‹ Guide illustrée du Musée d'AvenchesChapitre 9 sur 51 · PARTIE GAUCHE DE LA VITRINE · texte numérisé non relu

PARTIE GAUCHE DE LA VITRINE

La partie gauche de la vitrine des bronzes renferme surtout les statuettes, les bronzes figurés et les fragments de statues ; la partie droite renferme des ustensiles et objets divers d'un moindre intérêt.

Le bronze, chez les peuples anciens, succéda au cuivre. Il a, sur ce dernier métal, l'avantage d'une plus grande dureté et il offre des contours nets et franchement accentués. Les Romains le formaient en mêlant au cuivre de la calamine ou de l'étain, et du plomb contenant un peu de zinc. Le cuivre se tirait des îles de la Grèce et de l'Espagne ; l'alliage du cuivre et du zinc était réservé aux monnaies. Les Etrusques furent les premiers qui pratiquèrent en Italie la fonte du bronze ou toreutique (cœlatura) et l'art de la statuaire. Ils y acquirent une habileté consommée qui fit rechercher leurs produits, surtout les vases étrusques ; le seau d'étain que l'on rencontre si souvent dans les musées est le vase étrusque par excellence.

A Avenches, .le bronze occupe la place d'honneur dans les collections archéologiques. On distingue cependant avec un peu d'attention, parmi les statuettes, celles de travail gréco-romain, plus finies, plus justes de proportions, plus artistiques, et celles de travail gallo-romain, moins artistiques et parfois frustes *.

Au bas de la vitrine : Restes de grandes statues. — 852 : Fragment de bras droit drapé dans les plis d'un vêtement flottant, trouvé d'après les indications du catalogue, en 1854 au fond d'un puits romain aux Gonches-dessous. —

1 Pour le catalogue complet, voyez le travail consciencieux de M. Martin, dans le Bulletin, IV, p. 1-37.

N.-B.— Comme presque tous les objets décrits dans ce paragraphe et dans le suivant sont en bronze, nous nous dispensons de le repéter à chaque rubrique.

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1467: Deux jambes, hautes de 40 et 45 centimètres, d'une statue de jeune homme de grandeur naturelle ; le corps, à en juger par l'attitude de ces jambes,;devait se trouver en posture de garde ; il était soutenu par des tiges de fer fixées à l'intérieur. Sur l'emplacement où elles ont été trouvées, « en Permet», était l'édifice érigé en l'honneur des Cam'ùVi (schola).

Le style de ces bronzes est de la meilleure époque et fait regretter la perte du reste de la statue.

N° 598 : Fragment de jambe en bronze doré (le mollet), haut de 51 centimètres, trouvé aux Gonches-dessus en 1823. Ses dimensions attestent qu'elle faisait partie d'une statue colossale.

1991 : Fragment d'une grande statue présentant un vêtement plissé, trouvé en 1884 « derrière la Tour ».

Ustensiles. — 1223 : Gril formé d'une plaque percée de 36 trous, ayant peut-être fait partie d'un fourneau ; trouvé « derrière la Tour » en 1865. Objet très rare.

611 : Fragment d'un gros cylindre, pesant près de 14 kilos, long de 33 centimètres sur 16 Va de diamètre. Un orifice auquel adhère un bout de tuyau latéral est pratiqué dans l'espace compris entre les deux rebords circulaires. C'est peut-être le reste d'une canalisation d'eau comprenant un gros tuyau d'amenée et un embranchement latéral, desservant une fontaine ; trouvé au théâtre en 1843.

D'autres tuyaux en plomb ont été trouvés sous le sol d'une voie romaine « en Permet » en 1899, par M. Revelly. Les fragments qui en ont été conservés mesurent lm50etlm80.

870 : Grand robinet en bronze provenant d'un établissement de bains ou d'une installation hydraulique, à centre octogone et à tiges creuses, revêtues de plomb à l'intérieur. La clé fixée au-dessus du centre est aussi revêtue de plomb.

Plombs. — Plaque concave, portant la figure incrustée d'un dauphin ou d'un hippocampe, ayant fait partie d'une canalisation.

Poids en forme de glandes, ou sphériques. Les poids marqués V équivalent généralement à 1 kilo et 600 gr. et ceux marqués X, à 3 kilos, 200 gr. Il y avait aussi des poids en

bronze et en fer, et parmi les plombs, un bon nombre servaient aux architectes et maçons.

