, est du sculpteur angevin F. Dessus-Delamarre.

Choeur

Construit de 1177 à 1197, jusqu’à la muraille orientale de la sacristie, le chœur a été continué, après 1271, jusqu’à sa profondeur actuelle.

Les boiseries , et les 116 stalles qui l’entourent, ont été faites de 1781 à 1787, sur les plans de Jean-Sébastien Leysncr, sous la direction de Jacques Gaultier, originaire de Mayenne, par Michel Fouqué et Jacques-Philippe Duforcst, sculpteurs sur bois : Pierre-Louis David y travailla, notamment aux cassolettes du couronnement et aux trophées qui y figurent. Les deux statues de bois, assises, au sommet, au-dessus de la grande porte du Trésor, représentent la Charité et la Religion »

Le buffet du petit orgue , avec bas-reliefs représentant David et sainte Cécile , renferme un instrument construit, en 1851, par le facteur Bonn de Tours.

Au devant :

Sainte Cécile , statue marbre blanc, donnée en '837 par l’auteur, P. -J. David d’Angers1.

Un peu au devant, sous un Lutrin en fer forgé (xviii6 siècle) :

Pierre tombale de la maison royale d' Anjou- Sicile.

Avec bordure de fleurs de lis et de croix bleues (architecte Dainville Mlle a été posée, en 1850, par la Société nationale d’Agriculture, Sciences et Arts d’Angers, à la mémoire des Princes et princesses de la maison royale d'Anjou- Sicile, inhumés dans le chœur de Saint- Maurice : le roi Louis Ier, second fils du roi Jean le Bon (1384) ; Marie de Bretagne, sa femme (1404) ; Louis II, son fils (1417) ; Yolande d’Aragon 11442); René, dit le Bon (1480), ses deux femmes, Isabelle de Lorraine (1453), et Jeanne de Laval (1498), ainsi que sa fille, Marguerite d’Anjou (1482), femme du roi d’Angleterre, l’héroïne infortunée de la guerre des Deux Roses.

A cette même place était la tombe de Marie de Bretagne.

Devant la troisième arcade, à gauche, étaient les tombeaux de Louis P1' et de Louis IL

A la deuxième arcade à gauche, le magnifique

Mausolée de René d" Anjou.

On voit encore, au-dessus des boiseries, la trace des peintures de ( 'oppin Delf, au sommet de la deuxième arcade, et aussi de la troisième arcade, où René avait fait construire « le Reliquaire » dans le même style.

Quelques petits fragments de marbre blanc sont au musée Saint- Jean. Le sépulcre était orné de la statue de René et de celle d’Isabelle de Lorraine, couchées. Au-dessus, un tableau sur bois de grande renommée, attribué à Gilbert Vandellant, peut-être même du roi René, tout au moins composé sur les indications de ce prince, représentait le Roi mort à l’état de squelette, revêtu de son manteau de souverain, laissant tomber sa couronne et son sceptre. On voit encore, derrière la boiserie, des chaufferettes enflammées, avec la devise d'ardent désir, symbole de son amour pour Isabelle 2 * * *.

1 Sur cette statue, rappelant les traits de Cécilia Odes, voir Henry Jouin : David d'Angers . 2 vol. in-4°, t. Ier, p. 97, 102, 35R-357.

2 Voir pour les détails : Joseph Denais. Le tombeau du roi René,

lecture faite au 15e Congrès des Sociétés savantes des Beaux-Arts ,

en 1891, publiée dans le recueil imprimé par le Ministère de l’Ins-

truction publique et des Beaux-Arts.

Sur les dalles, devant la stalle épiscopale, une très petite croix indique la clef du caveau, qui n’a jamais été exploré depuis le xv8 siècle.

A la première arcade à gauche (dans une armoire pratiquée en pleine boiserie) :

Tombeau du chanoine Gabriel Constantin.

Très belle épilaphe avec buste en relief (par Antoine Léger- Plouvier, d’Angers, mort en 1683), de Gabriel Constantin, doyen du Parlement de Bretagne, abbé de Saint-Julien-du-Val, 1661.

