WA
tûmes que le touriste regrettera, avec nous, en visitant ces contrées.
Lorsqu'une demoiselle se mariait au village voisin . des jeunes gens, qu'on désignait sous le nom à'Espaders, accompagnaient la mariée et l'aidaient seuls, à monter sur son mulet pompeusement paré, tandis que le mari et les gens de la noce suivaient par derrière. Les Espaders (de Yépée qu'ils portaient primitivement et qu'ils remplacèrent pl uS tard par des pistolets) étaient ainsi les serviteurs et les protecteurs de la mariée. Si, sur la route que la noce devait parcourir, se trouvait quelque village des jeunes filles qui, sous le titre de pabordessas, sont chargées encore du soin et de l'entretien de la chapelle de la Vierge dans beaucoup de nos localités, venaient, précédées des Juglars, barrer le passage à cette cavalcade en tendant un ruban à travers 1* route. La cavalcade arrêtée, l'une des pabordessas s'approchait des mariés à qui elle offrait des ileui's et recevait, en échange, dans un petit panier doublé de satin et brodé d'or, quelques pièces de monnaie pour la chapelle du lieu. Le joli petit panier était ensuite successivement présenté à chaque couple qui f déposait son offrande.
A Prats de Mollô et dans tout le canton, l'usage des vieilles danses catalanes s'est assez bien conservé. Outre les pas que nous avons signalés, on dansait à Prats-de-Mollô lo bail de la posta, une bouffonnerie de carnaval et lo bail de ceremonia, par lequel on commençait Las Ballas.
BAWS r>E LA PRESTE
De Prats-de-Mollô à La Preste on compte 6 kil. environ. La route nationale n'arrive pas encore à l'éta-
MBL<. H
'ssernent thermal que l'on atteint cependant avec ac 'lité par un chemin dit Roule thermale. Il est tracé ^ r la rive gauche du Tech qu'il suit toujours parallement. La haute vallée du Tech, comme celle de a Tet, est resserrée entre des escarpements élevés, 0r tueux, bossues, couverts d'arbres et de verdure I Ul offrent une série de sites agréables.
En bas, de fertiles prairies occupent l'espace •aissé libre par le torrent. D'élégants peupliers, des n °yers, des frênes élèvent leurs têtes superbes et Ver doyantes ou allongent leurs bras tourmentés. Quelques coteaux en pleine culture ou couronnés de °' s dominent souvent la route que nous suivons, ^ette route est coupée d'une infinité de torrents qui
descendent du Pla Guillem et du sommet des Treize-
de
eil ts, l'un des quatre grands pics du Canigô.
A un quart de lieue de Prats, on rencontre deux
ces torrents : celui del Corlal ou del Pont de las
Quittas (du Pont des Renards) et celui d'En Burgal ° u de la Saula, séparés par un coteau très-bien cultivé et boisé.
On aperçoit bientôt l'établissement de La Preste Posé coquettement et d'une manière pittoresque sur Un plateau élevé de 35 à 40 m. au-dessus du niveau •les eaux de la rivière et à 1118 au-dessus des eaux J e la mer.
La petite vallée de La Cadena, très-rétrécie, s'ou- Vl ' e à côté des Bains qui se trouvent ainsi au confient de deux cours d'eau et à l'entrée de deux vallee s. Les montagnes qui dominent l'établissement s °nt hautes, escarpées, peu boisées et constituent u °e forme de bassin elliptique au fond duquel roule le Tech.
On a trouvé dans le lit de la rivière, et a l'établissement même, des restes de maçonnerie en blocage (pierres ou débris noyés dans un mortier ou ciment) qui feraient supposer que les Romains avaient utilisé les eaux de La Preste. En tous cas, ces eaux ne sont mentionnées dans nos vieilles archives qu'au xi v ' siècle.
En 1597, on voit le roi d'Aragon donner à l'université ou commune de Prats-de-Mollô la maison et l'eau des bains et en outre un terrain suffisant pour y semer une quartière de seigle, attenant à la dite maison des bains de La Preste, territoire de Prats-de- Mollô. Cédée à la caisse d'amortissement en 1813, La Preste fut vendue la même année. Elle ne consistait alors qu'en une usine appelée Bains de La Preste. Depuis cette époque on a construit divers locaux, soit pour les baignoires ou douches, soit pour le logement des baigneurs.
On distingue quatre sources à La Preste :
La Grande Source ou Source d'Apollon, 44°60 ;
La Source Chaude ou Bossa Calenta, 43°80 ;
La Source des Lépreux ou Bany dais Mazells,
La Source jaillissante.
La première est la seule qui soit utilisée : elle alimente la buvette et les bains.
Les eaux de La Preste sont sulfureuses, incolores, d'une limpidité remarquable et légèrement acidulés. L'odeur d'oeufs couvés y est moins prononcée que dans la plupart des eaux sulfureuses. Cette odeur finit même par se perdre lorsque l'eau a subi le contact de l'air pendant quelque temps. On a observé que le degré sulphydrométrique de ces eaux s'abaisse
ïfci'. ■
c 'e 23 o^ o a p res ù mx heures d'exposition à l'air et
de 62
après douze heures.
Les eaux de La Preste sont employées dans une loule de maladies, mais plus spécialement dans celles de la gravelle et du calcul vésical.