‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 52 sur 95 · VIRONS D'ARLES · texte numérisé non relu

VIRONS D'ARLES

^ e Riufebber (Rivusferrarius, rivière ferrugineuse),

|l " prend sa source dans les montagnes que domine

a v ieille tour de Bâtera, se jette dans le Tech à Arles

«t'ine. Non loin du confluent se trouve l'église Saint-

'■ Selon certaine tradition c'est là qu'aurait été

llîl le premier monastère d'Arles.

"otis suivons le chemin qui nous a conduits à

ettii église. 11 serpente en s'élevant rapidement sur

a C; 'ète d'un contrefort qui sépare les deux torrents

u Riuferrer et du Bonabosc.

«près une heure et demie démarche depuis Arles, " 0l! s nous trouvons en face d'un chaos effroyable de ^sses granitiques entassées par la nature et affecai >t l es formes les plus bizarres. Au point même où n °Us sommes arrivés s'élève un dolmen de petites tensions. M. le capitaine Ratheau, qui a décrit ce Monument prétendu celtique, fait observer avec rais ° n que M. Henry, dans son Guide en Roimillon, Fa j^ufondu avec le Palet de Roland qui est plus loin. Les habitants de ces montagnes donnent le nom de wixa (caisse) à ce dolmen, ce qui ferait supposer 'lue c'a été un tombeau.

Les palets de Roland sont de grandes dalles qui appartenaient à ces monuments mégalithiques qu'on est convenu d'appeler des dolmens. Tels sont ceux qu on voit sur les bords de la Boulzane, entre Candies et Saint-Paul-de-Fenouillèdes.

Tout près du PaM de Roland des environs <rArles, on verra aussi l'auge du cheval de ce fier neveu de Uiarlemagne, l'Abeurador del Carall.

Nous atteignons ensuite la tour Bâtera qui est a 1475 m. d ait. Tout à l'entour sont les mines dites les fndies. Ce sont les gisements de VAdroguera, de laPmow, de Saint-Pierre, de las Garnis, ac. Les minerais sont des hématites à 60 % et des minerais carbonates magnésifères. Ils sont peu exploités, faute de débouche assez important ou plutôt faute de commi„ons. Nul doute que le jour où sera ouvert le c emm de fer de Perpignan à Arles, les mines de

fi lïb r'TT à riudustl ' ie une <*™™ H sideiab le d excellent minerai. Les fers qu'on fabrique

aujouru hui dans la vallée du Tech avec la matière qu on extrait de Bâtera luttent avantageusement avec les bonnes marques de Suède.

De la Tour de Bâtera nous allons rejoindre le Chemin de grande communication n« 3 qui vient d'Arles par la vallée de Cortsavi. C'est ce chemin qu'on suit o mûrement pour aller de la Haute- Vallée du Tech

d W in " Vallée de h Tet H ne faut P*s »>°» iS dune journée pour franchir cette masse escarpée,

tourmentée, bossuée qui forme la base orientale du Géant de ces contrées, dont l'œil est toujours fixé sur le touriste quel que soit le chemin que prenne celui-ci, quand il parcourt notre pays.

De Bâtera on va à Vallmanya et à Vallstavia d'où

" descend à Vinça. Nous ne ferons pas cette

'f?ue course et nous reviendrons à Arles.

e Bâtera à Cortsavi le chemin est long et fati-

£ nt - Il monte, descend, se courbe et se recourbé

Mille plis tortueux. Le pays est triste, désert;

P e me aperçoit-on çà et là quelques masos ou cortals

aspect pauvre.

Cortsavi compte 787 habitants. Il est sur un petit

1 tU| :au adossé à l'un des grands contreforts du Ca-

bO. On pourra voir encore les ruines du château

lan

anciens seigneurs et quelques forges à la catae où Ton traite le minerai de Bâtera.

^ une faible distance du village nous nous arrèns pour voir ce qu'on appelle La Fo. C'est une ."Sue échancrure ouverte dans le calcaire, d'enr on une lieue d'étendue et de 160 mètres de prondeur. Les eaux d'un torrent qui descend du Ca- 8° l'oulent dans ce terrible précipice. Les parois ° nt tapissées d'arbres et d'arbustes, suspendus quelquefois à des rochers qui regardent le fond de l'a- 'iBe à pic. Le pyrochorax garrula niche dans les ent es de ces rochers, sur les tilleuls et les frênes *M les entourent.

