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MONT-LOUIS

35 kil, de Prudes, 79 de Perpignan.

Cette place de guerre, élevée de 1600 mètres audessus du niveau de la mer, fut construite d'après les plans de Vauban et sous la direction de François îortia d'Urban , colonel du régiment Dauphin d'infanterie et ingénieur distingué. Les travaux commencèrent en 1681 et, dix ans après, en 1691, M. de

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Noailles, se portant sur la Séu deUrgell, put y établi? les magasins de son armée.

Mont-Louis (*) défend à la fois les défilés des LIansades et de Fontpedrosa , en tenant sous la même clef les entrées du Gonflent, du Gapcir, de la Vallée de Campredon et de la Cerdagne.

C'est la place de guerre la plus élevée de France : 11 n'est pas rare que, pendant les nuits d'été, le thermomètre descende à zéro.

Les fortifications de Mont-Louis se composent d'une citadelle formant un carré à bastions, avec oreillons fermés à la gorge par un rempart solide et élevé. La ville est enceinte d'un ouvrage à couronne dont les longues branches se rattachent à la citadelle. Deux des bastions ont des retranchements à leur gorge. Les dehors consistent en trois demi-lunes et une contre-garde. De fortes traverses en capitale de bastions défilent leurs parapets. Du côté delaTet, où le rocher est inaccessible, la citadelle n'a pas de fossés. Elle pourrait loger 4000 hommes de garnison- Son principal mérite est de pouvoir établir un corps d'armée sous sa protection (-).

Mont-Louis est chef-lieu de canton, mais sa population ne dépasse guère 518 habitants.

Nous n'avons rien de remarquable à signaler à Mont-Louis en dehors de sa citadelle. L'église porte bien le caractère du génie militaire du xvii e siècle. Sur la place se trouve un cippe qui mentionne la

(1) Mont-Libre, pendant la Révolution.

(2) De Gazanyola, Histoire du Roussillon, Chapitre XVIII.

date du décès de Dagobert et surmontait son tombeau.

Dans la belle saison, on trouve beaucoup d'étrangers à Mont-Louis mêlés à beaucoup de Roussillon- »ais. La fraîcheur, la salubrité du climat, le grand nombre d'excursions à faire dans les environs, les belles parties de chasse dans les forêts où les loups s e rencontrent encore, les excellentes récoltes botaniques augmentent tous les ans le nombre des visiteurs. Le jour de la fête de Font-Roméu, le 8 septembre, c'est par milliers qu'on compte les gens qui tiennent ou passent à Mont-Louis.

En hiver, Mont-Louis devient une prison. Les nuages couvrent les sommets environnants. Ils s'engouffrent dans la vallée de la Tet. descendent, montent, se traînent lentement à mi-côte, se dispersent ; puis leurs masses flottantes apparaissent bientôt de nouveau : elles se rejoignent, s'accumulent sur le plateau de la Perche, offusquent le jour et tombent en pluie fine et froide. Un autre jour, un vent terrible siffle et tourbillonne, jetant avec furie de grandes poignées de neige qui s'accumule sur le sol et rend toute la région impraticable.

En été même, les nuages s'emparent souvent de Mont-Louis, et on jouit alors d'un spectacle singulier. Après avoir enveloppé la ville, ils descendent vers La Cassanya et vont s'engouffrer dans le vallon de Prats de Balaguer. On a sous les pieds une mer de niasses flottantes dont les flocons argentés se balancent sous l'azur lumineux du ciel.

A deux cents mètres environ au-dessous de Mont- Louis et en face de Saint-Pierrre-dels-Forcats, on Verra les ruines d'un vieux château qui dominait la

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Tet et le Jardo. Cette forteresse disparut lors de la fondation de Mont-Louis. C'était le Vilar tTAvancia', appelé aussi Ovama, dont la seigneurie parait avoir appartenu d'abord à la vieille famille d'Enveig. Ces ruines portent aujourd'hui le nom de Castellas ( x ).

Le Col de la Perche, qui s'étend à l'ouest du Castellas, est une immense nappe assez unie, inclinée, mais partout gazonnée ; passage dangereux en hiver, époque où il est battu par les tempêtes et enseveli sous d'épaisses couches de neige. 11 est, comme les territoires de Mont-Louis, de La Cabanassa et de Saint-Pierre-dels-Forcats, compris dans la Cerdagne. Nous avons vu, en effet, que le Confient finissait aux cours do la Tet et du Jardo, au pied même du Castellas ( 2 ).

Le col de la Perche parait avoir porté au Moyen- Age le nom de Port de Jardo. Le nom de Perche doit être dérivé des perches ou poteaux qui servaient à guider le voyageur à travers les neiges.

De bonne heure, il y eut à La Perche ou Port de Jardo, un hôpital qui consistait en une église sous l'invocation de Sainte-Marie et en une maison de secours, le tout régi par un religieux qui, sous le titre de précepteur ou de commandeur, avait sous ses ordres quelques frères ou donats et un certain nombre de gens de service, bergers ou autres.

La Perche formait une communauté ou commune

(1) Pour le Vilar d'Avancia et La Perche, consultez l'excellent travail que M. B. Alart a inséré dans le VHP Bulletin de la Société des Pyrénées-Orientales, sous ce titre : L'Hôpital et la Commune de de la l'erehe.

(2) Voyez, plus haut, Ch. iv de la deuxième parti,', à l'article Vinça.

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particulière bien distincte de celle de la Cabanassa. Ce n'est qu'en 1807 que la Commune de la Perche fut supprimée.

Depuis la construction delà nouvelle route, te passage du Col de la Perche est bien moins redoutable. L'ancienne descendait de Mont-Louis à La Cabanassa et remontait le col par le milieu.

A la Cabanassa nous tournons à gauche pour aller à Saint-Picrre-dels-Forcats et à Planés. Ces villages sont entourés de prairies où naissent de tous côtés des eaux délicieuses. Réunies à celles qui descendent du Col de la Perche elles forment le torrent de Jardo. Le Cambres d'Aze ouvre au-dessus sa gueule béante. On dirait qu'un coup de foudre terrible a fendu le crâne du Géant. 11 est l'esté là, énorme et terne, et son granit décharné ne souffre ni un arbre, ni une tache de verdure. Ses flancs seuls portent des pins et sa base produit quelques plantes assez précieuses.

Saint-Pierre dels Forçats est un tout petit village de 322 habitants.

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