de Perpignan consacrèrent une église sous le vocable
de Saint-Jean-Baptiste. La ville devait avoir acquis
RjV, en ce moment une certaine importance.
■j™ Au commencement du xr siècle nous la trou-
■ &ri vons entre les mains des Comtes héréditaires qui
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en ont fait leur résidence habituelle et qui, à ce ■ s* titre, s'appliquent à l'agrandir et à lui procurer tous
I les avantages désirables. C'est ainsi qu'on voit, en 9S 1102, Guilabert fonder à Saint-Jean-Baptiste un
W'éfâ chapitre de 14 chanoines; en 1116, Arnaud-Gausfred Wjjt fonder l'Hôpital Saint-Jean à côté de l'église et, en
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1162, Girard confirmer les Usageson Coût urnes dePerpi-
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(l) Histoire du Roussilkm, Cil. XVII,
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gnan, sorte de jurisprudence qui, née insensiblement dans le sein de cette ville, devint la loi générale de tout le Comté.
N'ayant pas d'enfants légitimes à qui il put laisser ses domaines, Guinard ou Guirard fit, en 1172, son testament en faveur du roi d'Aragon Alphonse I er . Ce fut une faute, car les intérêts des Perpignanais n'étaient pas de l'autre côté des Pyrénées. Les guerres désastreuses que notre petit pays eut à subir jusqu'à l'annexion définitive (1659) ont leur cause directe dans le fatal abandon de Guirard.
En 1175, Alphonse était à Perpignan où il confirma les usages des habitants ; mais il voulut en même temps changer la ville de place et la transporter sur le Puig des Lépreux. La ville se trouvait entourée de basses terres marécageuses et malsaines ; de plus, elle était difficile à défendre en temps de guerre. Les Perpignanais n'étaient pas de cet avis ; ils firent entendre raison au roi qui, moyennant une somme de (5000 sols malgonais, renonça à son projet.
A la même époque on travaille aux remparts de la ville qui consistait seulement dans ce qu'on appelle aujourd'hui la Paroisse Saint-Jean.
Mais déjà le Puig commence à se peupler. Bientôt, sous le règne de Pierre d'Aragon, nous trouvons des habitations et des ouvroirs en dehors de la Porte d'Elue ('), c'est-à-dire au-delà de la Place au "lé actuelle et dans les environs du couvent Saint- Sauveur. Vers Fan 1250 la Fusterie, existe; en 1229 ' e quartier où sont aujourd'hui les rues Sainte-
(1) Voyez plus liaui. Chapitre troisième, page 78.
Catherine, Petite de la Monnaie, Saint-Mathieu commencent à recevoir des habitants et en 1240 les Templiers, possesseurs de grands espaces de terrain en dehors de la Porte de Malloles, suivent l'exemple de Nunyo Sanche qui avait déjà fait beaucoup de concessions de terrain à bâtir de ce côté ( 1 ).
Il y eut alors la Ville, comprise dans l'enceinte des anciens murs et dans la paroisse primitive de Saint- Jean, et la Ville neuve hors les murs formée par les nouvelles constructions indiquées ci-dessus.
Nous avons déjà vu que depuis longtemps Perpignan avait des coutumes d'après lesquelles il était régi, et que Guinard et Alphonse I er les avaient confirmées. Mais le droit d'être régi par des usages particuliers et suivant certaines coutumes ne renfermait pas le droit d'élire des magistrats pour les faire observer. Il imposait seulement au juge royal ou seigneurial l'obligation de s'y conformer dans l'administration de la justice et ce droit seul ne constituait pas la commune.
Les caractères , et les seuls caractères réunis auxquels on reconnaît l'existence de la commune, sont l'association jurée et autorisée par titre authentique, la rédaction ou la confirmation des usages et coutumes, l'attribution de droits et privilèges du nombre desquels est une juridiction plus ou moins étendue confiée à des magistrats de la commune élus par elle, et le droit de défense ( 5 ).
