DU LOGEMENT CONFORTABLE
table, et s'il ne le retire pas d'ici à quatre jours, je le fais tuer sans cérémonie.
— Tiens, tiens, tiens î dit le portier en remettant sa casquette , tuer un dépôt ! c'est drôle tout de même !
Trois jours plus tard, M. Lah** reparaît chez le portier.
Hé bien, le colonel C. est-il emménagé, cette fois-ci ?
— Pas encore, Monsieur; est-ce que vous avez encore son dépôt ?
— Mon Dieu oui, je l'ai encore, son affreux dépôt?
— Si j'osais demander à Monsieur ce que c'est !
— Parbleu ! vous le savez bien, c'est son lion.
— Qmi ! comment, son lion ?
— Mon Dieu oui! le lion qu'il a amené d'Afrique. Bel animal, ma foi, gros comme un âne, et qui couperait un homme en quatre d'un seul coup de dents !
— Miséricorde, est-ce bien possible? un lion?
Et le portier de quitter sa loge, de grimper l'escalier quatre à quatre, en appelant le propriétaire et criant à s'égosiller, un lion ! Monsieur, un lion!
Le propriétaire se hâte de descendre tout effrayé.
— - Est-il possible. Monsieur, que le colonel ait un lion ! un féroce lion ?
— C'est si bien possible que n'en voulant plus entendre parler davantage , je vais tout-à-l'heure le faire conduire dans ses appartements.
— Du tout. Monsieur, du tout, je m'y oppose, il n'entrera pas de lion chez moi, et j'en parlerai vertement au colonel.
— Vous..,, au colonel.., oui, je vous conseille de
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VOUS y frotter ! mais, Monsieur, vous ne savez donc pas qu'il est deux fois plus tigre que son lion.
— N'importe, je ne veux pas me faire donner congé par tous mes locataires ; un lion ! J'ai un bail d'ailleurs, et nous verrons.
— J'ai l'honneur de vous faire observer que le superbe animal est privé comme un chien, doux comme un agneau. Depuis huit jours qu'il est chez moi il ne fait que courir de la cave au grenier et il n'a encore estropié personne. D'ailleurs, mon ami le colonel m'a fait hre son écrit que je crois même avoir sur moi; tenez, justement le voilà, ce bail : il y est dit qu'il n'aura chez vous, ni enfant, ni chien, ni chat, ni perroquet, mais il n'y est pas question de lion.
— 0 mon Dieu 1 mon Dieu ! voilà une belle affaire ; un lion î il y a de quoi me ruiner, car ma maison va devenir déserte. Monsieur, votre ami paraît avoir une grande confiance en vous ?
— C'est vrai, Monsieur; il a toujours suivi exactement mes conseils, excepté pour son lion.
— Scélérat de lion, va ! Vous comprenez ma fatale position, et si vous vouliez
■— J'avoue que je pourrais prendre sur moi... mais l'affaire est très délicate : vous avez accepté le denier à Dieu.
— Tenez, Monsieur, s'empressa dédire le propriétaire, le voilà, je le lui rends, et si vous voulez déchirer les deux baux, je vous aurais une reconnaissance éternelle. Maudit lion !
— Vous avez des manières si gracieuses, qu'en vérité, Monsieur, je ne me sens pas la force de vous refuser.
Les deux écrits furent déchirés, et le colonel se logea convenablement dans la rue Laffitte, pour le même prix.
RÉSUMÉ
1. Choisissez un appartement qui soit en rapport avec votre fortune et vos goûts.
2. Qu'il y ait de l'air, du soleil, et pas d'humidité, si vous tenez à votre santé et à celle des vôtres.