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que par la variété de ses produits agricoles qu'activent puissamment un soleil rarement voilé de nuages et une irrigation bien comprise, élément indispensable pour une végétation luxuriante. Si"' le même sol arrosé, la moyenne des récoltes est de deux par an.
LE SOLER (ir. station).
9 kit. de Millas, 8 de Perpignan.
Le Soler (1348 hab.) fait partie du canton de Millas- On voit encore des restes de son château du Moveii- Age.
A trois quarts-d'heure environ, vers le sud était le monastère de I'Éula (Monaslerium de Eula) dont il reste fort peu de chose. C'est aujourd'hui la Métairie Hatnaut. L'EtOa était un prieuré de religieuses cisterciennes dépendant de l'abbaye de Poblet, au diocèse de Tarragone. Il donne signe d'existence en 1176. En 1363 la communauté obtint d'être transférée à Perpignan, à raison des courses fréquentes que les mauvaises compagnies poussaient dans nos contrées.
Nous avons vu que le marbre 21 du cloître d'Elne provient de ce monastère.
De l'autre côté de la Tet sont Comella-de-la-Rivïère, Pezilla et Vilanova que nous avons déjà visités.
sAW T . FÉ Ln,. D . AVAli (a . station) .
ï kil. de Millas, 15 de Perpignan.
Nous n'avons pas plutôt quitté le Soler que nous sommes à Saint-Feuu-d'Avall qui est lui-même à
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Ul) e faible distance de Saiint-Feuu-d' Amont. Ces deux communes p ara j ssent remonter au ix e siècle. La derrière possédait un monastère de chanoines de Saint- Ruf qui fut réuni au séminaire de Perpignan en 1699. La feçade et la porte de l'église offrent quelque cur ;°sité. On remarquera les objets de serrurerie du xm' s,è de dont le dessin est en forme d'arabesques. . Ces deux villages sont à côté de la Tet et leur territoire est traversé par le ruisseau de las Canals que n °us avons déjà vu à Perpignan.
MILXjA-S (3- Station).
17 kit. de Perpignan.
Millas (Villa de Milliariis) est une ville dont la Population est de 2013 habitants. Elle est située Pareillement sur la rive droite de la Tet et en plein Riverai C'est le nom qu'on donne, dans les Pyrénéesorientales, aux terrains qui bordent les rivières. Le c anton de Millas, riche et productif, prend particu- ''èrement ce nom de Riverai. Le Rigatiu comprend l °utes les terres arrosées artificiellement. Le Rigatiu ^ Thuir et le Rigatiu de Perpignan doivent leur nom au x deux canaux qui, partant d'Ille, projettent mille v °ines d'eau à travers les champs.
Millas est d'origine ancienne, car on le trouve c 'té en Fan 988.
« La Seigneurie de Millas, dit M. B. Alart 0, appartenait dès le xm siècle au moins, à la famille dite
(1) Privilèges et Titres relatifs aux franchises, institutions et propriétés communil.es de Roussillon et de Cerdagne, première partie, pa ïes 226-227.
Elit'
de Vernet en Roussillon, mais il y avait en ou«8 certains droits féodaux, peut-être même une part de la seigneurie, possédés dès le siècle précédent p» r divers seigneurs, entre autres par des membres de la famille dite de La Tour (de Fenouillèdes). Ces droits, ou « Honneur de La Tour », appartenaient, nous ne savons comment, au baron de Cabrenç ou de Serrallonga, en 1260. Le 7 des ides d'avril de cette année, les deux seigneurs Pons de Vernet et Guillein- Hug de Serrallonga firent, « avec tout le peuple de « la communauté » de Millas, un accord qui n'a p» s grande importance par lui-même, mais qui cependant offre assez d'intérêt pour l'histoire de cette commune.
« Il y avait sans doute déjà, avant 1260, un foi»" banal a Millas, comme ailleurs; dans tous les cas. les deux seigneurs prirent à leur charge la construction et 1 entretien du four destiné à la population, e» se bornant à prendre pour droit du fournage un pai» sur vingt; ils devaient également y faire cuire gratuitement les formaljades, panades et flahons de tout e peuple de Millas. Les habitants conservaient d'ailleurs le droit d'avoir des fourneaux particuliers dans leurs maisons, pour y faire cuire toute espèce de pain, sauf le pain de froment (pa de fleca) destiné à la vente.
« En second lieu, les deux seigneurs, d'accord avec les habitants, établissaient un ban ou tarif d'amendes, et nommaient chacun un banner pour la répression des délits ou dommages commis dans les propriétés situées au territoire de Millas. Tout délinquant, qu'il fût de la ville ou étranger, devait d'abord restituer le dommage et payer ensuite le ban,
0u bien entrer, pour un temps que « deux proho- (< mens de Millas » devaient déterminer, dans le (:ost ell ou carcan construit à frais communs par les de "x seigneurs qui devaient aussi se partager le pro- Qui t des amendes et des justices.
