‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 58 sur 95 · VICECOMITISSA DE CASTRO NOVO HOS · texte numérisé non relu

VICECOMITISSA DE CASTRO NOVO HOS

PITALERIA HOSPITALIS DE INSVLA.

L'an du Seigneur 1298 (1299) et le 4 des non® de janvier est morte et repose ici Dame Béalrkr, (*■' comtesse de Fonollel, qui fut hospitalière de l'hôpiM* d'Hle, et dame Ave, vicomtesse de Castellnou, qui f ut hospitalière de l'hôpital d'ille.

Le cadre est orné de rinceaux et de quatre écussons ; à gauche, en haut, une croix pleine, écu de

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la religion; en bas, un échiqueté d'or et d'azur, armes de Fonollet, porté aussi par les vicomtes de Castellnou, concurremment avec leur écusson parlant du château crénelé ; à droite, deux fois le lion d'or sur fond d'azur des vicomtes de Canet.

Béatrix, fille de Galcerand d'Urg, avait épousé Hugues de Saissac, vicomte de Fonollet. Pierre II de Fonollet l'appelle sa mère dans un acte de confirmation des libéralités qu'elle avait faites à l'hôpital d'IUe. Ave. sa belle-sœur, fille de Pierre I er , vicomte de Fonollet, (pétait veuve de Jaspert, vicomte de Castellnou.

L'église de la Rodona est à côté de l'Hôpital. Elle est depuis longtemps abandonnée.

Sur la route nationale et vis-à-vis l'emplacement de lune des portes de l'enceinte fortifiée, le voyageur Verra une croix de pierre du xv e siècle sur laquelle se lit le nom de Pierre Toreda (Père Toreda), qui fit les frais de ce petit monument. M. Alart a découvert, dans les archives de l'hôpital d'Ille, un acte du 26 mars 1447 qui ne laisse pas de doute à ce sujet. Par cet acte Pierre Toreda, habitant d'Ille, donne aux consuls une maison qu'il possède à Perpignan, à la charge de restaurer, rétablir, refaire (reslitueniam) une croix devant la porte déjà nommée, à cette époque, Portai de la Crêu.

Les sculptures sont élégantes et appartiennent au style gothique fleuri. C'est là une de ces croix qu'on désignait anciennement sous le nom de Monl-Joye et qu'on plaçait aux abords des villes et des bourgs.

(1) Ainsi que nous le verrons plus loin, on écrit Fonollet, PenoBei, Fenouillet OU FenoiUllides.

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Nous conseillons vivement au touriste, s'il a quelque amour pour les archives, d'aller voir à la Mairie le très-beau cartulaire qu'elle possède. Il y trouvera une foule de chartes octroyées par les comtes de Fonollet, vicomtes d'Ille et de Canet et par d'autres personnages. Les archives de l'hôpital ne sont pas moins intéressantes.

C'est le roi Sanche, prédécesseur de Jacques H> qui avait érigé la terre d'Ille en vicomte, en faveur de Pierre de Fenouillet, en 1314. Pierre épousa Esclarmonda de Canet, ce qui réunit ces deux vicomtes sur la même tête.

En 1597 les habitants d'Ille soutinrent un combat terrible contre trois mille Calvinistes qui se présentèrent sous les murs de la ville le 14 mars, et en 6rent sauter une tour au moyen d'une fougasse. Puis ils pénétrèrent jusqu'à l'église où les habitants s'étaient retranchés. Le combat fut opiniâtre et dura deux heures. Les assaillants, exposés aux coup s partis du retranchement, aux pierres et aux tuile» lancées des toits par les femmes et les enfants, furent obligés de se retirer en désordre, laissant les rues jonchées de leurs morts et sans attendre les troupes venant de Perpignan au secours de la ville ( 1 ).

La paix de Vervins, conclue le 2 mai 1598, mit fin» sur la frontière du Roussillon, à des hostilités qui l a désolaient sans résultats.

En 1640, la ville d'Ille se souleva contre le gouvernement espagnol et ouvrit ses portes au prince de Condé. Quelques troupes sorties de Perpignan vinrent l'assiéger, mais elle résista avec succès.

(1) De Gazanyola, Histoire du Roussillon, Ch. xv.

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En 1639, les habitants se défendirent énergique ^ent contre la division espagnole commandée pardon Juan de Garay, la même qui ravagea le territoire de Comella-de-la-Rivière et incendia l'église de cette commune.

