‹ Guide officiel du Klondike [microforme]Chapitre 37 sur 54 · ROUTE DE DYEA OÙ DU CHILCOOT PASS · texte numérisé non relu

ROUTE DE DYEA OÙ DU CHILCOOT PASS

La Dyea Pass commence au fond de Dyea Inlet, et sur les premiers huit milles de son parcours présente des chemins faciles jusqu’au pied du cañon ; on n’y rencontre aucun obstacle, si ce n’est quelques rochers qui paraissent y avoir été déposés par un glacier, et encore ne les rencontre-t-on que de temps en temps. La montée ici est de 300 pieds. Depuis le pied au cañon, le chemin serpente le long du fleuve de 11 montagne, entrecoupé par de courtes escalades de temps en temps, jusqu’à ce qu’on arrive à la seconde traversée du creek. C’est ici que se trouve la partie la plus mauvaise du chemin ; on y trouve partout des bois épais et la surface en est très accidentée et couverte de débris de matières végétales putrifiées que les animaux ont pétris en y passant au point d’en faire une boue épaisse. On a recouvert les endroits les plus mauvais en y posant des arbres que l’on a couchés à côté les uns des autres, en travers du chemin.

A l'extrémité inférieure du cañon, nous traversons le creek vers l’est, c’est-àdire pour atterrir sur. la rive gauche. A moins que l’eau ne soit très haute, cette traversée n’est pas très difficile, car il n’y a que deux pieds d'eau, mais le courant

est très rapide et l'eau froide comme de la glace. La largeur n'est que de 30 ou 40 yards. Au sommet du cañon, à 102 milles des eaux de marée, on traverse ce creek sur un pont qui se trouve à 700 pieds environ au-dessus du niveau de la mer, quoique le point le plus élevé du trajet se trouve à une hauteur de 800 pieds. Nous suivons alors la rive droite, c'est-à-dire, le côté ouest du creek, pendant 114 mille, jusqu'au Sheep Camp, où nous le traversons encore vers l'est; la montée de ce trajet est de 300 pieds, De là, jusqu'à la Stone House, à 600 pieds plus haut, nous parcourons 3% de mille en passant par un chemin fort accidenté et parsemé de roches énormes qui y ont été déposées sur les bords du creek par quelque convulsions de la nature. La plupart du temps nous sommes occupés à tourner ou à escalader ces roches. A partir de la Stone House la surface est plus unie et le chemin plus facile, car nous nous trouvons avoir dépassé les terres boueuses qui sont boisées et couvertes de broussailles. À un demi mille de la Stone House nous nous trouvons en présence d'une pente rapide dont le sommet est à 600 pieds au-dessus de Stone House. A partir de ce dernier point le chemin devient encore plus facile et s'élève à 900 pieds plus haut par une pente douce jusqu’à ce qu'on arrive à un endroit nommé ‘‘ Scales.”” A partir d'ici, le chemin s'élève par une pente rapide à 500 pieds plus haut et se trouve partout obstrué par des roches cassées qui rendent la marche très difficile, surtout lorsqu'il n’y a pas assez de neige pour recouvrir complètement le sol ; après une chut® de neige nouvelle et peu abondante, ce passage est très difficile et parfois dangereux.

Une fois que la neige a recouvert tous les rochers, la route le long du creek présente une surface plus unie, je dirai même facile, jusqu’à ce qu’on arrive au pied de la pente rapide qui aboutit au sommet. A l’arrivée des chaleurs, pourtant, les neiges se ramollissent et à partir du Sheep Camp le passage devient très difficile par une journée chaude ou pluvieuse, Quand il fait froid la surface devient excessivement dure et par moments on se voit obligé de tailler des marches à coup de hache pour faire l’ascension.

Il y a quelques années, messieurs Healy & Wilson, commerçants de Dyea, ont taillé un chemin de cette façon depuis leur poste jusqu’au Sheep Camp. Ce chemin se trouve maintenant en assez bon état. Je ne sais pas s'ils prétendent y contrôler le droit de passage ; en tout cas je n’ai pas entendu dire qu'ils aient empêché le public de s’en servir, et par public j'entends ici le public des mineurs.

On construit en ce moment un tramway à câble métallique, destiné à transporter des bagages depuis la Stone House jusqu’au sommet de la passe ; cet ouvrage est destiné, je crois, à faire disparaître bien des difficultés pénibles et laborieuses qui entravent maintenant le transport des marchandises.

Depuis le sommet du lac Lindeman jusqu'à 812 ou 9 milles plus loin, il y a une descente de 1,300 pieds environ qui n’est rapide qu’à un seul endroit, et cela sur une très petite distance. Cet endroit se trouve au lac Crater et n’a pas plus de 200 pieds de longueur. Le chemin dont se servent les Indiens suit le flanc de la montagne et évite cette descente rapide, pour n’aboutir au lac qu'à un mille plus loin. Aujourd'hui, le chemin va directement jusqu’au lac où un bac qui le traverse racourcit le trajet d'un mille. Un portage assez court nous emmène alors à un autre lac qu'on peut encore traverser en bac pendant un mille, si l’on veut, pour faire ensuite un autre portage de quelque: perches qui aboutit à un troisième lac qu’on peut traverser de la même façon et raccourcir ainsi de 3 milles, un trajet qui serait autrement de 8 ou g milles. Ces lacs ne dégèlent pas avant le milieu du mois de juin ou le premier juillet et restent ouverts jusqu’au mois de novembre.

