‹ Guide-Joanne pour Lyon et ses environsChapitre 10 sur 247 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

Couthon ot Javognes amenèrent devant Lyon les levées on masse do l' Auvergne et du Forez; Kellerinann fut remplacé par Doppet. Quand Frécy jugea la situation désespérée, il tenta une derniero sortie et réussit il s’ochappor (9 oct.). Lo lendemain les troupes républicaines entrèrent dans la ville. Un décret du ‘21 du promior mois (1-2 oct.) ordonna quo les contrerévolutionnaires do Lyon seraient punis militairement, que la ville sorait détruito, que tout ce qui avait été habité par les riches sorait démoli, qu'on no conserverait quo les maisons dos pauvres ot des patriotes, les édifices employés à l'industrie, et les monuments consacrés ii l'humanité ou A l'instruction publique; quo la réunion des maisons conservées porterait le nom do Commune-A/Tranchie. L'exécution du décret fut confiée A Collotd’Herbois, Fouché et Montant, qui firent procéder, dans la plaine des Brotteaux, A des exécutions en masse au moyen de canons chargés A mitraille, Lo nombre total des prisonniers mis en jugement fut de 3.528 : 1,68-2 furent condamnés A mort et exécutés et 162 furent condamnés A la détention jusqu'à la paix

Lo 16 vendémiaire an III (6 oct. 179-4), la Convention décréta quo « Commune-Affranchie » reprendrait son nom do Lyon. Mais bientôt les royalistes lyonnais reprirent l’offensive ; Fréoy, do retour, fit régner une nouvelle terreur, dirigée cetlo fois contre les républicains ou Mntheeons (massacre du 16 floréal an III), et dont la Compagnie de Jéhu ou de Jésus fut le principal instrument. Cette situation troublée se prolongea sous lo Directoire, et ce n'est quo sous lo Consulat quo la ville retrouva enfin du repos.

Jacquard inventa à Lyon, en 180*2, le métier qui porte son nom. Napoléon rebâtit les façades de la idaco Bellecour, rendit les églises au culte, fonda les écoles de dessin, fit construire lo pont do Tilsitt. Niais, le 21 mars 1814, les Autrichiens entreront à Lyon. Un an après, l’Empereur, évadé do l'îlo d’Elbe, y arrivait avec uno petite armée. Le désastre de Waterloo ouvrit do nouveau la frontière, et lo 17 juillet les Autrichiens roparuront. Lo général Mouton-Duvernet, gouverneur de Lyon, qui s’était rallié A l’Emporcur, fut fusillé sur le chemin dos Etroits (1816).

En 1831, un grave différend du tarif entre patronat et salariés fut la cause d'un soulèvement grave oà les ouvriers prirent les armes autour du drapeau noir portant l’inscription sinistre : « Vivre en travaillant ou mourir on combuttant ». La garnison dut évacuer la ville, et il ne fallut rien moins que l’intervention d'une armée commandée par lo duc d'Orléans et le maréchal Soult pour pacifier la grande cité, qui bientôt vit de nombreux forts se construire autour de son enceinte.

En 1834, une nouvelle insurrection, à la fois économique et politique, fit 300 victimes. Les inondations do 1840 et 1856 causèrent de véritables désastres. Les années 1870 ot 1871 virent des insurrections socialistes, et, pour éviter des conflits sanglants, le gouvernement dut laisser le drapeau rouge flotter sur l'Hôtel de Ville. Lyon a été en 1872 et 1894 lo théâtre do deux expositions internationales au parc de la Tôte-d'Or. Les fêtes données lors do la seconde, A l'occasion de la visito du président do la République, ont été brusquement terminées par l'assassinat de Carnot, tombé sous le poignard d'un anarchiste italien, lo soir du 24 juin 1894, au moment où, d'un banquet donné au palais du Commerce, le président se rendait au Grand-Théâtre.

Lyon a vu naître notamment : les empereurs romains Claude (mi en l'an 10 av. J.-C.), Géta (j- 212) ot Caracalla (t 217); — Germanie»» (né en l'an 16 av. J.-C.); — lo soldat do fortune Claude Martin (1735-1800). dont les immenses richesses, acquises dans l’Inde, ont servi A doter Lyon d’établissements utiles (école de la Martinière); le général Duphot (1770-1798); lo maréchal Suchet, duc d’Albuféra (1778-1826); — lo calculateur Harrâme (1630-1703), connu par sos tablos; — les botanistes Antoine (1686-1758), Uemard (1699-1777) et Joseph (1704-1779) de Jussieu, ot leur neveu, Laurent