On voit bien, par ce que nous venons de dire, que ^es habitants d'Ille ont toujours résisté vaillamment a nx ennemis qui sont venus pour les soumettre. C'est un titre de gloire dont les petits-fils peuvent Se vanter.

D'ailleurs les vicomtes d'Ille ne se sont pas moins signalés que leurs sujets et ils ont de glorieuses Pages dans l'histoire du Roussillon.

CORSERA.

Ce village (1490 hab.) est à 5 kil. S.-E d'Ille. Il est assis au pied de son château, qu'on aperçoit de très-loin, car il domine la vallée de la Tet, aux environs d'Ille et de Millas.

Le Château de Corbera renferme une curiosité historique. Nous voulons parler de la fameuse inscription Hujus domus dominus fidelitate cunctos mperavit Koraanos (') que l'on a si longtemps supposée s'appliquer à un prétendu acte d'héroïsme de Jean Blanca, consul de Perpignan. La vérité est que l'acte héroïque de ce consul est une fable et qu'on ignore la destination primitive de l'inscription de Corbera, laquelle Provient effectivement de Perpignan.

(2) Le maître de cette maison a surpassé tous les Romains en fidélité.

Non loin du village se trouve l'entrée de la Grotte de Corbera, grotte fort remarquable par son étendue. Les ramifications de sa galerie principale, leur hauteur et les piliers de stalactites qui s'alignent en vraie 5 colonnades, lui donnent un aspect singulier qui fait penser aux temples souterrains de l'Egypte priffl*" tive.

On doit se munir de flambeaux et d'un bon fil d'Ariadne pour parcourir ce labyrinthe : autrement on risquerait fort de ne pas s'en tirer et de subir I e sort du malheureux peintre Robert dans les Catacombes de Rome.

A une certaine profondeur, on entend des masse* d'eau qui se précipitent avec fracas dans des gouffre 5 inconnus. Le vent, par moments, souffle avec violence et semble venir de chemins souterrains suivi* par les eaux.

Nous descendons à Ille pour reprendre la voie ferrée, mais avant de nous éloigner, nous jetons le 5 yeux sur la rive gauche de la Tet, en face de la ville- Nous voyons un terrain fortement raviné que le 5 eaux ont comme sculpté et festonné.

BOULE-TERNÈRE (S« Station) C kil. E. de rinça, 16 de Prades, 31 de Perpignan.

Au sortir d'Ille les collines se rappochent de la voie- Boule-ïernère est sur le flanc d'une de ces colline* ■ Bula-Teranera (terra nigrà) fut comprise à l'origine dans la viguerie de Confient dont elle fut ensuite

distraite.

Elle eut toujours les mêmes seigneurs que la vill e

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Me et obtint des privilèges royaux au xvr siè- * le - Les restes de son château du Moyen-Age ne présentent rien d'intéressant.

En 1542, pendant que le gros de l'armée du Dau- PJiui faisait le siège de Perpignan, de fortes colonnes 'étaient la campagne , saccageant et rançonnant Presque tous les bourgs du Roussillon. Boule fit une ''nei-gique et heureuse résistance.

La rivière qui passe ici est le Boules ou Bulés qui descend des sommets de la Tour de Bâtera et du pic ^ e l'Estelle. Dans cette vallée du Bulès se trouvent les villages de Casafabre (115 hab.), de Prunet et iïellpuig (254 hab.), de Boule d'Amont (393 hab.) et ' e hameau de Serrabona.

Il faut deux lieues pour atteindre Serrabona, miarable hameau où se voient les magnifiques ruines f 'u prieuré de chanoines augustins le plus ancien 'lui ait existé dans le diocèse d'Elne. 11 fut en effet fondé en 1082. L'acte de fondation, comme on l'a "éjà vu ('), servit à notre archiviste départemental Pour établir que la cathédrale d'Elne était sous le Patronnage de S. Eulalie de Mérida dès 1082.

C'est le 3 des calendes de novembre 1151 qu'Aral H, évoque d'Elne, consacra l'église de ce prieuré. Une bulle apostolique du 18 juillet 1593 unit le titre °t les revenus du monastère au chapitre de l'église 'le Solsona, en Catalogne; mais le chapitre n'occupa le prieuré qu'à k mort du prieur Jacques Serra, décédé en 1612. Chose remarquable à noter, Serrabona 'l"i est classé parmi les Monuments historiques de J a France ne nous appartient pas.

H) Voyez le chapitre consacré à Elue.

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