(1) Voyez à ce sujet, B. Alart, Privilèges et Titres, etc. Prèmii partie, pages Î85-186.
(2) Voyez l'Essai sur les anciennes institutions municipales de Perpignan, par Jaubert-Canipagne.
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Ces concessions se trouvent dans la Charte que le roi d'Aragon, Pierre I er , accorda aux habitants de Perpignan le 23 février 1197 (*).
Perpignan fut la première ville érigée en commune dans les états d'Aragon, car la Charte de Barcelone n'est que de 1249.
Cinq consuls nommés par tous les habitants résidant, à Perpignan étaient chargés de l'administration de la ville et les Pcrpignanais jouissaient du droit de vindicte, c'est-à-dire do venger les injures euxmêmes. C'est ce qu'on appelait lajfa armada.
Les consuls étaient nommés pour un an. ils choisissaient les officiers de justice et de police, les agents inférieurs qui devaient les aider dans l'administration de la Cité. Tels étaient les Clavaires, chargés spécialement de la surveillance des travaux publics ; les Sobreposals de h Horta, spécialement chargés de l'appréciation des dommages portés aux fruits et récoltes, et du jugement des causes qu'entraînaient ces dommages; los Talladors, chargés de la répartition et du recouvrement des tailles.
Au xn e siècle, les nobles et les clercs habitant la ville y étaient considérés comme étrangers, n'ayant aucune part au gouvernement de la cité et ne supportant d'autre charge que celle de contribuer, selon leurs propriétés dans la ville ou sur son territoire, à la construction des remparts.
Le reste des habitants , à l'origine divisé sans
(1) On trouvera une copie de cette charte dans le Livre vert Mineur (Archives de l'Hôtel de Ville de Perpignan). M. If. Alartl'a transcrite dans sou important ouvrage des Privilèges et titres, etc., Pages 82 et suiv., première partie.
doute en grand et petit peuple (tani parvum quant, magnum, dit la charte du 23 février), fut plus tard divisé en trois Mains ou classes. Il y eut la Main majeure, composée de bourgeois vivant de leurs revenus et des négociants appelés Mercadiers ; la Main 'moyenne, où étaient les notaires, les marchands et les écrivains; laiton Mineure, qui comprenait les jardiniers et les artisans.
Ce n'est qu'en 1601 que- les nobles furent admis au partage des fonctions municipales : ils formèrent un quatrième ordre dans la cité, sous le nom de main militaire, brachium m Hilare.
Diverses chartes, divers règlements vinrent modifier le système d'élection de 1197 et, en 1346, ce n'est plus le peuple tout entier qui nomme les consuls , ce sont les douze conseillers avec les consuls en charge qui procèdent seuls à cette importante opération électorale.
D'autres chartes de 1342, de 1436, une sentence arbitrale de 1449, un règlement de Ferdinand, de 1499, attestent que le principe de la liberté communale de Perpignan fut toujours respecté par nos anciens souverains, malgré les modifications qui furent apportées dans la manière de faire les élections des consuls et des conseillers.
Les habitants seuls de Perpignan avaient le droit de concourir aux élections et de remplir les charges municipales. Etait citoyen de Perpignan tout homme né dans la ville, de parents y domiciliés, y exerçant une profession ou tm métier quelconque.
L'étranger qui voulait acquérir le droit de citoyen ou le titre d'habitant, devait prêter serment de se conformer aux. lois d'usages de la Cité et se présenter
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au bailli qui né pouvait l'admettre qu'avec le consentement dos consuls. Plus tard, il devait l'aire Constater qu' il avait dans la ville une maison d'habitation ou une boutique à titre de propriété ou de loyer ; et, quand il se présentait aux consuls pour prêter serment entre leurs mains, il consignait chez le trésorier une somme qu'il perdait s'il voulait quitter la ville. 11 jouissait de toutes les libertés, franchises et privilèges de l'habitant, dès l'instant qu'il avait fait sa déclaration de domicile: mais c"e n'était qu'après cinq ans qu'il pouvait prendre part su gouvernement municipal.