LYON

NOTIONS GÉNÉRALES SUR LYON

(1718-1836). le créateur delà méthodo « naturelle »; — l’immortel physicien André-Marie A mpère (1775-1836) ; — /four gelât (1712-1779), fondateur des écoles vétérinaires; — les chirurgiens Gensoul (1797-1858), Ollier (1825-1900); — le chimisto J.-D. Ouimet (1795-1871); — les mécaniciens Truchet (1657-1729) et Jacquard (1752-1834), l'inventeur de la machine à tisser,-

— les architectes Jean Perréal , «lit Jean de Paris, qui fut également sculpteur et peintre (1445-1529), Philibert Delorme (1515-1577), une des gloires ae la Renaissance, Servandoni ou mieux Servandony (1G95-17G6), Dardel (1796- 1871) et Bossan (1814-1888); — les sculpteurs Antoine Coyserox (1640-1720), iXicolas (1658-1733) et Guillaume Coustou (1677-1746), Perruche (1726-1779), qui fut aussi ingénieur, Chinard (1756-1813), Lemot (1771-1827), Legendretlêral (1795-1851); — les peintres Jacques Stella (1596-1657), Claude Audran (1591-1677), J.-J. de Boissieu (1736-1810), Antoine Berjon ( 1754-1843), J.-C ■ flonnefond (1796-1860), Hippolytc Mandrin (1809-1864) et son frère Paul (1811- 1902), irimolet (1798-1868). Saint-Jean (1808-1860), Montessuy (1804-1876). Claudius Jacquand (1805-1878), Biard (1798-1881), Janmot (1814-1892), Meissonier (1815-1891), Paul Chenavard (1807-1895). Paris de Chavannes (1821- 1898); — le graveur Gérard Audran (1640-1703); — l’imprimeur Ilarbou (xvi* s.), fondateur do la célèbre famille de ce nom; — l'érudit Grollier (1479-1565), philologue et numismate; — les littérateurs Sidoine Apollinaire (430-489), Meigret (1510-1565), grammairien, Omise Charly dite Labé (1525- 1566), surnommée « la belle Cordièro » et « la Sapho Lyonnaise », le poète conteur Jacques Vergier (1655-1720), l’abbé Morellet (1727-1819), le philosophe Ballanche (1776-1847), de Gérando (1772-1842), Carmouche (1797-1868), Mgr Perraud , membre de l'Académie française, évêque d'Autun (né en 1828); Mgr Deguerry (1796-1871); — le chansonnier Pierre Dupont (1821- 1870); — le poète Joscphin Soulary (1815-1891); — les hommes politiques Jules Favre (1809-1880); Jean Beynaud (1806-1863); Burdeau (1851-1894); — les énonomistes Benjamin Delessert (1773-1847); J. -B. Say (1787-1832; ; — Mme Bècamier (1777- 1849), dont le salon fut célèbre sous la Restauration;

— l’acteur Pierre-Frédéric Achard (1808-1856), etc.

Le siège primatial do Lyon a été occupé par un grand nombre de cardinaux et par dos prélats illustres par leurs talents ou leur caractère : le théologien Agobard (vm'-ix* s.); Hugues de Bourgogne (1085-1106); Pierre de Cliampagny (1272-1273), qui fut plus tard le pape Innocent V; le cardinal Fescli (1802-1839), oncle do Napoléon Pr; le cardinal de Ilonald (1839-1870), etc.

Industrie et Commerce.

La grando industrie do Lyon, la soierie, importéo d’Italie et d’Espagno, tenait déjà une large place dans le commerce lyonnais, lorsqu'on 1450 Charles VII accorda à Lyon le monopole de la vente de la soie pour tout le royaume. En 1536, Etienne Turehetti et Harthélemy N’ariz, négociants piémontais de Cherasco, montèrent vingt métiers de tissage. François Ier, alors à Lyon, déchargea les ouvriers de tout impôt et do tout service -do milice. Aussitôt ils affluèrent; quelques années après ils étaient 12,000, lucquois, florentins, milanais, génois. Dans la seconde moitié du xvPs., les guerres de religion arrêtent suintement l’essor merveilleux que l'industrio lyonnaise de la soierio avait pris en vingt ans. Dès le coinmenc. du xvn« s., là prospérité renaît, entravée do nouveau par la révocation do ledit do Nantes. Cependant, c'est dans le siècle suivant que les manufactures lyonnaises atteignent leur apogée. Elles doivent ce succès à des ouvriers admirables et à dos dessinateurs de génie, élèves de Philippe de la Salle.

La Révolution vient anéantir tout cet éclat. Mais, dès 1801, l'invention de Jacquard ouvre une ôro nouvelle; en 20 ans le nombre des métiers

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