Premier rayon. — Instruments ehirurgieaux, 232, 2693, 2694, 2419, 1887-8, 2952, 3038-39 : Spatules, bistouris, sondes, pinces à une et à deux branches, ciseaux. Il convient de rapprocher ces instruments de ceux de la collection Meyer et Kellersberger, à Baden (Argovie), qui proviennent d'un hôpital militaire, et de la série du musée de Naples, qui présente des types de sondes très perfectionnés.

1975 : Hachette votive, c'est-à-dire offerte comme ex-voto dans un temple, comme l'indique un V (voûum) gravé sur l'objet ; trouvée Derrière-la-Tour, 1884.

478 : Vase à parfums en bronze eoulé, dont il manque une partie du col. Les figures en relief qui se déroulent autour de la panse, reproduisent deux seènes du culte de liacehus ou de Prïape. Devant un arbre, un sanctuaire rustique sur un rocher domine une prairie où l'on voit trois piliers (ou Hermès), décorés de statuettes dePriape1, autour desquels sont groupés des personnages. La première des scènes figurées est la suivante : Un satyre joue de la flûte pour faire danser un enfant nu ; derrière l'enfant une femme, vêtue d'une tunique et coiffée d'un long bonnet, invoque la protection du dieu sur l'enfant, en tendant le bras droit vers la statue. La seconde scène nous montre trois femmes, dont l'une, une bacchante qui vient de s'épuiser à la danse en l'honneur du dieu, est tombée à terre ; deux de ses compagnes l'entourent, et la première cherche à la relever, tandis que la seconde joue devant elle du tambour de basque (tympanori), ou de la cymbale, pour la ranimer. Dans le même but un satyre joue de la flûte devant elle. C'est une représentation, fort imparfaite au point de vue de l'art, du culte dionysiaque ou bacchique, tel qu'il était célébré dans les bois et reproduit sur des sarcophages ou des vases. Le col de notre vase est orné

1 C'est Priape, plutôt que Bacchus, qui, d'après l'attitude de la statue, me paraît devoir être l'objet dn culte. Le lieu de la scène, en plein champ, confirme cette hypothèse.

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d'une guirlande de lierre incrustée d'argent ; le reliel en est accentué, mais le dessin mauvais. Trouvé en ÎSH7, aux Conches-dessus, et décrit par Bursian (PI. XIX).

1936 : Dq«léeaè«lre, pesant 150 grammes, dont les douze pentagones sont percés de trous, de grandeurs différentes, et les vingt angles ornés de petites boules. Les trous ne se suivent pas dans un ordre régulier; on remarque seulement que, tandis que dix de ces trous sont ornés de cercles concentriques, cet ornement manque autour de deux trous, plus grands et placés sur deux faces opposées ; les autres trous ne sont pas opposés les uns aux autres par ordre de grandeur.

On connaît en Europe environ 24 dodécaèdres delà même époque, trouvés presque tous au nord des Alpes ; la Suisse, à elle seule, en a fourni 6, tandis qu'on n'en connaît qu'un provenant d'Italie ou de Grèce. La hauteur de 6 à 8 centimètres, et le poids d'environ 150 grammes sont à peu près constants et, chose curieuse, les cercles concentriques manquent invariablement autour des deux plus grands trous *.

On n'est pas fixé sur l'emploi de ces dodécaèdres. Des trois hypothèses en présence, celle du « chandelier » est défendue par MM. Lindenschmitt et Jacobi ; celles du « calibre » et du « dé à jouer » ont été prises en considération par la Société archéologique de Berlin et paraissent les plus plausibles. Le dodécaèdre d'Avenches, un des mieux conservés, a été trouvé en 1872, aux Gonches-dessous.

Coin gaulois en bronze pour la frappe de la monnaie d'or, avec l'effigie reproduite sur cire. Ce coin ou poinçon se compose d'un disque rond de fer et d'une rondelle de bronze incrustée dans le disque. La surface de cette pièce de bronze est légèrement concave, polie et porte une effigie gravée, peu profonde, mais bien conservée. C'est celle d'un homme imberbe, les cheveux ornés d'une couronne ou d'un diadème, formant la matrice ou le moule de la monnaie. La monnaie

1 Voyez Martin, dans le Bulletin, III, p. 21 ; Erman, dans le Bulletin V, p. 13. Ce dernier se réfère à un article de Conze, dans la Westdeutsdie Zeilscltrift fiir Geschichte und Kunsl, vol. XI, p. 204-210.

