K) GUIDE ILLUSTRÉ DE T1MGAD
tiquité, descendait lorsque le spectacle devait commencer, et était remonté quand celui-ci était terminé.
Le mur de scène [scœna) était richement décoré; nous avons réuni dans la cour du théâtre plusieurs fragments de colonnes, chapiteaux, corniches, provenant de ce mur; derrière et sur les côtés du proscœnium existaient les pièces de service, telles que salles de dépôt des costumes, loges d'acteurs, etc. Enfin, le portique postérieur, élevé de huit marches au-dessus du sol de la cour, servait, comme nous avons dit, de déambulatoire pour le public. Il était soutenu par seize colonnes d'ordre ionique et portait sur sa face une inscription dédiée aux empereurs Marc-Aurèle et Lucius Verus, restituée par M. Cagnat.
Ce portique est représenté en premier plan dans notre planche 21, page 58 — (Le Théâtre).
Le théâtre de Thamugadi pouvait, sur ses gradins, contenir 3.400 spectateurs; sous la galerie du haut et sur la terrasse, environ 600; en tout, 4.000 personnes.
La Comédie française, sur les ruines du théâtre, donna, en mai 1907, une représentation d'Electre, magistralement jouée par M. et Mme Silvain.
La visite du monument peut se faire en y pénétrant par l'entrée nord ; on parvient jusqu'au milieu de l'orchestre et, en gravissant tous les degrés, on arrive à la partie supérieure d'où l'on jouit d'une vue magnifique sur la plus grande partie des ruines, admirablement éclairées le matin.
Restes d'un temple en haut du théâtre
Du théâtre on peut jeter un coup d'œil sur les restes d'un temple païen dont on distingue nettement l'enceinte ou péribole, la cour précédant le temple avec son pavage de briques, les traces de l'autel au centre de cette cour et
PETITS THERMES DU CENTRE 6l
les substructions de l'édifice proprement dit dont il a été retrouvé une salle antérieure voûtée jadis en arêtes ainsi qu'un massif en terre-plein situé en arrière ; sur le devant, une rangée de pierres de grès, faisant office de libages, servait de point de départ à un perron aujourd'hui disparu.
Derrière le monument se trouvent les ruines des dépendances du temple et diverses constructions privées.
Aucune indication ne nous a été donnée sur le nom de la divinité à laquelle était dédié cet édifice religieux.
Petits Thermes du centre
De là on descend en contournant le côté sud du Théâtre et l'on arrive, en tournant à droite, aux petits Thermes du centre i .
Quoique de proportions exiguës, cet édifice mérite une visite, car il possède toutes les salles nécessaires. Son entrée principale était pratiquée sur la voie dite du Théâtre, mais on peut y entrer par la porte secondaire ouverte sur la rue communiquant avec la cour (2). C'est d'abord, dans la partie est, un vestibule (3) pris en partie sur la voie prolongée de la Curie : en effet, une étroite galerie pavée de mosaïque avait été bâtie primitivement; comme elle fut reconnue insuffisante, on l'augmenta aux dépens de la voie, ainsi que le prouve d'ailleurs la présence des dalles recouvrant le sol de la partie rajoutée. Une grande salle, percée de trois baies sur le vestibule, et du même nombre sur une petite galerie réservée à la conversation, servait
(1) Les quatrièmes décrits jusqu'ici.
(2) Il s'agit ici de la cour du théâtre.
(3) Sur la gauche de ('entrée secondaire, il existe un petit renfoncement destiné, croyons-nous, au préposé des bains.
aux exercices et à la promenade; elle est dallée de belles mosaïques représentant les saisons et plusieurs figures d'animaux. Elle communiquait vers le nord : i°à un petit vestiaire ; 2° à une piscine d'eau froide ; 3° à la pièce tiède. De ce tepidarium on accédait à un premier caldarium muni d'un alveus demi-circulaire, puis à deux chambres groupées sur le côté ouest de la grande salle : la première est le laconicum ou étuve ; la deuxième, un caldarium plus grand que le précédent et possédant deux alvei, l'un rectangulaire, l'autre hémisphérique.
Les fourneaux étaient desservis par deux étroits corridors de service ayant respectivement leurs entrées au nord-ouest et au nord-est de cet établissement très complet.
On peut sortir par la porte principale et prendre immédiatement à gauche la rue qui, vingt mètres plus loin, rejoint le Cardo sud.