Si nous pouvions citer ici les chartes qui contiennent nos franchises communales anciennes, nos législateurs du xix e siècle paraîtraient bien timides à côté.
Ainsi, nul habitant dans les causes pécuniaires ne pouvait être détenu ni soumis à des entraves de ter ou do bois ; — nul ne pouvait être torturé ou mis à mort sans avoir été défendu ; — Tout homme arrêté pour des faits personnels devait être jugé dans les dix jours; après ce laps de temps, s'il n'était Pas jugé, il devait être relâché ; il ne pouvait être jugé que suivant les coutumes de Perpignan par le bailli ou le viguier, les tribunaux d'appel connus s ous le nom de corps de juges, de premières et de secondes appellations. — Tout citoyen de la ville et ait soldat : il faisait partie de Vlwst, sorte de garde nationale que Jean II (1474) divisa en compagnies ayant chacune des officiers, le corps entier étant commandé par le premier consul.
Mais reprenons l'histoire de la ville.
Après 1300 celle-ci s'était singulièrement agrandie
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comme on a pu le voir par les indications que nous avons données plus haut ; les Paroisses de Saint- Jacques et de Saint-Mathieu furent créées : celle de la Real suivit bientôt.
Un 1332 nous trouvons jusqua 349 maîtres tisserands en drap, chefs de maisons. Appuyé sur ses libertés communales, Perpignan grandit et prospère tous les jours. En 1324 on commence la cathédrale Saint-Jean ; en 1349 Pierre IV fonde l'Université.
Perpignan a cessé d'être capitale du royaume de Majorque., mais il acquiert le droit de se faire représenter aux Cortès de Catalogne par des délégués, et concourt ainsi à la confection des Constitutions de Catalogne, ce code célèbre qui servit pendant si longtemps de base à nos contrats.
Pendant les premières années du xiv e siècle notre ville est le centre d'une grande intrigue, celle qui avait pour but de maintenir la tiare sur la tête de l'anti-pape Benoit XIII. On sait quelle eu fut l'issue (•).
Sous le règne d'Alphonse V et de Marie, sa femme, qui fut lieutenante-générale pendant qu'il était en Italie, Perpignan traversa une époque de paix et de prospérité (1416-1458).
Mais les démêlées de Jean II et de Louis XI vinrent faire courir à la province de nouveaux hasards.
Les Catalans s'étant révoltés, Jean II demanda du secours au roi de Franco qui le fournit moyennant 300,000 écus d'or. Le roi d'Aragon n'ayant pu payer cette somme au terme convenu, Louis XI réunit une armée et la fit entrer en Roussillon (1462), sous les ordres du duc de Nemours. Perpignan se rendit
(») Voyez plus haut, Chapitre deuxic.ne, pige 27.
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quelque temps après (8 janvier 1463), et le duc ne tarda pas à s'emparer de la majeure partie du Comté.
Cependant le roi Jean put entrer dans la ville : les Français se retirèrent dans la Citadelle qu'on appelait encore le Château. Alors on vit à Perpignan un spectacle admirable. Le roi Jean, âgé de 76 ans, monte tous les jours à cheval, se montre partout, visite tous les postes, puis fait proclamer l'article des Usages Princeps namque qui appelle aux armes tous ses sujets. A cet effet, le Viguier de Roussillon parcourt les rues accompagné de ses messagers, de ses courriers et d'une multitude d'enfants agitant des torches enflammées. Ensuite, on réunit le peuple dans l'église Saint- Jean et là, le vieux roi jure aux Perpignanais de s'ensevelir sous les ruines de leur ville plutôt que de les abandonner. 11 tint parole. Il resta dans la ville et força le cardinal d'Albi et Xaintrailles qui commandaient le siège de se retirer.
Louis XI demanda une trêve qui lui fut accordée et, quelque temps après, on fit un traité de paix.
