‹ Guide officiel du Klondike [microforme]Chapitre 45 sur 54 · VIVRES, ETC · texte numérisé non relu

VIVRES, ETC

A ceux qui n'ont jamais été dans le pays, je donnerai dans ce chapitre quelques notes sur la quantité de provisions dont on a besoin, et je dirai tout d'abord qu'il faut absolument avoir au moins 50 pour cent de plus qu’on n’en emporterait dans une latitude plus basse. Le froid (souvent intense) auquel on se trouve exposé pendant au moins sept mois de l’année crée des appétits vigoureux. Ceci est une loi de la nature, car pour maintenir la chaleur animale du corps humain il est absolument nécessaire de lui fournir tout le combustible dont il a besoin, tout comme il faut le faire pour un autre appareil quelconque dont le fonctionnement exige l'emploi de la chaleur. On peut se procurer toutes les provisions nécessaires à ceux qui prennent la route du Yükon, à Victoria ou à Vancouver. Les négociants de ces deux villes ont une expérience qui date de bien des années et savent approvisionner les mineurs et les prospecteurs ; ils savent au juste ce qu'on doit emporter avec soi, suivant les conditions dans lesquelles on va voyager ou travailler, et connaissent aussi les choses qui sont les plus utiles ou les plus nécessaires pour avoir équipé les nombreux explorateurs qui fréquentent les villes de la Colombie Anglaise. Bien des choses qui sont propres aux usages des latitudes plus méridionales sont quelquefois vendues à des explorateurs inexpérimentés, qui les trouvent ensuite absolument inutiles dans les régions septentrionales de ce pays qui a appartenu pour ainsi dire à la Hudson Bay Company jusqu'à ce jour.

Les négociants de ces villes de la côte ont étudié les exigenres du pays et ont souvent équipé des partis d'explorateurs partant pour différentes régions parmi lesquelles on peut compter les mines du Cassiar, du Kootenay et de bien d'autres districts encore ; en achetant dans ces villes on économise :ussi une somme considérable en frais de port, de douane eic. Les droits de douane canadiens varient de 25 à 30 pour cent sur les marchandises achetées à l'étranger, en sorte qu'à part la dépense pour fret e! excédaut de bagages, il est évident qu'on économise une somme considérable en achetant le nécessaire seulement au Canada, c'est-à-dire au point > plus rapproché du Territoire du Yukon. Ceux qui voudront entrer dans le Yukon en passant par-dessus les Montagnes Rocheuses après avoir traversé les plaines par Calgary et par Edmonton, se trouveront dans les mêmes conditions, Les négociants des principaux centres ont une grande expérience dans l'équipeinent des explorateurs de montagnes. Pendant la saison dernière il y a beaucoup de gens qui sont passés par Calgary et Edmonton où il y a de grands magasins d’équipement et qui y ont acheté leurs approvisionnements. Le voyageur peut faire son choix entre Edmonton et Calgary ; il trouvera que le prix de revient et le frais de port sont à peu près les mêmes aux deux centres. Il est bon de se rappeler, par conséquent qu'il vaut mieux acheter son équipeme: nt à Victor a ou à Vancouver si l'acheteur va passer par la route du Pacifique et à Edmonton, Calgary ou à un autre centre canadien s'il va passer par les plaines. Les articles qu'il faut emporter sont :—

De la farine, 450 livres pour la consommation pendant un an. Elle doit être de bonne qualité ; pas nécessairement très fine, mais d'une finesse moyenne. De la farine d'avoine simple ou roulée, 50 livres; de la farine de maïs, 25 livres. Cette dernière n'est pas aussi nécessaire que la précédente qui constitue un aliment propre à entretenir la chaleur animale. Du porc fumé (bien gras), 250 livres ; jambons, 50 livres ; des pommes évaporées et desséchées, 25 livres ; des pèches séchées, 23 livres et tous autres fruits secs que l’on pourra ste et qu'on peut substituer aux précédents. De bonthé noir, 25 livres. Dans ce > pays, on trou-

vera qu'une bonne tasse de thé noir bien chaud donne de la vigueur après une longue marche à l'air froid-

