‹ Guide illustré du sylviculteur canadien [microforme]Chapitre 5 sur 116 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

L'étranger qui venant des pays déboisés de la vieilie Europe, contemple nos superbes forêts, reste émerveillé de la luxuriante croissance des belles essences forestières qu’il rencontre dans ses pérégrinations, Mais, en même temps, habitué qu'il est à voir traiter, avec le plus grand respect, les quelques forêts que les gouvernements entretiennent à grands fr£'s, en Europe, il reste interdit du sans gêne avec lequel nous traitons les nôtres. Et rien d'étonnant à cela. En effet, que voit-il partout ? Espaces immenses dévastés par l'incendie, et n'offrant plus à l'œil que les troncs demi-calcinés de grands arbres qui, comme des spectres géants, semblent rester debout pour protester contre la négligence de l’homme ; régions entières de terres incultes, complètement déboisées par la hache de l'industriel avide, qui s'empare du bois utile à son commerce et détruit sans nécessité celui qui lui semble inutile (1); taillis couverts des broussailles desséchées des abattis antérieurs et fournissant les matérlaux qui doivent donner naissance au prochain incendie.

En face de ce spectacle, preuve de l’imprévoyance humaine, comment ne pas s'émouvoir! Quoi, parce qu'on est au milieu de la forèt, parce que celle-ci nuit au défrichement, parce qu’on possède des milliers et des milliers d’acres de terre bien boisés, il faut se hâter de tout détruire, de tout brûler ! Que dit-on du millionnaire

qui, se voyant riche, se met comme on le voit quelque-

(1) Voir note au bas de la première page. H. G. J, de L,

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fois, à jeter son argent par les fenêtres ? Chacun fait la remarque qu'avant longtemps il sera sur le pavé à battre de la semelle pour mendier son pain. On peut dire la même chose de la nation qui, sous prétexte qu’elle possède les plus belles forêts du monde, les détruit de propos délibéré.

Comme cette question intéresse tout le monde, voyons ce que chacun a à faire pour travailler à l’œuvre de la conservation des forêts : d'abord, les gouvernements doivent être les premiers à se mettre à l’œuvre, puis viennent les industriels, marchands de bois et autres, ensuite les colons, et enfin les touristes, chasseurs, pêcheurs, etc., qui parcourent en tout sens nos forêts. pendant toute l’année.

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