^n une heure et un quart nous descendons à ^les.

SA.IIVT-LA.TJREIVT-DE-OEÏÏDATVS.

*W- 0. de Prats-dc-Mollo, 30 de Ciret, 58 de Perpignan.

. *■ 6 kilomètres au dessus d'Arles, s'ouvre, sur la 1Ve droite du Tech, la vallée de Saint-Laurent-de-

^rdans au sommet de laquelle se trouve le village

de Costujes.

cm

Nous franchissons Jo Tech sur le Pont del Pas i (l Llop (Pont du Passage du Loup) et nous m< en suivant une route qui n'a certes rien rable à une ligue droite. Ce sont toujou:

nées avec leurs escarpements, leurs vallons f boisés, mais aussi avec leurs roches granil pelées et sèches qui reflètent les rayons du un scintillement dont les yeux sont éblo La route suit d'abord un moment la riv Tech, puis s'engage décidément dans la Saint-Laurent. Le chemin est bon, la e ntl«

tenu à ce qu'il nous a semblé. 11 est tracé à m'' côte de la montagne, et il permet de voir la vallée une campagne délicieuse, où les bor es .orges apparaissent de temps eu temps ?!» 5 Haut et du même côté, le Roc dels Pin, et 1* montagnes de Serrallonga, montrent leurs sommet* luisants.

a ^-LAmENT-DE-CERDAxs est un gros bourg àe 2,362 habitants, situé dans un des plus endroits du Vallespir, au P ied de la rivière du mê) nom que bordent de jolies prairies, des champ 5 semés de légumes, des maisons de campa-™ i agréables et des châtaigneraies très productives. Sur les sommets, s'étagent en amphithéâtre, des Lois * chênes et de hêtres.

Le vallon et la ville sont dominés au nord et à lest par la montagne de Saint-Laurent et par le /* de la Nantilla, un des points de séparation de » France et de lEspagne.

La principale industrie du pays est la fabrication des souliers de corde ou espardenym, qui occupe uu nombre fort considérable de personnes

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La f) ore ft lx territoire de Saint-Laurent n'est pas

'es riche, mais la zoologie y présente un memmifère

■ntéressant de la famille des musaraignes. C'est le

tsnian des Pyrénées appelé Migale pyrenaica par

eoffroy. L'illustre Cuvier avait demandé un individu

e cette espèce au docteur Companyo père, avec qui

11 était en relations.

COSTUJES

22 kil. E. de Prats-de-Mollo, 35 de Géret, 63 de Perpignan.

C'est un bourg de 540 habitants. Son ancien nom est Cosiuja et non pas Custodia, comme on l'a prée ndu. Cosiuja est transformé en Custodia pour la Première fois en 1011 dans une bulle du pape kwgius IV. Le nom primitif ainsi modifié avait une a Pparence latine ; aussi se dépècha-t-on de proclamer que Costujes avait été, comme Caslrum Vulturar 'wm, un poste (custodia) où logeait une garnison Pour surveiller le passage des montagnes, dans cette Partie des Pyrénées.

C'est l'opinion de quelques écrivains, que la mère 'ui pape Damase naquit à Costujes, et que ce pape uota la patrie de sa mère et la sienne, d'une belle e glise qui existe encore.

Damase était pape en 360 et 370. Or, l'église de Costujes qui est, en effet, fort remarquable, porte toutes les marques du style roman de l'époque carolingienne, c'est-à-dire des rx e et X e siècles. Mérimée, qui est un de ceux qui attribuent la fondation de cette église au pape Damase, la fait ruiner par les Arabes et reconstruire au ix° siècle, ce qui n'est qu'un moyen ingénieux pour laisser la légende debout.

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11 est à peu près démontré aujourd'hui que Damase était romain ( 1 ).

