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ELjj annoncent l'approche de la frontière espagnole. A
sa gauche l'étang s'éloigne de plus en plus pour se
confondre avec la mer paisible, tandis qu'à sa droite
les Corbières semblent prendre la fuite pour aller rejoindre vers les sources de l'Aude cette magnifique
W!M chaîne pyrénéenne, leur mère, dont la niasse orien-
Bl.j! taie est en face. La plaine du Roussillon s'ouvre ici
CO
et va toujours en étendant son horizon.
Salses, Salsas et Villa Salsas est une commune de
l-AtS 2150 habitants qui récolte beaucoup de vin mais qui
Ji. =
H n'en doit pas moins son nom à des sources très
KTIC abondantes d'eau salée traitée jadis par les Romains
Cn =
lia
pour faire le sel. Les Anciens désignaient ces sources
(1) Et non Salces, orthographe qui n'a pas le sens commun. Ce
ctï =
B^jB . nom vient du latin Salsulœ et non pas do Sakulœ.
h- > = co —
HHP!
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par le nom de Fons Salmlœ. Les géographes Strabon et Pomponius Mêla les ont décrites et ce dernier assure que « leurs eaux sont plus salées que celles de la mer. » FJles sourdent tout près de la voie ferrée, à une faible distance avant d'arriver à Salses. On leur donne aujourd'hui le nom de Font-Estramer et de Foui-Dame.
Le poète latin Festus Avienus qui, dans ses Ora maritima (Les côtes maritimes), nous a laissé une description malheureusement trop courte de la côte roussillonnaise, parle d'un fleuve Sordus qui traversait le marais et l'étang Sordicène. Ce fleuve n'est peut-être pas l'Agli, comme on l'a soutenu, mais bien la Fontaine de Salsulœ qui se déverse dans l'étang de Salses ou étang Sordicène.
Quelques documents géographiques de l'Antiquité comptent Salsulas ou ad Salsulas parmi les stations de la Voie domitienne qui reliait la Gaule et l'Espagne, et la placent à trente milles de Narbonne.
Des débris d'antiquités ont été signalés à diverses époques dans les environs des sources salées et, en 1858, on a découvert près de La Font-Dame une grande quantité de médailles consulaires.
Y avait-il, à l'époque romaine, un centre d'habitations à Salses ? On ne saurait l'affirmer. Les géographes anciens n'ont parlé que de la Fontaine de Salses et de la Station ou relai de Salses, sans faire mention d'aucun centre de population en cet endroit.
La petite ville de Salses se présente d'une manière très pittoresque a l'extrémité de l'étang, dominée par son vieux château. Elle ne possède rien de remarquable, mais elle est assez bien bâtie et, en
grande partie, nouvellement construite. C'est une des communes du Roussillon qui ont le plus gagné à l'extension du commerce des vins. Elle comptait 749 habitants en 1820, 832 en 1834 ; elle en compte plus de 2,000 aujourd'hui.
Malheureusement l'étang est insalubre, et la fièvre est citoyenne de Salses à plus juste titre encore qu'elle ne l'était de Rome à l'époque de Cicéron qui écrivait à son ami Atticus : Romœ febrem aiunt esse civem. Les habitants de Salses n'en poursuivent pas moins avec patience et courage la conquête du terrain sur le domaine de l'étang.
Dans sa plus grande dimension du nord au sud, I'Étang ue Salses n'a pas moins de 15 kil. ; sa largeur moyenne est de (! à 7 kilomètres, il a été peut-être navigable autrefois, mais aujourd'hui (pie le sol s'en est très sensiblement exhaussé , il n'est accessible qu'aux barques de pêche les plus plates et qui n'exigent qu'un faible tirant d'eau. Il reçoit les eaux de la mer ou lui verse les siennes par de graus (gradus, passage) qui s'ouvrent ou se ferment au gré des flots dans le sable du bourrelet. Le courant des eaux qui s'échangent entre la mer et l'étang suivant les variations de niveau causées par les vents, suffît pour rendre ces passages impraticables à de légères embarcations. Comme les autres lagunes de la Méditerranée, cet étang est le rendez-vous de nombreuses légions do poissons qui viennent y frayer et s'y faire prendre.
