UN OCTOGÉNAIRE PLANTAIT
Mes arrière-neveux me devront cel ombrage :
Quel propos de bonhomme, et de père, et de sage, Et pour dire encore plus, quel propos de chrétien !
N'a-t-on pas sur le front un peu de ce feuillage ? Se sent-on pas neveu de cet homine de bien Qui parlait un si noble et si simple langage ?
Ainsi, dans ce temps-là, quand Dieu tenait les cœurs, L'homme, se souvenant qu’il avait eu des pères, Prolongeait son amour jusqu'au fils de ses frères ;
Et travaillant pour eux, en ses eflorts vainqueurs, Sur le bord du tombeau répandant ses sueurs, Leur faisuit un abri de ses œuvres dernières,
# Qu'importe si demain l’on couvrira mes os, ‘“ Ou ce soir même, et si des arbres que je plunte, “ Je ne verrai jamais fleurir la sève lente!
“ Ils s'épanouiront, et je plante à pronos.
‘ J'aurai ma paix ailleurs. Dans la saison brûlante, “ Nos enfants me devront cette ombre et ce repos.
“ Ils viendront là, joyeux. Ils m'oubliront peut-être: “ N’ai-je pas oublié, quand j'usais de leur bien, ‘“ Ceux de qui maintenant, pieux, je me souviens !
# Mais pourtant quelque jour, sous ce chêne et ce hêtre, “ Bénissant en leur cœur le travail de l'ancêtre, ‘“ [ls voudront suivre aussi les exemples anciens.
“ Comme il nous fut donné, donnons. Laissons au monde 4“ Une chose de nous qui soit douce et féconde, « Et mes arbres plantés, je veux creuser un puits!
‘“ Alors j'irai dormir d’une paix plus profonde : ‘ Et Dieu saura toujours que j'ai donné ces fruits, « Et que de mes sueurs j'ai fait sourdre cette onde, ”?
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Ces vers, plus poétiques par la pensée peut-être que par la forme, n’ont pas besoin de commentaires. Plantons, reboisons, et pour bien le faire, voyons comment s'y prendre.