‹ Guide illustré de Timgad (antique Thamugadi)Chapitre 46 sur 57 · BASILIQUE CHRETIENNE · texte numérisé non relu

BASILIQUE CHRETIENNE

cumanus, nous obliquerons à droite, vers Test, et nous entrerons dans une basilique chrétienne offrant la particularité d'avoir été, à l'époque byzantine, bâtie en partie sur la rue, parallèle au Cardo, qui continue la voie de la Curie (celle dont dous avons donné une vue), et en partie sur une fraction d'habitation.

Les ruines de cet édifice, dont l'emplacement était depuis longtemps connu, ne paraissaient être qu'un amas de pierres informes et sans intérêt. Les travaux de fouilles ont donné tort à cette supposition et, au contraire, nous ont mis en présence d'une belle basilique à trois nefs avec abside demi-circulaire.

Les entrées, une grande et une petite, se trouvaient à l'ouest. Les dimensions de la nef centrale sont de 12 m. 20 de long sur 5 m. 20 de large ; les bas-côtés mesurent seulement 1 m. 65 de largeur. Ils étaient séparés de la nef par cinq entrecolonnements; les colonnes proviennent de monuments païens démolis lors de la construction de l'église. Le chœur, large de 5 m. 20 sur plus de 4 m. 3o de longueur, était primitivement plus profond de 2 m. 40 ; le mur circulaire primitif existe encore.

A une certaine époque il fut probablement jugé d'une épaisseur insuffisante et incapable de résister à la poussée d'une charpente mal combinée ; on se contenta alors d'établir une abside de moindre dimension, mais avec un mur de 1 mètre d'épaisseur, de façon à recevoir peut-être une demi-coupole que la muraille primitive était hors d'état de supporter. On a découvert les restes, en marbre rouge, de la table d'autel (mensa), ainsi que le dallage du chœur. Un couloir juxtaposé au mur du bas-côté sud, à une distance de 1 m. 10, conduisait dans une sorte de salle qui pourrait passer pour une annexe de l'église, si elle était en communication avec celle-ci, mais nous n'avons pas vu de traces de porte. Ce couloir, d'ailleurs, empiète sur la voie et dut être ajouté ultérieurement.

Il8 GUIDE ILLUSTRÉ DE TIMGAD

Maison de Januarius

La basilique précédente occupe un peu plus du quart de Yinsula particulière à laquelle nous venons de faire allusion. On retrouve dans les restes de celle-ci un atrium avec son bassin et huit chambres, ou dégagements, ou fractions de pièces comprises dans le périmètre habituel des 20 mètres ; deux d'entre elles sont encore dallées. De plus, le possesseur de la maison avait empiété de 2 m. 60 sur la première voie, à l'ouest, parallèle au Cardo nord, et installé, aux dépens de celle-ci, un portique soutenu par deux colonnes et un pilier; une salle de latrines dont la rigole et le canal d'écoulement existent encore, puis une salle longue de 6 m. 60 pour continuer l'alignement.

Enfin un balineum fort élégant occupait la partie nordouest de l'édifice et nous a été conservé presque intact, avec sa petite piscine dans laquelle on descendait par trois marches et dont les murs ont encore des traces de peintures ; son vestibule pavé de mosaïques ; son caldarium terminé par un hémicycle ; son bassin chaud à double paroi au milieu de laquelle un conduit de chaleur était ménagé ; son étuve aux murs épais et son dégagement pour le service du fourneau. Là aussi le riche et sans doute influent citoyen avait fait un emprunt de 1 m. 40 sur la rue (la deuxième à l'ouest du Cardo).

Avant le déblai de cette maison, on voyait sur le sol une inscription disant que Lucius Acilius Granianus avait fait présent d'une statue d'Esculape à son beau-père Lucius Julius Januarius pour l'ornement de son balineum, mais on ne possédait naturellement aucune donnée sur l'emplacement de cette construction. Au cours de nos fouilles, nous avons obtenu une nouvelle inscription libellée de la même manière avec cette différence que la statue offerte

BAPTISTERE I 19

était une Hygie. Il n'y a donc pas de doute : les bains appartenaient au citoyen romain nommé Januarius et la maison à moitié détruite, dont ces bains faisaient partie, était la sienne.

§ vi

Baptistère (pi. 41, page i*o.

Dans le courant de 1902, sur la troisième voie parallèle au Decumanus en descendant vers le nord, nous avons exhumé le baptistère de la basilique byzantine dont il est question ci-dessus, au nord-ouest de cette dernière. Une cour qui donnait accès à la basilique à l'ouest, communiquait au nord par trois marches avec une sorte de galerie étroite, laquelle pourtournait un atrium élevé sur huit colonnes. Au milieu du compluvium on voit une cuve circulaire munie de trois degrés et de quatre colonnettes qui supportaient autrefois un abri léger. A l'ouest de l'atrium, nous avons trouvé deux tombes dans une grande galerie qui précède la cour disposée en avant de la basilique; une petite salle, de même largeur que la galerie, est située à l'extrémité nord de cette dernière.

Porte nord secondaire

Reprenons maintenant la voie prolongée du Cardo Maximus sud pour atteindre une seconde porte nord, s'alignant avec la principale décrite au commencement de ce guide, et construite à une basse époque.

Les soubassements de ses pieds-droits laissent une ouverture de 3 m. 10 dont l'axe ne coïncide pas avec celui de la

voie parce que la porte nouvelle était placée dans le milieu d'une avenue plus large que la voie et n'ayant pas non plus le même axe qu'elle. On fut même obligé d'élargir la dite voie devant la porte, du côté est, afin de ne pas masquer la pile qui aurait été cachée par le mur oriental de la rue.

§ vin

Enceinte nord

En regardant avec attention les alentours de la porte précédente, on voit un mur qui rejoint l'entrée principale nord de la ville avec celle secondaire, se continue à l'ouest et, ainsi que nous l'avons dit précédemment, se retourne du nord au sud pour atteindre l'arc de Trajan.

Cette muraille, dont la construction est de basse époque, a été établie sur la ligne même que suivait l'enceinte primitive qui, devenue insuffisante au moment de la prospérité de Thamugadi, fut reportée à une certaine distance au nord et au sud, et reculée à l'ouest jusqu'à l'emplacement de la porte de Lambèse.

Le mur d'enceinte, reliant les deux portes nord, se prolonge vers l'est au delà de la porte de Cirta; à cent dix mètres de cette dernière, on voit les restes d'une autre porte secondaire percée tardivement au droit d'un des cardos de la ville. La limite orientale de cette dernière, déterminée par la porte de Mascula, est parfaitement visible et va se perdre plus loin vers le sud. On la rencontre dans la maison de l'Hermaphrodite, comme nous l'avons indiqué cidessus.

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