11 est dominé au nord par la blanche falaise de Leucate (Promontorium album ou candidum) qui a été une ile dans un temps assez reculé, alors que l'étang lui-même était un véritable golfe de la
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Méditerranée. Le sommet du Promontoire blanc a la forme d'un plateau circulaire, aride, nu, desséché comme tous les autres escarpements des Corbières, exposé à ce terrible Nord-Ouest qu'on appelle Cers en Languedoc et Tramontam en Roussillon.
Au Moyen-Age le château do Leucate couvrait Narbonne; le Château de Salses fermait la route de Perpignan et de la Catalogne. La frontière des deux . royaumes de France et d'Espagne, ou plu tôt d'Aragon , se trouvait entre les deux châteaux. La Paix des Pyrénées les ayant rendus inutiles, puisque le Roussilion devenait partie intégrante du royaume de France. Louis xiv iit raser le fort de Leucate. 11 conserva toutefois celui de Salses auquel on a fait subir dans la suite des modifications qui, heureusement, n'ont pas tout à fait détruit son caractère d'architecture militaire du xv° siècle.
Ce château fut eu effet construit en 1497, patc je
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autre, château bâti , croyons-nous , dans la ville même, et dont il est question jas=AMk/.
Ces deux derniers châteaux ont joué un rôle important dans toutes les guerres entre la France et l'Espagne. Ils furent assiégés en 1438, 1496. 1503, 1639, 1640, 1642. Ils résistèrent toujours, le dernier construit surtout, grâce à l'épaisseur et à la dureté des maçonneries.
Le siège de 1503 dirigé par le maréchal de France de Rieux fut long et laborieux. La place dont les fortifications n'étaient pas encore terminées, était commandée par D. Sanche de Castille. Dans ce siège nos soldats apprirent, à leurs dépens, les effets de la mine dont ils ne connaissaient pas l'emploi à la
guerre. L'ingénieur espagnol Ramirez qui dirigeait en ce moment les travaux du nouveau fort, établit un fourneau sous une courtine dont il facilita la prise aux Français et qu'il fit sauter au moment où ceux-ci s'y trouvaient; l'explosion lit périr 400 hommes qui se croyaient victorieux.
Pendant la campagne de 1639 menée avec tant de gloire, par le duc d'Halwin et le prince de Condé, la prise du fort de Salses fut le coup d'essai de celui qui devait remporter plus tard les victoires immortelles de Lens et de Rocroi. Salses fut investi le 10 juin, et le lendemain même, on obligea le château d'Opol à capituler. Le 20 juillet, après une résistance opiniâtre, la garnison de Salses dut se rendre à son tour. Elle fut envoyée prisonnière àNarbdnne.
Après quelque temps de répit, l'armée espagnole réorganisée et renforcée par les soins du comte de Santa-Coloma, vice-roi de Catalogne , du marquis de Torracussa, maréchal-de-carop, et du hïâfquis de Spinola, vint assiéger Salses, pendant que deux de ses régiments s'emparaient de Caslell- Vell, vers l'ouest. Le gouverneur du fort de Salses, d'Espenan, se défendit vaillamment, faisant des sorties et tuant beaucoup de monde aux assiégeants. Une armée s'étant approchée pour porter secours aux assiégés, le comte de Torracussa la rejeta sur Leucatc et Narbonne. Sans espoir d'être secouru, d'Espenan capitula.
S'il faut en croire un manuscrit de l'époque, de fréquentes querelles s'étaient engagées entre le marquis de Torracussa et Santa-Coloma, pendant le blocus. Elles se terminèrent par une scène des plus scandaleuses , et un jour Santa-Coloma brisa sa
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canne sur le clos du marquis. Mais le fils fût le vengeur du père ; vrai gentilhomme et vrai compatriote du Rodrigue de Corneille, il frappa le vice-roi de son épée.
Aujourd'hui, le Fort de Salses est, pour ainsi dire, abandonné. Depuis longtemps il n'a pour toute garnison qu'un portier-consigne chargé de veiller au bâtiment principal, l'ancien donjon, converti en magasin à poudre.