elle-même est connue d'après quatre exemplaires du cabinet des médailles de Zurich, dont les faces coïncident parfaitement avec l'effigie du coin d'Avenches. Elle présente le type des monnaies gréco-macédoniennes àl'efïigie d'Apollon; mais ce type est profondément altéré, et c'est précisément cette altération d'un modèle grec qui permet de lui assigner une origine gauloise. Sur le revers de la médaille était représenté un bige ou char à deux chevaux. L'importance historique de cette pièce est considérable, car elle atteste qu'Avenches était un des centres politiques et industriels où se frappait la monnaie gauloise, et cela bien avant la conquête des Gaules par César1. On ne connaît pas la provenance exacte de cet unicum ; il est entré au musée en 1859 et provenait, au dire de Caspari, de la région du Théâtre, mais de terres rapportées.

Nous avons là un exemplaire unique, en Suisse, des coins dont se servaient les Gaulois. L'examen de l'effigie est très instructif pour nous. L'impéritie de l'artiste gaulois a transformé le buste élégant qui figurait sur la monnaie grecque en une tête barbare ; les cheveux figurés en tortils sont particulièrement dégénérés de leur modèle. (PI. IX, fig. 2.)

Lelewel a reconnu, dans ce coin, l'effigie de l'avers de la monnaie d'or ou d'électrum gauloise qui reproduit l'une de celles frappées par Philippe de Macédoine.

1848 : Dé à jouer, portant des cercles décoratifs.

1150 : Petite double coupe, c'est-à-dire formée de deuxcoupes opposées et soudées au pied, rappelant la forme des anciennes salières, objet peut-être votif.

1877 : Fléau d'une petite balance à main, de 24 centimètres de long, à bras égaux, divisés en douze parties égales par des points creusés dans la partie supérieure : ceci fait supposer qu'à côté de la méthode de pesées au moyen de deux plateaux suspendus, on se servait encore d'un petit poids mobile, comme dans les balances dites « romaines ». Au centre, un anneau de suspension. Prov. des Gonches-dessus (1897 >.

Deuxième rayon. — 1405 : Breloque en forme de clo-

1 Voyez les articles île H. Meyer dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Zurich, lome XV, et dans Y Indicateur, 1862, n° 4. p. 72.

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chette, à cinq côtés; dans l'anneau du sommet passait une chaînette dont on a retrouvé des anneaux oxydés. — 1810, 1936, 2053, 1273, 1293, 1717, 1724, 1388, 2125, 2368 : Sonnettes {tintinnabula), les unes avec un anneau de suspension, d'autres avec leur battant ou une petite anse (décrites dans le Bulletin, III, 16).

1174 : Objet décoratif en forme de corne d'abondance, d'où s'élance un tigre. — 2548 : Statuette-applique d'un enfant, tenant de la main droite une pomme et, de la gauche, peutêtre un arc, attributs ordinaires de l'Amour.

1323 : Statuette de Minerve, détériorée par le feu.

590 : Histrion (scurra, morio), personnage burlesque, tonsuré de façon qu'il ne lui reste qu'une touffe de cheveux au sommet de la tête. Celle-ci est énorme et accuse un type oriental prononcé ; le vêtement consiste en une simple tunique avec large baudrier. De la main droite, il ébauche un geste qui semble en rapport avec sa difformité significative. La statuette a un caractère réaliste accentué.

1286 : Statuette d'un acteur, haute de 21 centimètres avec le socle ; elle représente un homme barbu, d'un âge mûr, habillé d'un vêtement plissé et à manches, descendant jusqu'aux pieds, et serré sur les hanches par une large ceinture. Il est chaussé de sandales à semelle et couvert d'un manteau, jeté sur les épaules et retenu sur la poitrine par une agrafe. Gomme tout acteur, il porte le masque et une perruque, ou au moins un tour de cheveux postiches, qui se remarque quand on regarde la statuette de côté. Les cheveux et la barbe sont frisés et les yeux, incrustés d'argent, avaient des prunelles en verre ou en perles. Le geste est celui d'un acteur tragique, en rapport avec la physionomie du masque. Sur la ceinture on lit : DOVI, lettres dont chacune représente peut-être un mot; prov. de la Couchette, 1866. (PI. X, fig. 2.)

