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INDUSTRIE ET COMMERCE

passe de 2,000 à 20,000. Cependant, au xix* s., la fabrication lyonnaise a eu de rudes chocs à soutenir : ce furent les journées do novembre 1831 et d'avril 1834, la banqueroute américaine do 1832, la révolution do 1848; ce fut la guerre do la Sécession, qui lui ferma les Etats-Unis, son plus fort client ; aujourd'hui c'est la concurrence étrangère : co sont les droits qui frappent à leur entrée en France les filés de cotons fins ; ce sont pardessus tout les barrières douanières. Pour lutter contre cos causes multiples de déchéance, l'industrie lyonnaise a dû se transformer. Mais l.yon est resté le grand marché des soies (6,000,000 de kilogr. annuellement, valant env. 400 millions de fr.). De la quantité do soio passant sur le marché, 3,500,000 kilogr. sont réexportés; le surplus, 2,500,000 kilogr., est employé par l’industrie lyonnaise.

Des opérations premières de la soierie, la filature se fait entièrement dans les départements méridionaux do la valléo du Rhône, producteurs de cocons; do même pour le moulinage, qui compte pourtant quelques ateliers à Lyon et dans le département de la Loire ; le dévidago et l’ourdissage s'opèrent généralement avec le tissage. L'ancienne organisation du tissage offrait un caractère tout particulier : l’ouvrier en soie, le « canut », était un véritable entrepreneur tissant à façon sur des métiers lui appartenant la soie fonrnio par lo fabricant. A côté do lui travaillaient sa femme, ses enfants, quelquefois un on deux compagnons avec lesquels il partageait les bénéfices après prélèvement do 50 0/0 pour location du local, du métier et do ses accessoires. Cette organisation familiale tend à disparaître devant la concurrence des usines mécaniques dont la production est plus économique : ces usines sont à l’état d'exception dans la ville, elles se sont créées dans les campagnes à 60 et 80 kilomètres do Lyon, où elles trouvent une main-d'œuvre meilleur marché et plus docile.

Cette question des tarifs est aussi ancienne que l’industrie do la soie ; au xvii* s. elle suscitait à. Lyon les sanglantes émeutes connues sous lo noru do rebeynes ; au xviu' elle nécessitait à diverses reprises l'occupation militaire de la ville; de nos jours elle a donné lieu aux journées do novembre 1831 et d'avril 1334. Lyon n’a conservé que les magasins do vente do ses 350 fabricants, les usines des industries annoxes (teinture, impression, apprêts), et la moindre partie do ses métiers à la main, employés principalement à la production des articles de prix. Sur 85,000 à 90,000 métiers actuellement montés, on compte de 6,000 à. 7,000 métiers à la main à Lyon, de 50,000 à 55,000 dans la campagne, et do 32,000 ù. 33,000 métiers mécaniques soit dans la banlieue de Lyon, soit dans les départements voisins. Les industries de préparation et «le finissage, teinture, apprêt et impression,. emploient 12,000 ouvriers; si l’on ajoute à ce chitTre celui des tisseurs et celui des ouvriers occupés par la fabrique lyonnaise de soieries, comme constructeurs do métiers, monteurs, cartonniers, emballeurs, on arrive au chiffre do 250,000 ouvriers.

La valeur totale des produits oscille entre 400 et 420 millions. Certains articles de brocart épinglé et rebouclé d'or valent 300 à 400 fr. lo mètre, alors que des doublures so vendent 75 centimos.

L'industrie des ornements d'église représente un chiffre d’affaires do 20 millions environ, et celle des parapluies 6 millions; le surplus est vendu au dehors.

L'approvisionnement des ateliers do teinture a nécessité rétablissement d’usines de produits chimiques dont la production atteint 80 millions.

