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sage) ou le ‘‘firing ” (passage au feu). Le mineur dépose alors son mercure dans un sac en peau de daim, au travers duquel il fait passer le mercure libre qu’il met de côté pour s'en servir plus tard. L'amalgame d’or et de mercure qui reste dans le sac est alors placé dans une cornue (sur une pelle si le mineur n'a pas de cornue) et chauffé jusqu’à ce que le mercure soit évaporé. Il ne reste plus alors qu’un petit morceau d’or qui retient encore une petite quantité de mercure.
Ce procédé est connu sous le nom de procédé à la ‘‘ pan” ou ‘‘ à la main ;”’ on ne l’emploie pas souvent à cause de sa lenteur et de sa difficulté, quand il est possible de se procurer un ‘‘rocker”’ (bascule) ou de construire des ‘‘ sluices ”” (conduites d'eau).
Un ‘‘rocker ” se compose d’une boîte, longue de trois pieds et large de deux, qui est divisée en deux compartiments. Le compartiment supérieur est moins profond que l’autre dont il se trouve séparé par une forte plaque en tôle horizontale, percée de trous qui ont un diamètre de 6 mm. environ. Vers le milieu du compartiment inférieur il y a une étagère inclinée dont l'extrémité libre se trouve à 15 cm. environ au-dessous de son extrémité fixe. Cette étagère est recouverte d’un morceau épais de couverture de laire. Le tout est monté sur deux pièces de bois arrondies pour faire bascules qui ressemblent beaucoup aux bascules d’un berceau ordinaire. Au moment de s’en servir on place le tout sur deux pièces de bois afin de faciliter le mouvement de balancement. Après avoir choisi son ‘‘claim,” le mineur établit son ‘‘ rocker ” dans l'endroit qui lui paraît le plus commode et qui doit être situé à proximité d’une bonne provision d’eau. Il entire alors toutes les pierres et tout le gros gravier qu’il trouve à la surface du claim et entasse une certaine quantité des sables et des graviers fins près du ‘‘rocker. [l en remplit ensuite le compartiment supérieur du ‘‘rocker” et tandis qu'il balance ce dernier d’une main, il se sert de l’autre pour en arroser continullement le contenu avec de l'eau. Les matières les plus fines passent ainsi au travers üvs trous avec l'or, qui tombe sur la couverture de laine et s’y trouve arrêté ; le sable et les autres matières étrangères se trouvent entraînés par l’eau et passent dans le compartiment inférieur dont le fond est légèrement incliné de façon à en permettre l'écoulement. De distance en distance, des baguettes de bois attachées en travers du fond servent à retenir une petite quantité de mercure qui.est destinée à recueillir l'or qui pourrait avoir échappé au premier triage effectué par la couverture. Si l’or est ‘‘nuggety” (s'il se présente en gros morceaux), les ‘‘nuggets” (pépites) restent dans le compartiment supérieur, où ils se trouvent retenus par leur poids, jusqu'à ce que les matières les plus fines aient été entraînées ; les ‘‘nuggets” les plus petits sont arrêtés par une baguette plus profonde que les autres qui se trouve fixée à cet effet au bord extérieur du fond du ‘‘rocker.” De temps en temps on retire le morceau de converture pour le rincer dans une barrique d’eau ; si l'or est fin, ou met un peu de mercure an fond de la barrique comme on l’a déjà expliqué.
Le ‘‘sluicing ” (lavage dans de longues boîtes étroites) est toujours préférable quand les circonstances le permettent. Pour pouvoir appliquer ce procédé il faut avoir de l’eau en abondance et encore faut-il qu’elle vienne de haut. Ce procédé consiste d’abord à construire une longue boîte en planches, en lui donnant les dimensions voulues. En travers du fond de la boîte on cloue une série de baguettes de bois que l’on espace à des intervalles égaux ; ou bien, on peut encore y creuser une quantité de petite trous peu profonds, placés de telle façon qu'aucune particule quelconque ne puisse éviter de passer au-dessus de l’un d'eux, en suivant une ligne droite. On établit ensuite plusieurs de ces boîtes à la suite ls unes des autres sun un plan passablement incliné, en les unissant les unes amx autres comme des
tuvaux de poêle. On laisse alors pénétrer l’eau à la partie supérieure du <amal ainsi formé et en même temps, on y jette à la pelle, le gravier et le sable que l'on a eu soin d'entasser a proximité, comme dans le procédé du ‘‘rocker.” Le gamer se
trouve ainsi entrainé par le courant, et l'or, retenu par son poids, se loge dns les rainures formées par les baguettes transversales ou tombe au fond des troæs ; si l'or est très fin on met un peu de mercure an fond des trous ou dans les rainures pour
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D'après Photo. par W. Ogiluie.
