‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 60 sur 95 · HP · texte numérisé non relu

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MARQUEXANES 'T"' Station 4 fcii. 0. de rtofd, 6 E. de Prades, 32 de Perpignan.

Ce village appartint longtemps à l'abbé de Saint- Martin de Canigô qui, en 1172 fut autorisé par le roi Alphonse à construire une enceinte fortifiée (fortitudinem sive forciam) qui n'a pas encore disparu.

L'église de ce village mérite d'être visitée, car elle possède deux on trois retables fort remarquables par leurs sculptures pleines de finesse et de vie. Il faut citer celui du maître-autel et celui de N.-D. du Rosaire (Noslra-Semjora del Roser).

A partir de Marquexanes, la vallée, qui s'était rétrécie, s'élargit pour laisser apercevoir la belle plaine de Prades.

De l'autre côté de la rivière nous voyons Eus. Ce village (690 hab.) est bien un des plus gracieux et des plus pittoresques du département. L'église a l'air d'un château-fort. Eus en avait un, mais il n'en reste que peu de chose. Il est cité en 1218, en 1311, époque où le roi de Majorque l'inféoda à Pierre de Fenouillet, en 1344, en 1598, époque où les Français essayèrent inutilement de s'en emparer.

En 1793, les Espagnols, déjà maîtres de Prades. se portèrent sur Eus (6 août) qu'ils bombardèrent. « Ce village, dit le général Doppet dans ses Mémoires 0), donna un exemple du plus grand dévouement à la cause de la liberté : armés seulement de

(1) Doppet commanda pendant quelque temps l'Armée desPyr*' nées-Orientales.

quelques fusils, les villageois d'Eux arrêtèrent l'armée espagnole victorieuse d'IUe, Yinça et Prades. Quoique certains de ne pouvoir résister, ils voulurent remplir leurs devoirs de républicains, et ni les bombes ni les boulets espagnols ne purent les faire capituler. Cependant, cette poignée d'hommes libres ne put longtemps combattre une armée fournie d'artillerie; les villageois abandonnèrent leurs domiciles plutôt que d'y accueillir l'ennemi et ils virent, eu se retirant dans les montagnes, les flammes consumer leurs habitations, sans avoir le moindre regret d'avoir rempli leur devoir.

« Les républicains d'Eux emmenèrent leurs femmes et leurs enfants dans les autres communes du département. Le représentant du peuple Cassâmes s'empressa de prendre les mesures nécessaires afin que ces victimes reçussent tous les secours que réclamait l'humanité et qu'on devait à leur amour pour la patrie. »

PRADES, S'otdemioro Station.

43 Uil. de Perpignan.

Prades compte 3,877 habitants. Il est le chef-lieu du troisième arrondissement qui est divisé en 6 cantons, comprenant ensemble 102 communes dont deux sont des places fortes, Villefranche et Mont-Louis. Il comprend les anciens pays de Confient, de Capcir, de la Vallée de Querol, de la Cerdagne française augmentés d'une petite cession du Languedoc. Sa superficie est de 182,733 hectares. Mais tout ce territoire est presque dans les montagnes. Il ne Présente que de faibles développements de plaine, à 'lie, à Vinça, à Prades et en Cerdagne.

La plaine de Prades a une lieue et demie de largeur sur deux de longueur. C'est peu, comme on voit ; mais le climat est si beau, le sol si nourricier, si riant, si bien arrosé par les canaux dérivés de la Tet, que tous les fruits et tous les légumes y viennent avec une abondance merveilleuse. C'est des vastes et riches prairies qui l'entourent, que Prades a pris son nom, Prata et Prada. Elles sont dominées au sud parle Canigô.

Cette montagne du Canigô est réellement belle. C'est une des cimes les plus majestueuses de l'Europe, a Ainsi que l'Etna, le Canigou est un de ces monts qui se dressent dans leur force comme les dominateurs de l'espace immense ; d'en bas, sa pyramide grisâtre, rayée de ravins, d'éboulis et d'arêtes en saillie aux teintes diverses, n'est pas moins puissante d'aspect que celle du volcan de Sicile 0) ».