Citons encore, parmi les industries lyonnaises : la stéarinerie; la savontierie ; la fabrication des acides (usines de Saint-Gobain, au faubourg do Saint-Fons); les produits pharmaceutiques ; la métallurgie (12,000 ouvriers); la bijouterie, la joaillerie, la Iréfilerie , V orfèvrerie, la fabrication des boutons do cuivre, do nacre et d’os; V imprimerie; la verrerie (quelques fabr. do vitraux); les cuirs et peaux (20,000 ouvriers); la minoterie; les pâtes

NOTIONS GÉNÉRALES SUR LYON

alimentaires-, la bière et los liqueurs ; la charcuterie, do réputation immémoriale; les chocolateries (40 usines); la chapellerie ; les meubles, spécialement los meubles do luxe ; les vêlements confectionnés, etc.

Mouvement intellectuel.

Par sa situation géographique, par son privilège do Capitale régionale, Lyon n’a cessé d'être le centre d'un mouvement intellectuel spécial qui a produit dans tous les genres nombre d’hommes célèbres. Douée maintenant d'une florissante université, dotée par la Ville, par la Chambre do commerce d'écoles cl d'instituts spéciaux, Lyon offre aux étudiants étrangers, outre des cours particuliers de vacances, un ensemble remarquable pour leur instruction.

L'enseignement supérieur so composo d'une université comprenant : facultés des Lettres, de Droit, des Sciences et do Médecine, dont 1 ensemble peut recevoir 1,500 étudiants ; un institut do Chimie et une école de Chimie industrielle (rue Pasteur, 65); une écolo française do Tannerie relevant de la faculté des Sciences: un Institut bactériologique de Lyon et du S.-E. (quai Claude-Uernard, 18), sur lo modèle do l'institut Pasteur.

L'enseignement secondaire comprend trois lycées : lycée Ampère, ruo do la Bourse, Petit-Lycée pour les classes inférieures, à Saint- Rambert ; lycée Edgar-Quinot (jeunes tilles), plaro lidgar-Quinct.

L 'enseignement primaire offre deux écoles normales d'instituteurs ou d'institutrices.

Los enseignements spéciaux sont marqués au coin du sens éminemment pratique des lyonnais : Ecolo supérieure de Commerce (rue do la Charité, 51); Ecolo de Commerce pour jeunes tilles (quai do l’Hôpital, 6); Enseignement colonial (palais du Commerce) ; Ecolo centrale lyonnaise (rue Chcvroul, 16); Société d'enseignement professionnel du Rhône (place des Terreaux, 1), qui sert aussi grandement au recrutement commercial; Ecole nationalo vétérinaire (quai de Pierro-Scize, 1); Ecole pratique d'agriculture du Rhône (à Ecully); Ecolo nationalo des beaux-arts (palais des Arts), dont un des rôles principaux est do former les dessinateurs pour la fabrique do la soierie: Conservatoire national de musique (quai do Dondy), sous la direction du ministère des Beaux-Arts; Ecole do la Martintère (rue des Augustins, 9), écolo professionnelle do l’industrie; Ecolo municipulo de tissage (place Hollofort, 2), servant à l'enseignement do la théorie et do la pratique do toutes les opérations relatives au tissago, au dévidage, à l’ourdissage, au pliage, etc., de diverses sortes d'étoffes, plus particulièrement do la soierie; Ecole professionnelle d’horlogerie (rue Duguesclin, 115).

I. Ecole du Service de santé, militaire (avenue des Pouts, 18) a été transférée à Lyon, à la suite do la guerre de 1810.

L ‘enseignement libre comprend, outre les facultés catholiques do Lyon, nombre d'écoles d’enseignement secondaire.

L'enseignement supérieur municipal a. pour but do mettre à la portée do tous la culture intellectuelle la plus haute; il consiste en cours du soir laits au palais des Arts par les professeurs de l'Université et du Lycée. — Il existe enfin une Université populaire (ruo Hénon, 8, à la Croix-Rousse).

L’étranger qui désirera visiter les collections et les musées techniques (outre ceux que nous indiquons au cours do la visite), que contiennent la plupart do cos écoles ou instituts, fera biou do demander la permission d'avance et par lettre.

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