‹ Guide officiel du Klondike [microforme]Chapitre 18 sur 54 · LT · texte numérisé non relu

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ment du poste à Fortymile était cause que l’Indien s'était aventuré sur ces eaux dangereuses et que, par conséquent, las blancs étaient responsables de sa mort. Il paraît certain que s’il n’y avait pas eu tant de blancs dans le voisinage il aurait essayé d'exiger réparation par la force.

La longueur de ce prétendu cañon est d'environ un mille. Ce passage franchi, la rivière est tranquille jusqu’à la frontière et le courant, qui est entrecoupé de petits rapides, est généralement assez fort. Le volume d’eau contenu dans ce cours d'eau est considérable, mais il n’est guère probable qu'il soit jamais navigable à cause de la rapidité du courant et du nombre des rapides.

Depuis la Fortymile jusqu’à la frontière, le Yukon présente les mêmes car..ztères généraux qu'entre le Fort Reliance et la Fortymile. Sa largeur maxima est ici d'un demi mille environ, tandis que la largeur minima est d’un quart de mille à peu près.

À quinze milles au-dessous de la Fortymile River on aperçoit une grande masse de roc sur la rive droite ; Schwatka l'avait appelée ‘‘ Roquette Rock,” mais les mineurs la désignent sous le nom de ‘‘ Old Woman Rock ; ” sur la rive gauche on aperçoit une autre masse toute pareille à la première, qui est connue sous le nom de ‘‘ Old Man Rock.”

Ces noms sont tirés d’une légende indienne que je donne plus bas, telle qu’elle m'a été racontée par les habitants du pays :—

Dans les temps passés vivait un shaman tout-puissant ; les Indiens prononcent ce mot Tshaumen, nom sous lequel on désigne les ‘‘ hommes-médecine” parmi les Indiens du sud et de l’est. La position sociale et l'influence des Tshaumen parmi ces peuplades, correspondent à celles des sages et des mages de l'antiquité en Orient. Dans le royaume de ce shaman tout-puissant, demeurait un pauvre homme dont le malheur était d’avoir pour femme une affreuse mégère. Pendant longtemps il supporta son malheur sans murmure, espérant qu’un jour sa femme deviendrait plus douce, mais le temps ne fit qu'augmenter son affiction ; fatigué enfin d’être toujours en proie à ses tourments, il se plaignit au Shaman, qui le consola par de bonnes paroles et le renvoya en lui promettant que tout finirait bientôt pour le mieux.

Peu de temps après, l’homme partit pour la chasse et resta absent pendant de longs jours, cherchant toujours, mais sans succès, à se procurer des provisions pour la maison. Epuisé de fatigue et mourant de faim, il rentra chez lui pour y trouver sa femme en proie à un accès de colère plus violent que jamais. Provoqué au dernier point, il ramassa toutes les forces qui lui restaient et d’un seul coup de pied l’envoya tomber de l’autre côté de la rivière. A peine tombée elle fut transformée en une masse de roc dont la présence en cet endroit est destinée à perpétuer la mémoire de sa méchaneeté et à servir de leçon à toutes les mégères de son espèce. La métamorphose en question fut opérée par le Tshaumen, mais on ne me dit pas par lequel des deux, du Tshaumen ou du mari, le coup de pied fut administré, ni où l’on trouva la force nécessaire pour projeter la bonne femme de l’autre côté de la rivière, qui a ici un demi mille de largeur. Le narrateur ne put m'expliquer non plus comment le mari, lui aussi, s'était trouvé transformé en une masse de roc ; pour moi, je n'ai pas d'explication à offrir à ce sujet non plus, si ce n’est pourtant

que peut-être le bonhomme se trouva ‘‘ pétrifié ” d’étonnement à la vue du résultat È

produit par son coup de pied.

De pareilles légendes intéresseraient, sans doute, nos ethnolgraphes, s'ils pouvaient les entendre directement de la bouche même des Indiens ; répétées par des hommes qui n’apprécient pas leur utilité et qui s’en préoccupent encore moins, elles perdent beaucoup de leur valeur.