On s’est servi de chevaux pour traverser la passe jusqu’au lac Lyndeman, mais on ne trouve que très peu de chcse pour les nourrir au nord du sommet, et encore moins du côté sud, en sorte que «eux qui pourraient avoir l'intention d’en emmener, feront bien d’emporter une bonne provision de fourrages. Les nombreuses carcasses de chevaux que l’on rencontre le long de ce chemin, témoignent du manque de précaution de 12 part de ceux qui y sont déjà passés. Arrivés au lac Lindeman nous le descendons pendant 3 milles pour arriver à son extrémité inférieure, à partir

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Arrivés au lac, il n’y a plus rien qui puisse nous retarder à moins que ce ne soient les vents violents qui soufflent dans ces parages pendant des journées entières. S'ils soufflent du côté où nous allons, le lac devient trop agité pour qu'on puisse y naviguer en canot, et s'ils soufflent en sens inverse, leur violence est telle qu'il est absolument impossible de s'aventurer sur l’eau.

Le lac Bennett a environ 25% milles de longueur, il a % mille de largeur pendant les premiers 11 ou 12 milles, et plus loin, cette largeur varie de 1 à 3 milles. Il est fort probable qu'à la saison prochaine nous verrons plusieurs vapeurs sillonner la surface de ces lacs, ce qui fera certainement disparaître bien des inconvénients qu'on se voit forcé de subir aujourd'hui. Le lac Nares a 212 milles et le lac Tagish environ 17 milles de longueur. A six ou sept milles de la tête du lac Tagish, le Windy Arm pénètre dans le lac en venant du côté du sud, et un vent violent y souffle presque toujours, en sorte que la navigation y devient très souvent dangereuse pour de petites embarcations. Ces vents retardent souvent le voyageur pendant des journées. Depuis le bas du lac Tagish jusqu'à la partie supérieure du lac Marsh, sur un parcours de cinq milles à peu près, le fleuve est profond et tranquille. C'est ici que se trouve le poste de la douane canadienne et un détachement de la police à cheval. Le lac Marsh a 20 milles de longueur, et depuis sa partie inférieure jusqu'au cañon, sur un parcours de 25 milles, nous n'avons rien à redouter. Il est même possible de passer le cañon lui-même avec une embarcation de bonnes dimensions, pourvu qu'elle ne soit pas trop chargée. Il suffit d'avoir soin d'éviter les

D'après Photo. par W. Ogilvie.

Nulato, Yukon inférieur, Alaska.— Vapeur ‘‘J. J. Healey,"' près de la plage.

trois vagues de remous qui se trouvent à sh sortie, ce qu'il est facile de faire en appuyant un peu vers la gauche ; pendant le reste du trajet, il est bon, pour ne pas courir de danger, de se tenir bien juste au miiieu du chenal sur la crête élevée des eaux rapides qui se trouvent refouifcs par les bords et par suite, s’accumulen: ‘’ers le :ntre. Il sera toujours prudent de transporter d’abord par voie de terne une certaine quantité de provisiens jusqu'au pied du cañon, de façon à ne pas se trouver au dépourvu en cas d'accident. Un grand nombre de bateaux ont éprouvé des ava: ries sérieuses en effectuant ce passage, et ces accidents proviennent toujours de 1e négligence des mineurs qui n’ont pas soin de se munir d’un appareil suffisamment puissarit pour diriger l’embarcat‘on. Dans ces cas-là, les embarcations se trouvent cuitairées loin du centre dans la direction des bords, où elles se trouvent prises dans les remous et les tourbillons et j5tées contre les rochers du bords. Lorsque plusieurs bateaux se trouvent ensemble on évite ces «angers en formant une équipe générale qui passe les bateaux les uns après les autres avec toute la force d’avirons nécessaire pour assurer sa marche directe. À quelques centaines de yards au-dessous du cañon, nous trouvons encore un rapide qui est un tant soit peu agité mais qui n’est pas dangereux. Un peu plus loin, nous arrivons à un détour brusque vers la gauche qui est suivi, à deux cents yards plus loin, d'une autre détour également brusque vers la droite. C’est ici que se trouvent les White Horse Rapids. Disons tout de suiteque ces rapides ont été descendus en canot par bien des gens, mais qu'il est certain que trente personnes au moins y ont perdu la vie. Pendant l'été de 1895, on a constaté 13 décès occasionnés par des chavirements d’embarcations ; ajoutons que dans la plupart des autres cas les embarcations ont tellement pris d’eau que les provisions ont été entièrement perdues et que les équipes ne s’en sont tirées qu'avec peine. Je conseillerai à tout le monde de faire un portage ici Du côté gauche, on trouvera un chemin excellent qui n’a que trois huitièmes de mille de longueur. A l’autre extrémité on descend le bateau jusqu'à la rivière au moyen de cordes, on le recharge et on continue son chemin sans danger. De là au lac Labarge, à 24 milles, le fleuve est profond et tranquiiie. Ici, sur le

lac Labarge, qui a environ 3114 milles de longueur, on se trouve souvent retardé par les vents comme sur les lacs situés plus haut. De l'extrémité du lac à l’embouchure de la Hootalinqua il y a 31 milles sur le parcours desquels le courant est très fort et souvent obstrué par des rochers. Ces derniers se reconnaissent facilement au bruit que fait l’eau en ; passant dessus, en sorte qu'ilest facile de les éviter. J'ai déjà fait la description du trajet en aval de la Hootalinqua.

Je cite les distances suivantes, telles qu'elles se trouvent dans mon rapport de 1889, entre l'extrémité sunérieure du lac Bennett et la frontière :

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