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Mosaïque d'Orphée, détruite (Bursian, pi

2. Mosaïque de Bellérophon chevauchant sur Pégase, conservée en partie. L'on y voit, comme sur celle de Borée ou des Quatre Vents, [la figure des quatre vents. (Bursian, pi. 24.)

3. Mosaïque décorative avec méandres, imitant un tapis, conservée en partie. (Bursian, pi. 25.)

4. Mosaïque du Cygne (ou de l'oie), conservée en majeure partie et décrite à la salle I. (Bursian, pi. 26.)

5. Mosaïque décorative du sous-sol, conservée en entier, décrite au paragraphe de l'hypocauste, p. 82. (Bursian, pi. 27.)

6. Mosaïque de Thésée terrassant le Minotaure, trouvée à Gormerod (Fribourg) à une lieue au sud-ouest d'Avenches, conservée au musée de Fribourg. (Bursian, pi. 29).

7. Mosaïque de Borée ou des Quatre Vents, conservée en partie. (Bursian, pi. 30.)

1 Ce serait le cas, à mon avis, surtout pour la mosaïque détruite de Baccims et Ariane, sujet si fréquemment représenté sur les peintures pompéiennes.

8. Mosaïque de Bacchus et Ariane, détruite. (Bursian, pi. 31).

9. Mosaïque d'Hercule et Antée, conservée en partie. (Restitution sur un dessin de la salle II.)

10. Mosaïque décorative, conservée en petite partie. (Dessin sur la planche du Bulletin IV.)

11. Mosaïque de la chasse, conservée en partie à la bibliothèque de Berne. (Dessin dans le manuscrit de Ritter.)

12. Mosaïque du Zodiaque, conservée en partie aussi à Berne *.

La mosaïque dont le musée a conservé le plus grand nombre de fragments est celle dite de Borée, que nous avons indiquée sous le n° 7. Elle fut découverte aux Conches-dessous en 1786, par Lord Northampton, dessinée par Curty de Fribourg, puis perdue de vue, enfin retrouvée par Gaspari en 1864; les fragments conservés furent déposés au musée en 1864-65. On en voit le dessin contre le mur de la salle II, devant une des fenêtres à l'ouest; on jugera par ce dessin de la richesse et de la variété de son ornementation.

Celle-ci se compose de cercles renfermant des dessins géométriques et de carrés décorés de rinceaux, de torsades, d'entrelacs avec, au milieu, un oiseau, une fleur, ou un ornement. Au centre se trouvait, inscrite dans un cercle, la tête de Neptune ou de l'Océan, dont il ne reste qu'une partie de la chevelure.

De chaque côté de cette figure centrale était un des quatre médaillons en losange, dont trois sont conservés, avec les têtes barbues de Borée et à'Eurus (vents du nord et de

1 II convient de rappeler, en outre, les suivantes :

Une mosaïque de petites dimensions, trouvée en 1689 et qui portait la mention : Prostasius fecit. (Voy. Bulletin II et plan.)

Celle dite de Y Amour [musicien (Bursian, pi. 28) que le conservateur du musée considère comme apocryphe. (Voy. son article dans l'Indicateur, 1899, n» 1.)

Une seconde mosaïque d'Orphée, signalée par M. Praechter, et détruite. (Indicateur, 1899, n° 1. p. 11.) Dessin de Bitter.

Enfin, une mosaïque datée de l'an 209 de notre ère (règne de Septime Sévère), trouvée à la Maladaire vers 1679 (Bulletin II, 38-39), et qui représentait divers volatiles, entre autres une cigogne avec un serpent dans son bec.

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l'est), et la tête imberbe de Notus (vent du midi ; Zéphyre était sans doute aussi imberbe).

Dix-sept fragments de cette grande mosaïque sont conservés; ce sont pour la plupart des panneaux décoratifs, des fleurs stylisées et les têtes des vents. Ils portent les nos 1191 à 1217 et sont placés surtout dans le vestibule du 1er étage et la salle IL Les têtes de Borée et de Notus sont déposées à la salle II (côté du Rafour, avec quelques autres fragments).