Gomme toutes les églises romanes très anciennes, celle de Gostujes est dédiée à la Vierge. Elle est à une seule nef. La voûte primitive, ou plutôt l'ancienne charpente, a été remplacée par une voûte ogivale peu prononcée. L'église a deux façades et l'espace compris entre les deux murailles forme un pronaos, comme à Serrabona. Derrière le maître-autel se trouve le camarill sorte de chapelle que nous retrouverons à Font-Romeu.

La porte principale est encadrée par quatre colonnes à chapiteaux corinthiens romans qui soutiennent une immense archivolte couverte de moulures et d'ornements. Ces ornements paraissent se rapporter à deux époques différentes : l'une très ancienne qui les a enrichis de palmettes, d'oves et de rinceaux, inspirations du style roman ; l'autre d'un roman plus septentrional que caractérisent des tètes plates de monstres fantastiques, des fleurs, des fruits de pinr enfermés dans une bordure, reposant de chaque côté sur une corniche revêtue de feuilles d'acanthe. L'église de Costujes est classée parmi les monuments historiques de France.

La vallée de Costujes est pauvre, stérile, isolée- Quand on parcourt ces parages, on croit être dans les montagnes de la Syrie. Ce n'en est pas moins une localité intéressante pour le naturaliste. Elle offre en effet des gisements fossiles et métallifères très curieux et une flore remarquable.

Au Bac del Fau, le naturaliste récoltera YErinacea

(1) Voyez la Vie des Saints du savant Butler.

l'uiigens, Anthyllis erinacea. Cette belle plante, qu'on a Ppelle en catalan Coxinets de laSenyora (Coussinets ~ e Madame) croit en abondance dans les gorges voiles de la Muga qui coule tout près de Costujes et 'orme, un moment, la limite de la France et de l'Espagne.

Si le naturaliste ne craint pas la fatigue et s'il est disposé à braver les obstacles et les dangers que lui offre la nature du sol, il ira visiter l'ermitage de Saint-Aniol en Espagne et récolter le lithospermum "kœfolium, élégant arbuste découvert en 1814 par * e botaniste roussillonnais Xatart.

De la haute vallée de Saint-Laurent-de-Cerdans, 011 peut, au prix de quelques difficultés, il est vrai, § a gner La Mènera et Serrallonga, puis Prats-de-Mollô. Mais nous conseillons au touriste de revenir sur le " e ch pour visiter

MONTFÎKRBR 9 kil. 0. d'Arles, 22 de Cèrel, 50 de Perpignan.

Ce petit village (682 hab.) s'élève au sommet de l'un des contreforts du Canigé, en face l'entrée de ta vallée que nous venons de visiter.

Son église est assez curieuse pour l'archéologue. Elle est construite en granit et par assises régulières. Deux ouvertures à plein cintre éclairent la nef. Du °ôté du midi , est la porte d'entrée. Cette porte est °mée de deux colonnes et d'une archivolte encadrée 'tans un bandeau de modulons cubiques disposés en échiquier. Sous l'escalier du chœur, est un sarcophage renfermant les ossements de Dalmace de G astellnou, de Béatrix sa femme et de Pierre leur fils.

Le tombeau est porté sur quatre colonnettes. Lu' petite arcature en plein cintre orne la partie antérieure dont le cadre est parsemé de l'écusson parlai' des Castellnou. Le couvercle est prismatique et a bouts rabattus ; on y retrouve les mêmes armes.

Les épitaphes suivantes sont placées sur le cou* vercle ; elles sont séparées par une croix.

Anno Domini mcccxxii, m kalendas augusti obiit nobilis dominus Dalmacius de Castronovo et Petrus Mius ejus. Quibus Deus misereatur.

L'an du seigneur 1322 et le 3 des kalendes d'août sont morts le noble seigneur Dalmaee de Castellnou et Pierre son fils. Que Dieu ait pitié d'eux.

Anno Domini kccctii, tib »

lendas januarii obiit n"'" domina Bcatrix de Castrons ' Requiescat in pace.

L'an du seigneur 1307 et 8 des kalendes de janvier <* morte la noble dame Beat' 1 ' de Castellnou. Que son 3"" repose en paix.