1285 : Gladiateur, statuette mutilée, haute dans son état actuel de 10 centimètres ; le gladiateur, Samnite ou Mirtnillo, est dans l'attitude du combat. La jambe gauche, jetée en avant, porte un jambart de fer, doublé à l'intérieur; le jarret droit est couvert d'une sorte de guêtre. L'avant-bras

gauche, qui est cassé, portait un bouclier rectangulaire, recourbé en demi-cylindre. Le bras droit, qui tenait le glaive, ou quelque autre arme, a disparu. La tête manque également, mais les tranches franches de la tête et du bras montrent qu'ils avaient été fondus à part. L'exécution est bonne au point de vue artistique et anatomique ; trouvée à la Conchette en 1866. — 603 : Casque minuscule de gladiateur, prov. des Gonches-dessous.

3033 : Statuette de Silène (PI. X, fig. 1), trouvée, le 14 mars 1896, par M. Debossens, aux Gonches-dessous, et à cent pas environ de l'emplacement qu'occupait la Main votive. Elle fut acquise par l'Etat pour 1000 fr.; dans cette somme était compris un subside de 400 fr. du Pro Aventico.

Le personnage représenté est un vieillard barbu, tout « rondelet », absolument chauve, à la face large et joviale, accroupi de telle façon que les pieds se trouvent au niveau de l'abdomen et les genoux à la hauteur de l'estomac. Sa panse rebondie fait ainsi saillie et attire les regards1.

Avec un geste de profond contentement, le petit vieux se frotte le ventre de son énorme main gauche, tandis qu'il appuie le pouce droit au front, au-dessus de l'œil droit, la paume tournée à l'intérieur.

Entre les deux omoplates se détache un crochet, à angle droit, en forme de doigt. La statuette pouvait donc, à volonté, être placée sur une console ou sur un meuble quelconque, ou bien être suspendue à la paroi.

Le personnage représenté est Silène : la calvitie, la large face, le nez camus, la villosité, le gros ventre, l'expression à la fois bestiale et béatement joviale, ne laissent aucun doute à cet égard. Or, les statues de ce compagnon de Bacchus ne sont pas fréquentes ; donc ce bronze est intéressant par son sujet même.

Il est remarquable aussi par la finesse du travail, dépassant, et de beaucoup, les bronzes ordinaires fabriqués en pays

1 Cette statuette de Silène a été publiée par S. Reinach; Répertoire de la Statuaire, t. II, p. 59.

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celtique ; c'est certainement une pièce importée, produit de l'art italo-grec.

En outre, la jolie patine verte, le parfait état de conservation concourent à faire du Silène un des joyaux du musée d'Avenches. Ce qui en fait l'intérêt, c'est qu'il devait servir d'amulette ou de préservatif contre le mauvais œil, comme l'a démontré M. W. Gart, auquel nous avons emprunté la description qui précède {Bulletin VII). Se référant à d'autres amulettes, M. Gart démontre, en effet, que l'attitude accroupie du Silène, le geste de la main gauche qui frotte le ventre et le geste de la main droite ouverte comme pour parer le danger et se moquer du malin esprit, sont caractéristiques dans l'antiquité comme l'expression du mépris, du défi et de la moquerie à l'adresse de ce « mauvais œil » contre lequel les Anciens, superstitieux comme certains paysans modernes, croyaient devoir se préserver. La place du Silène devait donc être, selon toute apparence, à l'entrée de la maison, où sa vue devait impressionner le mauvais œil du «jettatore» et le désarmer en le faisant rire. (Voy. la fig. du Bulletin VII et de la pi. II de V Album de l'art ancien.)

N°2320 : Bacelms (PI. IX, fig. 10); jeune homme imberbe complètement nu. Le pied droit repose sur le sol à plat, la jambe droite tendue; le haut du corps est un peu penché en arrière du côté gauche, l'épaule gauche étant effacée ; pour se maintenir en équilibre, le jeune homme a la jambe gauche, dont le genou avance, repliée en arrière et s'appuie sur l'extrémité du pied. Malgré cela, l'équilibre n'est pas complet et cette instabilité est accentuée par le mouvement et la disposition des bras, écartés tous deux du corps et dans une attitude mal assurée.

