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HOMMES REMARQUABLES NÉS A PERPIGNAN

Un grand nombre de Perpignanais se sont distingués pai leurs écrits, par leurs actions ou par leur mérite ; nous citerons les principaux.

Nous parlerons d'abord des Littérateurs et des Savants.

Comme Guillaume de Cabestaing, Pons d'Ortafa et Bérenger de Palazols, Formit est un troubadour l'oussillonnais et catalan , par conséquent, qui adopta la langue provençale florissante en Catalogne et en Roussillon pendant une grande partie du Moyen-Age. Les rois Alphonse I er et Pierre IV s'exercèrent aussi à composer dans cette langue.

Ce n'est pas à dire pour cela que la langue catalane n'existât pas encore. Non ; il y a eu de bonne heure «ne littérature catalane qui a eu son fonds à elle, indépendant de toute imitation étrangère et procédant directement du caractère national. Ce catalan est un des trois idiomes principaux qui se formèrent f'ans la péninsule hispanique, à l'époque encore indéterminée où le latin cessa d'être parlé par la masse des populations de l'Europe occidentale et où les langues modernes prirent naissance.

« Le catalan, dit Raynouard, est, de tous les idiomes lui appartiennent à la langue romane, celui qui s'en a Pproche le plus.... Le catalan est depuis longtemps l 'ne langue fixée; elle a des grammaires et des dictionnaires, un très grand nombre de livres catalans s ont imprimés, et il en existe un nombre bien plus considérable en manuscrit. »

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C'est avec la plus profonde tristesse que nous voyons tous les jours cette belle langue se corrompre et se dégrader dans notre département. Le catalan du Roussillon n'est plus, en effet, ce qu'il était avant l'annexion et bientôt il ressemblera beaucoup plus au français qu'au roman ( l ).

On attribue à Forrnit une pièce de poésie dont le couplet qui suit est le premier :

Un dolz désirs amoros S'es en mon lin cor assis, Dompna, que m ven deves vos A cui sui del lot aclis, Qu'en pensan vei uoich o dia Lo vostre cors car o gent E'1 bel dolz esgard plazen E vostr'avinen coindia.

Un doux désir amoureux s'est assis en mon cœur fidèle, o Dame, lequel me vient de vous et auquel je suis nilièremenl soumis. Si bien qu'en pensant nuit et jour, je vois votre personne chère, et génie, votre beau et doux regard agréable et votre grâce avenante.

Gui de Terrena fut général des Grands Carmes en 1318, évêque de Majorque en 1321, évêque d'Elne en 1330 et enfin patriarche de Jérusalem. Il a laissé des constitutions synodales célèbres et plusieurs livres de philosophie et de morale.

Le F. Ange del Pas de l'Ordre des Cordeliers, mourut vicaire apostolique en 1596. Il refusa, dit-on, par humilité, le chapeau de cardinal que voulait lui donner Sixte V et fut placé au nombre des

(1) Nos riches archives, composées en grande partie de pièces écrites en catalan, ne sont plus accessibles déjà qu'à un nombre fort restreint de personnes.

Bienheureux par ce pape qui vénérait ses vertus, il a laissé différents ouvrages de théologie.

André Bosch est l'auteur d'un livre fort remarquable intitulé : Summari index o epilome ciels admirables y nobilissims lit ois dehonor de Catalunya, Ro&sello y Cerdanya etc. C'est un des ouvrages les plus importants de la littérature catalane. 11 embrasse l'histoire de toutes les charges, offices, droits royaux et i'éodaux, prérogatives clos cités et des corporations, qualifications honorifiques des comtes de Barcelone, Roussillon et Cerdagne. Ainsi que l'indique le titre, les Titols sont écrits en catalan. Ils furent publiés en lli28.

Le R. P. Méliton naquit à Perpignan vers 1680 et entra dans l'Ordre des Capucins (Ordre de Saint- François) vers 1700. Sa Correction grégorienne expliquée, ouvrage écrit en latin, parut à Cologne en 1743 et reçut l'approbation de l'Académie rovale de Paris. .

La famille Carrera a fourni à la science deux hommes distingués : Carrera Thomas qui. a écrit sur différentes branches de la médecine et sur les eaux minérales des Pyrénées-Orientales et Carrera Bar- ThélemI, son fils, qui a écrit aussi sur la médecine. On attribue à ce dernier l'article qui concerne la province de Roussillon dans le Voyage pittoresque de la France paru en 1787.