je dirai même que c'est ‘‘la coupe qui nous réjouit mais

n’enivre pas.”—Si vous emportez le sucre brun ordinaire il se gèle en gros morceux durs et devient difficile à manipuler. Le sucre granulé, étant sec, reste en poudre. Des haricots, 120 livres. Il y a plusieurs espèces de haricots que l’on peut choisir suivant son goût, mais le haricot que l’on vend le plus souvent est un gros haricot maron qui est deux fois gros comme le haricot blanc ordinaire. De l'orge, rolivres ; du riz, 15 livres ; de l'extrait de viande de bœuf, 2 douzaines de boîtes de quatre onces chaque. J'ai trouvé le Fluid Beef de Johnston excellent. De la farine de levain, 12 où 15 livres ; sel, 30 livres ; poivre, 1 livre ; moutarde, 1 livre ; légumes pressés, de 10 à 12 livres suivant l'espèce. Les fruits en boîtes sont facultatifs, mais je dois dire qu’ils sont très volumineux et lourds et par conséquent très embarrassants, outre qu'ils gèlert en hiver £t sont très difficiles à faire fondre. [1 vaut mieux emporter aussi de 10 à 15 livres de soude pour la cuisson au four, suivant la quantité qu'on jugera nécessaire. Er cas de scorbut, il est bon de s’approvisionner de jus de citron, en plus ou moins g :ande quantité suivant les goûts ; remarquons, cependant, que l’action des fruits secs déjà cités est antiscorbutique et que si l’on désire augmenter son approvisionnement de ce genre on peut se procurer deux ou trois douzaines de boîtes de bonne marmelade d’oranges et une quantité égale de confitures de fraises ou de framboïses. Certaines maisons préparent ces fruits très bien. Des pommes de terres séchées sous diverses formes sont aussi très bonnes. Il est bon d’en avoir 23 ou 30 livres. On peut aussi se procurer d’autres légumes que l’on prépare généralement bien, mais il faut toujours emporter cette quantité de pommes de terre et 8 ou 10 livres d'oignons secs. Emportez aussi quelques tablettes de levain ; l’occasion de s’en servir peut se présenter et ils pèsent fort peu sans coûter cher. Je récapitule le tout, sous forme de liste :-—

PRET ln ann rest one 450 livres Extrait de viande de bœuf.... 6 livres Farine d'avoine ..... Bree rev y so ‘‘ Farine de levain ............ 2: ON Farine dé maïs....,..,,.,.., ag. PNR ER LE NT ES UT KL" SRE POP FN us ee ne 0 65 0 00 8 à 0 0 ago ‘f POIVPE: one room eve dodo ve Jambons ........ MARI PSE 50 ‘‘ Moutarde, ...,,,:.,,,:%.0, OR A Pommes sèches ............. a.‘ Légumes pressés. ........... 12 ‘: Pêches sèches, .............. 25 ‘ Fruits en boîte ....,......., Le DEL PR ten MO Une or Pa ee an. * Confitures en boîte, 1 Ib. chaq. 24 ‘‘ ST. RP NT CE RIVE EE io. # Sondes sus ventedettee NES | CL SO 6 6 me te 0 ve MÉENIN GR ES 100 ‘‘ Oignons et pommes de terre.. 35 ‘‘ PAMGOUÉ à à 0-88 à ue de eue 60e 120 ‘‘

ee nl a tn de te Poids total...... 1,319 livres Men den move sers ve ve 1

Ceci est ample et même plus que suffisant pour un homme sain et vigoureux, qu'il travaille aussi fort qu'il le veuille ; il vaut mieux emporter un peu trop que pas assez. Il est bon de se rappeler aussi qu'il se fait beaucoup de gaspillage au cours de la transportation et de la cuisson des vivres, telles qu’on peut les effectuer en faisant un voyage d'exploration. On remarquera que la liste qui précéde ne contient pas de viandes de conserve. Elles sont quelquefois utiles en voyage et leur usage est une affaire de goût. Quelques-uns les aiment tandis que d'autres n'y tiennent guère. C’est donc au voyageur à consulter son palais pour cela comme pour bien d’autres choses. Emballées comme elles le sont dans des boîtes de fer blanc, elles sont difficiles à porter et le fer blanc augmente beaucoup leur poids. Il est absolument nécessaire qu’elles soient hermétiquement scellées pour se conserver et il est dommage qu’on n'ait pas encore trouvé un autre moyen de les mettre en conserve de façon à en diminuer le poids et à les garantir de l’action de l'air extérieur. Le prix de revient d'un pareil équipement varie natureliement beaucoup, suivant l’époque et l’endroït d'achat, cependant il ne devrait guère coûter plus de $200 ou moins dans n'importe laquelle des villes où il est probable qu'on l’achète. Aux prix du Yukon il serait plus de deux fois plus cher ; on estime que $450 est un

do

OS morceux e en poudre.

peut choisir gros haricot re, iolivres :

s de quatre ne de levain, mes pressés, , mais je dois barrassants, t mieux emla quantité nner de jus ions, cepeni l’on désire eux ou trois ile de confits très bien.

nes. Îlest nes que l’on de pommes tablettes de sans coûter

6 livres F2: * 30 LE 1 [N2 I ‘6 12 *‘ 39 [K2 1 24 + 10 35 ‘“

1,319 livres

vigoureux, op que pas re au Cours ffectuer en le ne conge et leur autres n'y la comme ites de fer r poids. Il conserver mettre en e l'air exbeaucoup, er plus de n l’achète.