Entre la Fortymile River et la frontière aucun cours d’eau important ne vient rejoindre le Yukon ; sur ce parcours on ne rencontre qu’une seule petite rivière, connue des mineurs sous le nom de Sheep Creek ; je l’ai désignée, moi, sous le nom de Coal Creek, parce qu’un ruisseau situé un peu plus bas, porte le même nom. Cette rivière se jette dans le Yukon en venant de l’est à cinq milles en aval de Fort)-

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Scierie de Harper et Ladue à Ogilvie, maintenant transportée à Dawson.

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A la frontière, le Yukon se rétrécit et ne présente plus qu’une largeur de 1280 pieds en hiver ; en été, à l’époque de la crue, cette largeur augmente de cent pieds à peu près. Immédiatement après avoir passé la frontière, le fleuve reprend alors sa largeur normale de 2,000 pieds. Au mois de décembre 1895, la section verticale des eaux à la frontière présentait une surface de 21,818 pieds carrés. Il v a là un chenal qui a 600 pieds de largeur sur une profondeur de 22 pieds au moins, et un autre passage dont la largeur est de 400 pieds, sur une profondeur d’au moins 26 pieds. En été, la profondeur des deux s’accroît de 4 pieds environ, en sorte que la surface présentée par la section verticale se monte alors à 27,000 pieds. En hiver, la décharge se trouve donc être de 96,000 pieds cubes par seconde et en été, de 135,000 pieds approximativement ; aux époques de grandes crues, elle est probablement de 180,000 pieds cubes et doit souvent atteindre un chiffre de 225,090 pieds.

Afin d'établir une comparaison, je citerai, par exemple, le Saint Laurent et la rivière Ottawa dont on a déterminé la décharge moyenne de 1867 à 1882 ; le Saint- Laurent donne une décharge moyenne de 900,000 pieds cubes, et la Ottawa, à Grenville, une moyenne de 85,000 pieds.

Le courant, depuis la frontière jusqu’au confluent est toujours assez fort et à peu près le même que plus haut ; de la Porcupine à cinq ou six cents milles plus bas il est d’une force moyenne, et plus loin il devient tout-à-fait modéré.

Le 22 septembre, un petit vapeur appelé le ‘* New Racket ” passa vis-à-vis de mon camp, en route pour la Fortymile River avec un chargement de provisions ; il

avait quarante pieds de long sur neuf ou dix de large et tirait deux pieds d'eau. Le corps du bateau paraissait être occupé en entier par les machines, et le quartier des hommes se trouvait au-dessus de la chaudière, La force motrice était tournie par une roue à palettes, fixée à l'arrière et mise en mouvement par deux machines qui me parurent énormes pour une embarcation aussi petite. Le capitaine A. Mayo, un associé de la maison Harper, McQuesten & Co., prétendit que ce bateau pouvait faire 10 milles à l'heure sur des eaux tranquilles. Le fait est qu’il avait ,nis 22 jours à venir de l’île St-Michael à l'embouchure du Yukon. M. Mayo me dit qu'ils avaient pris plus de temps que d'habitude à faire le voyage à cause d’une avarie aux tubes de la chaudière ; ces tubes fuyaient énormément en sorte qu'on ne pouvait obtenir plus de 50 livres de pression dans la chaudière, tandis qu’on avait l'habitude de marcher à cent livres. Toujours est-il que le bateau mit cinq heures à avancer de quatre milles ; il arriva même, à un moment donné, qu'il resta en panne pendant une heure sans pouvoir avancer du tout, et qu’on fût obligé d’arrêter complètement pour permettre à la vapeur de s’accumuler et d'acquérir de la pression.

L'AVENIR DU BASSIN DU YUKON :.i! POINT DE VUE DE L'AGRICULTURE.

Les régions dans lesquelles passe le cours du Yukon ne paraissent guère propres à l’agriculture car les terres qu'on aperçoit depuis le fleuve sont partout de mauvaise qualité.