Roue sur le Bonanza Creek pour monter l'eau destinée au lavage.—L'Indien Skookim Jim, debout sur le cadre.
le retenir. Par ce procédé ou peut ‘‘ laver” trois fois plus de gravier que nar celui du ‘‘rocker”’ et par conséquent, recueillir trois fois plus d’or. Quand on à fini de se servir des boîtes, on les brûle et on en ‘‘lave”” les cendres pour en retirer l'or qui aurait pu se loger dans le bois.*
Malheureusement, sur la Pelly et sur la Lewes River, le ‘‘sluicing ” est impossible sans pompes, car aucun des cours d'eau n'a la chute nécessaire pour fournir la force de courant qui est indispensable dans les ‘‘sluice boxes.”
“Bien des mineurs passent tout leur été À ‘‘prospecter” et leur hiver à l'application d'un procédé récemment mis en usage et connu sous le nom de ‘burning (brûlage). Ce procédé consiste À allumer une série de feux au même endroit pour dégeler le sol et le creuser, jusqu'à ce qu on arrive au ‘bed rock roche de fond}. On commence alors à creuser itéraleme nt; le ‘pay-dirt” (gravi er pi ayant, c'est- -à-dire le gravier qui contient l'or) est remonté À la surface et s'v accumule j jusqu ‘au printemps, pendant lequel on peut se procurer de l'eau. On construit alors ies ‘*sluice boxes” et on lave les graviers ramassés pendant r hiver, De cette façon les mineurs trouvent à travailler pendant toute l'année. Ce procédé a été reconnu comme fort avantageux partout ou le ‘‘pay-streak"” se trouve à une grande profondeur. De cette façon, d'ailleurs, on évite l'inconvénient dont on s'est plaint si souvent dans le Yukon dont le climat, prétendait-on, forçait les mineurs 4 passer une partie de l'année dans une oisiveté complète, L'hiver, qui commence généralement vers la fin de septembre et continue jusqu'aux premiers jours de juin, est excessivement froid. Le mercure tombe souvent jusqu'a 60° au-dessous de zéro, mais à l'intérieur, l'air est beaucoup plus sec que sur la côte et on en supporte, par conséquent, beaucoup plus facilement le froid. En été, on observe assez souvent des températures passablement élevées, tout comme on en observe de très basses en hiver ; il n'est pas rare du tout d'avoir à supporter des temj ‘ratures de 80° à 90° à l'ombre. Le jour est continuel depuis le milieu du mois de mai jusqu'au commencement du mois d'août, tandis que pendant les mois d'hiver il n’y a guère plus de trois heures de jour pour chaque 24 heures, Ce jour continuel pendant une partie de l'année, et l'obscurité presque totale et continuelle qui règne pendant l'autre partie finissent par vous désorientec à un tel point qu'on se demande à quel moment on devrait se coucher, En été les mineurs euveut travailler autant d'heures par jour que leurs forces le leur permettent. Le jour continuel ermei aussi d'employer plusieurs équipes qui travaillent par relais, en sorte que le travail est continu à toutes les heures de la journée.