Les n°s 1106, 1107 et 1108 (dans le vestibule du 1er), sont trois fragments de la mosaïque aux méandres (notre n° 3), découverte en 1786 par Ritter, retrouvée en 1864 par Gaspari et qui mesurait 5 mètres sur 6. La bordure extérieure imitait un mur en pierres régulières et, au bas, se voyait une frise de volutes et de palmettes ioniques dont il reste un fragment (1108). Le centre était occupé par des méandres, carrés et croix pattées, formés par les plis de deux rubans parallèles, ornés eux-mêmes de motifs décoratifs, fleurs stylisées et torsades.

Les nos 1106 et 1107 sont deux des panneaux inférieurs avec figures d'animaux. Une tête d'Hélios occupait le centre.

Les nos 1105 et 1109 contre le mur de la salle II, côté du Rafour, se rapportent à la même mosaïque.

A gauche de la porte de la salle II, n° 388 et 389 : Cerfs et biches, dans un encadrement octogone, fragments isolés d'une mosaïque à laquelle il faut comparer deux fragments placés au vestibule du second étage, donnés au musée par M. Guisan, conseiller municipal, et dont le plus grand représente un cerf suivi d'une biche avec un arbre au second plan. (Voy. pi. III, flg. 5.)

Entre les deux fenêtres donnant sur la ville, Î994 : Sanglier poursuivi par un chien ; 1995 : Long panneau avec urne inscrite dans un cadre, et, à droite, le commencement d'une scène de chasse. Ces deux fragments (prov. de la Maladaire 1885), sont les seuls vestiges de la grande mosaïque de Bellérophon chevauchant sur Pégase, trouvée en 1735 et dessinée par D. Fornerod. (Le dessin est exposé dans l'embrasure d'une fenêtre du côté du Rafour.) Bellérophon dirige en général sa lance contre la chimère, qui n'est pas représentée ici.

Autour de ce panneau central, quatre médaillons, avec les quatre vents sous la forme de jeunes gens nus, portant la chlamyde sur l'épaule gauche et soufflant dans une trompette droite {tuba); le vent du midi, Notus, porte seul le chapeau rond ou pétase. Entre ces médaillons, des carrés occupés par des animaux et, dans le reste du champ, d'autres panneaux ovales, triangulaires, demi -circulaires et trapézoïdes avec des poissons, des foudres et des fleurons. En haut et en bas, se trouvait la bordure avec la scène de chasse et l'urne encadrée que rappellent les deux morceaux conservés.

A côté de l'armoire aux fers, 1394 à 1397 : Quatre fragments de la Mosaïque des Lutteurs ou d'Hercule et Autée (notre n° 9, provenant des Gonches-dessus, 1868). Bursian ne l'a pas reproduite. 1394 : Sanglier poursuivi par un chien. 1395 et 1396 : Bustes de femmes. 1397 : Bordure de feuillage, ayant fait partie de l'encadrement du grand panneau central.

En face, à côté de l'armoire des marbres et terres cuites, deux autres fragments, 1392 et 1393, représentant la lutte d'un lion et d'un cheval, sujet qui occupait le champ hors du panneau central.

Ce dernier — n° 1391 — est un des plus intéressants de la collection, mais les couleurs en ont beaucoup pâli.

Hercule, barbu et nu, couronné de feuilles de peuplier, soulève Antée, également nu et barbu, au-dessus de la Terre, sa mère, dont le contact lui rendait des forces. Hercule cherche à étouffer son adversaire en l'enserrant dans ses bras, tandis qu' Antée cherche à se défaire de son étreinte. A gauche se voyait un arbre auquel étaient suspendus la massue, l'arc et le carquois d'Hercule ; à droite, un lion vu de face, servait à caractériser le désert d'Afrique, où les Anciens plaçaient le théâtre de ce duel. Un bon dessin de M. Rosset permet de juger de l'ensemble '.

