PLACE BELLECOUR
Quartier Bellecour.
Moyens de communication. — Presque tout lo réseau des trams passo ou aboutit à la pl. Bellecour (P. ci-dessous).
Aspect général. — C'est le ouartier des élégances do Lyon. Au S. et sur 1 a pl. même se concentre la vio do l'aristocratie et do la haute bourgeoisie. Au N. commence le mouvement commercial.
Saint-Martin d'Ainay.
Continuant à remonter la rue Victor-Hugo on voit à l’angle de la rue Sala (entrée par la rue Boissac) l’ancien hôtel Varissan, auj. Ilôlel du Gouverneur, commandant le 11e Corps d’armée et généralissime de l’armée des Alpes.
La superbe place Bellecour (Pl. E, 3; 310 m. de long, sur 200 m. de larg.), encadrée par deux belles façades construites en 1800 pour remplacer celles détruites en 1793. qui avaient été exécutées sur les dessins de Mansart, est ornée de jardins, de fontaines (puissants jets d’eau) et décorée au centre de la statue équestre de Louis XIV , par Lemot. Elle est par excellence la promenade lyonnaise à la mode et le rendez-vous des étrangers, surtout aux heures des concerts (musique militaire de 2 à 3 ou
QUARTIER SAINT-JEAN
de 3 à 4 h. en hiver, de 5 à 6 h. en été, de 4 à 5 h. aux saisons intermédiaires; concerts les soirs d’été de 8 h. 30 à 11 h.). Deux pavillons symétriques sont occupés par le café-restaurant de la Maison Dorée (O.) et le service de la police (E.). Un marché aux fleurs permanent occupe sa face S.-E. — A l’angle S.-E. de la place est l’hospice de la Charité (PI. 30), appelé d’abord V Aumône générale de Lyon et qui, suivant les lettres patentes de 1729, « a servi de modèle à tous les autres hôpitaux du royaume, et même à l’hospice général de Paris ». Sa fondation date de la famine de 1531. 11 contient 1,000 à 1,200 lits. L 'église de la Charité (PI. 30) a été bâtie en 1017 et restaurée en 1842 (vitraux de Bégule, retraçant l’histoire de l’hospice). — L’hospice de la Charité est contigu à l’ hôpital militaire Desyenettes, occupant les bâtiments de la « nouvelle douane » (plus de 1,000 lits).
[[Le quartier Bellecour contient on outre : Yéqlise Saint-Joseph (ancienne chapelle dos Jésuites, roman moderne très fleuri), rue Sainte-Hélène, que l'on pourra visiter en revenant d'Aiuav à Bellecour ; — l'église Saint-Francois-de-Salles (PI. 10), au coin de la nie Sala et do la rue Auguste-Comte, que l'on pourra voir en faisant un crochet de la rue Victor-Hugo à la pl. Bellecour; construite en 1688, restauréo par Benoît, elle est surmontée d'une coupole octogonale, avec des pointures do Dcnuelle et de Janmot; — au n* 12 do la rue de Sala (au 2'), le Musée de la Propagation de la Foi, ouvert t. 1. j. de 9 à 11 h. et de 1 h. à I h., le dim. de midi à 3 h.; il contient des objets rapportés par des . missionnaires catholiques des cinq parties du monde ; la partie la plus curieusement émouvante est le « reliquaire », reliques et souvenirs des missionnaires; — l 'Institut catholique (rue du Plat, 25-35), facultés do Droit, dos Sciences, de Théologie, des Lettres, avec Musée de zoologie et de géologio, collections do physique et de chimie, etc.; — entre Bellecour et le quai des Célestins, sur une place décorée d’une fontaine en fonte, le théâtre des Célestins (Pl. 42), où l'on joue le drame, le vaudeville, la comédio et l'opérette; la façade est décorée des bustes do Victor Hugo, de Musset et de Scribe; — la place des Jacobins, avec une élégante fontaine monumentale on marbre, ornée dos statues de Philibert do l'Orme, Coustou, G. Audran et Ilippolyte Flandrin.J
Quartier Saint-Jean.