450 est un

prix raisonnable pour un ‘‘ grub stake,” c’est-à-dire pour un approvisionnement d'un an.

Je donne plus bas le prix courant d’une maison d'Edmonton, lequel est cependant sujet à certaines variations usuelles qui ne feront en tout cas, guère varier le chiffre total ; dans les conditions ordinaires des marchés divers :—

4 sacs de farine, 98 livres cha. - $r0.00 Reporté - - - $153.07 20 livres farine de maïs - - .70 40 livres farine d'avoine - - 1.30 Boutons, aiguilles etfil - - .25 25 livres de riz I, - = - 1.75 1 poêle de camp - - - 5.00 100 livres de haricots - - 4.50 Ipanàäor - - - - 75 75 livres sucre granulé - - 4.87 1 couteau et fourchette - - .15 75 livres abricots, pêches et pom- 2 cuillers - - - - .05 mes - - - - - 10.25 1 grande cuiller en fer granit - “15 6 pats. tablettes de levure - .50 1 grande fourchette - - - .10 20 livres chandelles - - - 3-00 1 tasse fer-granit - - - .15 150 livres porc fumé - - 16.50 1 assiette fer-granit - - - 15 25 livres beurre - - - 3.75 1 pierre à aiguiser - - - .10 10 livres farine de levain - - 2.50 1Ipicavec manche - - - 1.25 3 pqts. de soude - - - .30 1 hachette avec manche . - - +75 20 livres sel - - - - .40 1 hache avec manche - * : F<28 1 livre poivre - - - - .25 Iscieàbras - - - - 9.00 Ja livre moutarde - - - .25 IsciéenX - - - - 3.50 1 livre gingembre - - - .25 1 Scie à main - - - - 1.00 10 pqts. légumes secs - - 2.00 1 pelle à long manche - - 1,00 2 douz. lait condensé - “ 4.50 20 livres de clous - - - 1.00 10 livresthé - - - - 4.00 2limes - - - - - .40 25 livres café - - - - 10.00 I couteau - - - - 78 72 douz. sels effervescents d’Atb- 1 rabot - - - - - .90 bey - - - - - 3.60 1 vilebrequin - - - - 2.00 Savon de blanchissage - -: 1.00 3 ciseaux - - - - - 75 Allumettes - - - - .80 1 couteau de boucher - - 25 Pommes de terre et oignons - 4.00 1 compas - - - - - .50 2 paires d’épaisses couvertures - 14.00 Corde - - - - - 1.50 2 <tements complets de dessous 5.00 1 poëlon - - - - - .25 2 chemises de coton - - - 1.60 1 marteau - - - - .50 2 gilets tricotés - - - 3.00 I tarière - - - - .65 1 vêtement fort - - - 7.50 1 bouilloire - - - - 1.50 1 pantalon - - - - 2.00 1 bouilloire en cuivre - - “6.00 1 pantalon d’euvrage - - 1.25 1 Seau en acier - - - +75 1 complet en ‘* mackinaw ” (cuir 1 écuelle en fer-granit - - .40 doublé de fourrure) - - 10.00 1 lanterne à chandelle - - 35 2 paires chaussettes arctiques - 1.50 1 livre mercure - - - - 90 6 paires chaussettes de laine - 1.50 1 paire lunettes noires - - .25 2 paires de mitaines - - - 1.00 1 calfait - - - - - 75 2 paires de mocassins - - 3.00 Iolivrespoix - - - - 1.00 3 serviettes - - - - 75 15livres d'étoupe - - - 2.00 1 paire de bottes caoutchouc, aux Objets divers - - - - 2,18 hanches - - - - 5-00 1 paire souliers lacés, de mineur 5.00 $203.20 Moustiquaire - - - - 50 $153.07

Quelques mots au sujet de l'emballage seront peut-être utiles ici.—La farine doit se mettre dans une bon sac de coton, 50 livres au sac ; deux de ces sacs se

LR *

mettent, ensuite dans un sac plus fort. Pour le transport ordinaire cet emballage sera plus que suffisant et pour des tournées de prospecteurs un seul sac de coton dans un sac plus gros suffira.—Le sucre, les haricots, le riz, l’orge en farine et le porc s’emballent de la même façon.

Je ne saurais recommander l'usage de la toile cirée comine couverture d'emballage ; l'huile semble détruire le tissu et le fait déchirer très facilement, outre que quand il fait très froid la toile devient cassante comme du verre, de telle sorte qu'il n’en reste plus rien au bout de quelques jours.