. (( La communauté de « tout le peuple » de Millas "Mer vient dans cette convention, mais il n'y est Question ni de consuls, ni de recteurs on conseillers, et la ville se trouve représentée par cinq habitants l"! prennent la qualité de pages, et par huit autres 1 ui ne portent aucune qualification. Le mot pages lignait déjà en Roussillon'tout propriétaire rural, et aussi, comme de nos jours, les grands propriétaires exploitant eux-mêmes leurs terres. C'est dans Ce dernier sens qu'il faut l'entendre pour les cinq (c notables » de Millas en 1260 (*) ; quant aux autre s, c'étaient des gens de métier ou petits propriétaires, mais il n'y a ici aucun indice de classes distinctes, car tous ces treize habitants sont égaux en c,r oit et interviennent au même titre comme membres de la communauté. »
En 1262 Pons de Vernet étant mort, Pons-Hug d'Empories, possesseur du seul comté catalan qui "e se fût pas encore fondu dans les domaines des c °mtes de Barcelone, et déjà seigneur de La Roca et (le la vallée de Banyuls, en-deçà des Pyrénées, se mit ej i possession de tous les biens que le défunt avait Possédés en Roussillon et en Vallespir. Le nouveau ^igneur s'empressa d'ailleurs de marquer son avè-
(1) C'est ce que les actes de cette époque appellent gênéralem ent lesprtceres, mot qui correspond pour le sens au catalan Wohomens. Pages indiquait la résidence rurale à l'origine.
nement à ses nouveaux vassaux par la confirmation de leurs privilèges. C'est ainsi que nous le voyonsle jour des ides de mars 1261 (1262), confirmer aux habitants de Millas tous leurs privilèges et franchises en y ajoutant le droit de vendre par lots ou parcelles les biens qui formaient jadis une masada, avec abolition des droits de cugucia, exorquia et intestin (')> mais sous cette clause assez extraordinaire que, ma 1 ' gré cette abolition, le seigneur devait percevoir, po» 1 ' les cas de cugucia, une amende dont le chiffre demeure inconnu par suite de la perte de la charte. Si nous connaissons l'année et quelques-unes des dispositions de ce document, (celles que nous avons citées), c'est grâce à la confirmation qui ne fut faite dix ans après par l'infant Jacques (cal. de février 1271)- Ce prmce ajouta le droit, pour les habitants de Millas. de ne pouvoir être jugés que par le juge de leur ville ou par les délégués spéciaux du roi, et non par I e Tiguier de Roussillon et le droit de plaider, sans frais, devant ledit viguier ou tout autre juge royal. Si un habitant de Millas commet un crime dans un autre territoire, sans que le bailli local puisse se saisir du déliquant, et si celui-ci rentre à Millas, le bailli de cette ville pourra seul le juger. En cas de poursuites pour dettes par la Cour de Millas, même si le débiteur est condamné, ses cautions n'auront à paye*"
(1) Les droits d'intcstia, exorquia et cugucia faisaient partie M ce qu on appelait les Mais Usos ou Mali Utut.
Vlntestia était le droit qu'avait le seigneur sur les biens de ses vassaux morts sans tester. La Cugucia le droit qu'il exigeait des maris des femmes adultères. VBxorguia celui qu'il avait sur les biens de ses vassaux morts sans enfants légitimes
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dUcun frais de justice. Enfin, le bailli de Millas ne Pourra saisir ni les vêtements, ni les armes, ni le lit
Un habitant de cette ville poursuivi pour dettes.
Millas était fortifié et on pourra voir encore les estes de son enceinte.
kur la promenade publique se trouve une fontaine |j Ul donne de l'eau en abondance. Cette eau, qui ne
'ttiinue presque jamais, est excellente à boire. La *°iiï-del-Rey est une des plus remarquables sources ^ département.
ûe Millas on monte à Força-Réal en une heure et demie, en passant par le Mas-de-la-Garrigue. Cette Montagne, couronnée par le château qui lui a donné *°n nom, domine la vallée de l'Agli au nord (côté de Montner et d'Estagell) et la vallée de la Tet au s Ud.
Le Château de Força-Réal a été construit après la eunion du comté de Roussillon à I' Aragon, c'est-à-
dire
après 1172. Il est probable qu'il date du règne
ae Sanche de Majorque.
Avant le xiv e siècle la montagne de Força-Réal Portait le nom de Puig de Montner (montagne noire, n Hjer) qu'elle devait, soit au village bâti sur son ver- Sa 'tt nord, soit plutôt à l'aspect de sa cime schisteuse.
11 y avait à Força-Réal une forteresse militaire et Ull e tour semblable à celle de Tautavel. Le château ut un des derniers qui arborèrent la bannière d'Ara gon lors de la chute du royaume de Majorque et, en 1389, il résista avec succès à diverses compagnies ( f lu tentèrent d'en escalader les murs ( x ).