A droite du chœur (derrière la boiserie, visible difficilement dans le passage près de la sacristie, à la gauche de la porte), une petite niche porte l’inscription « hydria de Cana Galileæ ». C’est ici que fut placée, de 1701 à 1793, Y Urne de Cana (porphyre rouge), donnée à Saint-Maurice en 1450, par le roi René, et qu’on remplissait de vin le jour de l’Épiphanie, pour le distribuer aux malheureux. Cette urne antique, qui passe pour avoir servi au miracle de Cana, est aujourd’hui au musée Saint-Jean.

Le Trésor

A la sacristie (xme siècle), récemment restaurée.

Le trésor de la cathédrale d’Angers qui possédait, entre autres richesses, les châsses de saint Maurille et de saint René, des statues de vermeil de la Vierge et de Saint Maurice, des parements d’autel en vermeil (xne, xmc et xve siècles), ne renferme aujourd’hui que peu d’objets de prix.

Un ostensoir en vermeil, haut de 1 mètre 03 (1805-1809).

Quatre statuettes d’argent (hauteur 0 mètre 52j : saint Maurice, saint Maurille, le roi saint Louis et saint Maimbœuf (1837).

Un bras en bois, recouvert d’argent doré, avec des cristaux cabochons (reliques de saint Julien), provenant de l’église détruite, Saint- Jean-Saint-Julien (xvc siècle).

Un autre bras semblable (reliquaire de Saint-Jouin), même provenance, mais d’exécution plus moderne.

Un reliquaire en bois doré (époque Louis xv), contenant des ossements du crâne de saint Loup, évêque d’Angers, provenant de l’église Saint Martin d’Angers.

Un autre reliquaire semblable, conlenant trois os de saint Maimbœuf, évêque d’Angers, transférés en 1214 dans une châsse d’argent.

Un calice en vermeil, ayant appartenu à un prieur-curé de Longue, en 1614.

Un grand nombre d’objets précieux, ayant servi au culte (quelquesuns provenant de la cathédrale), sont conservés au Musée diocésain dirigé par M L. de Farcy. bibliothèque de l’évêché. (S’adresser au concierge fie l’évêché.)

Transept droit (Chapelle des Chevaliers)

En se dirigeant de la gauche vers la droite, au bout d’une rangée de confessionnaux (modernes) qui occupent le mur de gauche, dans le passage communiquant avec la sacristie, un Puits antique , hors d’usage depuis 1400, sert de piscine.

La porte du vestiaire des chanoines, au fond, dans l’angle, s’ouvre sous le portique du

Tombeau de Jean du Mas , abbé de Saint-Thierry de Reims, aumônier du roi, doyen de Saint-Maurice, mort évêque nommé de Dol, en 1557.

L’évêque était représenté en marbre, sur le monument qu’il s’était fait élever sous ce portique, et en bronze, à côté. Une inscription, sur marbre noir, rappelle qu’on utilisa cette niche pour y déposer les saintes huiles (Ave sanction oleum) , au commencement du xixe siècle. Sur le sol, une dalle conserve l’épitaphe rédigée par M,r X. Barbier de Montault.

U autel Saint-Maurice.

Au fond du transept. Avec statue du patron (xvme siècle), qui servit sous le nom de Brutus , en 1794, aux fêtes révolutionnaires. 11 fut élevé en 1737-1738. Au sommet, la Religion et la Foi , terrassant Y Hérésie, terres cuites exécutées probablement par Jacques- Charles Gaultier. Au retable : Le martyre de la légion thèbaine, bas-relief (plâtre, 1861).

A droite s’élevait, avant 1737, V Autel Saint- Thibault, dédié à saint Maurice, en 1448, et communément appelé Autel des chevaliers du Croissant.

Plus à droite, Porte ogivale murée de Y Ancienne salle capitulaire (détruite).

A la deuxième arcade, à droite, avant la porte donnant dans les cloîtres, traces d’une petite niche aveugle qui contenait une urne avec lame de cuivre et épitaphe de deux chanoines originaires de Limoges, et nommés de Màschac (1512 et 1537), entre les épitaphes de deux professeurs de l’Université, René de la Barre , abbé de Melinais (1502), et Gilles Commers, dit Langlade, conseiller de Madame Louise de France et abbé de Saint-Vaast (1522).