Il n'y a guère de statistiques exactes sur la valeur de l'or recueilli dans cé district depuis sa découverte et son développement. Autant que je puis en juger voici le chiffre approximatif de cette valeur :
La Stewart River a été pas mal exploitée pendant deux saisons, 1885-86, par environ quarante mineurs dont quelques-uns ont ramassé au moins $5,000. En mettant la moyenne de chaque homme à la moitié de ce chiffre, nous obtenons $100,000 comme total de leurs gains. La Fortymile River, la seule autre rivière dont on ait retiré une grande quantité d'or, a été travaillée en 1887 par trois cents hommes environ dont la plupart n’y ont passé que quelques semaines, et d’autres quelques jours seulement. Tous ceux que j'ai questionnés m'ont dit que tous Îles mineurs qui y avaient passé assez de temps avaient recueilli un ‘grub stake.” En mettant la valeur du ‘‘grub stake”” à $450 au moins, comme je le fais, nous trouvons un chiffre total de $112,500 qui a dû être recueilli dans cette rivière. J'ai rencontré bien des gens qui estimaient ce total à $130,000.
Tout l'or recueilli par les ‘‘ prospecteurs ” sur les autres cours d’eau ne se chiffrerait pas à plus de quelques milliers de dollars ; il est donc probable que la somme totale provenant de ce district ne dépasse pas un quart de million de dollars, dont la moitié à peu près a été recueillie dans notre territoire.
J'ai entendu dire que les fortes crues de la saison de 1888 avaient beaucoup nui au succès des mineurs et que beaucoup d’entre eux avaient quitté le pays à l'automne. Il est probalsle cependant qu'il en sera toujours resté quelques-uns qui continueront à prospecter jusqu'à ce qu'ils fassent quelque riche découverte.
Comme le Dr. Dawson a fait un rapport sur la géologie de la vallée de la Lewes et M. McConnell un examen du Yukon jusqu’à la Porcupine, je me contenterai de renvoyer le lecteur à ces rapports. Je dirai tout simplement, en résumé, que tout le cours canadien du fleuve se trouve situé dans une région montagneuse dont les roches sont composées principalement de granits, de schistes, d'argiles schisteuses et dans quelques endroits, comme au lac Labarge, de pierres calcaires. On rencontre aussi quelques roches basaltiques au cañon et an confluent de la Pelly River.
Un peu au dessous de Coal Creek, une chaîne de montagnes venant du sudest vient se ranger le long du cours du fleuve, qu'elle suit jusqu'à la frontière, Cette ‘hitne est composée principalement de roches calcaires avec, çà et là, des indications d’argiles schisteuses et de quartz.
En descendant la rivière pour faire mon relevé, j'ai déterminé par triangulation la hiuteur et la position de certains pics. Malheureusement le temps brumeux m'a empêché d'en déterminer autant que j'aurais voulu. J'ai indiqué sur ina carte ceux que j'ai pu observer, et comme personne ne l'avait fait avant moi j'en ai nommé quelques-uns.
Un de ces pics, que l’on aperçoit à l’est de l'extrémité sud du lac Labarge, a été nommé Mont Dawson d’après le Dr Dawson de la ‘Geological Survey.” J'ai pris l'altitude de ce pic sur deux points différents de la rive est du lac dont les distances étaient, respectivement, de 724.5 et 773 20.116437). Cette altitude, déduite de l'angle d'élévation du pic au-dessus de chaque position, était de 3,238 pieds à la première ot de 3,263 pieds à la seconde. Cette différence de résultats provient sans doute en partie du manque de précision de mon instrument et en partie, de ce fait que je n'ai peut-être pas visé le même point au sommet sur les deux postes d'observation. J'ai déterminé la hauteur du lac comme étant de 1,959 pieds, en sorte que celle du pic doit être de 5,222 pieds au-dessus du niveau de la mer.
J'ai appelé un autre pic situé près de la frontière, Mont Morrison, d’après un des hommes de notre expédition ; un autre, Mont Gladman, aussi d’après un autre de nos hommes. Ces deux pics sont les plus élevés qu'on aperçoive depuis le fleuve dans le voisinage de la frontière. Je fis l'ascension du Mont Morrison et en déterminai la hauteur au moyen de l’anéroïde et en comparant la lecture faite au sommet avec la moyenne des deux lectures faites au départ et au retour, au niveau de la
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Les seuls gens du pays qui aient une occupation autre que celle de mineurs sont MM. Harper, McQuesten & Co. Ils ont fait un commerce assez suivi sur tout le parcours du fleuve depuis 1874. Ils ont occupé le Fort Reliance pendant quelques années et en 1886 établirent un poste à la Stewart River pour subvenir aux besoins des mineurs qui s’y étaient portés pour travailler. Ils ne s’attendaient pas du tout à voir arriver la foule qui s’est portée vers ce pays cette année et se sont trouvés subitement à court de provisions, en sorte que pendant plusieurs mois tout le monde a eu de graves inquiétudes au sujet des vivres. Par malheur aussi le scorbut s'est déclaré dans le camp et il y en a eu qui ont beaucoup souffert.