La main droite tenait un objet dont il reste un fragment dans lintérieur de la main, fermée, à l'exception de l'index dirigé vers le sol. L'objet disparu pouvait être un thyrse ou plus probablement une coupe. La tête est penchée à droite; la bouche est entr'ouverte, le regard vague, le front bas, l'expression indécise ; cette expression complète le caractère

d'ébriété déjà marqué dans l'attitude. Les longs cheveux sont élégamment disposés en un épais bandeau qui entoure mollement la tête et qui forme, au-dessus de la nuque, un gros nœud, d'où descendent encore deux boucles, ondoyant jusque sur les épaules. Le piédestal manque, mais la plante des pieds a conservé des traces de soudure.

L'expression d'ébriété de la figure, l'attitude titubante du corps et la coiffure féminine sont autant de traits distinctifs du Baechus romain. Sauf l'attribut de la main droite, la statuette est parfaitement conservée et recouverte d'une belle patine verte. L'exécution est moins remarquable. Elle ne dépasse guère le travail romain ordinaire : les pieds sont trop forts, les mains mal venues, le sternum trop aplati ; tandis que la partie postérieure du corps est mieux travaillée, les membres sont mous et grêles. Trouvée le 14 mars 1890, sur l'emplacement du théâtre, dans les racines d'un pommier, vers l'entrée centrale. (MM. Martin, Wavre et Cart l'ont décrit dans le Bulletin III avec planche en phototypie.)

N° 695 : Statuette d'esclave, en demi-bosse, destinée à être fixée contre une surface plane ou à servir d'applique. Elle montre un homme imberbe, les jambes écartées, chaussé de souliers grossiers et vêtu d'un simple tablier [subligaculum). Il tient des deux mains un objet cassé qui semble être un pilon à moudre la farine. (Bursian XVII, 5. Bull. III, 6). Trouvé en 1844.

2731 : Faunesse on Dryade (PI. X, fig. 7), buste trouvé aux Gonches par M. Arnold Guisan (période 1894-98). C'est une femme jeune couronnée de lierre, la poitrine en partie découverte, la tête légèrement relevée et tournée à droite ; la tunique est fixée sur l'épaule par deux rubans terminés en pieds de bouc ; l'exécution est soignée, mais la partie inférieure est coupée par derrière comme une applique, ce qui fait croire que c'était peut-être simplement l'anse d'un vase précieux. Près de l'endroit où se trouvait ce bronze, M. Guisan mit à découvert la mosaïque représentant deux cerfs et deux biches, dont deux panneaux sont déposés au musée (second étage).

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597 : Main votive (PI. X, fig. 6). C'est la main droite d'une femme, à peu près de grandeur naturelle et fixée sur un piédestal circulaire. Trois doigts, le pouce, l'index et le majeur, sont levés ; c'est là le geste habituel du serment chez les anciens.

Les nombreux attributs dont elle est recouverte sont les suivants :

I) La pomme de pin sur le pouce ; 2) un buste de Mercure imberbe, coiffé du pétase, placé sur l'annulaire et le mineur qui sont repliés dans le creux de la main ; 3) sur ces deux mêmes doigts, mais sur la face externe, au-dessus des nilles, une tète de bélier; 4) sur l'index et le majeur, sur la face externe, un buste de Bacchus, couronné de feuilles de vigne, le bras droit s'appuyant sur la tête, vêtu d'une tunique qui couvre l'épaule droite et le bas du thorax ; 5) sur la face interne de l'index et du majeur le buste de Jupiter Sabazius, barbu, coiffé du bonnet phrygien ; 6) au-dessous de ce dernier buste est figuré un objet carré, divisé en quatre parties, un gâteau votif, d'après Bursian.

Sur le dessus de la main, et disposés de bas en haut : 7) Une grenouille ; 8) une tortue ; 9) une coupe à deux anses et à pied ; 10) un lézard.

Au-dessous du pouce :

II) Un buste de Cybèle, coiffée d'une tour et vêtue d'une tunique retenue par une agrafe sur l'épaule gauche ; audessus 12) un tympanon ou cymbale, l'attribut habituel de cette déesse.

Autour du poignet : 13) Un serpent qui l'enlace deux fois et dont la tête se dresse; dans le creux de la main, et audessous de la tête du serpent 14) une sonnette munie d'une attache ; sur la tranche de la main, au-dessous du mineur, 15) une branche de chêne aisément reconnaissable aux glands et aux feuilles dentelées.