Gomme on le voit, il n'est rien demeuré de la plus grande

1 Clarac, Musée de sculpture, pi. 804, n° 2015 A, (Reinach, Répertoire de la Statuaire, t. 1, p. 477) reproduit un groupe fort semblable, pour le groupement des lutteurs, à ce panneau central.

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de toutes les mosaïques d'Aventicum, celle de Bacchus rencontrant Ariane endormie.

Elle a eu toutes les infortunes : découverte en 1708 par F. de Graffenried, elle fut recouverte par suite des réclamations du propriétaire du sol ; déblayée à nouveau en 1751 par ordre des autorités bernoises, et entourée d'un pavillon protecteur, elle fut dégradée panneau par panneau, et finalement détruite par le piétinement de la cavalerie en passage à Avenches, vers 1798.

Elle se développait autour d'un bassin de marbre qui en occupait le centre. Devant ce bassin se trouvait un médaillon, représentant Ariane endormie; sa suivante soulève la couverture qui la couvre pour permettre à Bacchus de contempler la compagne que Thésée a abandonnée. Bacchus lui-même était nimbé, tenant un thyrse et suivi d'un satyre qui, d'un geste de la main droite, exprimait son admiration pour la dormeuse. Les cinq médaillons que l'on voyait encore à la gauche du médaillon central, étaient occupés par des satyres et des bacchantes de la suite de Bacchus, et le reste du champ du tableau par des panneaux décoratifs. (Voy. Bursian, pi. 31 et 32.)

SALLE III (second étage).

î ler. VERRERIE

La verrerie occupe la majeure partie de la vitrine placée à gauche de l'entrée; c'est par elle que nous commençons notre description.

La fabrication du verre s'est étendue d'Egypte et de Phénicie en Italie, en Espagne et dans les Gaules. Il existait notamment une verrerie à Lyon, comme le prouve l'épitaphe du verrier Julius Alexander. Le verre était soufflé, moulé et coulé. Il était soufflé au moyen de la canne; le moulage se faisait dans des moules en bois ou en métal, le premier procédé donnant des pièces à surface unie, le second les verres à figures en relief1.

1 Parmi les produits de la verrerie on distingue:!0 Les 'verres el coupes à

Les décors les plus simples s'obtenaient par le moulage à chaud ; la décoration à froid pouvait se faire par la taille, la gravure en creux et la ciselure en relief. La verrerie ménagère était l'intermédiaire usuel entre la vaisselle d'argent des classes plus fortunées et celle de poterie des basses classes de la population.

Au premier rayon sont réunis des fragments épars de verre coloré, des cubes de mosaïque vitrifiée, des spécimens de verre à vitre et de verrerie ménagère, ainsi que des couvercles d'amphores en terre. Au-dessus, remarquez un intéressant médaillon en verre bleu, avec figure de femme, très bien conservé, trouvé par M. Ludi en 1895 (n° 2852).

Au second rayon, n° 2039 : Jatte ou bol, provenant des fouilles du Pro Aventico (pi. VIII, flg. 7) ; elle a un fond plat et des bords droits, forme aussi simple que pratique pour les usages du ménage.

X" 1508 : Deux verres à boire oblongs, en verre blane nioucbeté de points bleus. Ils ont été trouvés en 1872, dans un [cercueil en chêne renfermant les ossements d'une jeune fille. L'un d'eux porte [cette inscription : Vivas in Deo ^ (Vis en Dieu). Cette acclamation qui, d'après de Rossi, se rencontre dès le me siècle, est fréquente sur le mobilier funéraire des tombes chrétiennes, surtout dans les catacombes de Rome; elle assigne à ce verre à boire une date antérieure au vie siècle. On la lit aussi, avec d'autres analogues, sur des agrafes de ceinturon d'époque burgonde, où sont gravées les figures du Christ ou de Daniel dans la fosse aux lions1.