Mais le roi de France n'était pas homme à renoncer à la conquête du Roussillon qu'il projetait. 11 donnait des assurances pacifiques aux ambassadeurs de Jean qui cependant voyaient partout des préparatifs de guerre.
Dès le 14 juin 1473. en effet, une nouvelle armée française était sous les murs de Perpignan. Jean était de l'autre côté des Pyrénées. Ne pouvant secourir les Perpignanais, il chercha à exciter leur courage par des louanges, et en accordant à la ville le titre de Très-fidèle. (')
(4) Privilège daté de Gérons (21 janvier 1475;.
Les Perpignanais résistèrent vaillamment. Faute d'aliments plus convenables, ils mangèrent des rats, des vieux souliers et les cadavres des ennemis tués dans le combat. On vit même une mère faire cuire les chairs d'un de ses enfants mort de faim, pour conserver les jours de celui qui lui restait. Enfin, le 13 mars 1473, Perpignan capitula sur la permission du roi Jean.
Cette guerre avait porté un coup terrible à l'industrie et au commerce du Roussillon et on peut dire que la décadence de Perpignan date de cette époque. Sa prospérité, comme on le voit, n'avait guère duré que deux siècles.
A partir de 1479, la province fut tranquille et Perpignan put réparer les maisons et les murailles dont la plupart étaient démolies. On reprit les travaux de la cathédrale. Puis on s'occupa de restaurer le ruisseau de Las Canals dont la ville avait obtenu la propriété de Charles VIII. (*) Mais ce roi rendit à l'Aragon cette belle province de Roussillon que son père avait conquise à force d'argent, de patience et d'astuce (1493).
Aussitôt Ferdinand et Isabelle vinrent à Perpignan où ils furent reçus avec les plus grandes démonstrations de joie. Ils renouvelèrent les privilèges des habitants, mais ils promulguèrent en même temps l'ordonnance qui expulsait les juifs des comtés (21 septembre 1494).
Nous avons déjà vu les juifs installés au Puig des Lépreux, dans leur Al-Jaïma, d'où ils ne pouvaient sortir sans une autorisation spéciale. L'Al-Jaïma
(1) Charles VIII avait succédé à Louis XI, morl en 1483.
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formait une rue qu'on trouve désignée dans les actes anciens sous le nom de Call.
Nous n'en finirions pas si nous voulions rapporter ici tous les outrages que ces malheureux eurent à subir. Ils étaient en. général usuriers : cela n'est pas douteux; mais ils aimaient le travail et avaient le goût du commerce. De là leur fortune ; de là aussi la jalousie des chrétiens. Personne ne se faisait scrupule do les voler et la mauvaise foi envers eux était regardée par les chrétiens comme une chose toute naturelle.
Les juifs chassés, Ferdinand envoya les Inquisiteurs. Les Perpignanais ne gagnèrent pas beaucoup au change, car le Saint-Office fut, à ce qu'il paraît, organisé chez eux sur de fortes bases (1495). Dans son Histoire du RoussUlon , M. Henry avait avancé qu'aucun document ne conservait en Roussillon des indices d'auto-da-fé. Il avoua plus tard que de nouvelles recherches faites dans nos archives lui avaient donné la certitude du contraire ( 1 ).
Si les manufactures de Perpignan n'étaient plus ce qu'elles avaient été, les draps qu'elles fabriquaient étaient d'une qualité supérieure. On continuait à tirer parti du pastel, des chardons, de la garance. Pour les arts, ils étaient encore florissants et les sculpteurs, les peintres, les enlumineurs, les relieurs, les libraires même y étaient très-nombreux.
Vers 1500, l'art de l'imprimerie fut introduit dans notre ville par Rosembach d'Heidelberg. Un Traité de la vie chrétienne, composé en 1412, par François Ximenès, fut le premier livre imprimé à Perpignan,
(1) Manuscrit déposé à la Bibliothèque pliquube.
en l'année 1502. Les premiers livres imprimés à Paris sont de 1474.