En 1887 ils établirent un poste à Fortymile River, où tous les mineurs s'étaient portés à la suite de la découverte du ‘‘ coarse gold ” qu'on y avait faite à l'automne précédent. Pendant l'hiver de 1887-88 ils ont fait des affaires à ces deux postes. MM. Harper & McQuesten dirigeaient le poste de Fortymile et M. Mayo celui de la Stewart River. Ce dernier est resté ouvert surtout pour le trafic avec les Indiens, quoique cependant il aurait pu être fermé s’il n'y avait pas eu aussi quelques mineurs dans le voisinage. Je n'ai pas pu savoir le chiffre d'affaires qu'ils ont fait avec les mineurs en 1887 ; c'était pour moi, employé du gouvernement, une question assez délicate à leur poser, attendu qu'ils vendaient des marchandises de contrebande sur le territoire canadien. Il est fort probable qu’on m'aurait répondu assez sèchement si je m'étais montré trop curieux. Je dois dire pourtant que je n'ai eu qu'à me louer sous tous les rapports de mes relations avec MM. Harper & Mc- Questen.
Une personne qui était bien placée pour se faire une idée assez exacte du chiffre de leurs affaires, m'a dit qu'il était de 860,000 environ, et autant que j'ai pu m'en assurer par mes propres PNEU semble que ce chiffre est à peu près correct.
Avant l’arrivée des mineurs, cette maison ne soupes que du trafic des fourrures avec les Indiens. J'ai compris qu’elle faisait une espèce d'affaire de commission pour la Alaska Commercial Company—c'est-à-dire que la compagnie leur livrait des marchandises à un prix fixe, rendues au poste, et MM. Harper & McQuesten soldaient leurs comptes en fourrures, dont le prix était fixé d'avance suivant les prix courants du marché. J'ai compris cependant que le prix du fret était constant et fixé à $30 par tonne pour les marchandises qui se payaient en fourrures et à $125 par tonne pour celles qui se soldaient en espèces. Ces dernières sont les marchandises importées pour l'usage des mineurs.
Leurs prix n'étaient pas exorbitants en 1887, quoique cependant, ils dûssent représenter un bénéfice assez important. En voici quelques-uns : la farine, $17.50 les cent livres ; le porc fumé, $40 le cent ; les haricots, $18 le boisseau ; le sucre, $30 le cent, et le thé, $1.25 la livre. Ces deuk mesaielire Sont vous Stable dane le pays pendant l’été de 1873. M. Harper passa par les montagnes du Cariboo en venant de la Colombie Anglaise et suivit le cours de la Laird River jusqu’à la Mackenzie River. Puis il descendit ce dernier fleuve pour remonter ensuite la Peel River, d’où il traversa jusqu'aux eaux de la Porcupine qu’il parcourut jusqu'au Yukon. De là, il remonta jusqu'à la White River, où il passa l’hiver.
M. McQuesten est arrivé en même temps que lui en passant par la Peace River ; il séjourna quelque temps dans les environs du lac Athabasca pour y faire du trafic et revint par la Mackenzie River.
Les fourrures les plus précieuses qu’on trouve dans ce district sont celles du renard gris-argenté et celle du renard noir. Elles sont beaucoup plus abondantes ici que dans n'importe quelle autre partie de ce pays. Le renard rouge est fort commun et une espèce connue sous le nom de renard bleu est très abondante près de la côte. Les martes sont aussi très nombreuses ainsi que le Iynx ; la loutre cependant est rare et le castor presqu'inconnu.
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Il est probable que la valeur des peaux de renards gris et noirs dépasse à elle seule la valeur de toutes les autres peaux qu'on exporte du pays. Je n'ai pas pu obtenir de statistiques sur ce trafic, pour des raisons qu'il est facile de comprendre.
