PANORAMA DES RUINES DE ÏIMGAD
TIMGAD. EXPOSE GENERAL
entourée d'une enceinte, du périmètre de laquelle nous n'avons pu encore reconnaître qu'une partie.
Les matériaux employés dans la construction de Timgad sont : la brique, le moellon, les marbres de variétés nombreuses, et surtout la pierre de taille qui se manifeste sous trois formes différentes :
i° Le grès extrait des carrières voisines, pour les travaux courants, le dallage des rues secondaires, les parties lisses des maisons et des monuments ;
2° le calcaire blanc, pour les chapiteaux, bases, corniches, fûts de colonnes soignées, frises, bases honorifiques, etc. ;
3° le calcaire bleu très dur, pour les dallages des monuments de premier ordre, de la place publique, et des deux voies principales.
Les couvertures des bâtiments étaient de deux sortes : charpentes supportant des tuiles dont les débris sont foulés aux pieds à chaque pas; voûtes recouvertes de terrasses en mosaïques à gros cubes.
Le régime d'écoulement des eaux pluviales ou d'adduction utilisées dans les divers établissements de Thamugadi était très étudié. Des égouts, encore en bon état, passent sous les dalles des voies qui, à leur croisement, sont presque toujours munies d'un regard en pierre facile à enlever. (Ces égouts peuvent être, pour la plupart, parcourus dans leur presque totalité). Grâce à la situation de la cité sur une pente générale, la disparition des eaux usagées et infectées était facilitée pour le plus grand bien de l'hygiène publique. Aux environs de la ville, des ponts étaient jetés sur les affluents de l'Oued-Mérien ; ces cours d'eau prenaient leurs sources dans la montagne voisine. Malheureusement un ravin profond, créé par la nature depuis la destruction de la cité, a coupé les ruines, du côté de l'ouest, en deux parties très inégales. La route qui mène àTimgad franchit ce ravin sur un pont récemment exécuté ; à la saison des pluies, il y coule une eau abondante et souvent furieuse.
GUIDE ILLUS1 RË DE TIMGAD
C'est à la fin de 1880 que notre regretté prédécesseur, M. E. Duthoit, commença Jes premières fouilles. Bientôt interrompues, elles ne turent reprises d'une façon suivie, sous notre direction, qu'en 1892, année où MM. Léon Bourgeois, alors ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, et Jules Ferry honorèrent le chantier de leur visite. M. Henry Roujon, directeur des beaux-arts, s'y rendit deux fois : en 1896 et en 1900.
Nos travaux furent également visités par : MM. Maruéjouls, ministre des travaux publics, en 1903 ; Pelletan, ministre de la marine, en 1904 ; Chaumié, ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, et Jonnart, gouverneur de l'Algérie, en 1904; Gauthier, ministre des travaux publics, en 1905 ; Poincaré et Bienvenu-Martin, anciens ministres, en 1908 et 1909.
Les découvertes opérées à Timgad pourraient se diviser en plusieurs groupes principaux de constructions qui sont : l'enceinte, les portes, les voies, l'arc de triomphe, les latrines publiques, le forum et ses dépendances, le théâtre, les thermes, le capitole, les marchés, les temples, les maisons, les établissements industriels et commerciaux, le monastère, les basiliques chrétiennes, les fontaines, la bibliothèque, le musée, le fort byzantin. Mais cette classification n'offrirait pas de facilité au touriste qui serait obligé à chaque instant de revenir sur ses pas ; aussi avonsnous pensé, afin de rendre le guide aussi pratique que possible, qu'il serait préférable d'adopter l'ordre suivant qui constitue un véritable itinéraire de la visite des ruines (1).
(1) Les visiteurs qui auraient peu de temps à consacrera l'étude de Timgad, pourront laisser de côté le fort byzantin et une partie des basiliques chrétiennes.
FONTAINE MANNEKEN-PISS