Une tradition populaire raconte que l'une des chambres du donjon du fort servit do prison sous Louis xiv, à deux grandes dames condamnées à une détention perpétuelle pour complicité dans le système d'empoisonnements de la marquise de Brinvilliers. Sur l'un des murs de cette chambre on conserve encore aujourd'hui le plan du château des Tuileries et ce souvenir de la cour aurait été dessiné par ces dames elles-mêmes dans leurs tristes loisirs. Quand on fit de la chambre une poudrière, ce dessin disparut sous une couche do badigeon; il reparut presque en entier quand le dernier enduit se détacha en grande partie par écailles. C'est alors qu'il fut soigneusement examiné par un officier d'artillerie qui émit les doutes les plus fondés sur son origine. Exécuté d'une manière très régulière à la règle et au compas, ce ne pouvait être que l'ouvrage de quelque officier de Louis xiv ou de Louis xv en garnison à Salses.
Les recherches qu'on a faites n'ont rien donné d'authentique surdos prisonnières du Château. On ignore même leur nom, à moins toutefois que l'une d'elles ne fût une certaine dame de Ballaro que son nom rattache à la provi v::: de Roussillon ; mais il
n'existe sur elle aucune espèce de renseignem dehors d'une lettre fort courte du ministre Li qui autorise le transféreraient de ladite daine de : ; à la citadelle de Perpigni ons visiter
Villefranche-de-Conflent, nous trouverons là aussi des prisonnières d'Etat qu'on a voulu iden avec celles dont il vient d'être question.
A (> kil. de Salses, vers le nord-ouest et au < même des Cornières, se dressent les ruines du eau d'Opol (prononcez Opoul), au-dessus du i.) qui lui doit se.;
Le nom de ce château qui est une corruptii Oppidum (forteresse, place forte en latin) dont on a fait Oppid, Oped et Opol, figure souvent dans l'histoire des guerres entre la France et F Aragon.
Au xin" siècle, le vaste
tâteau d'Opol s'appelait Puig de Saint! erni; on l'avait désigné bien longtemps ava te nom de
Casllarl de Oped ou Opid, ce qui indique bien une origine romaine, comme nous l'avons déjà marqué.
On le voit, la frontière du Roussillon n'était pas dépourvue de forteresses du côté de la France : les Cornières d'abord avec leurs Thermopyles, le fort de Salses ensuite, puis Opol et Càsteix-Vell. M. fi. Alart croit qu'Opol est la Clausura Sordonia parle Julien de Tolède dans son ré du roi Wamba (672). Le duc Paul, gouverneur de !a Septimi se révolta contre Wamba, son sou, Celui-ci marcha aussitôt contre le rebelle. Il files Pyrénées, s'empara des châteaux de Cauco (Colli'ure), de Vulturaria (Nostra-Senyora-del-Castell), des Clausuras (La Chisa) et arriva devant le château de Sordonia. Un des conjurés, Witimir, qui s'y était
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fortifié, prit la fuite et se rendit à Narborme pour apporter à Paul la nouvelle de l'invasion de l'armée royale et la prise de toutes les forteresses (*).
Le village de Peiullos qu'on écrit aussi Pee est au nord-ouest d'Opol et de Castéll-Vell, m pi méridional du premier talus de la crête est-oirest de la chaîne dite de Paillon. Le rameau qui s'en détache pour courir au sud prend le nom de Rameau de Taulavel, tandis que le grand talus incliné à l'est, vers ia mer, est désigné sous le nom de Plan d'Opol et Plan de Filou. Le chaînon de Tautavel dont le versant oriental se confond avec le Plan d'Opol , s'abaisse au sud vers l'Agli et se continue, en s 'infléchissant vers l'ouest, jusqu'au nord d'Estagel où i! oblige le Verdouble à l'aire un coude très prononcé avant de se jeter dans l'Agli.
Perillos ne compte guère plus de 85 habitants, il est à 3 kil. de distance d'Opol et on y parvient par des chemins difficiles et étroits. Demi-heure plus loin commence le département de l'Aude.
Ce misérable petit hameau perdu dans les Corbières a été le siège d'une vicomte, et son château dont les ruines se voient encore — Le Castell dal Segnou — a été le berceau d'une des familles les plus illustres du Roussillon, la famille des Perillos. C'est Jean I", roi d'Aragon qui, en 1391, érigea en vicomte le domaine de Perillos en faveur de Raymond. Jean I er mourut en 1396, au moment où il revenait de Perpignan. Raymond, plein d'affection et de reconnaissance pour son prince, poussa jusqu'au-delà du
(i) Ii. Alarr. Géographie historique des Pyrénées-Orientales, dans leXII« Bulletin de la Société agricole, scientifique et littéraire, pages 124 et sulv.