Le gibier n’est plus aussi abondant maintenant qu'il l'était avant l'exploitation des mines ; je dirai même qu'il est absolument impossible d'en trouver dans le voisinage de la rivière. Les Indiens doivent remonter les affluents à dix ou douze milles pour en trouver qui vaille la peine d’être chassé. Sur les hauteurs il y a encore des bandes énormes de caribous,* et quand les Indiens en rencontrent ils n’en laissent guère échapper, même quand ils n’ont pas besoin de viande. N'’étant guère prévoyants lorsqu'ils en ont en abondance, ils se trouvent souvent dans le besoin quand le gibier devient rare. Pour le seul plaisir de tuer ils massacrent souvent des animaux qui sont maigres au point d'être tout-à-fait inutiles comme nourriture.
Un jour que j'étais accompagné par un Indien, deux caribous se présentèrent tout près nous ; il voulait absolument que je les tue. Je lui expliquai que nous avions assez de viande et que je ne voulais pas les tuer inutilement, ce qui le mécontenta beaucoup. Il se fâcha surtout quand je refusai de lui prêter mon fusil pour qu’il pât les tuer lui-même et m’expliqua en très bon anglais: ‘I like to kill whenever I see it,” j'aime à tuer quand je vois.
Il y a quelques années on trouvait beaucoup d'élan ou orignal le long du fleuve ; aujourd’hui on n’en voit guère plus qu’à l’intérieur. Au commencement de l'hiver de 1887-88 les Indiens restèrent dans le voisinage des camps de mineurs et subsistèrent tant bien que mal du produit de leur mendicité jusqu'à ce qu'on leur eût réfusé la charité.
D'après Photo. par W. Ogilvie.
Embouchure de la Fortymile River.
“Il n'y avait pas de caribou ici l'année dernière.
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On ne parvint même pas à s’en débarrasser par ce procédé et ce ne fût que forcés par la faim, qu'ils se decidèrent enfin à partir pour la chasse, Une de leurs bandes remonta le Tatonduc à quinze ou vingt-cinq milles et se trouva bientôt pourvue de gibier à foison, surtout de caribou. L'autre bande, quoiqu'elle eût parcouru une étendue considérable de pays, ne trouva rien du tout d’abord ; cependant, elle remonta enfin à une vingtaine de milles sur le cours de Coal Creek et finit par y tuer 18 élans en une seule journée, Elle rapporta deux mille livres de viande au poste et la vendit aux mineurs à dix cents la livre ; ce fut une véritable aubaine pour le camp dans lequel il y avait à ce moment-là beaucoup de scorbut.
[me paraît certain qu'un développement considérable de l'industrie minière serait inévitablement suivi de la destruction complète de tout le gibier le long du fleuve.
Le caribou ordinaire voyage toujours par troupeaux dans lesquels il v a souvent des centaines d'animaux. Ils se laissent approcher très facilement et au premier coup de feu se mettent à sauter d'un côté et de l’autre, ne sachant trop que faire ; ils se mettent ensuite à courir de tous les côtés d'un air ahuri et se dirigent même volontiers vers le chasseur, Aussitôt qu'on en a tué une quantité, ils paraissent se rendre compte de la situation et le troupeau tout entier part pour ne plus s’arrêter avant d'avoir fait vingt ou trente milles d'une seule traite. Lorsqu'ils rencontrent un de ces troupeaux, les Indiens le cernent d'abord et s'en rapprochent peu à peu en resserrant le cercle ainsi formé ; alors les animaux, trop timides pour essayer de se faire une trouée pour s'échapper, sont massacrés en masse.
On rencontre quatre varièétes d'ours dans ce district le ‘‘grizzly ” (ours gris), le marron, le noir et une autre espèce assez petite connue dans le pays sous le nom de ‘‘silver-tip"” ; cette dernière a le corps gris, la gorge blanche et une espèce de barbe blanche qui lui à valu son nom. Ils sont très féroces et n’attendent pas d'être attaqués pour se jeter sur l’homme. Je n’en aï jamais vu, mais j'ai entendu raconter sur leur compte bien des histoires qui me paraissaient être décidément des histoires de chasseur. Les Indiens et les mineurs, cependant, à moins d’être en nombre ou très bien armés, les évitent toujours autant que possible.