11 faut voir surtout ce géant lorsqu'il est couronné d'argent et habillé de fleurs, comme le dit la chanson de Montanyas regaladas que nous allons donner ici. « Entre autres chansons appartenant à la localité, dit M. Henry ( 2 ) il en est deux qui sont dans la bouche de tous les Roussillonnais de tout âge, de toute condition ; elles sont aussi inhérentes au pays que 1" sol môme et il n'est pas un seul habitant qui n'en chantât à l'instant l'air, à défaut des paroles. La musique de l'une de ces chansons, intitulée Montanyes régalades, véritable ranz roussillonnais qu e

(1) Elisée Reclus, Nouvelle Géographie universelle tome n, çh- *•

(2) Histoire du Roussillon. Introduction, p. icvn.

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1 homme de cette province, éloigné de sa patrie, ne saurait entendre sans la plus vive émotion, se distingue par une suavité, une sorte d'ingénuité qui la mettent fort au-dessus de tous les autres chants nationaux. La musique de la seconde, qu'on appelle Lo Pardal, se fait remarquer par une facture originale toute particulière et par un changement continuel de mesure, qui se renouvelle huit fois dans le courant du couplet, sans nuire au charme de l'ensemble. »

On connaît deux textes de Montanyas regaladas ; l'un que nous donnons d'abord, avec la traduction en vers français de M. Louis Fabre, est attribué à feu Pierre Puiggari ; l'autre, beaucoup plus ancien, que nous traduisons en prose, est sans doute le texte primitif.

MONTANYAS REGALADAS

Montanyas regaladas Son las de! Canigù Coronadas de plata, Y vestidas de (lors.

montagnes si belles, Canigo fortuné Ceint de fleurs éternelles Et d'argent couronné I

Adéu, adèu montanya Honor dcl Rossello !

Adéu nina carida, Hermosa Alienor!

Lo comle Guillem mana Aixl coin Dèu ho vol Que créu y llansa prenga Y l'seguesca als riants Llouhs

Adieu montagne chère, Honneur du Roussillon !

Adieu douce bergère, Charme de ce vallon.

De Guillem la vaillance Vent, à la voix de Dieu, Qu'on prenne croixet lance.

Pour, le suivre au Saint-Lieu.

Ay ! quina dcsventura Abandonar d'un cop Eixa montanya alegra Y las mias amors !

Hélas! quelle tristesse, Devoir quitter ainsi Ma gentille maîtresse Et toi, montagne, aussi!

A quina part que vaja, May perdre lo racort Del lloch de ma naixensa, Lo mes plasent del mon.

Mais sur quelque rivage Que je porte mes pas, Sol natal, ton image Ne me quittera pas (1)..

Ahont se trobaria .loven tant desinvolt Balles tant graciosas, Una altra Alienor ?

Jeunesse aussi rieuse, Où vous trouver encor,.

Danse plus gracieuse, Une autre Alienor ?

Las tletxas sarraliinas No m'espantan I no ! nû !

Los torments de l'auseneia Si, que' m daran la mort.

De la flèche infidèle Non, non je n'ai jms peur.

Mais l'absence cruelle Va me percer le cœur.

Patrû d'aquestas serras, Sant Marti glorios, Alcansaume esperancas Y consolations.

Patron de celte cime, Glorieux Saint-Martin (2), Que ton pouvoir m'anime, Console mon destin I

Mes ay 1 a ma pregaria Lo bon sant ja responl...

Eli me conforta y anima A partir de bon cor.

A mon humble prière Le saint déjà répond...

Vaines craintes, arrière, Je pars l'espoir au front !

No ploris mes, minyona, Al méu retorn, l'amor Nos lligara per sempre Ab cadenas do dors.

Ne pleure plus, mignone, Bientôt à mon retour, Tu ceindras la couronne, Eternel nœud d'amour.

(1) Le texte dit : Je n'oublierai pas le lieu de ma naissance, 1« plus agréable du monde.

(2) Nous visiterons bientôt l'abbaye de Saint-Martin de Canigo-

MONTANYAS REGALADAS

Montanyas regaladas Son las del Canigô Quo tôt l'istiu florexen Primavera y tardor.

Dâu me l'amor, minyona, Dâu me la vostre amor.

