‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 76 sur 95 · I^BI · texte numérisé non relu

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pas la ruine future. Le reboisement et le gazonnement par l'administration forestière ne font que les irriter, parce qu'on leur enlève ainsi un terrain qui devrait, disent-ils, être leur propriété ou tout au moins celle de la commune (').

A droite de la forêt de la Mata se trouve le village de Matamala (5tl6 hab.) à 2 kil. du cours de l'Aude.

FORMIGUERA

14 kil. de Muni-Louis, 38 de Prades el à 82 de Perpignan.

L'église de Formiguera passe pour la plus ancienne du Capcir : elle fut, dit-on, fondée en 873. La façade, qui est peut-être à peu près tout ce qui reste de l'ancien monument, marque bien cette date, à ne voir que le style. Toute la construction est faite en pierres de taille de granit, disposées par assises régulières. L'archivolte de la porte d'entrée est composée de deux arceaux à plein cintre et en retraite. Le tympan est uni et encadré avec goût. La platebande est d'une seule pierre et ornée d'une corniche. Au-dessus, il existe une ouverture cintrée, ornée d'un encadrement demi-circulaire de modulons enchâssés et se touchant par les angles.

Le Château de Formiguera était à droite de l'église. C'est dans ce château que mourut, en 1324, le second roi de Majorque Don Sanche.

(3) En 1870, la commune des Angles (voir session du Conseil général du mois d'avril) a demandé le défrichement et la vente 8e la forêt de la Mata. Le Conseil a recommandé d'une manière spéciale à l'administration l'examen de la question que soulève la demande de la municipalité des Angles.

Forjiiguera, qui ne compte guère plus de 762 habitants, est encore aujourd'hui le lieu le plus important du Gapcir.

Nous avons aperçu déjà Les Angles et Matamala. Voici maintenant Créu, annexe de ce dernier ; il est sur le bord de l'Aude et à l'entrée du coll de Créu, par où débouche la route qui vient d'Oleta. Un peu plus loin, on trouvera Real et Odello qui forment «ne commune de 248 habitants ; en face, sur la rive gauche de l'Aude, se trouvent Fontrabiosa (Fontaine furieuse) avec son annexe de Sposolla et Puig-Balados (et non pas Puig Valador) avec son annexe de Riutort.

Puig-Balados est un village très-ancien. Sous le roi Alphonse I er , ou tout au moins sous Nunyo- Sanche, il fut le siège de l'administration royale dans le Capcir. C'était la capitale ou plutôt la Sous- Viguerie du Capcir.

De Puig Balados on se rend dans la Vallée du Llaurenti qui s'étend dans le département de l'Aude.

Pour visiter la Vallée l>e Galba on se rend de Formiguera à Sposolla qui est tout près, et l'on monte à gauche, en ligne droite. Au bout de 4 lieues de chemin environ, on arrive à V Etang du Diable, à l'ouest des étangs de Camporells. On atteint facilement ces derniers en remontant la Vallée de la Lladura, petite rivière qui passe à Formiguera et se jette dans l'Aude en face de Real.

La forme du Capcir est celle d'un bassin plat sur lequel il n'y a que de l'eau, des champs sans arbres et des prairies. Autour sont des bois de pins dont la forêt de la Mata est le principal et, durant six à huit mois de l'année, des neiges à peu de distance, quand

elles ne couvrent pas le sol de la petite plaine. Aussi le pays est-il froid et humide. On y presse les semailles et la moisson y est très-tardive. L'habitant sédentaire ne quitte jamais ses habits de gros drap parce qu'au mois d'août même les veillées sont assez froides pour faire désirer le coin du feu. A la lueur des débris les plus résineux du pin, les familles attendent l'heure du repas, et, ce qui chauffe l'appartement , l'éclairé en même temps. Cet usage est d'ailleurs habituel sur la plupart de nos montagnes. Durant sept ou huit mois de l'année une partie de la population s'éloigne de cette région froide. Plusieurs viennent à Perpignan. Ils y gagnent leur vie en s'employant comme domestiques, commissionnaires, portefaix ou scieurs de bois de chauffage.

Le Capcir conserve encore quelques coutumes particulières; mais ici encore la civilisation contemporaine, ennemie du passé, a porté sa faulx sur bien des usages. Les routes et les touristes pourraient bien être les vrais coupables de ces changements dans les mœurs de nos montagnards.

Ce qui se passait naguère aux mariages, en Capcir, rappelle quelques-unes des cérémonies dont usaient les Romains en pareilles circonstances.

Quand tous les préliminaires du mariage étaient réglés, les parents et les amis du prétendu accompagnaient celui-ci chez son futur beau-père, lequel feignait une grande surprise, à la vue d'une visite aussi nombreuse. On lui en exposait l'objet, en faisant la demande solennelle de la main de sa fille pour le jeune homme qu'on lui présentait. Le père conduisait alors la compagnie à la porte de la chambre de la jeune personne qui s'y était enfermée avec

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plusieurs de ses amies. On frappe, on répond de l'intérieur et toutes les filles sortent. A mesure que 1 une d'elles se présente à la porte, on demande au jeune homme si c'est bien là celle qu'il a choisie pour en faire son épouse. Enfin la prétendue parait et l'affirmation succède aux dénégations. La parole est alors donnée de part et d'autre, le jour de la noce est fixé, et un repas termine cette cérémonie de fiançailles.

Le jour des épousailles, le marié se rend tout seul de son logis à l'église; la fiancée n'y va, au contraire, qu'accompagnée de tous les invités et donnant le bras au plus proche parent de son futur époux. Avant de quitter la maison, ce parent chausse lui-même à la jeune fille, en grande cérémonie et en présence de tous les invités, une paire de souliers dont il lui fait présent et qui sont ordinairement les premiers qu'elle porte, les espardenyas (souliers de corde), et les esclops (sabots) étant la chaussure habituelle des habitants du Capcir.

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