Enfin 16) au-dessous de la queue du serpent, sur la face externe du poignet, la figure d'une femme couchée, tenant un enfant sur son sein et l'allaitant. Le bras droit sort de la longue tunique qui l'enveloppe et presse le sein où tette l'enfant.

C'est le cas de répéter ici les vers de Racine :

« De tant d'objets divers le bizarre assemblage Peut-être du hasard vous parait un ouvrage ».

Il n'en est rien cependant. Il y a, comme l'a montré le Dr H. Meyer, entre toutes ces figures, un lien commun, et pour chacune en particulier un sens symbolique qui nous est révélé par la mythologie.

La dernière figure, celle de la mère, nous donne le mot de l'énigme, si on la rapproche du signe hiératique de la main aux trois doigts levés et si on la considère, comme la dédicante, ou la personne qui prononce le vœu. La place qu'elle occupe au bas du groupe est analogue à celle que les peintres assignaient au bas de leurs toiles aux personnes qui leur commandaient des tableaux.

La main votive est donc un ex-voto, ou le gage d'un vœu formé par une femme relevant de couches, désireuse de placer son enfant nouveau né sous la protection des divinités figurées sur la main et d'éloigner de lui les influences de la magie au moyen d'amulettes.

L'assemblage des divinités telles que Mercure, Jupiter Sabazius, Bacchus et Cybèle prouve que ce monument date de l'époque à laquelle les cultes asiatiques et ceux surtout des dieux phrygiens furent introduits dans l'Empire ; des deux divinités phrygiennes, Cybèle était considérée comme la créatrice de la terre et de tous les biens qu'elle produit, et Sabazius, comme le dieu du Soleil et des rayons solaires ; Bacchus, comme le Dionysos grec, semble être ici le dieu des forces spirituelles, le dispensateur de la joie, tandis que Mercure procure la fécondité et l'accroissement. Or l'époque à laquelle les cultes orientaux, ceux de Cybèle, de Sabazius, d'Isis, de Sérapis et de Mithra furent introduits, est celle qui commence au règne de Vespasien, le protecteur d'Avenches.

M. Meyer compare la protection de ces quatre divinités païennes à celles de quatre patrons ou saints dont un enfant né dans l'Eglise romaine aurait reçu les noms.

Les autres figures, servant d'amulettes ou de talismans,

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ne se prêtent pas à un long commentaire. De tout temps, les grenouilles, les lézards, les tortues et les serpents ont été exploités par les exorciseurs. Le serpent entr'autres servait souvent de talisman contre le « mauvais œil » de même que le Silène. Le lézard, souvent un attribut d'Apollon, était aussi un emblème de fécondité.

La main votive est remarquable par son exécution et son état de conservation. Rien n'est plus difficile que de modeler une main de femme et celle-ci ne présente ni défauts anatomiques, ni disproportions. Les objets qui servent d'attributs aux divinités, telles que la pomme de pin et la cymbale, attributs de Cybèle, le gâteau destiné à Sabazius, la sonnette, le rameau de chêne, le bélier, la coupe, sont soignés jusque dans les plus petits détails. De toutes les mains votives analogues connues en Europe, — une quinzaine — celle-ci est la plus belle et la mieux conservée. Elle fut trouvée dans les débris d'un mur, à 2 mètres de profondeur, près du chemin des Mottes en janvier 1845. Parmi les autres mains votives, en Suisse, il faut citer celle du Grand St-Bernard, dont la figure se trouve avec celle de la nôtre sur la planche II du Catalogue de l'art ancien.

N° 588 : Jupiter ou Neptune, carie caractère peu accentué de cette statuette et le manque d'attributs ne permettent pas de se prononcer avec exactitude. La jambe droite manque depuis le genou ainsi que le pied gauche et la main droite ; trouvé aux Gonches-dessous. Haut. 14 cm.

N° 2789 : Statuette de Jupiter trouvée au théâtre. (PI. IX, flg. 8).

N° ;589 l'aunesse, statuette de 17 centimètres de haut. D'après Bursian, la divinité féminine correspondrait au dieu Pan.

Elle était assise sur un objet qui manque (pierre ou rocher) ; on constate encore des traces de la soudure qui servait à fixer la statuette sur le socle. La tête est couronnée d'un

1 Voyez Meyer, dans les Mémoires des Antiquaires de Zurich, tome XI (1856), page 35.

rameau de lierre portant des fruits, et la chevelure séparée par une raie sur le haut du crâne, se termine en tresse sur la nuque. Ses jambes, comme celles de Pan, sont en forme de jambes de chèvre ; les mains sont étendues, la gauche plus éloignée du corps que la droite, et ces dernières, dont plusieurs doigts manquent, sont dans la position qui convient au maniement d'un instrument ; ce dernier était peutêtre une flûte phrygienne à deux branches d'inégale longueur.