Tardor y primavera En tottems y a flor;

Y florexen las rosas, Claliclls de lot color.

Dâu me l'amor minyona, Dâu me la vostre amor.

Y ha nna donzelleta Qnc'ntë roliat méu cor ; Es ben fêta de talla, Primadeta de cos.

Dâu me l'amor, minyona, Dâu me la vostre amor.

Mirâu que la compara Anéu del Canigô; Mirâu vos li la cara ; Blanca es com un cotô.

Dâu me l'amor, minyona, Dâu me la vostre amor.

Ten las dens boniquetas La boca de pinyo, Las cillas ramadetas L'ull nègre y matado

Dau me l'amor, minyona, Dâu me la vostre amor.

Une montagne agréable (') est bien celle du Can'ujo qui fleurit tout l'été, pendant le printemps et pendant l'automne. — Donne-moi l'amour, jeune fille, donnemoi ton amour.

Pendant l'automne et pendant le printemps il y a des fleurs ; les roses y fleurissent et aussi les œillets de toute couleur. — Donne-moi l'amour, jeune fille, donne-moi ton amour.

Il est une petite donzelle qui m'a ravi le cœur ; elle est bien faite de taille et mincetle de corps. — Donnemoi l'amour, jeune fille, donne-moi ton amour.

On la compare à la neige du Canigo ; regardez lui la figure blanche comme du coton. — Donne-moi l'amour, jeune fille, donne-moi ton amour.

Elle a des dents joliettes, une bouche en forme de pignon, des sourcils épais, un œil noir et meurtrier- — Donne-moi l'amour, jeune fille, donne-moi ton amour.

Voici maintenant Lo Pardal (Le Moineau) dont le texte paraît aussi avoir subi des changements. Celui que nous donnons, le seul qu'on connaisse, offre trop d'incohérence pour qu'il n'en soit pas ainsi.

LO PARDAL

Una cançonela nova

Vo la dire Del Pardal iiuant se cotxava

Sol toroncer.

[IJIlesl très difficile dé traduire on français lo mol retint!-'' qui exprime tout ensemble l'idée de beauté, de richesse, d'agré-

ment et de fraîcheur.

Lo Pardal quant se eotxava

Feya ïamor, Per mirai- s'il sentiria

Lo séu amor.

1 o séu amor es dins cambra Que no sent res,

Siuo lo mosso de casa, Lo traghler.

1)0 la fmestra mes alta

Li va parlar :

« Las onze horas son sonadas,

Ves te cotear. »

— « No me cotxi pas encara

Vai de cami. Sô l'ct una prometencia

A Sant-Mat;i. »

Quant à Sant-Magi va sor,

Va supplicar Que pugues toniav en ses terras

Per feslejar

Très galanes ([ne ténia Eix aucellet,

Marianna, Petronilla Isabelet.

Eixa cansonela nova

Qui treta lia ?

Es un jove de la plana,

Gentil Româ.

Je vous dirai une chansonnette neuve, celle du Moineau quand il se couchait sur l'oranger. — Le Moineau,

quand il se couchait, chantait pour voir si son amour l'entendrait. — Son amour est dans la chambre et n'entend rien, si ce n'est le domestique de la maison, le muletier. (>) — De la plus haute croisée il ( ! ) lui parla ainsi : « Onze heures sont sonnées ; va te coucher. » — « Je ne me couche pas encore ; je vais en voyage. J'ai fait un vœu à Saint-Magi. » Quand H arriva à Saint-Magi, il demanda avec prières de retourner dans ses terres pour y faire l'amour (festejar) — Avec trois belles qu'il possédait, Marianne, Petronille et Imbeau. — Cette chansonnette neuve, qui l'a inventée? C'est m jeune gars de la plaine. Gentil Roma.

Nous voici bien loin de Prades que les chants catalans nous ont fait un instant oublier. Mais, ainsi que nous l'avons déjà dit, ces chants sont si populaces en Roussillon, que le touriste sera bien aise de les connaître.

Prades est une jolie petite ville d'une tenue propre et qui ne manque pas d'animation. Depuis que les établissements thermaux du Confient et de la Cerdagne sont plus fréquentés, depuis que l'exploitation des mines des environs est poussée avec vigueur, Prades a réellement acquis de l'importance. Le chemin de fer lui porte de nombreux voyageurs et lui prend ses riches minerais.