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tombeau sa sollicitude pour lui. 11 voulut s'informer de sa position dans l'autre monde, et il entreprit le voyage au Purgatoire de Saint-Patrice uniquement à cet effet ( 1 ).
Le père de Raymond, quoique aragonais, fut amiral de la mer en France et chambellan de Charles V.
Comme on le pense bien, les environs de Perillos n'ont rien de bien agréable : ce sont les Cornières dans tout ce qu'elles ont de plus montagneux et de plus sec. On y récolte cependant quelque peu de vin, de l'orge, de l'avoine et du miel de première qualité.
A une demi-lieue du village on pourra visiter deux grottes profondes qui offrent de belles stalactites.
Mais revenons dans la plaine et allons visiter, à 2 kil. sud-ouest de Salses le hameau de Garrius que la Carte de V Étal-major appelle, nous ne savons trop pourquoi, Garrieux.
« Nous pourrions attribuer la fondation de Garrius aux Celtes, nos vieux ancêtres, dit M. P. Puiggari ( 2 ), en supposant, ce qui n'a rien d'improbable, que son nom actuel est à peu près celui qu'il reçut originairement. En effet, le nom de Garrius
(1) Ce qu'on appelle encore Purgatoire de Saint-Patrice est une caverne située dans la dépendance d'un monastère de l'Ulouie, en Irlande, et où les peines de l'enfer étaient représentées. Dans le XII« siècle, trois religieux anglais décrivirent en latinles cérémonies qui avaient lieu dans cette caverne.— On a retrouvé le texte de la relation do Raymond de Perillos dans un manuscrit en langue romane de 1460. Outre le récit des cérémonies de la caverne, le seigneur de Perillos donne des indications précises sur les mœurs et les coutumes des Irlandais au XIV» siècle.
(2) Publicaleur des Pyrénées-Orientales, 1832, numéro 32.
lie peut dériver que du celtique gari (lande) qui a donné naissance au mot garrigue usité en ce sens dans quelques provinces, et à beaucoup de noms de famille. Au reste il est à présumer que Garrius a été autrefois de quelque importance puisque dans le Moyen-Age encore sa population, aujourd'hui si faible, excédait celle de Toi'relles et avait nécessité rétablissement d'un hôpital. A cette époque ce village appartenait au patrimoine bénédictin de Saint-Hiiaire de Carcassonne. »
En 1831, on découvrit à Garrius un tombeau romain dans lequel se trouvait un ossuaire en* terre noire avec quelques vases de terre et des fioles qui portaient bien le cachet de l'antiquité. 11 ne faut pas s'étonner de trouver ces objets dans les tombeaux anciens. Les Romains enfermaient, en effet, dans des fioles, les huiles et les baumes dont ils arrosaient le bûcher ou les cendres du mort et, dans des vases, l'eau lustrale, le lait et le vin. Comme la religion leur enseignait que le mort prenait part au repas funèbre (silicernium) qu'ils célébraient, on mettait dans le tombeau une coupe pour boire et des assiettes pour manger.
IUVKSAI.TES (1) S" Station.
33 kil. de Narbonne. — 9 kil. de Perpignan.
Au sortir de la ; are de Salses,le voyageur apercevra, à sa gauche et sur la route nationale, une petite
colonne en fonte fixée sur un la
rge pilier en
fi) Ripas allas, Hiver', haute?, élevées.
maçonnerie. C'est la borne du Terme boréal qui, avec une autre borne située au Vernet (banlieue de Perpignan) et constituant le Terme austral, forme la base de l'opération astronomique qui servit à la détermination de l'arc du méridien compris entre Dunkerque et Barcelone et aussi à la triangulation de la chaîne des Pyrénées. La montagne ou serra d'Espira-de-l'Agli eut. un signal rattaché par Méchain à cette base d'opérations.
De Salses à Rivesaltes, la voie ferrée ne traverse que des vignes parsemées d'oliviers, de figuiers et d'amandiers. Le département des Pyrénées-Orientales produit bien des céréales de toute sorte, mais pas assez pour suffire à la consommation ordinaire qui s'élève annuellement à 625,000 hectolitres. Le déficit est en moyenne de 85,000 hectolitres. Mais en revanche, il fournit à l'exportation une quantité de vin qui varie de 1,200,000 à 1,300,000.