L'escalier à rampe ogivale flamboyante de pierre (refait en 1846), conduisait à la bibliothèque (détruite) du chapitre*

11 conduit aux galeries et aux combles*

Nef (côté droit)

En revenant dans la nef, à gauche :

Le banc d'œuvre , en bois sculpté, style du xin° siècle (1874, sculpteurs : Moisseron et André).

Derrière s’ouvrait la porte de la Chapelle Saint-Jean , bâtie sous Louis XI par l’architecte de Béhuard (on n’y peut entrer que par les cloîtres) ; elle est aujourd’hui divisée en deux étages, la partie supérieure avec clefs de voûte, aux armes du fondateur, François de Chateaubriand, sert de Salle du chapitre: on y accède par les cloîtres. Petit bas-relief d’albâtre (xve siècle), la trahison de Judas , et statue en bois peint (xvne siècle), Notre-Dame-du-Carmel.

Au haut de la deuxième travée, dans un arcosolium :

Tombeau de l'évêque Ulger (mort en 1149).

Le cercueil de pierre, intact, contenant encore les restes de l’évêque, était recouvert d’une châsse en cœur de chêne, ornée d’émaux (dont l’un, disparu en 1757, représentait le personnage défunt) et de cuivres repoussés sous vingt-quatre petites arcades, avec figures des chanoines de son épiscopat. Cette châsse très précieuse, en grande partie conservée (sauf les émaux), a été retrouvée de nos jours derrière un mur de parpaing, élevé en 1783, et déposée au Musée diocésain (à l’évêché).

Au-dessous, la Petite porte avec pentures (moderne), donnant dans le cloître.

Et tout à fait au bas de la nef, la porte grillée de la

Chapelle paroissiale du Crucifix

l C’est l’ancienne église paroissiale de Saint-Maurice.

Le bas-côté, en entrant, est du xne siècle (aux clefs de voûte, Vierge-Mère , saint Jean , saint Pierre , saint André,. Apôtre) ; la nef principale, du xn° (à la clef, Y Agneau triomphant ), et du xv°, et la partie sud du xvn° siècle. L’ancienne façade et son petit vestibule ont été jetés bas, en 1806, et l’église raccourcie en biseau.

A gauche, en entrant, sur la muraille :

Pieta , belle toile du xvn° siècle.

Tout près :

Autel de Notre-Dame-de-Pitié, xvn° siècle.

Jolies sculptures do têtes de chérubins au couronnement. Au retable, toile ancienne (médiocre) de Jésus au jardin des Oliviers ,

A gauche, beau groupe, terre cuite peinte et dorée du xvne siècle :

Sainte Anne, la Vierge et Jésus enfant.

A droite :

Notre-Dame-de-Pitié (xviie siècle).

Statue, terre cuite, très vénérée des fidèles ; provenant du cimetière de la Trinité d’Angers (Saint-Laurent).

Au maître-autel dédié à saint Louis : Saint Louis , roi de France, au centre ; à gauche, saint René, évêque d’Angers ; à droite, saint Charles Borromée , statues pierre, peintes (1825).

A droite du maître-autel, Crédence , bois sculpté, exécutée en 1785' par Pierre-Louis David, père de David d’Angers.

A droite :

Autel de Notre-Dame-du-Rosaire (xvme siècle).

Au centre : Vierge-Mère , statue terre cuite, peinte (xvme siècle).

Au mur de droite, petite piscine (badigeonnée), sculptée avec la date : 1651.

Au-dessus :

Jésus guérissant les aveugles et les paralytiques.

Grande toile, signée : Sophie Marais [d’Angers], 1835.

En face, adossée au pilier :

Tombe du chanoine Geoffroy de Vernoil (xme siècle).

Pierre tombale à son effigie gravée, placée, antérieurement à 1851, sous les anciens cloîtres.

Près du pilier du bas (où les Compagnons du tour de France racontaient. au loin, comme curiosité, que l’on voyait à la fois, le clocher, le bénitier et les fonts baptismaux), et au-dessus des fonts :

Le baptême de Jésus, toile (xvne siècle).

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