Les loups ne sont pas très nombreux. On en tue quelques-uns de temps en temps de l'espèce la plus commune qui est grise, mais les loups noirs sont très
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On rencontre ainsi le lapin ou lièvre arctique quelquefois, mais ils ne sont pas nombreux. Il y a un fait extraordinaire que j'ai constaté à l'égard de cet animal et que je n'ai jamais pu m'expliquer. Tantôt on ne les rencontre qu'en très petit nombre, tantôt on les voit par milliers et ce fait se reproduit régulièrement tous les sept ans. Pendant trois ans environ on n'en verra que quelques-uns ; pendant Îles deux années suivantes ils commenceront à augmenter et continueront à faire de même pendant deux ans de plus pour disparaître ensuite presque entièrement, au point qu'au bout de quelques mois, on n’en voit plus du tout. Si c'est une épidémie qui les enlève, il est étrange qu'on ne rencontre jamais de leurs carcasses en grand
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Les martes présentent cette même particularité d'augmentation et de diminution alternées, et je n'ai pas mieux réussi à trouver l'explication de la cause de ce phénomène dans leur cas.
La brebis de montagne se touve partout dans ce territoire; on la voit rarement des bords de la rivière cependent, parce qu'elles ne fréquentent que les points les plus élevés de la montagne. Sur les hauteurs, aux environs des sources du Coal Creek, on rencontre une belle varieté- blanche du Big Horn qu'on doit probablement trouver ailleurs aussi.
Les oiseaux sont rares. On a vu quelques corbeaux le long de la rivière et trois ou quatre d'entre eux ont passé tout l'hiver dans le voisinage de la frontière. [ls se montraient toujours plus actifs et plus bruyants les jours de tempête, et leurs croassements rauques se faisaient entendre comme une note lugubre dans les rugis-
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Près de la Nordenskiold River on a vu quelques pies-grièches, ainsi que des aigles à tête blanche.
Pendant l'hiver, on a aussi aperçu, près de la frontière, des quantités de petits oiseaux ressemblant beaucoup au ‘‘chick-adee,” mais leur chant n'était pas le même et ils étaient beancoup plus gros. De hiboux je n'en ai vu aucune variété nulle part. Les perdrix sont très rares et je n'en ai vu que deux ou trois fois ; aux sources du Tatonduc et de la Porcupine cependant on rencontre beaucoup de ‘ptarmigan.” Les oies et les canards sauvages se trouvent en abondance pendant leur saison ; les canards surtout, dont j'ai vu ici plus d'espèces différentes que dans n'importe quelle autre partie des mêmes territoires. C’est surtout aux sources de la Porcupine que j'ai pu constater l'existence de toutes ces variétés ; n'ayant aucun moyen de conserver leurs peaux, je n'ai pu en rapporter aucun specimen. Sur la Porcupine on rencontre une espèce de canard plongeur qui est fort beau. Ces canards sont plus petits que les plongeurs ordinaires du nord, mais marqués absolument de la même façon ; la différence qu'il y a entre les deux espèces s'aperçoit
surtout à la tête et au bec; ce dernier est plus fin et plus pointu, tandis que la tête est plus petite ; le cou aussi, les distingue d’une façon toute particulière, étant recouvert à partir de la tête d'un magnifique duvet brun et long, sur plus de la moitié de sa longueur.
J'ai essayé d'en tuer un pour l'emporter comme échantiflon, mais après lui avoir tiré trois fois dessus à gros plomb il m'a paru être aussi vif et aussi bien portant que si je ne lui avais rien fait. —Je lui ai alors tiré dessus à balle et le corps et la peau se sont trouvés tellement abimés qu'ils n'ont pu me servir d’échantillon.