Nulle part la vigne n'est aussi répandue ni aussi variée que dans ce département. Les cépages les plus généralement cultivés sont le grenache, le mataro et la carinyana O qui fournissent les vins les plus recherchés par le commerce ; la picapolla noire, lu picapolla grise et la blanquette qui fournissent des vins moins colorés. Le grenache récolté sur les coteaux de Collmre et de Banyuls-sur-Mer peut remplacer, lorsqu'il est vieux, le meilleur madère. Quant au Muscat de Rivesaltes il est, sans contredit, le meilleur vin de liqueur de France.
(1) On suppose que ces trois espèces ont été importées en Roussilion dé trois localités espagnoles, savoir : Garanacha, Mataro et Carinyana.
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Plusieurs communes du Roussilîon doivent à cette prospérité de la vigne une augmentation de population consid l'aisance parfaite et quelquefois la fortune. Mauri, Casas-de-Pena, Espira-de-FAgli, Baixas, Peyrestortes, Salses. Pia et bien d'autres encore n'étaient, il y a cinquante ans, que des bourgs ifiants, tristes, pauvres, silencieux. Aujourd'hui la vie s'y montre de toutes parts et le bien-être ï'accompa.
Mais aucune commune n'a prospéré comme Rivesalles. En 1811) la Géog du départe
êes-Orientales de F. Jalabert n'y comptait que 2,630 habitants : la population actuelle est de C'est que Rivesaltes ne se contente pas de produi in; elle en l'ait le commerce sur une
grande échelle, et, clans cette commune, dix maisons y sont occupées qui '. pas avec
les principales de Perpignan qu'elles ont d longtei ' avec les meilleures de
Bordeaux et de Paris.
Depuis une trentaine d'années la ville s'est singulièrement agrandie. On a ouvert une vaste place, construit deux boulevards et planté une belle promenade. Le 30 novembre, jour de Saint-André, a lieu la fête de Rivesaltes qui est une des plus animées du département.
Rivesaltes est le chef-lieu d'un canton qui comprend 14 communes dont la population totale est de 25,318 âmes. Sa superficie est de 37,82G hectares. La plus grande partie est aujourd'hui complantée de vignoble, quoique le terrain soit éminemn à la culture des céréales. Mais les sécheresses si communes dans ce pays restreignent singulièrement
— Kilo rendement, taudis que celui de la vigne est allé j usqu'ici en augmentant.
il y avait, au Moyen-Age, en l'ace de Rivesaltes et sur la rive gaucho de l'Agli, un village qu'on appelait Titra. Vers le milieu du xvi° siècle os» n'en trouve plus de traces, et il est probable que les malheurs de la guerre et les inondations l'avaient ruiné. Tout porte à croire qu'il y avait là mie villa Turani à l'époque romaine.
Au Moyen-Age la seigneurie de Rivesaltes appartenait au Gamérier de l'Abbaye de la Grasse en Languedoc. Celui qui régissait les biens de ce couvent en 1173, demanda au roi Alphonse I er d'Aragon, alors maître du Roussillon, l'autorisation de construire une enceinte fortifiée à Rivesaltes. ce qu'il obtint la même année. La Notice (Archives de la Mairie de Rivesaltes) qui dit que la Tour de l'Horloge fut construite sur l'ancienne porte de la ville, porte qui datait de 1102, se trompe par conséquent. Ce n'est pas d'ailleurs la seule erreur qu'elle contienne.
Dès le sv e siècle, Rivesaltes eut des institutions municipales : mais la Charte principale n'est que du xvï e . Le mode d'élections consulaires de cette ville est trop intéressant pour que nous ne le rapportions pas ici.
