CHAPITRE XII UN MOT SUR LES GRAINES
Du moment qu'on est dé ‘idé à faire une plantation, il faut voir où l’on devra prendre ses plants. On peut se les procurer de trois manières : 1° en semant des graines forestières pour établir une pépinière ; 2’ en achetant des
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plants tout poussés, des pépiniéristes qui font une spécialité de l’élève de ces plants ; 8 en allant chercher dans la forêt les jeunes plants qui y croissent naturellement.
Si l'on a recours au semis, il faut savoir où se procurer les graines et connaître un peu ce qui les regarde.
Les graines se divisent en trois catégories, sous le rapport du traitement qu'elles exigent : les noix et les glands, les graines dures, et les graines tendres.
Les noix doivent être semées, autant que possible, immédiatement après leur maturité. Ni l’on est obligé d’attendre au printemps, il faut les stratifier en les alternant par lits entre des couches de sable humide, et en les maintenant dans cet état en un endroit sombre et frais, une cave froide, et mieux encore, à l’extérieur, sous une épaisse couverture de feuilles, de paille, ete. Mais, dans ce cas, gare aux mulots et aux écureuils, qui sont très friands de ces bonnes choses
Les graines dures sont les noyaux, les pépins, etc. Elles n'offrent pas d'intérêt au point de vue qui nous occupe. Aussi, je les mentionne seulement pour établir la classification et je passe outre.
Les graines tendres comprennent toutes les graines des conifères et des arbres à feuillage caduc, autres que celles mentionnées dans les deux autres catégories. La plupart de ces graines se conservent en étant stratifiées et mises dans un endroit frais mais non froid. Quelquesunes exigent cependant qu'on les sème aussitôt qu’elles sont mûres, telles que celles de sapin, d'érable à fruits laineux, d'érable rouge, d'orme, de peuplier, de saule, ainsi que la plupart des graines de frênes, si l’on veut qu'elles germent la première année.
Les graines de conifères germent beaucoup plus vite, si l’on a soin de les faire macérer dans l’eau chaude quatre ou cinq jours avant de semer. Il faut changer
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l’eau chaque jour pour éviter la fermentation, puis on assèche les graines avec du sable fin pour pouvoir semer plus facilement.
Je ne conseille pas aux novices de recueillir euxmêmes leurs graines. La chose est difficile même pour les experts. Je fais cependant exception pour les graines d'érable et de frène, qui sont facile à reconnaître et à récolter. Il faut aussi chercher, autant que possible, à se procurer soi-même, sous bois, les graines de sapin, d'érables à fruits laineux et rouges, d’orme, de peuplier et de saule, qui perdent toutes leur faculté de germination en très peu de temps. On est certain qu’en les achetant des grainetiers on s’expose à avoir des graines mortes.
Pour les autres, il vaut mieux les acheter des spécialistes qui les vendent pour un prix relativement minime. On se procure la plupart des graines à la livre pour un prix variant de une piastre à trois piastres et excédant rarement ce dernier chiffre. J'ai indiqué, en décrivant les espèces, la quantité de semence de chaque variété contenue dans une livre, et’ j'ai donné des renseignements spéciaux pour chaque espèce de graine.