Le poisson, à l'exception cependant d'une espèce connue sous le nom de truite arctique, ne se rencontre qu'en petite quantité. Schwatka appelle ce poisson le ‘“ grayling ” (ombre), mais à en juger d’après les gravures et les descriptions que j'ai vues de ce dernier, je crois qu’il faiterreur. Il atteint rarement plus de dix pouces de longueur et a les nageoires tellement fortes et longues pour sa taille que lorsqu'il est en mouvement il paraît avoir des ailes. Le dos et les flancs sont d’un gris brunâtre, et le ventre de li r'ème couleur, mais plus clair. On rencontre ce poisson en grandes quantités vers le haut de la rivière, surtout là où le courant est fort ; il prend n'importe quel appât avec avidité. La chair en est un peu mollasse et n’est guère savoureuse, La truite de lac se rencontre aussi dans les la:s, mais en très petite quantité et celles qu'on prend ne sont pas de forte taille. Elles prennent l’hameçon assez facilement et j'en ai vu prendre assez souvent sur les lacs, mais jamais je n'en ai vu qui pesât plus de 6 ou 7 livres. Plusieurs Indiens m'ont affirmé que le saumon remonte quelquefois jusqu'à la hauteur du lac Labarge, mais qu'on n'en à jamais vu plus haut. Le Dr. Dawson cependant nous dit en avoir trouvé des quantités de morts le long de la rivière, à plusieurs milles au-dessus du cañon, Je mentionne ce fait pour faire comprendre encore une fois combien il y a peu à compter sur les renseignements fournis par des Indiens qui ne comprennent que rarement ce qu’ on leur demande et se font encore moins bien comprendre eux-mêmes.
En descendant le fleuve, j'ai aperçu du saumon pour la première fois à vingt ou vingt-cinq milles au-dessus des Five Finger rapids. Il est facile de constater leur présence et de suivre leurs mouvements dans l'eau au sillage qu'ils laissent en passant, et avec un peu d'attention on les prend sans difficulté en les interceptant au passage avec un filet dans lequel il se jettent sans méfiance. Après avoir remontè le cours du fleuve à deux mille milles, ils sont maigres et sans valeur comme nourriture. Dans les premiers mois de l'hiver, près de la frontière, j'en ai vu prendre des quantités qui se trouvaient emprisonnés par les glaces ; les Indiens s'en servaient pour nourrir leurs chiens. Tous ceux que j'ai vu prendre de certe
façon étaient fort maigres et ne valaient pas grand chose,
A l'époque de mon passage dans ce pays je n'ai guère eu l'occasion d'étudier la langue, les moeurs, les coutumes ou la religion des indigènes ; j'y ai passé trop
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peu de temps d’abord, et les blancs que ‘ai rencontrés ne paraîssaient pouvoir me renseigner en aucune façon. Il est inutile de répéter le peu que j'ai appris à ce sujet, car l'exactitude de mes renseignemerits me paraît être passablement douteuse. Partout j'ai constaté cependant que les droits d'héritage descendent du côté de la mère.
Depuis que j'ai écrit ce qui précède, on a effectué des changements nombreux et importants dans le District du Yukon. A l’époque dont je viens de parler, la loi était administrée par les mineurs eux-mêmes ; couvoqués en assemblée publique, tous ceux qui le voulaient, qu'ils fûssent intéressés ou simplement curieux de voir ce qui se passait, avaient le droit de voter sur le règlement de la question qu’ on discuta’i. L'intention était sans doute bonne, mais on rendait souvent des décisions passablement b:roques, et il y avait gros à parier que celui qui n'était pas bien vu de ses camarades n’obtiendrait pas souvent gain de cause, Et encore faut-il ajouter que ceux qui lui faisaient une pareille injustice ne s’en rendaient nullement compte. D'ailleurs on ne pouvait guère s'attendre à autre chose dans de pareilles conditions, et puis, les hommes sont partout les mêmes.
Aujourd’hui le gouvernement du Canada a organisé l'administration de la justice sous la surveillance d'un corps d'officiers spéciaux qui résident dans le pays et dont les décisions sont marquées par une impartialité parfaite. Le premier venu peut s'ét:.tlir dans le pays sans hésitation aucune, avec la certitude de pouvoir toujours faire respecter ses droits et sa personne, aussi bien que dans n'importe quelle autre partie du continent.
Les détails qui suivent sont destinés à confirmer l'assurance donnée plus haut :