‹ Guide officiel du Klondike [microforme]Chapitre 17 sur 54 · REA · texte numérisé non relu

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A trente milles environ au-dessus du confluent de l’autre branche, McDonald trouva des chutes dont il estime la hauteur comme étant de 100 à 200 pieds. J'ai rencontré depuis, plusieurs autres personnes qui les avaient vues et dont l'avis coïncidait avec le sien. Au-dessus des chutes il trouva des terrasses de graviers s’élevant du côté de l’ouest et du côté du nord ; il les traversa en se dirigeant au nord et se trouva alors sur un fleuve dont le cours suivait la même direction. Il s’embarqua le même jour sur un radeau, au moyen duquel il en descendit le cours pendant deux jours, espérant le voir fléchir vers l’ouest pour aller rejoindre la Stewart. S’apercevant alors que le fleuve prenait une importance trop considérable pour qu'il pût être un des affluents qu'il avait vu en remontant la Stewart, il revint à son point de départ. Après avoir exploré les environs du haut de la rivière, il repartit ensuite en se dirigeant vers l’ouest et traversa une chaîne de montagnes assez élevées, composées d’argiles schisteuses où il aperçut de nombreux filons, épais de un à six pouces, qu’il a cru reconnaître pour du quartz.

A l’ouest de cette chaîne, il arriva enfin à une rivière sortant de ce qu'il avait appelé le lac Mayo et, après l’avoir traversée, arriva au haut de la Beaver River, qu’il descendit comme nous venons de le voir.

Il est probable que le cours d’eau se dirigeant vers le nord, sur lequel il avait fait un voyage d’aller et retour, devait être un affluent de la Peel River. Il me dit que les bois qu'il avait aperçus sur les bancs de gravier étaient chétifs et clairsemés. Il était resté seul dans ce désert inconnu, pendant tout l’été, sans même avoir entrevu un indigène. Il y a peu d'hommes, je crois, qui soient constitués de façon à pouvoir s’isoler ainsi pendant longtemps. D’après les renseignements que j'ai pu me procurer, il me paraît probable que des vapeurs d’un faible tirant d’eau pourraient naviguer sur toute la Stewa.t et sur ses affluents.

De la Stewart River jusqu’à l'emplacement du Fort Reliance,* pendant soixantetreize milles environ, le Yukon est large et parsemé d'îles. Sa largeur moyenne est de un demi mille à trois-quarts de mille, mais on trouve beaucoup d’endroits où il atteint une largeur a’un mille ; à ces endroits, cependant, les îles sont tellement nombreuses, qu'on ne peut guère dire que le fleuve est plus large qu'ailleurs. Entre ces deux derniers points, on ne rencontre aucun affluent important.

A treize milles au-dessous de la Stewart River une large vallée vient déboucher sur le fleuve, maïs le cours d’eau qui en sort n’est guère qu'un ruisseau. L’emplacement de ce ruisseau paraît coïncider avec celui de la Sixtymile River. qu’on supposait être à peu près à la même distance en amont du fort Reliance, mais le ruisseau lui-même ne ressemble guère à la description qu'on m'avait faite de la Sixtymile. D'ailleurs, la Sixtymile, étant d’une longueur considérable, ne saurait être confondue avec le ruisseau en question.

A vingt-deux milles et demi de la Stewart River, un autre ruisseau de plus fortes dimensions pénètre dans le Yukon du même côté ; son apparence coïncide bien avec les descriptions de la Sixtymile River et je l'ai indiqué comme tel sur mes cartes. Ce cours d’eau n’a d'autre importance que celle qui se rattache aux richesses minières qu’on pourrait y découvrir. f

* Poste jadis occupé par MM. Harper, McQuesten & Co,

+ La Sixtymile River a une longueur de cent milles ; son cours estexcessivement tortueux, le courant y est trés fort et entrecoupé de rapides à des intervalles fréquents, et par conséquent est très difficile à remonter.

Les creeks (ruisseaux) Miller, Glacier, Gold, Little Gold et Bed Rock, sont tributaires de la Sixtymiie. Les plus riches découvertes d'or faites à l'intérieur depuis 1894 ont été faites sur ces ruisseaux ; ceci est vrai surtout des deux premiers.

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À six milles et demi en amont du fort Reliance, la Kiondyke River* des Indiens, (Deer River de Schwatka) se jette dans le Yukon en venant de l’est. C’est un petit cours d’eau peu profond, dont la largeur est de cent yards environ à son embouchure ; les eaux en sont claires, transparentes et d’une belle couleur bleue. Les Indiens y prennent du saumon en quantité. 1]s venaient de commencer leurs pêches quelques temps avant mon arrivée, et jusqu’à une certaine hauteur je trouvai la rivière pleine de pièges à saumons.

