‹ Guide historique et pittoresque dans le département des Pyrénées-OrientalesChapitre 81 sur 95 · BUS V. S. L. M · texte numérisé non relu

BUS V. S. L. M

Jori Oplimo, Maximo Caivs Publias Polibius votmn soîvil ' libens merilo, Caius Publias Polibius a accompli ce voeu volontiers à Jupiter très-bon. très-grand. C'est donc un autel votif à Jupiter, le roi des dieux.

La rivière à" Angostrina, qui roule ses eaux avec fracas au pied même du village, descend des étangs que nous avons déjà vus, à l'ouest de la Grande Bullosa.

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D'Angostrina on va facilement au pic de Carlit en suivant le cours de la rivière. On peut aussi atteindre cette montagne en remontant, à partir de la chapelle de Saint-Martin, un petit torrent dit Mminu d'Aygues qui laisse la rivière d'Angostrina bien à droite.

A la Chapelle de Saint Martin était, dit-on, le village primitif d'Angostrina qui fut détruit par des avalanches.

Un quart de lieue suffit pour se rendre d'Angostrina à Villanova-des-Escaldes (158 haï).), située à rentrée du torrent do la Coma armada qui baigne les maisons de l'établissement thermal dit .Les- Esealdes.

LES ESCALDBS (1).

Les Escaades (Aijuas calidas, Eaux chaudes, en français) sont aujourd'hui un des plus vastes et des plus agréables établissements thermaux des Pyrénées-Orientales.

On peut loger facilement 230 personnes aux Escaldcs. L'Établissement se compose de trois corps de logis, d'un petit chalet et d'un pavillon de bains spéciaux. On y trouve six galeries de bains comprenant qamvnle-HX baignoires en marbre, une galerie

(:l) Cet article sur les Bains .les E.iealdes, a été rédigé d'après les noie-; du docteur Louis Compànyo, médecin-inspecteur de l'Établissement, eonswatour du Muséum d'histoire naturelle de Perpignan et dis du savant naturaliste que nous avons cité plusieurs l'ois. 51. L. Cornpanyo a mis ses notes à notre disposition avec une obligeance et un empressement dont nous aimons à lui témoigner ici notre reconnaissance.

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de douches avec petite piscine, une salle d'aspiration avec quatre pulvérisateurs système Saly-Girons.

Le petit pavillon spécial qui s'élève à côté des bâtiments principaux est connu sous le nom de Cazeta, il contient quatre baignoires à eau courante qui permettent au baigneur de maintenir l'eau de son bain à la même température et au même degré de sulfuration, « avantage dont il faut tenir compte, dit M. Companyo, surtout dans le traitement des affections cutanées et des troubles nerveux. » Ces quatre baignoires sont alimentées par une source spéciale très-alcaline : la source de La Tartera d'En Margatt. Les six galeries de bains sont alimentées par trois sources différentes, seules ou mélangées. Ce sont :

1° La Source Colomer, qui donne de l'eau à toutes les galeries par des conduits spéciaux et dont l'excédant, refroidi dans des bassins couverts à l'aide de serpentins d'eau froide, sert à tempérer le bain qu'il serait impossible de supporter à la température naturelle de la source. C'est la plus abondante; elle débite environ 800,000 mètres cubes d'eau par jour. 2° La Source Merlat alimente deux galeries de bains : elle est toujours additionnée d'eau de la Grande source.

3° La Source dite Tartera d'En Margall ou Source de la Cazeta, alimente uniquement les quatre baignoires du pavillon. Cette source est prescrite pour les affections cutanées, les maladies des voies urinaires, les catarrhes vésicaux, gravelle, ai'-, fections utérines, névroses et troubles nerveux do toute espèce.

Température des sources :

1° Grande Source ou Source Colomer 42°5 c.

2' Petite Source ou Source Mariât 33°7o c.

3° Source delà Twterad'EnMargall 33 » c.

Indépendamment de ces trois sources, qui alimentent les bains et les douches et forment, par une dérivation artificielle trois buvettes sur trois points différents des thermes, il existe trois sources spéciales pour la buvette :

1° La Source Saint-Joseph à 18°4 ;

2° La Source 1864, Saint-Barthélémy à... 26" ;

3° La Source du Pastural à 27°4 ;

Ces sources-buvettes sont de même nature et de même composition que les sources des bains ; elles sont sensiblement plus froides, et c'est tout.

La Source du Pastural, est appelée . aussi Font dels Curais (Fontaine des Curés) à cause du grand nombre de prêtres espagnols qui avaient l'habitude de s'y réunir lorsqu'ils venaient aux Escaldes. Cette source, qui est située en dehors des thermes, est employée avec succès, seule ou mélangée à un sirop approprié et variant selon la nature de l'affection, au traitement des maladies de la peau, des affections des voies respiratoires, des catarrhes vésicaux, de la gravelle, des maladies de l'utérus et de ses annexes. On l'emploie aussi pour aider à la résolution des engorgements strumeux et autres des viscères de l'abdomen.

Les eaux des diverses sources des Escaldes sont sulfureuses et alcalines. Bayen et Venel d'abord, puis Carrère et Anglada les analysèrent. Mais l'analyse de ce dernier fut seule complète. Elle permit de constater le haut degré de sulfuration de ces eaux précieuses et leur caractère particulier qui, malgré

cette haute sulfuration, consiste à ne donner qu'une très-légère odeur de soufre.