L'Abbé Xaupi est l'auteur d'un livre qui a pour titre : Recherches historiques sur la noblesse des citoyens honorés de Perpignan et de Barcelone connus *»MS le nom de citoyens nobles. Cet ouvrage fourmille d'erreurs dont la plupart ont été relevées par Fossa.

François Fossa naquit à Perpignan, en 1715, de.

Joseph Fossa avocat au Conseil Souverain. Il suivit la même carrière que son père et, à 18 ans, il disputa une chaire de droit civil dans l'Université de sa ville natale. Plus tard, d'Aguesseau le compta parmi les plus grands jurisconsultes du royaume.

Fossa s'occupa beaucoup d'histoire locale. Il a consigné le fruit de ses recherches dans deux excellents ouvrages désignés sous le nom de Mémoire pour l'Ordre des Avocats de Perpignan et Observations historiques et critiques sur le droit public de la principauté de Catalogne et du comté de Roiissillon. Il mourut le 6 août 1789.

Dom Brial a été un des hommes les plus savants de France. Né en 1743, il entra de bonne heure (1764) dans la célèbre congrégation des Bénédictins de Saint-Maur. En 1771, il i'ut placé au couvent des Blancs-Manteaux, à Paris, pour y travailler, avec Dom Clément, au Recueil des historiens des Gaules et de la France. Après la suppression des ordres religieux, Dom Brial entra à l'Institut et, dès l'année 1808, il fit paraître le tome xrv du Recueil. Il collabora aussi à YHisloire littéraire de la France (tomes xm — xvi).

Peu de temps avant sa mort (1828), il avait fondé des écoles gratuites en faveur des pauvres des communes de Pia et de Baixas, lieux d'habitation de la plus grande partie de sa famille.

Biroteau fut député du département' à la Convention nationale où il combattit la Commune de Paris et Robespierre. Il fut guillotiné le 24 octobre 1793. ■Valant (Honoré), naquit en 1763 à Perpignan et mourut en 1829 cà Paris. Lorsque la Révolution éclata, Valant en adopta franchement les principes et

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leur demeura toujours fidèle. En Fan v, il fut nommé directeur du Lycée de la Jeunesse, et plus tard il créa une Société célèbre, Y Athénée de la langue française.

Le principal ouvrage de Valant a pour titre : Nouveaux essais sur la peine de mort, en vers.

Adversaire déterminé et éloquent de cette institution, il s'écrie, dans son poème :

Un meurtre par un meurtre est-il donc effacé? Du sang vous rendra-t-il le sang qui fut verse ?

Quel besoin avez-vous d'une loi parricide ?

Punissez l'assassin sans le prendre pour guide.

François Jalabeht, mort en 1823, a publié sous le nom de Géographie des Pyrénées-Orientales, une statistique abrégée du département (1819). Jalabért fut député des Pyrénées-Orientales sous le premier empire.

Anglada (Joseph), né à Perpignan, le 17 octobre 1775, mort le 19 décembre 1833, fut professeur à la Faculté de médecine de Montpellier. 11 a composé, sur les eaux minérales du département, un livre qui restera.

Pierre Puiggari, naquit à Perpignan en 1768, et y mourut en 1854. Il a publié des Leçons de langue espagnole fort estimées, une nouvelle édition de la Grammaire espagnole-française de Gbantreau et une excellente Gfammaire catalane. C'est surtout vers les études d'histoire et d'archéologie locale, qu'il dirigea les remarquables facultés de son esprit, il a inséré, dans le Publicateur des Pyrénées-Orientales, un grand nombre d'excellents articles sur le Roussillon. Son Catalogue biographique des évêques d'Elue, a servi à

corriger une foule d'erreurs qui s'étaient glissées dans la Gallia chrisliana.

MM. de Saint-Malo, Jaubert Campagne et Jaùbert de Reaiit s'occupaient aussi d'archéologie et d'histoire locale à la même époque et M. de Gazanyola écrivait son Histoire du RoussiUon.

Ces hommes morts, on pouvait croire que l'œuvre remarquable à laquelle ils avaient consacré leur vie n'aurait pas de continuateur, lorsque M. B. Alart ( ] ) vint prendre leur place qu'il occupe avec tant de distinction.