La toile grossière si elle est bonne et épaisse garantit fort bien contre la pluie. Pour ce qui est de la farine, il s’y forme une mince couche de pâte à l'extérieur qui la protège presque parfaitement contre la pluie ; il est bien entendu que c’est autant de farine de perdue mais elle est comprise dans les quantités données plus haut. Quand il pleut, il faut surveiller le sucre avec soin; s’il se mouille la fonte semble se propager par toute la masse pour le tran:former en sirop quand la température le permet ou pour en faire un bloc solide et dur comme du’ roc quand il gêle. Les mêmes observations s'appliquent au sel et je vous conseillerai avec instance de veiller à votre sucre et à votre sel. Le thé comprimé à l'avantage de n'être pas volumincux, et si vous ne vous en procurez pas, emportez celui que vous aurez dans des boites de ter blanc contenant une livre chacune. C’est commode parce qu’en ouvrant les boites on n’expose qu’une petite quantité du thé à se détériorer.

Les autres abiects peuvent être emballés dans des boîtes pour le transport jusqu’à la campagne ei arrangés ne tard comme on le voudra. Il est bon de veiller à ce qu'aucune des caisses ne pèse plus de cent livres, jusqu’à ce qu’on ait de meilleurs moyens de transport. C'est là un poids aussi considérable que peut enlever avec aise un homme qui n’en a pas l’habitude et dans ces voyages on se trouve souvent obligé de faire un travail manuel très lourd.

Quant à la literie et aux autres choses de ce genre, on peut se procurer ce que l’on préfère.

Pour ce qui est des vêtements, ceux de dessous doivent être beaucoup plus épais que ceux qu'on a l’habitude de porter ici. Les vêtements de l‘ne, ordinaires, que portent les bûcherons dans la forêt sont suffisamment lourds et épais, mais quand on voyage à l’air sur les rivières il faut porter des fourrures quelconques, surtout s'il fait du vent. Des pardessus de laine ordinaires ne vous garantissent pas du vent et quand le thermomètre est à 40° ou 50 au-dessous de zéro et qu'il fait un vent de 20 ou 30 milles à l'heure on ne peut s’y exposer pendant longtemps sans beaucoup souffrir. Il suffit de se couvrir les mains d’une bonne paire de mitaines en laine par-desssus lesquelles on porte des gants de peau de daim. Comme literie, une bonne couverture de fourrure est indispensable ; ; les couvertures de laine ordinaires, quelque soit leur nombre, ne peuvent pas vous tenir chaud. Le tempérament de l'individu fait cependant de grandes différences dans ces cas-là ; j'ai souvent vu deux hommes couchés sous la même tente, en même temps, et couverts de la même façon dont l’un se plaignait du froid et ne pouvait dormir tandis que l'autre était bien à son aise. C’est donc au voyageur à juger de son propre tempérament et moins il lui faudra pour le tenir chaud, mieux cela vaudra.

Dans ces pays on a fait des couvertures de peau de renard, de lynx et de peau d'ours. Eiles coûtent très cher, c'est-à-dire de $60 à $120 suivant la fourrure, et la grandeur de la couverture. Dans un avenir très rapproché cependant, elles seront absolument hors de prix car les fourrures disparaissent de plus en plus, et dans un an ou deux on n’en trouvera plus du tout dans ie voisinage des ‘‘diggings” ni ailleurs. Il vaut mieux se les procurer ici si on le peut. Le lynx fait une couverture durable, légère et chaude. Le renard est bon aussi mais pas aussi durable que le lynx. Le loup, quoique bon, est plus lourd sans être aussi chaud que le lynx ; il en est de même de la peau d'ours. Je ne doute pas que la nécessité ne pousse les fabricants à trouver quelque chose qui remplace bien la fourrure, On fait déjà des ‘sacs à dormir” qui sont utiles et confortables. Parmi

cet embaleul sac de re en farine

rture d’em- , Outre que sorte qu'il

re la pluie.

rieur qui la t autant de plus haut. ite semble pérature le gêle. Les ice de veilpas voluez dans des qu’en our.

> transport on de veil- ’on ait de peut enle- 1se trouve

rocurer ce

coup plus rdinaires, pais, mais lconques, rantissent et qu'il fait emps sans è mitaines mme litees de laine

Le temas-là ; j'ai s,et couit dormir rer de son ieux cela

t de peau rrure, et ant, elles plus, et es ‘‘dig- Le Ilynx mais pas tre aussi as que la n la four- . Parmi

ceux-ci je conseillerais de choisir ceux qui vous fourniront le pius d'épaisseur entre le corps et le sol, sans toutefois négliger la couverture du dessus. En hiver, on sent beaucoup plus le froid venant du dessous que du dessus, Les waterproofs (imperméables) ne sont bons à rien dans ces pays là ; la gelée les fait craquer et il n’en reste bientôt rien. Un bon, grand par dessus de peau de raton (raccoon) est très utile—ils ne coûtent pas cher et durent longtemps.—En voyageant par un temps très froid les geroux vous font souffrir plus que n'importe quelle autre partie du corps. Tout ce qu’il faut pour les garer du froid est un bon manchon de fourrure qu’on attache aux vêtements de dessus. Quelque soïît le matériel dont on se serve pour cela il doit être épais et à l'épreuve du vent. Le voy: ageur devra s’en rapporter à ses goûts pour ce qu'il lui faut de plus que cela, maïs je lui conseille de ne pas trop emporter. Ne vous surchargez pas d’extras. Les bottes de caoutchouc sont indispensables au printemps, en été et automne, Des bottes de mineurs montant jusqu'aux hanches se vendent de $10 à $r4la paire. Plus elles sont courtes, moins elle coûtent —il vaut mieux se les procurer en partant parce qu’elles coûteront alors moins cher, mais on en trouvera toujours un grand assortiment aux postes du pays.