Le second vase, de 11 centimètres de haut, restauré, portait aussi une inscription ; mais il n'en a été retrouvé que deux lettres, Z E, précédés de la palme, symbole chrétien.

boire : calathus, verre conique ; scyphus, tasse ; cantharus, coupe à pied et à anses élevées ; calix, coupe peu profonde à anses plates ; 2° les vases et les pots de pharmacie et d'épicerie, ampullae, et 3° ceux de la parfumerie, unguentaria, auxquels se rattachent les fioles (pyxis) et les lacrymatoires.

1 Voyez l'article de Caspari, dans Y Indicateur, numéro d'octobre 1872, p. 385, et à la p. 386 l'agrafe burgonde de Daillens avec la note de Bonstetten.

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Suivant M. Egli, il faut restituer ZEsfpus, Jésus, ou mieux ZEs ^ es = $<rxtç, vis, terme que l'on trouve souvent associé à vivas dans les acclamations1.

Ces deux vases sont donc des vestiges certains d'une sépulture chrétienne qui se trouvait dans le cimetière romain exploré en 1885 par les soins du Pro Aventico. Ce cimetière se trouvait à gauche de la route de Payerne, tout autour de la fabrique de lait condensé ; c'est là qu'on a constaté, comme nous l'avons dit (p. 1), la présence simultanée de sépultures et d'urnes cinéraires. Dans le cercueil en chêne renfermant les verres décrits ci-dessus, se trouvait aussi l'aiguière en bronze portant le n° 1503 et déposée dans la vitrine des bronzes (p. 71), ainsi que d'autres objets.

Au second rayon, remarquez aussi : un flacon à panse sphéroïdale et à col cylindrique, rétréci à l'orifice (pi. VIII, flg. 5), en verre vert ; — n° 2100 : Fragments de verre bleu et blanc ; — n° 2040 : Ampoules en verre vert ou bleu, irisé, provenant des fouilles du Pro Aventico (pi. VIII, flg. 2, 3 et 4). L'ampoule de la fig. 2 est munie de trous dans lesquels pouvait se loger une anse mobile en bronze, comme celle qu'on voit dans la vitrine plate des objets de toilette. — Leslacrj matoires, dont le nom seul semble indiquer qu'ils servaient à recueillir des larmes (lacryma, larme), ne renfermaient, en réalité, que des parfums et même, vu leurs dimensions minimes, n'étaient parfois que des symboles de deuil. Voyez aux nos 2057, 2083, 2084 (pi. VIII, fig. 6) ; — Vase étrusque en verre coloré d'un effet bizarre.

Au troisième rayon, 1511 : Collier en perles de verre bleues et vertes, remarquablement conservé ; vase d'albâtre, dont le col et l'anse, seuls conservés, d'une bienfacture rare, font regretter la panse perdue (don du pasteur Jomini) ; — Verre à boire, en verre vert, qui offre cette particularité que le fond en est relevé et forme un cône pareil à celui de nos bouteilles en verre soufflé (pi. VIII, flg. 1); le pied de ce verre est formé par une base plate et circulaire, destinée à assurer

1 Voir le Recueil des Inscriptions chrétiennes suisses, de M. Egli, dans les Mémoires des Antiquaires de Zurich, t. XXIV (1895), p. 25.

sa stabilité ; enfin les bords vont en s'évasant de bas en haut ; tout cela lui donne un caractère d'élégance, en même temps qu'un intérêt spécial.

Tandis que les rayons 4 à 6 n'offrent que des poteries, on voit au septième rayon de nombreuses urnes cinéraires en verre, qui renfermaient, comme celles de terre de la salle II, les cendres des défunts. La plupart sont de forme ovoïde ou sphéroïdale ; l'une d'elles toutefois (pi. VIII, flg. 8) avec une panse quadrangulaire, un col droit et court et une anse coudée à angle droit, ressemble à un pot de pharmacie ; cette forme se rapproche de celle des vases étrusques. L'influence de l'art étrusque, que nous avons déjà signalée dans la poterie samienne, se révèle aussi en effet dans la forme et le décor des vases en verre et en bronze. Le plus célèbre des vases de bronze, et en même temps celui où se voit le mieux cette influence étrusque, est le vase d'époque celtique trouvé à GruBchwyl et déposé au musée de Berne1.