Au centre de la ville se trouve la Place et la Promenade qui suit l'église dans toute sa longueur.

(i) Traginer, du verbe traginar qui signifle porter, transporter. Le traginer est donc celui qui charrie avec les mules ou les chevaux.

(2) La fuie (l'Amori au Moineau.

La fontaine qui est au milieu de la Place, les a rtffes qui l'ombragent, les beaux cafés, la façade de l'église avec sa tour des cloches donnent à cette Partie de la ville un cachet tout particulier.

Dès le ix c siècle, il est fait mention d'une église à Prades, placée sous le triple vocable de Saint-Sauveur, de Saint-Pierre et de Saint-Jean. Cette église disparut dans les premières années du xvh° siècle et fut remplacée par l'église actuelle de Saint-Pierre <lui, sans doute, occupe le môme emplacement. Deux des chapelles étaient terminées en 1622. En 1699 on travaillait encore à l'édifice.

Telle qu'elle est aujourd'hui, l'église Saint-Pierre affecte la forme d'une croix latine. Le retable du maître-autel est l'ouvrage du sculpteur Joseph Sunyer, artiste espagnol d'un grand talent (1699), le même qui a fait plusieurs retables des églises du Roussillon .

Quelques-unes des chapelles, celle de la Mare de Deti del Carme et celle de Saint-Benoît, méritent d'être visitées. L'inévitable Saint-Galderic a aussi sa chapelle dans l'église de Prades. Les habitants l'implorèrent en 1652 contre la peste qui les affligeait et en 1679 contre la sécheresse qui consumait leurs récoltes.

La chapelle de Saint-Benoit ou Sanl-Benèl est très riche. Elle est ornementée dans le style espagnol, c'est-à-dire qu'il y a abus de couleur et surtout de dorure. On dit que ce retable provient de Saint-Michel de Cuxa. La statue de Saint-Benoît est fort belle : la tête a de l'expression et le corps est bien posé.

Parmi les reliques de l'église Saint-Pierre, nous citerons le crâne de saint Valent, martyr ; un os du

pied de saint Saturnin et la moitié do l'humérus de sainte Cécile ; les restes de saint Pierre Orseolo dont la jambe droite est à Venise ; un os de saint Romuald : le crâne de saint Nazaire ; un radius de saint Gaudtnque. Quelques-unes de ces reliques proviennent de Saint-Michel deCuxa et de Saint-Martin de Canigô i 1 '- Le clocher de Prades ne porte pas d'inscription, mais on y voit gravé, sur le parement extérieur de la face ouest, le nombre 535. Comme ce nombre est en chiffres arabes, on l'a pris pour une date de l'hégire, correspondant à l'année 1140 de l'èW chrétienne. On a, par suite, conclu, de cette supposition, que le clocher avait été construit par les Sarrasins.

Mais il est probable qu'il faut lire 1535 et rapporter cette date à une réparation du clocher.

Toutefois, il n'en faut pas moins considérer le clocher de Prades comme une belle construction du xn e siècle, si non de la fin du sièple précédent.

L'ancienne maison consulaire était au milieu delà Place laquelle, selon un acte de 1657 cité par M. E. Delamont ( a ), avait été ouverte à l'époque où on construisit l'église. La maison consulaire devenue maison commune fut démolie vers 1850. Sa démolition provoqua l'écroulement d'une tour de l'ancienne Cellera ou Forsa, dans laquelle était installée l'horloge de la ville.

Nous avons parlé tout à l'heure des reliques de l'église. La Mairie en possède une qui est aussi au-

(4) Histoire de la ville de Prades.

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"lentique et aussi intéressante. Nous voulons parler d'un document de Fan 865 qui est l'acte original de la délimitation du territoire de Prades à cette époque ( 1 ).

Il ne nous reste, en Roussillon, qu'une trentaine de documents originaux du xi° siècle. Pour le x° , Nous n'en avons que deux, l'un de 989, provenant de Cornella-de-Conflent, l'autre de 943, concernant le lieu de Salses. Pour le ix e siècle, il n'existe qu'une seule pièce, celle de Prades.