En fait de quincaillerie il est bon d’emporter deux bonnes haches. Elles doivent être à deux taillants, dont l’un sert pour les travaux les plus ordinaires et l’autre, toujours bien aiguisée, pour couper du bois. Un vilbrequin et un assortiment de mèches sont indispensables ainsi qu’un marteau et des clous de fil de fer. Plus on pourra emporter de ces derniers mieux cela vaudra, mais la quantité qu’on emportera doit nécessairement dépendre des moyens de transport qu’on peut avoir à sa disposition. Une petite scie à main est aussi absolument nécessaire ainsi que des vis de différentes dimensions, des tourne-vis convenables et un tarière d’un diamètre de 1 ou 14 pouce. Une pelle et un pic de mineur sont indispensables. I] nous faudra aussi de 25 à 30 livres de corde de différentes grosseurs et si nous voulons construire un bateau il faudra aussi une scie à bras de la poix et du chanvre. De ce dernier il nous faudra de 3 à 10 livres et de 10 à 20 livres de poix. Quant aux autres articles de quincaillerie, tels que des couteaux, des fourchettes des assiettes, des cuillers, des bouilloires, etc., chacun les choisira à son goût. Enfin tout l’équipement doit être en rappôrt avec les intentions que l’on a en fait d’ exploration et avec le temps pendant lequel on doit s’absenter.

Une carabine et un fusil de chasse peuvent être utiles et sont en quelque sorte nécessaires, quoiqu'on ait rarement l'occasion de s’en servir car le gibier n’est guère abondant et l’on n’a pas le temps de le poursuivre. La chasse est un art difficile et long à apprendre. De temps en temps on peut avoir l’occasion de tirer sur un orignal ou sur un caribou, mais ceci n'arrive guère que par accident et il se peut très bien qu’on porte une fusil pendant des années sans qu’on puisse en tirer pour un dollar de bénéfice. Malgré cela je conseillerais aux voyageurs d'en apporter un, On peut en avoir vraiment besoin un jour et si jamais ce besoin se présente il sera assurément fort sérieux. On peut apporter aussi des lignes et des hameçons pour la pêche, mais il en est de ceux-ci comme des fusils.

Il faut se munir de fil, d’aiguilles, d'un peloton de laine et de morceaux d’étoffe pour repriser et rapiécer ; c’est à chacun de juger ce qu'il lui en faut. I] n’y a pas à craindre qu'on fasse erreur en en emportant de trop, car ni leur poids ni leur volume n’ont d'importance. Une boîte de médicaments, est absolument nécessaire, et je vous conseillerai de consulter un médecin a l'égard du contenu. Ce qui conviendrait à l’un ne conviendrait pas à l’autre et chacun doit prendre ce qui lui paraîtra le plus utile pour son cas particulier. Du papier, des envelopes, des plumes et de l’encre sont nécessaires aussi, car il ne faut jamais négliger d'écrire aussi souvent que l’occasion s’en présente ; ayez toujours soin d’entretenir vos relations avec votre chez vous. Si vous pouvez vous procurer de la poudre à fabriquer de l’encre,. prenez-en car l’encre liquide ordinaire gèle et fait éclater les bouteilles.

Une boussole de poche est très utile, et si vous en prenez une, prenez-la bonne. L’aiguille ne doit pas avoir moins d’un pouce et demi à deux pouces

de longueur et en la choisissant, choisissez celle qui osciiie le plus longtemss avant de s'arrêter. Celles qui s'arrêtent très vite ne valent rien. Remarquons ici que l'aiguille aimentée pointe à l'est du nord magnétique de 32° au lac Lyndeman à 36° près de la frontière.