Los bibliothèques durent se multiplier de bonne heure. En 1462, le chapitre et la communauté de Saint-Jean en possédaient une ; en 1481 on en voyait une autre au couvent de la Passion. Les Lwres imprimer, vinrent se mêler aux Manuscrits.
Charles VIII avait livré au roi d'Aragon la conquête de son père Louis XI : Louis XII ne songea pas à la reprendre, bien au contraire; il abandonna les simples garanties sur lesquelles pouvaient se fonder les derniers et uniques recours de la couronne de France sur la possession des comtés de Roussillon et de Cerdagne.
François I er , mu bien moins par le sentiment de la dignité nationale peut-être que par celui d'un amour-propre violemment froissé, voulut faire une tentative vers les Pyrénées orientales.
C'était le temps où Charles-Quint, successeur de Ferdinand le Catholique (mort en 1516), faisait son entrée triomphale dans Perpignan (18février 1538) ('). Une armée de 48,000 hommes conduite par le Dauphin avait voulu surprendre Perpignan ; mais cette ville était sur ses gardes. Un cri d'alarme retentit aussitôt parles rues, et tous, soldats, citoyens, moines, prêtres, femmes et enfants se précipitèrent à la défense des remparts, « courageux comme des lions indomptés, dit une note du temps, avec morions d'acier, côtes de mailles, boucliers, pertuisanes, piques, hallebardes, massues ferrées, arquebuses et arbalètes qui resplendissaient aux rayons du soleil
(1) Voyez plus haut, pages 81-
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parvenu alors sous la planète caniculaire, ce qui était chose à voir et grande merveille. » (1S42).
Après avoir essayé de bombarder la ville et creusé de fortes tranchées, les Français durent lever le siège. Quelques années après la paix: fut conclue entre François I er et Charles V.
Le dernier siège avait montré qu'il était indispensable d'ajouter quelques ouvrages aux fortifications de Perpignan. Ce n'est toutefois qu'en 1552 que le château fut transformé en citadelle.
Ce changement nécessita la démolition d'environ 500 maisons dont le sacrifice eut été fort sensible à la ville si la population qui avait beaucoup diminué pendant les guerres de Louis XI n'eût continué à décroître. Un évoque d'Elue nous dit, en effet, clans un acte dressé en 1552 qu'elle avait diminué de moitié.
Cette déca dence fournit à divers ordres religieux l'occasion d'acheter de vastes terrains pour y fonder des couvents. C'est ainsi que les Augustin* et les Religieuses de Sainte-Claire s'établirent dans la ville. Puis vinrent les Minimes en 1574, les Carmes Déçhaussés en 1589.
Le premier événement que nous devons signaler au xvii e siècle est le transfèrement à Perpignan delà résidence de l'évêque et du Chapitre d'Elne. Nous disons résidence, car le siège nominal de l'évêché est toujours resté à Elne. Le 30 juin 1602 une immense procession où on voyait 200 jeunes filles vêtues de blanc, nu-pieds, et des gentilshommes à cheval, porta à Perpignan les reliques de l'église cathédrale d'Elne.
A la mort de Philippe III successeur de Philippe II
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(31 mars 1621), les consuls de Perpignan firent fermer les boutiques pendant neuf jours en signe de deuil. Le cinquième jour, tous les crieurs publics revêtus de manteaux noirs et suivis des corps de métiers, parcoururent les rues annonçant la mort du roi, au son des tambours et des trompettes. Le neuvième jour, on devait célébrer un service pompeux ; mais il fut différé parce que les consuls voyant arriver à FHôtel-de-Ville, où ils l'attendaient, le gouverneur D. Gabriel de Xatmar précédé de deux massiers, droit qu'ils prétendaient leur appartenir exclusivement, refusèrent d'aller à la cérémonie. Elle eut lieu le lendemain dans l'église Saint-Jean et l'évêque y officia. Le gouverneur ne s'y rendit pas et lit célébrer une messe dans l'église des Augustins.
En 1S63, la peste était venue ravager la ville. En 1631, le fléau reparut et enleva plus de 10,000 personnes. Pour comble de malheur, la guerre allait reparaître en Roussillon.