Remarquez les urnes nos 1097, 1613, 1614 et 1615. L'une d'elles, encore intacte, renferme les cendres du défunt; en Italie, ces urnes se plaçaient dans les Columbaria, sépultures collectives en forme de caveaux voûtés en plein cintre, où les urnes étaient logées dans les niches des murailles ; à Aventicum, on n'a retrouvé aucune de ces sépultures en colombaire et cela tient peut-être à la coexistence des rites de l'inhumation et de l'incinération.

Dans la vitrine de la verrerie se trouvent encore des objets en ivoire, en os, en jais, des spécimens des marbres d'Aventicum et une collection d'objets du Moyen-Age.

1 2. IVOIRE, OS, JAIS ET POTERIES Vitrine de la verrerie.

L'ivoire a été employé par les Romains dans l'ornementation, pour décorer des boiseries, des meubles, et dans la statuaire, mais très exceptionnellement, pour former le vi-

1 II est décrit par Alexandre Bertrand, Archéologie celtique et gauloise.

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sage, les mains, les pieds des statues. L'ivoire s'alliait à l'or dans les statues dites chryséléphantines. Rien donc d'étonnant à ce que, en province, l'ivoire ait été employé pour sculpter [des bustes isolés et des masques comiques comme celui qui va être décrit.

Sur le premier rayon, petit masque comique haut de 8 centimètres (pi. X, fig. 3). Le type comique est fortement accentué: bouche largementjDuverte, nez camus à grandes narines, joues gonflées, yeux écarquillés, dont l'iris est formé par du verre noir; front ridé, surmonté d'une chevelure ondulée faisant saillie sur le front et terminé par un ornement en forme de feuille à la place des oreilles. Le sommet du crâne porte une petite rondelle en argent percée de deux trous et communiquant avec une cavité creusée au centre de la tête. L'arrière du masque est aplati et formé par une plaque mobile en ivoire. Dans la cavité se trouve un pivot horizontal avec des traces de fil. Ce fil servait peut-être à faire pivoter un mannequin, mais plus probablement il était enroulé là comme sur une bobine. Quoi qu'il en soit de sa destination, ce petit masque d'ivoire, par la valeur delà matièreemployée comme par le fini du travail, est un objet de grand prix et fort]rare. — Trouvé aux Gonches-Dessous, 1882.

On trouve encore quelques menus objets en ivoire, tels que des manches d'instruments, des objets de toilette ou de jeu, rondelles, jetons, catalogués par M. Martin (Bulletin III). Le n° 605 est un médaillon en ivoire, de l'époque de la Renaissance, représentant un joueur de lyre assis sur sa tunique, devant un trépied portant un vase. Il y a quelque intérêt à le signaler parce que Troyon y voyait l'imitation d'un modèle antique, et que M. Martin croit y trouver le type du dessin de la mosaïque de l'Amour musicien, qui serait selon lui l'œuvre de fantaisie d'un professeur de dessin d'Avenches.

Un couteau, découvert en novembre 1899 dans la propriété Favre, est muni d'une poignée en ivoire sculpté du plus haut intérêt. En effet le sujet qui y est représenté est la lutte deux gladiateurs, dont l'un porte le casque et la cuirasse.

L'autre, plus simplement équipé, paraît être un rétiaire1. Cet objet est malheureusement d'une conservation difficile vu sa fragilité, mais il est le meilleur spécimen de la sculpture sur ivoire de notre collection.

Parmi les objets en os, placés sur le second rayon (pi. VIII, fig. 9, 15 et 16) : Buste de Minerve casquée, qui forme la tête d'une grande épingle, trouvée au Pastlac en 1890 (fouilles Jomini). C'est un complément intéressant à la collection des objets de toilette. Le travail du buste est artistique et soigné.