Un bateau est absolument nécessaire pour voyager dans ces pays. Il n’y a pas de service régulier de vapeur sur le fleuve pour le moment, quoiqu'il soit bien possible qu’il y en ait un plus tard ; en tout cas, ce service ne se ferait que par l'artère principale, d’un affluent à l’autre et une fois débarqués à l'embouchure d'un cours d’eau il nous faudrait toujours une embarcation pour le remonter. Les embarcations construites sur place sont nécessairement lourdes, imparfaites et de mauvaise forme ; il vaut donc mieux se procurer d’avance, ici ou ailleurs, une embarcation légère et portative qu'on achètera où l’on voudra. A mon avis l’embarcation la plus commode pour ces pays est un canot semblable à ceux qu’on construit en grandes quantités dans la province d'Ontario. Le m:dèie dont je veux parler est celui des canots ‘‘ Peterborough ” ou ‘‘ Rice Lake,” dont on trouve une grande variété. Le tilleul est le bois le plus propre à la construction de ces canots, dont je donne les dimensions ordinaires plus bas.

Un canot long de 17 pieis, large de 41 pouces et profond de 17, pèse de 130 à 140 livres lorsqu'ilest sec. Un canot pareil peut porter de 1,300 à 1,400 livres et deux ou trois hommes. C’est là, bien entendu, une charge assez lourde et pour peu que les bagages soient un peu volumineux il faudra pas mal d'expérience pour les faire entrer dans un canot de cette dimension, mais l’habitude nous apprendra bientôt à surmonter cette difficulté.

Un canot d’une longueur de 18 pieds, large de 43 pouces et profond de 18, pèse un peu plus et portera de 100 à 200 livres de plus.

Un canot d’une longueur de 19 pieds, large de 46 à 47 pouces et profond de 18, pèse, à sec, de 175 à 180 livres et porte facilement, sans danger aucun, der, 800 à 2,000 livres et deux ou trois hommes.

On en construit de plus grands dont je donne les dimensions ici :

Longueur. Largeur. Profondeur. Poids. Capacité. Prix. 21 pieds .49 pouces. 18 pouces 1353 livres 2200 livres $51.00 à $57.00 aû: 0: 18 ‘: 140 ‘‘ 2500 ‘‘ 54.00 à 60.00 aa" 51 Fete 1e: 145 ‘: 3506 57-00 à 63.00 sd. * CCS ia 150 ‘ 2900 ‘‘ 60.00 à 66.00 autre marque an: 76 a4 ‘ 2795 ‘‘ 2850 à 12” de tirant | 5120 à 20” de ‘‘ | $58.00.

28. ‘ 50 ‘: age Ki", DRE 3200 à 12"de ‘‘ | 5600 à 20” de ‘‘ | #60: 0p, 30 ‘‘ RL ad." 350 ‘‘ 3800 à 12°de ‘‘ | 6500 à 20” de ‘‘ | $75:00.

Les poids indiqués dans ce tableau, m'ont été fournis par les fabricants; ceux que j'ai donnés dans les paragraphes précédents ont été observés dans la pratique, après m'être servi du canot pendant un certain temps. D'’habitude, l’eau qu’absorbe lé hois du canot augmente son poids de 10 à 20 livres.

Le prix de transport du port d'expédition dans l'Ontario à Vancouver, est de $2.65 les 100 livres (calculées en volume) avec une charge minima de 800 livres ; c'est-à-dire qu’on paye le fret suivant le volume du bateau. Or, en les emballant les uns dans les autres, les petits dans les grands, par ordre de dimensions, c’està-dire un canot de 18 pieds dans un de 19, celui-ci, dans un de 21, et le tout dans un canot de 22 pieds, on arrive, y compris l'emballage, à la limit: de 800 livres qui représente un fret de $21.20 ou de $5.30 par canot. En payani au poids actuel les frais reviennent à $10.50 les cent livres. L’emballage des canots les uns dans les autres est de beaucoup le plus avantageux ; on économise ainsi les frais de tran-

longtemss emarquons 2° au lac

Hnya il soit bien it que par mbouchure nter. Les aites et de leurs, une avis l’emeux qu’on ont je veux rouve une de ces ca-

èse de 130 ,400 livres de et pour ience pour apprendra

ond de 18,

profond de n, der, 800

Prix.

nts; ceux la pratide, l’eau

er, est de bo livres ; emballant bns, c’estout dans Boo livres ids actuel uns dans s de tran-