Nous avons dit, et l'inscription n'y contredit p aSr que le sarcophage de Montferrer renfermait les resW 8 de trois personnes. Cependant il n'a que l m 24 " e longueur et on le regarde, dans la contrée, corati& le tombeau d'un enfant. C'est que souvent ;lU Moyen-Age, ces sortes de cercueils ne recevaient q u 1 ' la charpente osseuse du défunt, après qu'on ava' laissé aux chairs le temps de se consumer dans ,a terre.

Le territoire de Montferrer produit une qua» tlte considérable de truffes qui peuvent rivaliser aV# celles du Périgord.

SERRALLONGA

12 kil. à l'E. de Prats-de-Mollo, 28 de Céret. 56 de Perpignan-

Nous descendons sur les rives du Tech P° l " reprendre la route nationale et la quitter de nouveau

cm

au Pont de la Vierge Marie. Nous prenons, à gauche, "tt petit sentier qui serpente le long de la montagne et < «n moment après, nous arrivons à la forge de wldare d'où nous gagnons facilement Serralloiwa, 'Mage de 743 habitants.

Serrallonga est situé dans un vallon très agréable, couvert en grande partie de châtaigneraies très productives.

S'il fallait en croire une inscription qu'on a peinte Sl "' l'église du village, ce petit monument daterait de i018. Il est probable qu'on a tiré cette date d'une uiscription du xm e siècle qu'on n'a pas bien su lire. Lette église est ancienne, sans doute, mais sa construction n'est certainement pas antérieure à l'ange 1280 ou à l'année 1300.

Le Château de Serrallonga, ou plutôt les tours de ^fiirenr, est perché au sud-ouestdu village, sur trois P'cs qu'on aperçoit de très loin.

^"honneur ou la baronnie de Serrallonga ou de Çabrenç était un iief des comtes de Castellnou dont '' a été souvent question. Ce fief comprenait les territoires des communes actuelles de La Mènera et de Serrallonga.

« L'histoire de Serrallonga, dit M. B. Alart, ( l ) est complètement inconnue avant le X e siècle et l'on Peut seulement présumer que, dans les temps les Plus reculés, les communications entre le Bas-Valles- Pir et la vallée de Campredon se faisaient en remontant le cours de la rivière qui descend du Coll d'Ares e t vient se jeter dans le Tech, en face de Cos. C'est f e qu'indique le nom même de cette îivière qui,

r Notices historiques sur les communes du Roussitton.

dès le ix e siècle, est appelée Gradaras ou Gadiiaras, c'est-à-dire grau « degré » ou « gué » (gradtis ou vadus) d'Ares.

« Les seigneurs de Serrallonga occupent une place assez importante dans l'histoire du Roussillo" au xui e siècle, mais cette histoire n'a pas été faite et le souvenir de ces barons serait complètement éteint aujourd'hui, si des légendes fabuleuses n'eussent conservé dans les contes populaires la mention des prisons des tours de Cabrenç.

« Le château et les tours de Cabrenç constituent, dans leur ensemble, les plus considérables fortifl' cations seigneuriales qui existent dans le département et donnent encore aujourd'hui une juste idée de ce que pouvait être un repaire de barons à l'époque où le régime féodal régnait dans toute sa puissance- Chacune de ces forteresses est un véritable nid d'aigles construit au milieu de profonds précipices, sur des rochers taillés à pic et que les chèvres seules peuvent gravir, ainsi que l'indique d'ailleurs le nom vulgaire de Cabrenç donné à la principale de ces constructions. L'aspect seul de cette ,« longue crête ( J ) » couverte de donjons, de tours et d'enceintes fortifiées, inspire une idée redoutable du pouvoir qui trônait dans ces parages et, d'autre part, le nom de Serrallonga se trouve encore mêlé à des légendes et chants populaires pour troubler les souvenirs des bonnes gens de nos campagnes. »

M. Ratheau attribue le Château de Cabrenç au xi° siècle, la première tour à la fin du xra e , et la seconde au xrv 6 . M. B. Alart pense que le château

(1) Serra

e Monte au moins jusqu'au ix e siècle, que la première tour est antérieure à l'an 1267 et que la Se conde peut, en effet, appartenir au xiv" siècle.