D'ailleurs, la rigueur du climat est telle, qu’il n’est pas probable qu’on parvienne jamais à en faire un district agricole.

Le relevé de mes observations météorologiques montre que le rer août, il y eut plus de huit degrés de froid,* plus de 10 degrés le 3, et que quatre fois pendant le courant du mois, la température minima tomba au-dessous de 32°. Le 13 septembre je notai une température minima de 16° et à partir de ce jour, toutes les températures minima du mois, furent au-dessous du point de congellation.

Sur tout le parcours de la côte du lac Bennett à l’est et vis-à-vis du Chilkoot, les terres sont basses et composées de graviers secs ; on pourrait peut-être y établir quelques fermes de petites dimensions. Du côté de l’ouest, autour de l'embouchure de la Wheaton River, se trouvent des terrains plats, composés de sables et de graviers. sur lesquels on aperçoit quelques sapins et quelques pins de petites dimensions. La végétation, grèle et clairsemée, présente un aspect qui n’est guère encourageant pour le colon. A l'extrémité inférieure du lac, on trouve encore une large plaine de terrains sablonneux, parsemée de petits peupliers et de sapins chétifs. La même observation s'applique à ces terrains qu’à ceux de l’embouchure de la Wheaton.

À l’ouest du lac Tagish, le long de la côte, se trouve une large étendue de plaines basses et marécageusos, dont on pourrait utiliser une partie pour la culture des racines ou des céréales qui parviendraient à mûrir dans ce climat. Il en est de même de la côte occidentale du lac Marsh, où l’on rencontre une herbe grossière qui pourrait peut-être servir de fourrage pour le bétail. Du côté de l’est, les terrains sont plus élevés en forme de terrasses et, je crois, ne seraient pas aussi propres à l'agriculture que les terres situées de l’autre côté du lac. De chaque côté de la rivière, à quelques milles au-dessous du lac Marsh, on trouve encore des terrains plats dont la conformation au moins, paraît être propre à l'établissement d’un certain nombre de fermes. Le sol paraît y être d'une qualité supérieure à celle des terrains que j'avais trouvé plus haut, la végétation y est plus forte et plus épaisse et les bois qu'on y aperçoit, sont de plus fortes dimensions. Le sol présente moins cette apparence d’'accumula. ion de détritusque j'avais notée plus haut et ressemble plutôt à un sol d’alluvion,.

* Le lecteur est prié de remarquer que les températures données dans ce rapport sont données en degrés de l'échelle Farsnheit, d'après laquelle 32° représente la température de la glace fon- Es Ê , q'apres 1aq 3 P L 8 dante et 212° la tenipérature de l'eau bouillante,

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À mesure qu'on se rapproche du cañon les côtés s'élèvent peu à peu et les terres du fond se rétrécissent jusqu'à ce que les bords de la rivière prennent enfin la forme d'escarpements. Arrivé au cañon, la rive gauche s'élève à plus de deux cents pieds au-dessus de la rivière et le sol y devient léger et sablonneux. La rive droite est moins élevée, mais le sol présente les mêmes caractères, et les bois chétifs qu'on y aperçoit sont composés principalement de pins rabougris.

Entre le cañon et le lac Labarge on n'aperçoit depuis la rivière aucune terre qui ait de la valeur. Les rives sont généralement hautes et le sol léger et sablonneux. A la tête du lac on arrive sur une plaine assez vaste qui est couverte en partie de bois beaucoup plus vigoureux et de plus fortes dimensions que ceux qu'on avait rencontrés jusque-là. Des peupliers de huit ou dix pouces n'étaient pas rares, et j'y remarquai aussi quelques sapins de 15 à 16 pouces, tandis que des arbres de 12 pouces de diamêtre étaient assez communs. Le sol y est pourtant léger et la végétation paraît être grêle et clairsemée ; l'herbe surtout.

À quelques milles plus bas, une large vallée vient déboucher sur le lac ; dans le fond de cette vallée coule un petit cours d’eau sur les bords duquel on aperçoit des terres qui pourraient être utilisées, car l'herbe et la végétation qui s’y trouvent paraîssent d’une qualité supérieure.