« Il est à présumer, dit M. B. Alart. que ce document, rédigé en Confient, sinon à Prades même, en faveur de l'abbé de La Grasse, dut être déposé a ux archives de cette abbaye d'où il fut ensuite apporté à Prades par les religieux de La Grasse, seigneurs de cette ville, qui le conservèrent en leur Pouvoir comme titre essentiel de leurs droits sur ce territoire. »

Il est regrettable que ce précieux document soit détérioré dans plusieurs de ses parties.

Le Palais de Justice, situé dans la ftrand'rue ou La Roua ou Carrer de la Roua, a été rebâti en 1857. La salle d'audience possède un tableau représentant le Christ en croix qu'on croit être l'œuvre d'un Peintre espagnol, Domenico Theotocapuli , dit H Greco.

L'hôtel de la Sous-Préfecture est situé sur la route

(I) M. B. Alart l'a public en 1873 dans le Bulletin de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales avec des observations et des notes du plus grand intérêt.

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nationale (Lo Cami-Real comme on dit en catalan)- II fut élevé en 1865. Du Cami-Real, on va clans l« Passage-Aymerich où se trouve un établissement de bains construit en grande partie avec les arcades et les colonnes du cloître de Saint-Michel de Cuxa. On ne saurait rien imaginer de pl" s contraire au bon goût que cet accouplement de baignoires et de chapiteaux romans. Et puis on a ruiné, démoli, dévalisé un des plus beaux monuments de notre pays.

il est probable que Prades date de l'époque romaine : son nom de Prata est tout romain et on a trouvé un grand nombre de médailles consulaires dans ses environs. Sous l'Empire, Prala dut être, de bonne heure, une station de la Via ConfluentarU* dont il a déjà été question.

Toutefois, ce n'est qu'en 843 que notre ville apparaît pour la première fois dans l'histoire- Sunifred ou Seniofred et son épouse Ermessinde donnèrent Prata à l'abbaye de La Grasse qui s'en vit, quelque temps après, disputer la possession par un certain Saroardus. Mais l'Abbé de La Grasse Andedatus, prouva qu'il était le juste propriétaire de Prata. L'acte de 86S dont nous avons parlé ci-dessus se -rapporte précisément à ce procès et fut dressé à cette occasion.

Tant qu'il demeura sous la dépendance du Caniéner de La Grasse, Prades ne paraît pas avoir eu des privilèges bien considérables et le consulat n'y fut établi qu'en 1423. Le domaine royal ayant acquis les hautes justices de cette ville vers la fin du xvi* siècle, ses habitants obtinrent des privilèges aussi étendus que ceux des autres villes royales du Confient.

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En 1773 le siège du viguier de Confient, qui était a ViUefranche, fut transféré à Prades devenu le lieu ' e Plus important de cette contrée.

Prades a vu naître François-Xavier Tixedor, docteur en droit civil et en droit canon, juge royal et heutenant du roi pour la viguerie de Gonflent (1713l7 ?8). Tixedor a écrit divers ouvrages dont l'un, La France commerçante, parut en 1755.

Pierre-Jean-Cosme de Barrera et Izos sont nés aussi à Prades. Le premier fut un botaniste distingué (1736- *812) et fut l'ami de Gouan, de Coder, de Xatart, de Lapeyrouse, de Pallassou, etc. Il a écrit un Itinéraire fn botaniste dans les Pyrénées-Orientales et la Flore typographique et méthodique des Pyrénées-Orientales.

Izos, après avoir été député aux Cinq-Cents, devint s Ous-préfet de Prades (1800). Il exerça ces fonctions Jusqu'en 1816. Il mourut en 1836.

Izos fut très lié avec le général Augereau lequel lui écrivait un jour du « Quartier-général de La Haye, le 4 germinal de Pan 8 ;

J'ai reçu ton n° 2 Je t'assure mon cher izos que tu est Bien peut instrui, car tous ce que tu m'écrit ne *ons que des fassessi.

A Dieu je t'embrasse (')

Augereau. »

(i) Lettre citée par M. Ernest Delamont (tans son Histoire de la »«Ke de Prades.

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