sport et l’on court moins de risques de les avarier pendant le trajet. C'est doné ce système-là que je recommande. En commandant un canot de 18 à 19 pieds, il est bon de commander en même temps 3 à 6 bonnes pagaiïes bien solides qui ne doivent pas avoir moins de 5 pieds 9 pouces de longueur. Si le fabricant fournit des perches, il vaut mieux en emporter quelques-unes aussi. Ces perches doivent être en frêne bien droit ou d’un autre bois quelconque, bien solide et léger ; elles doivent avoir de 8 à 9 pieds de longueur et environ 114 pouce d'épaisseur à leur extrémité inférieure ; le diamètre à l’autre extrémité doit être de 14 à 116 de pouce et le bout est garni d’une boule de 11% de diamètre environ. Le bas de la perche doit être garni d’une pointe en acier qui porte une virole qu'on attache à la perche au moyen d'une vis, et qu’on peut retirer à volonté. Ces perches sont très commodes en voyage pour bien d'autres usages que la propulsion des canots et sont bien plus solides et faciles à manier que celles qu'on peut se procurer sur les lieux mêmes. On aura soin d'apporter aussi une couverture de toile suffisamment grande pour couvrir complètement le canot, et faite de telle sorte qu’on puisse l’attacher solidement pour empêcher le vent de l'emporter. Il vaut mieux commander ces toiles aux fabricants de canots qui s’y connaissent. On les trouvera très utiles, surtout pour protéger les bagages et nous éviter la peine de les décharger pendant la saison des pluies. Il est très facile de maneuvrer ces canots en descendant le courant. Pour remonter par exemple, il faut avoir recours à l'usage des perches ou traîner le canot en marchant sur le bord, car le courant est souvent trop fort pour qu’on puisse le remonter en ramant. On peut se procurer des perches dans le pays même, mais je le répète, il vaut mieux les acheter des fabricants de canots. À moins qu’ils ne soient garnis d’une pointe en fer, le bout est bien vite émoussé et se met en brosse, c'est-à-dire que le grain du bois mou s'écarte et se divise en filaments qu'on est obligé de couper très souvent de telle sorte que la perche se raccourcit peu à peu. Veillez donc à ce qu'ils soient garnis d’une pointe de fer ou mieux encore, d'une pointe en acier. Ces pointes sont de genres différents, mais n'importe quelle espèce suffira et un bon forgeron vous en fera une demi douzaine d'excellentes en très peu de temps ; elles ne coûteront pas cher et sont faciles à fixer sur l'extrémité de la perche au moyen d’une vis ou d’un clou.

Pour pousser le bateau ou le canot, l’homme d'équipe se tient debout, appuie la perche contre le fond et pousse, tandis que celui qui se trouve à l'arrière gouverne l’embarcation en poussant aussi dans la direction voulue. C’est un travail pénible et difficile pour ceux qui n’en ont pas l'habitude, mais il est facile de se mettre bientôt au courant et l’on sera surpris de voir le chemin que peuvent faire de cette façon, deux ou trois hommes qui oft bien l’habitude de ce genre de travail. Des hommes rompus à ce métier font de 30 à 35 milles par jour, mais d’autres se fatigueraient sans doute après avoir fait le tiers seulement de cette distance. Là où l’eau est trop profonde, c’est-à-dire là où elle a plus de trois pieds de profondeur, ou bien dans les endroits où le fond est boueux et mou il faut avoir recours au système qui consiste à traîner le bateau. Dans les endroits vaseux la perche enfonce de telle sorte qu’il est quelquefois difficile de la retirer; il arrive même que la perche reste fixée dans le fond et que le canot reste en place—alors, si la plage le permet, après avoir mis pied à terre, on attache une corde mince et solide à une distance de trois à six pieds de l'avant du canot ; une autre corde, que l’on désigne sous le nom de bride, est attachée à l’avant et vient se rattacher à la première à 5 ou 6 pieds du bord du canot. Si le point d'attache de cette dernière est bien choisi, le canot se gouverne de lui-même. La ligne principale, attachée au bord même du canot tend à lui faire prendre la direction du large, tandis que la bride modifie cette tendance de telle sorte que, si elle se trouve attachée comme il faut le bateau suit le contour du rivage à quelques pieds du bord. Ce système ne demande que très peu d'attention de la part de l’homme qui dirige l’embarcation—il n’a qu’à veiller à ce qu’elle évite les rochers, les arbres ou les autres obstacles qui peuvent se présenter et en tournant les pointes doit la gouverner de façon à éviter qu'elle ne vienne échouer sur le bord. C’est de beaucoup le moyen le plus facile de remonter un

