‹ Guide illustré de Timgad (antique Thamugadi)Chapitre 18 sur 57 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ire Fontaine du Decumanus Maximus

En sortant par la large porte de la maison aux Jardinières, on aperçoit sur la voie decumane une fontaine (voir pi. 9) dont le bassin n'a laissé que des traces sur le dallage. Mais le corps de cette fontaine est intact; il se compose d'une sorte de soubassement, avec moulures de socle et de couronnement, orné de deux ressauts à chaque extrémité de son élévation.

Il ne manque que la pierre munie d'une goulotte ou la statue qui surmontait ce soubassement, et déversait les eaux dans la cuve; le fond de celle-ci est encore percé de deux décharges ornées.

Latrines publiques

Derrière la fontaine une porte conduit à une petite pièce servant de vestibule et de vestiaire à l'un des plus curieux établissements de Thamugadi : à des latrines publiques (pi. 14, page 41. — Latrines publiques), admirablement organisées, comme on va le voir.

La salle dans laquelle on accède est rectangulaire; sa face nord, qui borde le Decumanus Maximus, est ornée dans sa partie centrale d'une fontaine dont le trop-plein déversait l'eau dans un caniveau qui faisait le tour entier

de la pièce et aboutissait à l'égout de la voie. De chaque côté de la fontaine, des sièges en pierre, percés de trous circulaires munis en avant d'une petite rigole, permettaient aux clients de se soulager de toutes les façons. En bas et en avant du siège, une dalle ajourée de fentes oblongues avait pour but de faciliter l'écoulement des liquides, tandis que les matières, en passant par les trous circulaires, tombaient dans un égout qui suivait les parois de la salle pour rejoindre celui de la grande voie. Le caniveau, continuellement rempli d'eau courante, servait au nettoyage individuel.

Chaque siège était porté par une pierre verticale posée en avant et par des séparations en forme de dauphin dans lesquelles elles s'encastraient. Nous avons pu reconstituer trois de ces sièges, qui contenaient, suivant les cas, une, deux ou même trois places. Ces dernières étaient environ de vingt-six.

Comme on le voit, c'est le système du tout à l'égout dont, à notre époque, on a la prétention de s'attribuer l'invention, alors qu'il existait dans une ville frontière de l'empire romain, il y a dix-huit siècles !

Forum et dépendances

Nous arrivons à la partie la plus importante des ruines de Timgad, à la place publique, au Forum.

Ce nom, dans l'antiquité, désigna tout d'abord un espace en plein air conservé aux abords d'une sépulture; on appela aussi fora les places de marchés établies dans les campagnes, et la partie découverte de ces marchés, qu'on nommait area, était entourée de constructions et de portiques abritant les négociants et leurs denrées.

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