Le jour de Pâques, tandis que le peuple était réuni dans l'église, à !a fin des vêpres, un appariteur se dirigeait vers la porte pour empêcher les hommes de sortir. On faisait ensuite l'appel des chefs de maison et, s'il manquait quelqu'un, on l'envoyait quérir. Après quoi, tous ensemble, ils s'occupaient
de l'élection préparatoire des consuls pour l'année qui allait commencer (M. A cet effet les anciens conseillers choisissaient dix ou douze prud'hommes qui se retiraient avec eux vers les fonts baptismaux. Là ils s'occupaient de l'élection du Consul à désigner au nom de la ville. S'étant mis d'accord pour le choix d'un sujet, ils le nommaient devant le peuple et, si le peuple l'admettait, il était définitivement proclamé. Dans le cas contraire, le peuple à la majorité des voix en élisait un autre qui prêtait serment entre les mains du bailli. A son tour le bailli nommait le second consul et si tout le peuple ou la majorité du peuple l'agréait, il prêtait également le serment requis. Ces deux élus réunis aux consuls et aux conseillers sortants, élisaient enfin quatre conseillers nouveaux.
En 1474, 1496, 1503, 1639, 1641, 1793, le nom de Rivesaltes apparaît souvent dans l'histoire de nos guerres.
Le 12 août de l'année 1639, quinze cents catalans tentèrent l'escalade des murailles que défendaient trois cents Français. Les échelles se trouvèrent un peu courtes, mais, après une vigoureuse attaque, les Français durent poser les armes et rendre la place. Les vainqueurs allèrent ensuite à Perpignan avec leur butin.
En 1793, les Espagnols, maîtres d'une grande partie de la rive gauche de la Tet, vinrent occuper
(1) Pendant longtemps, en Roussillon comme en Catalogne, on fît commencer l'année au 25 mars, c'est-à-dire deux mois et vinglcinq jours plus lard que dans noire manière do compter.
iMfaA.
Rivesaltes où ils entrèrent par quatre points différents : la rue de Perpignan, lo PonU ro, la Llobera
chemin du Cimetière (S septembre), H forcé une division f lier sur Si :
C'était la division Goguel que nous verrons plus tard concourir à la victoire de Peyrestortes.
Nous n'avons rien de dans
l'intérieur de la ville. L'église a .'■ partie au xvn e siècle. Elle possède un . Jean de la Croix, attribué à
Rivi ■ i ■ de Ludovic Ville mort à
Alger au mois de mai 1877.
Ville sortit de l'École polyti pour
entrer dans le cor;;: ibuta dans l'ar-
rondi: ie ^ Ci
1847 si fut attaché au service de l'Ai-: iel ii a
consacré tonte sa carrièj e.
On a dit avec juste r; ir sa toml
était un de mieux vél
de la colonie.
Ses principaux ouvrages ont pour titre : Foi d'exploration ■;. u an u 0( i nc
(1868); Exploration géol > ,,< ,;,,
la région des Steppes (1872).
11 était inspecteur général des min s el oi l ier de la Légion d'honneur.
Le territoire du Mas de la Garrigue (2 kil. E. de Rivesaltes) donné au monastère de la (iras: un comte de Roussillon, fut, par bulle pontil du jour des ides d'août de l'an de l'incarnation 1592 (1593) ('), transporté aux religieux de
(1) Voir la note de ta page 17.
llll|llll|llll|llll|llll|llll 2 3
j-car"»'"^
3fc^>«^r^i^ r V T. r
l'abbaye de Saint-Martin-de-Ganigô" dont la détresse était extrême.
La plaine qui s'étend à Test jusqu'à la mer forme la plaine de la Salanque, Salanca.
Nous allons d'abord conduire le voyageur à Perpignan ; nous viendrons ensuite faire une excursion dans ce vaste et riche pays.
Ou va de Rivesaltes à Perpignan en 15 minutes. La voi fi traverse encore des vignes qui appar-
tiennent les unes à Rivesaltes, les autres à Peyrcstortes que nous voyons sur notre droite, à Pia . à Bon pas que nous laissons sur la gauche.
Bientôt le paysage change : les jardins, se montrent avec tout ce qui constitue une végétation brillante et atteste un beau ciel et un heureux climat.
L'œil embrasse alors toute la plaine du Roussillon et le largo amphithéâtre de montagnes qui la domine et l'entoure. A droite le Canigô couvert de neige, à gauche l'horizon libre sur la mer, plus près la Tour de Castell-Mossello, tandis qu'en face se présente une colline immense dont les tours et les remparts commandent la plaine, commandés eux-mêmes par ces remparts et ces tours autrement solides qui constituent la chaîne de YAlbera ou des Pyrénées orientales.
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