‹ Guide manuel de la bonne compagnie du bon ton et de la politesseChapitre 117 sur 161 · L^OBLIGEANT MALADROIT · texte numérisé non relu

L^OBLIGEANT MALADROIT

11 y a des gens qui vous rappellent si souvent les services qu'ils vous ont rendus, qu'on a vraiment bien de la peine à leur conserver de la reconnaissance. Charles vous répétera chaque fois qu'il vous rencontrera : — Vous souvenez-vous de quel cruel embarras je vous ai tiré à telle époque, en vous prêtant ma bourse? — Savez-vous que vous avez été bien heureux de me trouver en fonds, lorsque vous avez été obligé de rembourser ce billet de mille francs? — Sans moi, vous n'auriez pas pu faire le bon marché dans lequel je vous ai cautionné, etc., etc.

Si jamais vous avez besoin d'emprunter, allez plutôt trouver un usurier qu'un ami comme Charles ; cela vous fera moins de tort dans le monde.

Si vous vous trouvez dans le cas d'obliger un ami, souvenez-vous de ce passage de FAlcoran : a Que ta main gauche ignore ce que ta main droite a donné, n

DE l'ingrat.

Oubliez le bon office que vous avez rendu, car ce n'est qu'à cette condition que l'obligé vous le pardonnera,

RÉSUMÉ

1. Un bienfait reproché a perdu tout son prix ; c'est une injure.

2. Si vous parlez à quelqu'un de ce que vous avez fait pour lui, c'est lui donner quittance de la reconnaissance qu'il pourrait en avoir.

3. Empruntez plutôt à un usurier qu'à un ami qui, dans toutes les occasions, vous parlerait de ce qu'il a fait pour vous.

4. Vous devez oublier les services que vous avez rendus ; c'est aux autres à s'en souvenir.

Page 1