Au pied du lac, du côté de l’ouest, on trouve encore une plaine assez large que l'on pourrait peut-être cultiver avec avantage ; le sol y est bon dans certains endroits. J'y ai aperçu des bois qui paraissaient avoir été brûlés quelques temps auparavant, mais le sol et la végétation y étaient de bonne qualité et j'y ai trouvé plusieurs plantes qui sont communes dans l'Ontario. Ces dernières, cependant, n'avaient pas l'apparence de vigueur que nous sommes habitués à trouver dans les plantes de ce pays-ci. Cette vallée est très étendue et certainement destinée à alimenter une forte proportion de la population de ces régions, si jamais l'occasion s'en présente.

Plus bas que le lac, la vallée de la rivière n’est pas large et les bords du fleuve

D'après Photo. par W, Ogilvie, Dawson City en avril, 1897.

sont souvent escarpés. On y rencontre cependant bon nombre de terrains plats, surtout aux confluents des tributaires, où le sol est souvent d’une qualité passable.

À quarante milles au-dessus de l’embouchure de la Pelly, se trouve une vaste plaine de chaque côté de la Lewes. Le sol y est maigre et sablonneux et couvert de bois chétifs et clairsemés. A la Pelly River, près des ruines du fort Selkirk, on trouve encore une plaine assez étendue qui est parsemée de petits peupliers et de quelques rares sapins. Le sol, profond de huit pouces, y est composé de terreau mélangé de gravier, évidemment composé de détritus. Cette plaine s'étend à plusieure milles en amont de la rivière, mais elle est fortement boisée partout, excepté aux environs des ruines du fort.

Sur la rive droite du fleuve un large plateau s'élève à deux ou trois cents pieds au-dessus du niveau de l’eau, mais le sol paraît y être d’une mauvaise qualité, indiquée par les bois chétifs qu’on y aperçoit. Ce plateau s’étend le iong de la Pelly à une certaine distance et à dix ou douze milles plus bas sur le bord du Yukon. Vu de la rivière, il rappelle un peu les collines situées autour de Kamloops dans la Colombie Anglaise ; sans être tout-à-fait adapté à l’agriculture, il pourrait bien, comme ces dernières, fournir des pâturages passables en cas de besoin.

Il est mal situé cependant, en ce sens qu’on n'y trouve pas d’eau et que la rivière est d’un accès fort difficile. Le plateau se trouvant au sommet d'une muraille de roches basaltiques qui a de deux à trois cents pieds de hauteur, la nécessité s’imposerait d’avoir recours à des moyens artificiels coûteux pour élever l'eau.

Entre la Pelly et la White River on ne rencontre aucuns terrains plats. Arrivé à la White River on trouve bien une plaine d’une étendue. de plusieurs milliers d’acres,* mais elle est boisée partout, et le sol, qui est recouvert d'une épaisse couche de mousse, ne dégèle jamais. La présence de cette couche de mousse explique ce fait extraordinaire, que le feuillage et le bois des arbres abattus par le vent sont si bien préservés qu’ils paraissent être aussi frais mainten*nt qu’au moment de leur chûte. C'est ainsi que s'explique aussi le peu d'épaisse… ‘ de la couche de détritus végétal que l’on trouve à la surface du sol. Les bois qu’on ÿ trouve témoignent aussi par leur manque de vigueur, de la froideur du sol et de la difficulté qu'ils. éprouvent à y pousser. Quelques arbres, plantés sur les bords de la rivière où le soleil parvient de temps en temps paraissent plus vigoureux, mais à l’intérieur ils sont tous chétifs.

À la Stewart River ont trouve encore une large plaine qui présente les mêmes caractères généraux, De là, à l'emplacement du fort Reliance on ne rencontre plus de terres unies. À une certaine distance de la rivière, on aperçoit cependant des hauteurs boisées qu'on pourrait peut-être cultiver après les avoir défrichées, si toutefois le climat le permettait.