Nous avons parlé déjà, à propos du château de Salses, de quelques événements militaires de cette année 1639 où les hostilités s'ouvrirent. (>) Nous ajouterons ici quelques traits qui se rapportent à la ville de Perpignan. Pendant que les Français assiégeaient Salses, la garnison de Perpignan était renforcée et on ne négligeait rien pour assurer la résistance de la place. On abattit l'église Saint-Mathieu trop près de la Citadelle, et on démolit le couvent des Capucins dont la position hors des murs de la ville
(1) Voyez plus haut, Chapitre premier, page 8.
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et à côté de la Porte Notre-Dame était un obstacle Pour la défense.
Mais l'agglomération des soldats castillans et catalans sur un même point, ne tarda pas à faire éclater l'antipathie qui, en ce moment, divisait ces hommes d'Aragon et de Castille ; des rixes terribles s'élevèrent dans les rues de Perpignan. Nous sommes arrivés, en effet, à l'époque mémorable de la Révolution de Catalogne de 1640.
La cour de Madrid avait voulu soumettre les catalans au joug dont leurs privilèges particuliers les affranchissaient. Indignée, la Principauté se révolta. Elle fut couverte de troupes qui allèrent, peu de temps après, faire une expédition malheureuse à Leucate.
L'irritation qui était déjà grande fut portée à son comble quand la prise de Salses par les Français fît refluer ces castillans en Catalogne. Les catalans qui devaient nourrir et solder ces hommes envoyés chez eux pour les contenir, se déclarèrent en insurrection contre le gouvernement de Madrid.
Les Perpignanais , catalans aussi , refusèrent de loger les soldats castillans, s'appuyant sur un privilège qui les dispensait de loger les gens de guerre.
Mais le général commandant la place, le marquis de la Reyna, ne voulut pas reconnaître ce privilège et fit tirer le canon de la Citadelle sur la ville, pendant que les castillans y entraient, pillant et brisant de tous côtés. Le duc de Cardone, arrivé à Perpignan, fut si indigné de la conduite de la Reyna et de celle du général des troupes espagnoles , qu'il les fit emprisonner tous deux.
Les Français entretenaient l'animosité des catalans
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contre le gouvernement de Madrid, et il est probable que Richelieu favorisa l'insurrection et le gouvernement que celle-ci venait d'organiser à Barcelone. Ce qu'il y a de certain, c'est que les catalans se déciderait à se reconnaître sujets de Louis XI11 par une convention conclue le 20 février 1641 et à livrer, en conséquence, Barcelone aux Français. Ils chassèrent do leur pays l'armée royale castillane qui se réfugia à Perpignan.
Cette ville, sans être encore investie >par l'armée de Louis XIII, éprouvait déjà toutes les horreurs de la famine/Les vivres devinrent si rares après l'investissement (1042) que les soldats faisaient la chasse aux chiens dans les rues et allaient brouter de l'herbe au cimetière Saint-Jacques. Le notaire Pasqual qui relate ces faits, célébra la Noël avec une sardine salée dont il fit trois parts : pour lui, pour sa femme et pour sa fille.
Le maréchal de la Meilleraye était chargé du blocus de la place avec une armée de 22,000 hommes. Il était campé aux Arcades tandis que Louis XIII était près de Saint-Estève, à la métairie d'En Johan Pf mques.
Perpignan capitula le 9 septembre 1642. L'étendard de la France fut planté sur la Citadelle d'où il ne devait plus descendre.
Richelieu mourut trois mois après la prise de Perpignan et Louis XIII le suivit dans la tombe, le 14 mars 1643, laissant à Louis XIV et à ses ministres le soin de régler l'incorporation définitive du Roussillon à la France, événement qui arriva le 13 août 1659 (Paix des Pyrénées).
À partir de cette époque, Perpignan se trouve sous
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la main puissante de Louis XIV et perd sa physionomie et son individualité.