Serrallonga est la patrie du prêtre Centena qui, Parvenu au décanat de la cathédrale de Barcelone,

ut béatifié après sa mort. A l'Université de Valence °u u avait étudié quelque temps, on lui avait donné

e nom de VEmérile catalan. Il mourut en 1691.

La montagne de Cabrenç est contournée par une r °ute vicinale qui nous conduit à

LA MENERA (1) 9 kil. de Prats-de-Mollo, 35 de Céret, 63 de Perpignan.

La Mènera est un petit village (510 liab.) assis sur les bords de sa rivière torrentueuse, à l'entrée de la § or ge de Malrems. Ce pays est généralement triste et peu productif. Nous sommes enclavés ici dans ^s montagnes à l'aspect austère.

Le territoire de la Mènera ne peut pas manquer ^e contenir des minerais. On y découvre, en effet, c ' e s mines de plomb argentifère, de cuivre et de nouille. En outre, on voit, dans le ravin d'Agafa Llops (Attrape-Loups) , le porphyre quartzifère ; au Pla de las Taillas, le galène ; au ravin de Malrems, * a marne grise contenant des fucoïdes.

Du village de la Mènera, le Chemin d'intérêt commun N° 14 se dirige sur le Col Malrems. Des chemins vicinaux ordinaires se dirigent vers Prats.

(•) Et non pas La Manera. C'est le mot Mena, mine, qui est la ■"seine de ce nom.

Notre-Dame du Goral et le Coll de las Falgueras qui mène à la vallée de Saint-Aniol.

Si nous reprenons la route nationale au Pont de la Vierge Marie, nous atteignons bientôt (20 minutes). le village du Tech (543 hab.) qui a été distrait de Prats-de-Mollô et érigé en commune en 1862.

Le torrent de la Comalada descend de l'arête d e la montagne qui unit le Pla Guillem au Canigô, pa r une pente très-raide et se jette dans la rivière du Tech au-dessous du village. Dans le voisinage s'ouvre une grotte très-remarquable connue sous le nom de Coba de las Encanladas (Grotte des Fées.)

Au sortir du village on trouve un banc de marbre qui n'est autre que le marbre vert antique, varié & nuances et très estimé. Deux kilomètres plus haut, la route qui est toujours sur la rive gauche, côtoie.entre la montagne et la rivière, un précipice affreux désigné sous le nom de Baus del Aze (Chute ou Précipice de l'Ane).

A partir de ce point la route est très sûre.

PRATSDB-MOLLO 33 kil. de Cèret, 61 de Perpignan.

Prats-de-Mollô (>) est le chef-lieu d'un canton qui ne renferme que 6 communes ayant ensemble un« population de 7,381 habitants et une superficie de

(1) On ignore la signification du mot Mollo, et ceux qui ont dit que Frata-tfo-Jfotb signifiait Prairie de la Frontière se sont trompes grossièrement. Mollo est un village voisin de Prate. de l'autre côte des Pyrénées. Prats a été appelé de Mollo au commencement du xrv siècle, pour le distinguer de Prats-Balagner, Prats en Cerdagne et Prats en Fenouillcdes.

ÙBL, 9S

--ISS hectares. Formé de la partie supérieure de

a vallée du Tech, ce canton est naturellement le

P u s froid de l'arrondissement de Céret, comme celui

c e Sallagosa est le plus froid de l'arrondissement de

p rades.

Pas plus qu'en Cerdagne, on ne voit dans le Haut-

a Hespir ni vignes, ni oliviers. Ce qui n'est pas rare,

c °nime arbres à fruit, c'est le châtaigner qui s'étend

Ur de vastes contrées. On y récolte aussi du blé,

^ais surtout du seigle, de l'orge, du sarrasin, du

"^is, des haricots et des pommes de terre.

L industrie du canton consiste dans la fabrication u bois de tonnellerie et de manches de fouet en Jfi'cocoulier. Prats-de-Mollô fabrique des draps, des 3 °nnets rouges (barretinas) et du chocolat.