Une plaine d'environ 1,500 acres s'étend autour du fort Reliance ; mais MM. Harper et McQuesten qui ont demeuré là pendant des années, n’ont jamais essayé de faire des expériences d'egriculture, convaincus, comme ïls l'étaient, qu'elles seraient futiles.

À la Fortymile River il y a une plaine de quatre à cinq cents acres dont le sol paraît être meilleur qu’à d’autres endroits déjà mentionnés. C’est ici que MM. Harper et McQuesten ont construit leur demeure et leurs magasins. 115 pensent que les racines les plus vigoureuses sont seules capables de résister aux froids des nuics d'été et que même dans le cas où elles pourraient y résister il est douteux qu'elles puissent mûrir suffisamment pour être d’une utilité quelconque.

La rivière n'est jamais débarrassée des glaces avant le 15 mai ou le rer juin, et dès le commencement de septembre et quelquefois rnême avant, il y a de fortes gelées.

A la hauteur de la frontière on t:ouve deux plaines dont chacune a quelques centaines d’acres ; la première est située sur la rive gauche et la seconde sur la rive droite, à trois milles plus haut. Ces deux plaines sont couvertes de peupliers,

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LE DISTRICT DU YUKON. 65 de sapins et de bouleaux blancs, parmi lesquels on rencontre quelques saules et de petits pins.

En préparant les fondations de notre quartier d'hiver près de la frontière, nous fâmes obligés de creuser dans le bord de la rivière et nous constatâmes alors, que dans un endroit bien exposé aux raynns du soleil, le terrain ne dégèle jamais à plus de deux pieds de profondeur. Dans les bois où le sol est recouvert de mousse, il ne dégèle jamais. Sur ces terrains les bois sont toujours grêles et poussent très lentement. J'ai trouvé des arbres dont le diamètre ne dépassait pas 4 pouces et

dont les anneaux indiquaient qu'ils devaient avoir de cent à cent cinquante ans.

Il est difficile d'estimer la surface totale des terres propres à l’agriculture dans ce district ; il est certain, cependant, que l'étendue en est minime par rapport à la Je crois que dix ‘‘ townships,””"* ou 360 milles carrés, repré- Ceci nous donre 230,400 ncres, ou Les terres situées aux confiuents de l'artère principale

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senteraient largement l'étendue de ces terres. bien, disons 1,000 fermes.

après Photo. par W. Ogilvie.

Sur l'Etdorado Creek,—-Vue du côté du N, O. à travers la Bonanza Valley.

doubleraient peut-être ce chiffre et le porteraient à 2,000 fermes, dont le produit serait cependant fort restreint.

À moins qu’on ne découvre et qu'on ne développe des richesses minérales considérables, je doute fort que les minces ressources agricoles du pays attirent jamais l'attention du public ; à moins cependant, que cette partie du territoire ne se peuple rapidement.

Dans le cas où l’on ferait de pareilles découvertes, une partie de ces terres pourrait être affectée à la culture de légumes et de céréales, destinés à l'alimentation des mineurs ; mais il est fort douteux que ces produits puissent faire concur-

* Groupe de 36 milles carrés de surface et unité dont on se sert au Canada pour mesurer les grandes étendues de terrains.

rence à ceux du sud ei de l'est, à cause de la difficulté et du taux élevé des transports.

à Le relevé de mes observations météorologiques en 1895-6 indique les températures données ci-dessous :—

Août, 1895—32° et au-dessous, 5 fois.

40° fa 9 fois.

Septembre, 1895—32 et au-dessous, 18 fois.

40° ra 29 fois.

Mai, 1896—Température minima 5°; 3 fois, le rer, le 2 et le 3. 32° et au-dessous, 18 fois. :

40° Li 30 fois.

Température maxima 62° ; 2 fois, le 18 et le 23. Juin, 1896—T2èmpérature minima 28°; 2 fois, le rer et le 2. 32° etau-dessous, 4 fois.

40° se 17 fois.

Température maxima 80°; le 30.

Juillet, 1896——-Température minima 33°; le 27. 40° et au-dessous, 9 fois.

