PLANTATION DE TERRAINS SPÉCIAUX
Certains terrains sont impropres à la culture, les uns parce qu'ils sont rocheux, les autres parce qu'ils sont trop humides. Ces terrains peuvent être boisés, et c’est la seule manière de les utiliser. J'ai parlé aussi, anté-
L'rieurement, de la nécessité de boiser les terrains en pente D qui sont dénudés, et les prairies du Nord-Ouest, com- 2 plètement dépourvues d'arbres. Nous allons voir quelles sont les méthodes à suivre pour boiser ces terrains. | Terrains rocheux.—Sur ces terrains, enlevez le gazon qui recouvre la pierre, là où vous voulez mettre l'arbre; enlevez de la pierre de manière à faire ane petite fosse assez grande pour y mettre à l'aise votre jeune plant ou votre noix ou gland, si vous pratiquez le semis sur place. Mettez au fond de cette fosse le gazon enlevé, et recou- Bvrez-le du sol environnant. On fait cette opération au orintemps, et le printemps suivant on plante ou l’on seme dans ces fosses que l’on creuse de nouveau. Le vazon est décomposé en terreau et favorise la croissance, et la réussite est certaine.
Terrains humides. — Pour les terrains humides, la méthode est tout opposée à la première, en ce sens qu'au Bicu de creuser, vous exhaussez le terrain, et voici comnent: Vous placez votre plant à la surface du sol, sur laquelle vous étalez avec soin ses racines. Vous recourez ces dernières d’une épaisseur suffisante de bon ter-
(1) Dans la Province de Québec et partout où les hivers sont rigoureux, » crois le printemps bien préférable. H.G.J.deL. - " Î
reau, pour le maintenir en place. Sur ce terreau ainsi
appliqué vous mettez des plaques de gazon coupées à
l’entour de l'endroit où l'arbre est planté, et vous les
ajustez de manière à bien recouvrir tout le terreau sans
laisser aucune fissure entre vos morceaux de gazon.
C’est la plantation à la butte, pratiquée depuis long-
temps, avec grand succés, en
Europe, et praticable sur tous
les terrains, même les plus
secs. Un amateur canadien à
spécialement pratiqué, et avec
grand succès, cette méthode,
(que la gravure 108, ci-jointe,
fera parfaitement comprendre),
de sorte que je puis la recom-
mander. Il faut égoutter au-
tant que possible les terrains
O4 SRE DAME EUR où l’on plante à la butte, mais
l'on a une chance de réussir même sur les terrains im: possible à égouter.
Terrains en pente. — Si la pente à boiser est recouverte, comme on le voit quelquefois, d’une boune couche de terre végétale, vous n'avez qu'à y creuser une fosse dont vous avez soin de déposer la terre sur le bord ir: À férieur de la fosse. Vous placez votre arbre dans cette dernière, et pour la remplir, au lieu de remettre la terre que vous en avez d’abord enlevée, vous en descendez «k qu'il en faut du rebord supérieur de la fosse, ce qui fai que votre arbre, une fois planté, se trouve sur une es pèce d’assise qui brise la raideur de la pente, et permtt à l’eau pluviale de s’y arrêter, pour le bénéfice de l'arbre Si le terrain en pente est rocheux et recouvert seulement d'une mince couche de gazon, vous opérez absolument comme je l'ai indiqué pour le boisement des terrains
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rocheux. La seule différence consiste à placer le premier gazon enlevé sur le rebord inférieur de la fosse où il reste, et à en prendre d’autre à la partie supérienre pour mettre dans la fosse. Puis, on rapporte du terrea : pour recouvrir les racines du plant. Enfin si vous avez affaire à la roche nue, il faut y pratiquer des fosses dans lesquelles on rapporte de la terre prise ailleurs, travail pénible et ingrat, mais né‘essaire cependant, et qu'on a pratiqué sur une grande évhelle en France, pendant les dernières années. Heureusement qu'au Canada, on a très peu de ces terrains dépourvus de terre végétale à reboiser.
Terrains des Prairies du Nord-Ouest.—La grande difficulté à vaincre dans la plantation des prairies, c’est le manque d'humidité terrestre et atmosphérique. Pour y remédier, on conseille de cultiver à fond le sol où l’on doit planter, comme je l'ai déjà indiqué ailleurs. Plus le sol est ameubli, plus il retient facilement l'humidité souterraine et plus il accapare facilement celle de l'atmosphère (1). I faut planter au printemps, immédiatement après que la terre est dégelée, afin de profiter de ce moment de grande humidité qui disparaît très rapidement. Si, outre ces précautions, on a soin de choisir des essences convenables, on peut espérer le succès,
Voici ce que les experts pratiquent dans la plantation des prairies de l’ouest des Etats-Unis, et la même chose est parfaitement applicable à Manitoba. On plante autour de chaque lopin de terre de deux cents arpents, une lisière de huit perches de largeur, sur les côtés nord et ouest du lot, côtés les plus exposés aux vents prédominants. Cette lisière est destinée à servir de brise-vent,
(1) Pour obvier à la sécheresse si nuisible aux plantations, dans le Nord- Onest el conserver l'humidité plus longtemps, en là concentrant sur un point, l’on recommande même.de tirer des raies à la charrue et de planter les arbres dans ces raies. H, G. J. de L
a Er ne mnt
et une fois bien boisée, facilite beaucoup la culture du lot, en même temps qu'avec les années, elle fournit le combustible nécessaire aux habitants de ce lot, et le bois de construction requis pour le service de la ferme, ainsi que les piquets, etc. Les espèces que l’on recommande pour cette fin sont le frêne, le négondo, et les conifères indigènes qui, avec le négondo, sont peut-être les arbres
es plus utiles à cet effet, dans cette région. Les peupliers et les saules sont aussi là d’une grande utilité.