BU CAFÉ
« Quoi, disaient-elles, monsieur est turc? C'est vraiment bien original que d'être turc ! » Et toutes s'empressaient de lui rendre visite. Il leur faisait servir du café, selon l'habitude de son pays. Des esclaves richement vêtus le versaient dans de superbes tasses de porcelaine entourées de serviettes à franges d'or. Un air d'élégance inconnue accompagnait ce service, rendu plus piquant encore par l'aspect étranger des meubles et des habillements, et par la singularité d'être assis sur de magnifiques carreaux et de parler au maître de la maison au moyen d'un interprète. Tout cela était bien fait pour séduire les dames; aussi mirent-elles à la mode Soliman et, par contre-coup, son café. Voici comment cette boisson, aujourd'hui si répandue, s'est introduite en France, où elle est devenue un objet de première nécessité.
Après le> dîner, lorsque tout le monde est rentré au salon, un domestique apporte le café qu'il dépose sur une console. La maîtresse de la maison s'empare de la cafetière et emplit les tasses. S'il y a peu de monde elle présente elle-même les tasses aux convives, chacun à son tour, en commençant par les dames, puis aux messieurs. S'il y a beaucoup de monde, ce sont deux domestiques qui sont chargés de ce soin. L'un porte la tasse sur un plateau, Tautre le sucrier.
Généralement les messieurs prennent le café debout. Ceux qui veulent faire un gloria trouvent une bouteille d'eau-de-vie de Cognac sur la console, ainsi que des petits verres. Les amphitryons font ordinairement les honneurs des liqueurs fines.
Il y a des gens qui, pour faire un gloria, versent de l'eau-de-vie sur un morceau de sucre qu'ils placent
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au-dessus de leur café au moyen de leur cuillère qui le maintient, puis ils y mettent le feu. C'est, ma foi, une très bonne chose, mais qui ne se fait qu'au cabaret et à l'estaminet,
RÉSUMÉ
1. Le café que Ton sert après un dîner de cérémonie doit être de la meilleure qualité possible ; c'est nommer le moka.
2. Il doit être, au moment où on le sert, clair, fort et très chaud.
3. Quand il en reste dans la cafetière, iln'y a point d'indiscrétion à en offrir encore un peu à un convive qui a fini sa tasse, mais il y aurait impolitesse à en redemander.
k. Ne mettez jamais les doigts dans le sicrier ; servez-vous de la pince à sucre pour en prendre.
5. Servez-vous de sucre modérément, afin qu'il y en ait pour tout le monde.
6. Quand vous avez fini de prendre votre café, reportez votre tasse sur la console et ne la posez jamais sur un autre meuble, encore moins sur la cheminée.
7. Ne faites jamais brûler ni eau-de-vie ni gloria dans votre tasse; car, outre l'impolitesse de ce procédé, vous risquez de gâter ou casser une porcelaine qui peut être plus ou m-oins précieuse.
8. Vous pouvez accepter un petit verre d'eau-devie plein, sans tirer à conséquence. Si vous en acceptiez un second vous paraîtriez avoir un défaut.