Température maxima 81°; 2 fois, le rer et le 2. Août, 1896—-Température minima 27°.° ; le 31. 32° etau-dessous, 2 fois.

40° “ 13 fois.

Température maxima 76°; le 14.

Septembre, 1896—Température minima, 4.5 ; le 30. 32° etau-dessoux, 8 fois.

40° LA 23 fois.

Température maxima 63 ; le 17.

Pendant l'été de 1897 à Dawson, on a relevé des températures de 90° à l’ombre au mois de juillet, mais ce mois avait été exceptionpellement chaud et sec. En descendant le cours du fleuve en 1895;° je relevai à différents endroits les températures que voici :—

Lac Bennett, - - - - le 8 Août, 1895 49° Lac Marsh, - - - - le 13 55 Au-dessus du Teslin, - le 19 ‘* 6 Teslin River, - - - - le 19 ‘: à Big Salmon, - - - - le 20 ‘‘ ‘49 Yukon, - - - - - le 20 ‘: RE | Pelly River, - - le22 ‘‘ se 56 Yukon, au-dessus de White River, “le 26 ‘: Le CES White River, - - - - le 26 ‘‘ “ec Yukon, au-dessus de la Stewart River, le 26 ‘: DRE: à Stewart River, - - = . le 26 ‘‘ ‘6 56° Sixtymile River, - - - le 27 ‘‘ ‘46° Klondyke River, - - - le 28 ‘‘ RE Yukon, à Reliance, - - - le 28 ‘‘ 6 L'RE Fortymile River, - - - le 30 ‘‘ 2e Yukon River, . . . . le 30 ‘: fe 54." Yukon, à la frontière, - - le 12 Sept. ‘‘ 46° ‘6 ‘6 | : ” le 24 «6 “i 39° ss se - - le rer Oct. ‘ 39° “6 “« a # le 16 «6 «6 32°

Le voisinage de fortes masses d'eau à des températures pareilles, doit nécessairement produire un bon effet sur la végétation ; c'est pourquoi on peut s'attendre à mieux réussir dans le voisinage des rivières.

Un vieux mineur établi à Fortymile River au-dessus de la frontière, a essayé pendant plusieurs années de cultiver des pommes de terre ; la gelée l’a toujours

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empêché de réussir jusqu’à ce qu’il ait trouvé un endroit exposé, où le soleil ne donnait tous les jours que vers le midi. Cette particularité permet à la racine de dégeler d'abord, avant que le soleil ne vienne la flétrir de sa chaleur quand elle était encore gelée le matin.

Il parvint à obtenir ainsi des fécules suffisamment développées pour se reproduire, mais qui n'étaient cependant pas aussi farineuses et aussi savoureuses qu’on aurait pu le désirer.

À Fortymile, tout près du Yukon, on est parvenu à faire venir des pommes de terre, des radis, des navets, des choux et surtout de la laitue. A Cudahy, un jardin situé dans un endroit bien abrité, a aussi produit d'excellents radis, des navets, des choux et de la laitue. M. Harper a aussi obtenu des pommes de terre très passables dans un jardin situé sur une île à l'embouchure de la Sixtymile, sur le Yukon. Il avait aussi un jardin à Selkirk (embouchure de la Pelly), dans lequel il avait fait venir des pommes de terre pendant plusieurs années ; mais, là, il avait été obligé d'acheter une tente énorme dont il recouvrait le sol, chaque fois qu’il croyait ses plantes menacées par la gelée d'une nuit claire. Sans cette précaution, elles n’auraient jamais pu môûrir.

Le l’avoine a été semée pendant plusieurs années à Fortymile, mais n’a jamais mûri ; ies tiges ont poussé suffisamment cependant, pour faire des fourrages passables. Du blé, semé à Cudahy en 1896, produisit une belle paille et de gros épis, mais le grain fut détruit par la gelée.

Du trèfle, se:né au même endroit, ne put atteindre plus de la moitiè des dimensions qu’il atteint ordinairement dans l'Ontario et dans Québec.

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