CHAPITRE PREMIER
ier
Hôtel et marché arabe
Une chose essentielle manquait, il y a peu de temps encore, à Timgad : c'était la facilité de se procurer de Peau potable. En effet, la source de l'Aïn-Morris qui alimentait l'antique Thamugadi étant assez éloignée, il fallait, pour aller jusqu'à elle, supporter de grands frais, et l'installation d'un hôtel était, par conséquent, pour ainsi dire impossible. Depuis l'année 1900, nous avons réussi à amener le précieux liquide jusqu'aux ruines au moyen de conduites en fonte, et nous avons établi une fontaine (pi. 4, page 9. — Fontaine — Manneken-Piss) que nous avons surmontée d'une statuette analogue au Manneken-Piss de Bruxelles et qui non seulement constitue une précieuse ressource pour le personnel de l'agence et des travaux, mais aussi a permis à un aubergiste de Batna de construire un bâtiment dans le rez-de-chaussée duquel sont ménagées une cuisine et deux salles à manger; au premier et au second étage, on a disposé plusieurs chambres pour les voyageurs désireux de passer quelques jours à Timgad.
Ce n'est pas tout : il se tient chaque jeudi un marché arabe (pi. 5, page 10. — Marché arabe) déjà prospère, où l'on trouve à s'approvisionner tout aussi bien de denrées alimentaires que d'objets de toutes sortes. D'ailleurs l'hôtelier a loué à quelques indigènes des magasins où l'on peut se procurer des étoffes et de l'épicerie. Comme on le
voit, Timgad cessera bientôt d'être un désert et deviendra accessible même aux personnes les plus soucieuses de leur bien-être.
Le quartier du marché réservé à la boucherie est un des plus intéressants à visiter ; on y vend d'excellente viande de mouton qui, on le sait, est l'un des meilleurs produits de l'Algérie. Les Kabyles de l'Aurès apportent aussi, de leurs montagnes verdoyantes, des fruits exquis et nombreux.
Il n'est pas permis de parcourir les ruines sans être accompagné d'un gardien ; aussi doit-on s'adresser à l'agence des travaux pour entreprendre la visite de la ville.
Porte nord principale, ou de Cirta.
On aperçoit tout d'abord devant soi une large avenue dallée (pi. 6, page i5. — Porte et Cardo nord), bordée par des murs ruinés et aboutissant à une entrée. C'est la porte nord, qui, placée sur la limite de l'enceinte primitive de la ville, se trouva dans une sorte de renfoncement lorsque la cité s'étendit au nord. Cette porte, à une seule arcade large de 3 m. 5o, était décorée de chaque côté de l'ouverture par un pilastre et une demi-colonne. Deux corps de garde étant disposés derrière, le bâtiment avait une épaisseur de 4 m. 20. On peut voir à l'entrée, sur le dallage, les trous dans lesquels manœuvraient les pivots de la porte.
En avant, de chaque côté des postes de gardiens, il existe la trace de piédestaux dont le carré de la base était de 2 m. i5. L'entrée de ces postes était sur le côté, aux extrémités est et ouest. Une inscription surmontait les faces nord et sud de l'entrée; celle regardant le nord — et
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