En 1887, pendant la saison, un mineur avait exploré le cours de cette rivière en le remontant jusqu’à quarante milles’ de distance. Je n'ai pu le voir, maïs j'ai obtenu en sous main quelques renseignements qu’il avait fournis. L'eau de cette rivière est tellement belle et claire que je pensais qu’elle devait sortir d’un lac quelconque que je croyais situé plus haut à peu de distance ; mais le mineur n'avait aperçu aucun lac. Il avait raconté, au contraire, que le courant était passablement faible et entrecoupé de petits rapides de temps à autre. Au point où il s'était arrêté pour revenir sur ses pas, la rivière était entourée de hautes montagnes dont les pics étaient couverts de neige, ce qui expliquait la pureté et la limpidité de l’eau,

Il paraît que les Indiens remontent très loin sur ce cours d’eau pour aller à la chasse, mais jamais je n’ai pu obtenir d'eux des renseignements bien précis à cet égard.

À douze milles et demi au-dessous du fort Reliance, la Chandindu River, ainsi nommée par Schwatka, vient se jeter dans le fleuve. Elle a trente à quarante yards de largeur à son embouchure, à partir de laquelle un rapide continu existe jusqu’à un demi mille plus haut. La vallée en est large et se prolonge au loin vers le nordest à partir de l'embouchure.

Entre le fort Reliance et la Fortymile River (appelée Cone Hill River par Schwatka) le Yukon reprend son apparence normale. On y rencontre moins d'îles ; il devient plus étroit, ne présentant plus guère que 400 à 600 yards de largeur et le courant devient plus régulier.

La Fortymile Rivert rejoint le fleuve en venant de l’ouest. La direction générale de son cours, pendant 23 milles jusqu’à la frontière, est au sud-ouest ; plus loin, au dire des mineurs, elle se dirige vers le sud. Il y en a beaucoup d’entre eux qui prétendent l’avoir remontée à plus de cent milles et qui s'accordent à dire qu’à

En été on transporte les provisions pour les mines, en remontant d'abord la Fortymile pendant 26 milles, et de là on les porte à bras jusqu'aux sources des creeks Miller et Glacier. En hiver on les transporte dans des traîneaux attelés de chiens.

Le voyage de Cudahy ou Fortymile au poste à l'embouchure de la Sixtymile se fait en remontant la Fortymile jusqu'à un point où l'on traverse pour atteindre la Sixtymile, dont on redescend le cours rapide jusqu'au poste. Au retour, sur le Yukon, presque tout le voyage se fait avec le courant.

Indian Creek pénètre le Yukon en venant de l’est à 17 milles environ en aval de Sixtymile. On prétend que ce ruisseau est fort riche, mais le manque de provisions en a retardé le développement,

MM. Harper, McQuesten & Co. ont un poste et une scierie sur une île située à l'embouchure de la Sixtymile. M. J. Ladue, un associé de la maison qui était autrefois un employé de la Alaska Commercial Company, est chargé de la direction de ce poste.

* Dawson City, située à l'embouchure de la Klondyke et fondée il y a quelques mois seulement, est déjà le théâtre d'une grande activité. On a récemment découvert des dépôts d'or extrêmement riches sur la Bonanza et sur les autres affluents de la Klondyke,

+ L'emplacement de la ville de Fortymile se trouve au sud du point de confluence de la Fortymile avec le Yukon, La Alaska Commercial Company a un poste ici, qui se trouve sous la direction de L. N. McQuesten depuis quelques années ; on y trouve aussi plusieurs forges, restaurants, salles de billard, boulangeries, théâtres, etc. A un peu plus d’un demi mille plus bas, la ville de Cudahy fut fondée sur la rive nord de la Fortymile, pendant l'été de 1892. Cette ville a été nommée d'après un membre bien connu de la North American Transportation and Trading Company. Sa population et le commerce de la ville, sont à peu près sur un pied d'égalité avec ceux de la ville voisine, de l’autre côté de la rivière. Cette concurrence a réduit de beaucoup les prix de tout. La North American Trading and Transportation Company y a construit une scierie et de grands magasins. Le fort Constantine a été établi ivi aussitôt après l'arrivée du détachemeut de la Police à cheval du Nord-Ouest, à la fin du mois de juillet, 1895.

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