Moyens de communication. — Les divers trams qui aboutissent à Bellccour, avec correspondance (gratuite) pour Montplaisir-Archevêché; — bateaux-mouches (station de Saint-Jean, pas toujours desservie par les fortes eaux, il la deso.).
Aspect général. — Resserré entre la Saône et Fourvière, Saint-Jean est par excellence le vieux Lyon et se ressent des remparts élevés par les chanoines comtes de Lyon.' 11 est habité, autour de Saint-Jean, par le clergé, les fabricants d'ornements «l'église, d'orfèvrerie religieuse, de vitraux, statues, etc. Autour du Palais de Justico il est plus fréquenté par les gens do robe.
De Bellecour le visiteur prendra à l’angle N.-O., dans la direction bien visible de la colline de Fourvière, la rue Bellecour et son prolongement le pont Tilsitt (jolie vue sur la Saône et les collines qui la dominent : à g., le fort de Saint-lrénée, le Grand
Place Iîellccour. — Cliché IS'eurdein.
26 QUARTIER SAINT-JEAN
Séminaire, et au-dessous le quartier Saint-Georges; en face, Fourvière; à dr., sur le bord de la Saône, le Palais de Justice et sa colonnade ; au loin à dr., les Chartreux et le commencemen t du faubourg de la Croix-Rousse.
Au delà, dans la continuation du pont, prendre le cours de l'Archevêché , qui côtoie à dr. V Archevêché, construit dans les dernières années du xv' s. et restauré par Souftlot.
La salle des Pas-Perdus renferme un grand nombre de portraits d’archevêques de Lyon, depuis Renaud du Fore* (1193-1226).
Continuant et laisssant en face la gare des funiculaires de Saint-Just et de Fourvière, on tourne à dr. vers la place Saint- Jean.
A dr., en prolongement de la cathédrale, s’élève un large frontispice tapissé d’areatures du xi" s. et dont la porte, ornée de briques incrustées, est surmontée d’une croix dessinée aussi par des incrustations. C’est la seule partie remarquable de l’ancienne manécanterie (maison des chantres : mane cantare, chanter matin), qui a été mutilée par les protestants en 1362, et dont plusieurs restaurations modernes ont malheureusement altéré le caractère.
L’église primatiale Saint- Jean (PI. 1) s’élève sur la place Saint-Jean, au pied du coteau de Fourvière. Son chevet, dont on a une belle vue depuis le pont Tilsitt, est tourné vers la Saône. Elle a remplacé deux édifices d’origine romaine, Sainte- Croix et Saint-Etienne, dont le dernier servit de cathédrale jusqu’au xm* s. Saint-Jean est, par son architecture (le style roman pur et le style ogival de la fin du xue s. s’y superposent alternativement sans s’y mêler), un des édifices les plus curieux de la France. Les recherches de M. Guigue, archiviste du Rhône, permettent de placer entre 1107 et 1118 les premiers travaux du chœur; mais il est probable que l’édifice fut repris sur de nouvelles bases de 1165 à 1180, longtemps avant d’être achevé, et que seule la chapelle Saint-Pierre, au N. du chœur, complètement romane, peut remonter à 1110 ou 1115 env. Les travaux furent continués au xin" s. par la nef et terminés, aux xive et xv® s., par la façade. L’édifice, long de 93 m., haut de 32 m. à l’intérieur de la grande nef, est dominé par quatre tours qui ne paraissent pas avoir reçu de flèches.
Deux des tours, les moins belles, flanquent la façade. Celle-ci s’ouvre par trois portails dont les statues sont détruites; mais on voit encore les statuettes des voussures et, au bas des grandes niches vides des jambages, une série de médaillons figurant des scènes bibliques ou évangéliques, particulièrement l’histoire d’Adam et d’Eve (on devra suivre les sujets dans le sens horizontal en passant d’une niche à l’autre). Ces portes sont de la fin du xm* s.; une galerie de la Renaissance les sépare d’une rose flamboyante; le gable et les tours furent terminés en 1480.