Peigne de femme, décoré de cercles concentriques, ornementation qu'on retrouve aussi bien sur les bracelets attiques et gallo-romains que sur les objets burgondes. Sa provenance n'exclut pas une origine romaine, car il a été trouvé (mai 1895) à 4 ou 5 mètres de profondeur, au théâtre, dans un emplacement qui n'avait jamais été fouillé. Il gisait là, pêle-mêle avec une foule de menus objets d'origine romaine, tels que monnaies impériales, débris de poteries, épingles à cheveux, statuette de Jupiter, etc.

La vitrine renferme encore, au second rayon, plusieurs cuillers en os ; une petite scie (n° 3023) ; un petit cylindre (2993); un cure-oreille (1460); un manche d'outil, un disque et des anneaux (2910, 2912) ; au ^troisième rayon, une riche collection d'épingles en os.

Les objets en jais (pi. VIII, fig. 13 et 14) sont une des raretés des collections archéologiques, comme l'a rappelé le Dr H. Kunz (Bulletin IV, 46-47) ; on ne les rencontre guère que dans les sépultures gauloises. Le jais d'Avenches paraît être un bitume fossile se rapprochant de l'anthracite, inflammable et laissant, après la combustion, un résidu minéral composé presque exclusivement d'oxyde ferrique. On ne connaît, en fait d'objets de même nature recueillis au nord des Alpes, que ceux trouvés à Cologne.

1 Le rétiaire se servait d'un lilet pour envelopper son adversaire. M. J. Mayor prépare une notice sur cet objet, qui paraîtra probablement dans l'Indicateur d' Antiquités suisses.

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N08 2439 et 1506 : Fragments d'un anneau, trouvés au théâtre ; 2823-2824 : morceaux d'un bracelet ; pointe d'épingle noire et segment d'anneau ; 2915 à 2917 : ornements, trouvés au théâtre, col d'une urne funéraire probablement étrusque.

Remarquez, n° 2825 : plaque de schiste rectangulaire ayant servi à broyer les remèdes (coticula).

En bas : Nombreux échantillons de marbres trouvés à A venelles, taillés par les soins de M. Doret, sculpleur à Vevey, et réunis par Gaspari qui en a fait une petite mosaïque. On trouve à Avench.es de nombreux spécimens du marbre du Jura, dont les gisements se trouvent près de Soleure ; puis le rouge et le vert antiques, si répandus dans les villes romaines; des marbres blancs et des cipollins verts venant d'Italie, surtout de Carrare, et de Grèce ; enfin le porphyre rouge moucheté de blanc, venant d'Egypte.

Remarquez aussi, en fait de poteries, au quatrième rayon :

1° N° 300: Un vase en terre rouge vernissée, dont une moitié seule est conservée, portant, sur le rebord extérieur, cette acclamation : Félix melius vivas. 2° Une petite amphore d'Afrique décorée sur la panse de cercles en relief; elle peut avoir contenu des fruits comme ceux qui sont dans des bocaux au 1er étage. Poteries rouges vernissées et noires ; au cinquième rayon, de grands vases ; l'un en terre rouge, l'autre en terre noire, brisé ; deux autres en terre rouge vernie, avec têtes de lions formant des anses ; un dernier décoré de scènes de chasse.

Au sixième rayon, n° 2871 : Une grande jatte en terre rouge. Ce sont autant de pièces complétant la série des poteries de la salle I.

Les pièces du Moyen-Age, exposées également dans la vitrine de la verrerie, ne rentrent pas dans le champ d'études du Pro Aventico. Aussi ne les avons-nous pas décrites. Il nous suffira d'attirer l'attention sur une belle marmite en bronze à trois pieds, placée en bas, spécimen de l'industrie du bronze et qui porte une inscription gothique bien faite pour exercer la sagacité des archéologues.

§ 3. BRONZES (première partie).

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