Prats eut des consuls en 1321 par diplôme de Manche, roi de Majorque. On peut étudier dans ses ombreux privilèges, mieux que dans ceux d'aucune autre ville du Roussillon, la naissance et les dévelo Ppements successifs des institutions consulat re s (*). En 1242, les habitants de Prats avaient été affranchis des servitudes d'exorquia, cugucia et ktestia.

Nous avons dit que Prats fabriquait des draps : c 6tte industrie est très ancienne dans cette petite Vl 'le. Les paveurs y formèrent, de très bonne heure, *J n e corporation qui avait des règlements fort sages. ^ e s statuts, nouvellement révisés, furent confirmés • ei > 1599 par Philippe III, roi d'Espagne.

") B. Alart, Privilèges et Titres, etc. première partie, page 7.

iffe aP^v^x^Bii

mr

Age

Les forêts de Prats étaient très riches au Moyenaussi voyait-on dans les environs, dès I e xiii" siècle, un grand nombre de scieries.

En 1410, le roi Martin accorda aux habitants I e droit d'abattre les arbres de la forêt dans un rayon d'un quart de lieue pour éloigner les ours et les loups qui en rendaient l'abord dangereux.

Sur l'une des montagnes qui dominent Prats au sud, se trouve l'ermitage de Notre-Dame-du-Co»"^ qui doit son origine à une légende que nous retrouverons à Font-Romeu et à Peiîa. Un bouvier, à l a recherche d'un taureau, découvrit l'image de l a Vierge cachée dans le creux d'un chêne. Instruit de cette découverte, le curé de Prats, accompagné d'un grand nombre de fidèles, vint recueillir l'image sacrée pour laquelle on construisit une chapelle q« e de beaux arbres et une nature agreste entouraient de toutes parts.

Prats-de-Mollô" est la patrie de Xatart, pharmacie) 1 et botaniste aussi instruit que modeste. Ce naturaliste a augmenté la flore du pays d'une foule de plantes inconnues jusqu'à lui. Il était l'ami de Coder, de Prades. A eux deux, ils ont fait plus de découvertes que tous les botanistes qui les avaient précédés dan 5 le département. Les Roussillonnais ne doivent pa s oublier les noms de ces deux savants.

La flore des environs de Prats est très riche et I e naturaliste doit l'explorer avec beaucoup de soin. A ira principalement à La Tour d'En Mir (3 kil. S,-0de Prats) située au sommet d'une montagne, a 1,540 mètres d'altitude.

On suit d'abord un chemin à pente douce qui devient rude et raboteux à mesure que l'on s'élève. D

finit

de

par un lacet qui serpente sur la colline en pain

sucre où se dresse la tour.

Situé sur le Tech, à la tête de la Vallée du Valles- P lr et à une lieue de la frontière, Prats-de-Mollô, c onirae place de guerre, est destiné à surveiller les c ols par lesquels le territoire peut être envahi, soit Hûe l'ennemi se porte sur Arles, soit qu'il se porte s Ur Villefranche en passant par le Pla Guillem, confort du Canigô. La position de Prats, dans un fond d °miné, le rend peu susceptible de remplir cet objet lni portant. Le fort La Garde, qui commande la ville (o£)6 m. de hauteur), communique avec elle par un souterrain voûté.

Nous avons dit que Prats-de-Mollô fut doté de ^°mbreux privilèges. Au nombre de ces privilèges il a ut compter l'exemption du payement des gabelles. En 1672 Louis XIV voulut les rétablir. Le peuple, " u i déjà n'aimait pas beaucoup le régime français, ; e souleva pour s'opposer au rétablissement de cet lftl pôt si onéreux. Les agents du fisc furent massages et les troupes refoulées jusqu'au fond de la Va llée. Deux bataillons arrivèrent pour réprimer et punir les révoltés qui battirent ces troupes et Restèrent maîtres du terrain. Le maréchal de Noailles 14 alors marcher deux régiments qui tournèrent le Canigô par Prades et la vallée de Py. Les intrépides j^quelets catalans durent céder et on construisit le 0r t La Garde, peut-être pour les intimider.

Les mœurs anciennes du Vallespir, comme celles e toutes nos montagnes, se sont modifiées au conact de ce que nous sommes convenus d'appeler la "wlisation. 11 ne reste même rien de certaines cou

Si

■«Ci

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