. t 1 ) Pour plus de détails, voyez l'étude de M. B. Alart, consacrée !i F orf a .Réal daus les Notices historiques sur les communes du ou ssillon, première série.
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Aujourd'hui Força-Real est un ermitage et n« conserve presque rien de ses anciennes fortifications. N'oublions pas de dire que ce sommet, q ul est à 507 m. d'alt. offre, par sa position et l'étendue de la plaine qu'il domine, un des plus beaux points de vue du département. Aussi Mechain le pritil pour point de triangulation, lorsqu'il vint faire les études pour déterminer la longueur du méridien terrestre.
De Millas on va à Thuir et à Elne d'un côté, et à Estagell de l'autre, par la route départementale N° 4-
A 2 kil. 0. de Millas est Nefiach (1087 hab.) où l'on trouve des coteaux formés par des lits de coquilles, fossiles entremêlées de couches de terre ei de sable. De l'autre côté de l'eau, est le Mas de l# Juliana où jaillit une source ferrugineuse.
La première station que nous trouvons après Millas est
IXjTLE (4« Station).
9 Ml. E de Vinça, 20 de Prudes, 24 de Perpignan.
Nous sommes ici dans le canton de Vinça et dans le troisième arrondissement dont nous atteindrons bientôt le chef-lieu, Prades.
Ille (3,41o hab.) est située sur la rive droite de l fl Tet et sur la rive gauche du Bulès, torrent considérable qui descend des racines du Canigô.
Lorsque le nom d'Ille se montre pour la première fois dans nos chartes (ix e siècle), c'est sous la forme (YYla et non pas sous celle dlnsula qu'on lui attribue plus tard ("). Par conséquent, llle ne signifie pas île,
(1) Voyez B. Alart, Géographie historique du département **' Pyrénées -Orientales.
es pace de terre entouré d'eau de tous côtés, comme 0n le pense communément. Le mot lia, ou Yla dont n ous ne connaissons pas la signification, appartient Peut-être aux idiomes ibérïens, comme Ter, Tech et kien d'autres.
Il est peu de villes plus agréablement situées, et s on territoire est certainement le plus fertile du département. Fleurs , fruits , légumes , céréales , tout y vient avec une facilité et une abondance e xceptionnelles. Quand on parcourt ce pays, on songe 'ïistinctivement à la description que Fénélon fait de la Bétique, dans son beau roman de Télémaque. « Ce Pays semble avoir conservé les délices de l'âge d'or ; toute l'année n'est qu'un heureux hymen du Printemps et de l'automne qui semblent se donner la main. La terre dans ses vallons et dans ses cam- Pagnes unies y porte chaque année une double boisson... » Malheureusement, lifeferii/emporte Quelque fois les trésors du cultivateur, dévastant c es belles Hortes où la veille s'étalaient les mille Présents de Flore et de Pomone.
Les pêches d'Ille sont d'un goût exquis. Elles ont beaucoup perdu de leur réputation depuis qu'on s'avise de les cueillir avant leur maturité, afin de Pouvoir les exporter. C'est une des industries de fiotre petite ville où l'on trouvera des fabriques de c hapeaux de feutre, des tanneries et des magnaneries.
Me a de l'animation : ses rues sont propres, mais e Ues sont étroites et tortueuses. On comprend vite qu'on se trouve dans une ville fortifiée du Moyen- Age. On voit encore, en effet, des restes importants de s es anciens remparts. Deux portes même sont encore debout : l'une derrière le chevet de l'église, à côté d'une belle fontaine, l'autre surlaroutedeMontalba.
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L'église paroissiale n'offre rien de bien remarqua' ble, mais elle est vaste, élancée, avec une gâter* intérieure. La façade rappelle le style du xvn e siècle-
L'église de l'Hôpital est plus ancienne. Elle date du commencement du xiu e siècle. La construction en fut autorisée par l'évêque d'Elne, Bernard de Berga, en 1236, sur l'emplacement d'un terrain donné par Dona Maria d'Ole qui est sans doute l a même Dona Maria de l'inscription suivante :
ANNO DOMINI MCCLVIH OBIIT DOMINA MARIA HOSPITALEBW DILA OVI EDIFICAVIT HANC ECCLESIAM XVI KALENDAS AVGVST'-
L'an du Seigneur 1259 est morte Dame Marit< hospitalière cfllle, qui a élevé cette église, le 16 d^ calendes d'août.
L'inscription est à l'entrée de l'église, dans l'oml>i' e et coupée par une cloison.
Dans l'intérieur, sur le mur de droite et à côté d'une armoire pratiquée dans ce mur, on lira cette autre inscription :
ANNO DOMINI MCCLXXXXVIII,