A la bouche, l'orifice buccal rond est rempli par un coin de bronze qui devait faire partie dudit instrument.

Le travail atteste la bonne époque de l'art romain. Trouvé en 1843, près de Gormerod (Fribourg). (Bursian, PI. XIV, Bulletin, III, 5).

598 et 1937 : Deux statuettes fragmentaires de Minerve casquée. — 594 : Torse et buste d'une divinité qui, d'après les restes d'ailes sur la tête, serait Hypnos, dieu du Sommeil. Ses autres attributs sont le Rhytium (corne vide servant de vase à boire) et le croissant de lune. — 2532 et 2538 : Deux statuettes de Mercure (PI. IX, fig. 1 et 4). Sur la première, le dieu a des ailes sur la tête et porte la bourse dans la droite; sur la seconde, la pose est la même, mais le dieu est accosté d'un lièvre à gauche et d'un coq à droite. Travail gallo-romain bien caractérisé, trouvé lors des fouilles Ludi en Perruet. — 1374 : Statuette incomplète de Mercure, coiffé du pétase, vêtu de la chlamyde, tenant le caducée de la gauche ; les pieds ont des talonnières et la main droite étendue portait la bourse qui a disparu. — 18'i2: Statuette difforme d'un prisonnier (?) barbu, assis et portant la main droite à la bouche, appuyé contre une petite colonne.

Animaux ; 1843 : Statuette de Singe dont il ne reste que la tête et le tronc. — 601 : Héron, trouvé en 1870, au Bornalet; une patte manque. — 602 : Grue, ou quelque autre oiseau se grattant l'aile gauche avec le bec, les ailes entrouvertes; trouvé au théâtre en 1843. — 2547 : Cheval au galop, des fouilles du Pro Aventico au théâtre (PI. IX, fig. 5). Les jambes et la queue manquent ; le mors est encore visible ainsi que la crinière, courte et dressée. Les proportions du corps

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sont bonnes, mais le mauvais état de conservation ne permet pas déjuger du fini du travail.

3me rayon. Parmi les pièces décoratives, nous relevons les suivantes :

725 : Ornement en forme de feuille, présentant une tige médiane et des feuilles opposées, peut-être un ornement de tête dans le genre du diadème ; trouvé en Prillaz vers 1850.

1269 : a, b, c. Tube «l'un jet d'eau, surmonté d'une pomme de pin et percé de trous disposés irrégulièrement sur les côtés et au sommet; trouvé aux Gonches-Dessus, en 1886.

1852 et 1377 : Appliques avec décors en forme de tête de femme et de queue de poisson.

Divers spécimens de chaînes en bronze, remarquables par le travail et l'agencement des anneaux, art dans lequel les Romains ont acquis une grande habileté.

1175: Petit lion, couché dans l'attitude du repos ; statuette-bibelot (PI. IX, fig. 3).

1077 : Dauphin tenant une conque dans la gueule; à la queue est fixé un anneau de suspension (PI. IX, fig. 6).

1468 : Bras droit et main de femme; entre le pouce et l'index, un objet indéterminé. D'après le Bulletin (III, 8), ce bras devait appartenir à une statue de 1 m. environ. L'élégance et la perfection du travail en font un des plus beaux spécimens de l'art romain représenté à Avenches (PI. IX, fig. 7).

1469 : Aile d'une statue, qui a été travaillée au marteau et non pas coulée comme la pièce précédente; trouvée aux Gonches-Dessus, en 1872.

Nos 559 à 571. Fragments de deux statues ayant fait partie d'un groupe représentant peut-être Vénus et Cupidon. MM. Mayor, de Genève, ont reconstitué la chevelure, attachée par un bandeau, ainsi que l'œil droit et une partie du front de celle des statues qui aurait représenté Vénus. Ce fragment dénote une technique consommée dans l'art de la fonte du bronze et un style excellent.

4me rayon. 2325 : Baguette en bronze doré incomplète, brisée en deux fragments de 20 cm. chacun et terminée par une tête de chien ; trouvée au Pastlac, en 1890.

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