APERÇU HISTORIQUE
Parmi les promeneurs qui, chaque année, font leur tour d'Algérie, bien peu négligent de visiter les restes antiques que la civilisation romaine a laissés au pied de l'Aurès; et, soit en allant de Constantine à Biskra, soit en revenant de Biskra sur Constantine ou Alger, il leur est facile de s'arrêter une journée à Batna et de franchir en voiture ou en automobile les trente-sept kilomètres qui sé-% parent cette station de Timgad, en suivant de Batna à Khenchela [autre station romaine portant jadis le nom de Mascula) la route qui passe par Lambèse et Marcouna. Cette route est pratiquée dans une étroite vallée, limitée au nord par les monts des Némenchas et au sud par la chaîne Aurasienne ; en voyant ces ruines si imposantes, on est frappé de l'abandon actuel de cette contrée dont la population devait être si compacte, et la vie si intense.
Quelques mots d'histoire sont donc nécessaires pour expliquer les causes de cet abandon : Rome, afin de contenir les belliqueuses tribus de l'Aurès qui n'acceptaient pas sa domination , établit d'abord à Tébessa (Théveste), puis peut-être à Mascula, enfin à Lambèse, le camp de la légion qui devait assurer l'ordre en Afrique. [C'est d'ailleurs à peu près ce que les Français ont fait, en installant près de Lambèse, à Batna, une ville militaire avec une garnison respectable). Sur la route de Lambèse à Théveste,