Non loin des Escaldes , sur le petit chemin de Dorres, on trouve une source très-abondante qui appartient au propriétaire de VElablis&ement des Escaldes. Cette source, qui sort du granit, est connue dans le pays sous le nom de Source des Bains de Boires. C'est la plus élevée -du pays. Sa température est de 41° centigrades; son débit, qui n'a pas été constaté, est pour le moins aussi considérable que celui de la source Colomer. Elle remplit, au sortir de la roche, une piscine où viennent se baigner les gens du pays. Par une conduite dérivée en plein air elle alimente deux baignoires enfermées dans une masure en ruines.

Au village même de Doiîhes (320 habitants) jaillit aussi du granit une très-belle source sulfureuse non utilisée. Sa température est de :3i» c. En dehors des sources sulfureuses dont il vient d'être parlé, on fait usage, aux Escaldes, des eaux, ferrugineuses d'En- et de l'eau de même nature de la BnUobra qui émerge des schistes ferrugineux de la montagne d'Estavar, sur la rive droite du ruisseau cVEstagoja. Cette source ferrugineuse est aussi connue sous le nom de Source de Lima.

Les eaux de ces deux dernières sources, très-riches en principes minéralisateurs, sont employées avec succès dans un grand nombre de cas. M. le docteur Companyo en fait surtout usage pour combattre le lymphatisme et l'anémie, les affections chlorotiques et les troubles de la menstruation chez les jeunes filles et chez les femmes.

Au dire de Marca, les Thermes des Escaldas, qui

sous la domination romaine avaient été somptueux et attiraient beaucoup de monde, étaient, de son temps, bien déchus et bien misérables quoique leurs eaux conservassent leur réputation. « Mon proeul a Livia, écrivait-il, sunt aquae calidae quae balneis sumptuosi et antiqui operis exceptae morbis medentur. » M. de Marca semble exagérer l'importance des Escaldes dans l'antiquité ; du moins , aucun document n'est venu confirmer son assertion.

Après la cession d'une partie de la Cerdagne à la France (1660), les eaux dos Escaldes, qui avaient appartenu jusqu'alors à la commune de Puigcerda, vinrent, avec leurs dépendances, augmenter le domaine de l'Etat qui s'en trouva fort embarrassé. Mais Carrère, professeur de médecine à l'Université de Perpignan, en obtint la propriété par arrêt du conseil d'État en date de 1779.

Après la mort de Carrère, émigré en Espagne, son iils entra en possession des Escaldes; mais la commune de Villanova-des-Escaldes réclama les sources thermales. Ce fut en vain ; le préfet Martin ne donna pas droit à cette demande.

En 1804, Carrère. céda les Escaldes à Colomer Cirait et à Berges. En 1812, Colomer Cirait demeura seul propriétaire. C'est sous sa gérance que les Thermes commencent à prendre une certaine importance. Déjà Margall utilisait la source qui porte son nom et Merlat élevait un établissement qu'il alimentait au moyen de la source n° 2.

M. Carbonell, le propriétaire actuel, possède les trois anciens établissements qui n'en forment plus qu'un, Les Escaldes.

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Des Escakles, on peut faire facilement des courses sur les différents points de la Cerdagne.

A Ur nous rejoignons la route nationale de Bourg- Madame au Col de Pimorent et dans l'Ariège.

Ur est un village de 280 habitants , à l'aspect moderne quoique son nom indique une origine fort ancienne. Comme Err, Llo. Hix. Llar, Nyer, Quer, etc., il a une origine ibérienne ou phénicienne. On trouve dans la Bible un village de Chaldée appelé Ur.

D'Urnous allons à Bourg-Madame en quelques minutes, laissant à notre droite la Vallée de Querol que nous visiterons bientôt. La route suit la rive gauche du Regur Q) qui. à partir du Ponl de Lima, forme la frontière des deux nations de ce côté.

BODRG-MADAME.

9 kit. S. de Sallagosa, 36 de Prudes, 100 de Perpignan.

Nous voici à Bourg-Madame après une bonne journée de marche à partir de Mont-Louis. Si nous avions traversé la Cerdagne en suivant la route nationale, nous aurions mis moins de temps ; mais le .touriste ne voyage pas pour changer de lieu ; il voyage pour changer d'idées et de sensations. D'ailleurs nous n'avons rien perdu et nous franchirons le Col Bigat. à notre retour à Mont-Louis.

La commune de Bourg-Madame comprend le joli village de Bourg-Madame situé au confluent des deux

(1) Quelques documents officiels et certains annuaires appellenl cette rivière Raour et Rahur. Mais l'ancienne, et par conséquent la vraie forme de ce nom, est Regur.

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rivières du Regur et du Sègre et le hameau d'Hix, situé sur la rive gauche du Sègre. Hix est très-ancien, tandis que les premières habitations de Bourg- Madame ne datent que du règne de Louis XIV. C'est en effet en 1693 qu'un pages d'Ur nommé André Girault vint construire une maison sur la rive gauche du Regur, et à côté de la limite franco-espagnole.

La maison Girault prit bientôt le nom de Guinguelta et, plus tard, quand de nouvelles maisons se joignirent à celle de Girault, tout le quartier s'appela Guinguettes d'Hix (').

Le 10 juillet 1815, une ordonnance du duc d'Angoulême, datée de Puigcerda, attribua aux Guinguettes la dénomination de Bourg-Madame et y transporta le siège de la municipalité d'Hix.

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