Etienne Arago romancier, journaliste et auteur, dramatique est un des hommes éminents que Perpignan s'honore d'avoir vus naître. ïl est frère de l'illustre François Arago.

Nous avons plusieurs Artistes à signaler.

Notre ville a donné le jour à l'un des plus grands peintres de portraits dont l'École française puisse se glorifier.

Hyacinthe Rigaud ou plutôt Rigau naquit à Perpignan en 16S9 et mourut en 1743.

Arrivé à Paris en 1681, il y remporta le grand prix de peinture on 1682.

Il devait aller à Rome, mais Le Brun, qui avait apprécié ce remarquable talent, le retint à Paris. Là, Rigaud fut bientôt nommé recteur, puis directeur de l'Académie de peinture.

Parmi les portraits de cet artiste qu# possède le Musée du Louvre, il faut citer ceux de Louis XIV, de Pierre Mignard, de Rigaud à son chevalet et surtout ceux de Bossuel et de la mère de Rigaxid. Les autres

(■1) M. B. Alart est né à Vinca.

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tableaux de cet artiste célèbre sont dispersés dans un grand nombre de Musées de France et d'Europe ( a ).

La ville de Perpignan a produit trois peintres du „ nom de Gcerba qui ont vécu dans le xvn" siècle et au commencement duxvm 6 , savoir : Antoine Guerra et ses deux fils dont l'un s'appelait aussi Antoine et l'autre Joseph. On ne connaît rien des productions de ce dernier qui paraît avoir travaillé principalement en Italie.

Antoine Guerra i.e jeune devint peintre de Philippe V dont il avait fait le portrait en 1706, à Perpignan. 11 est l'auteur du Saînt-Elme (patron des mariniers espagnols) que nous avons vu au Musée de la ville.

Certains tableaux d' Antoine Guerra le père ont été attribués à Carrache, tant la manière en est large, hardie et savante ; tant la composition, le dessin et l'harmonie des couleurs sont merveilleusement entendus.

Capdebos (1797-1836) fut l'un des fondateurs de la Société philomalique de Perpignan et le créateur du Musée de peinture et de sculpture. Il fut aussi un peintre distingué.

Gallay (1795-1864) a été le meilleur joueur de cor qu'on ait jamais vu en France. Entré au Conservatoire en 1817, il obtint le premier prix en 1819. Après la mort du célèbre Dauprat, dont il avait été l'élève, Gallay fut appelé à remplacer son maître. Il était chevalier de la Légion d'Honneur.

Bousquet Georges, compositeur, débuta en qualité

(1) Voyez les tableaux de Rigaud au Musée de Perpignan.

d'alto aux concerts donnés par Jullien au Jardin Turc (1833). Admis quelque temps comme second violon au Théâtre-Italien, il fit là son éducation musicale, car il avait échoué au concours d'admission à la classe de violon du Conservatoire. 11 fut plus heureux Tannée suivante et, en 1838, il remporta le grand prix de composition musicale.

De retour à Paris, après un séjour à Rome qui dura cinq ans, il fit jouer L'Hôtesse de Lyon (1844) et le Mousquetaire. Il renonça à la composition et entra comme chef d'orchestre à l'Opéra National, puis au Théâtre Italien (1849).

Revenu à la musique dramatique, il fit représenter au Théâtre Lyrique, l'opéra de Tabarin dont le succès fut des plus marqués.

La fortune commençait à sourire au jeune compositeur, lorsqu'une maladie cruelle le ravit à l'art et à ses nombreux amis, dans toute la force de l'âge et du talent (1854).

Un jeune artiste perpignanais semble avoir succédé au regretté Bousquet. M. Tàtjdou entra au Conservatoire en 1860, où il obtint successivement le premier prix de violon (1866), le premier prix d'harmonie (1867), le premier prix de composition (1868). En 1869, M. Taudou remportait le grand prix de Rome. Il est l'auteur d'un quatuor en « si » mineur pour instruments à cordes, qu'on a jugé meilleur que le célèbre trio en sol mineur de Schumann. On lui doit aussi le Prélude du Luthier de Crémone de Coppée. dont il a partagé le succès au Théâtre Français.

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