cours d'eau. Deux hommes, attelés ainsi à la corde, peuvent faire de 214 à 3 milles par heure sur une bonue plage s'ils le veulent et passent sans effort les endroits les plus difficiles. J'ai vu des embarcations remonter ainsi des rapides assez raides à des vitesses tout à fait remarquables. Lorsque le couple attelé à la corde a travaillé pendant une demi-heure ou une heure, il se fatigue et s’échauffe passablement. Quand on est à quatre, ceux qui sont restés dans le canot changent alors de place avec eux pour les laisser reposer, et chaque couple traîne le canot à tour de rôle. En se reposant et en travaillant alternativement de cette façon, on parvient ainsi à couvrir des distances considérables sans trop se fatiguer. Quatre hommes vifs et solides, sur une plage bien unie, peuvent ainsi faire de 25 à 30 milles par jour sans se fatiguer autant que s'ils avaient ramé ou poussé le canot à la perche. Plus il y a de monde, plus le travail est facile, et moins il y en a plus il est difficile, mais deux hommes peuvent toujours faire une bonne journée en se relayant comme je viens de l'indiquer. Avec un seul aide j'ai fait moi-même jusqu’à 24 milles par jour de cette façon-là, et encore ai-je fait le relevé du cours d’eau en même temps. La corde doit être très légère et très solide. Pour traîner un canot de 18 à 19 pieds ayant de 45 à 48 pouces de largeur et portant une charge de 1,000 à 1,200 livres avec deux hommes, la corde ne doit pas avoir plus d’un huitième de pouce d'épaisseur. Elle doit être de première qualité. Une certaine espèce de corde, connue sous le nom de ‘‘ cod-lines”’ (lignes à morue), est très bien adaptée à est usage. Je ne puis donner les numéros correspondant aux différentes grosseurs mais je puis affirmer qu'une ligne de ce genre, épaisse d’un huitième de pouce, suffit pour traîner un canot de la dimension indiquée plus haut, et le faire passer n'importe par quel endroit où il est possible de l'emmener. Il est vrai qu’un canot plus lourd exige une corde plus épaisse mais j'ai vu des bateaux de 40 à 45 pieds de longueur sur 9 pieds de largeur, chargés de 8 ou 10 tonnes et tirant deux pieds d’eau, traînés contre des courants très rapides par une corde qui n'avait qu’un quart de pouce d'épaisseur. L'inconvénient d’une corde plus lourde, est que son poids la fait plier et qu’elle plonge continuellement dans l’eau, ce qui augmente énormément son poids. D'ailleurs on s'expose ainsi à l’accrocher à des rochers, des arbres, des bâtons et à d’autres obstacles de toute espèce qui se trouvent sur les bords des rivières. Pourvu qu'elle ne soit pas trop lourde, les hommes apprendront bien vite à la faire sauter par dessus des obstacles de ce genre pour les éviter. Un coup sec, donné au bon moment, l’enlèvera à une bonne hauteur au-dessus de n'importe quel obst=cle ; avant de le donner, cependant, il faut avoir soin de tourner le canot en trav -s du courant de façon à ce qu'il puisse résister à la tension de la corde sans dévie de sa direction. Souvent il suffit de tourner l’embarcation vers le large du courant pour passer un arbre assez élevé ou un autre obstacle quelconque ; la corde se trouve ainsi tendue et si l'obstacle est près du bord, on le passe sans que les hommes attelés à la corde s’en aperçoivent.

Quand on est sur le point d'arriver à un remous, au-dessous d’une pointe qui s’avance dans un courant rapide, il faut avoir soin d’y entrer en allant tout droit de l'avant et non pas de se laisser prendre en travers ; en se faufilant ainsi peu à peu dans le courant on ne perd pas de temps et on ne court pas de danger. J'ai vu plusieurs canots sombrer en remontant le long du remous aussi loin que possible pour pénétrer ensuite tout d'un coup dans le courant rapide de telle sorte que l'eau bouilionne par-dessus les bords et remplit de suite l’embarcation. Si l’on avait laissé aller de la corde à temps, ou si elle avait cassé, il ne serait rien arrivé. Je désire donc appeler l'attention du lecteur d’une façon toute particulière sur ce fait, car il est facile d'éviter bien des dangers en y faisant attention. Soyez toujours muni d’une bonne longueur de corde qui ne soit pas trop lourde. Dans les meilleures conditions, il n’en faut pas moins de 60 pieds et dans des eaux rapides et agitées, il en faut plus. 11 vaut même mieux en avoir 120 pieds de prêts pour qu'on puisse s’en servir à l’occasion et la laisser aller tout d’un coup sans qu’elle s'embrouille. Il y a plusieurs moyens de le faire. Un de ces moyens consiste à tenir la corde roulée autour d’une bobine ou d’un morceau de planche que porte l'homme qui est à terre et qu’il peut laisser aller ou remonter à volonté. La corde

e. QT

NOUS QLQRORDT ROLL

> de 2% à 3 effort les en- ‘apides assez lé à la corde iffe passablerent alors de tour de rôle.

vient ainsi à mmes vifs et ar jour sans e. Plusil y ifficile, mais nme je viens par jour de . La corde pieds ayant >s avec deux sseur. Elle sous le nom

Je ne puis uis affirmer r traîner un par quel end exige une sur 9 pieds aînés contre d'épaisseur.

er et qu’elle ids. D'ailns et à d’aus. Pourvu faire sauter nné au bon 1 obst-cle ; \ trav +s du lévie de sa Durant pour e se trouve es hommes

> pointe qui tout droit ainsi peu à nger. J'ai que possisorte que n. Sil'on rien arrivé, ière sur ce Soyez tou- Dans les ux rapides prêts pour ns qu'elle consiste à que porte La corde

de coton ne vaut rien, car l’eau la fait pourrir et casser très vite. D'ailleurs elle n’est pas aussi forte que la bonne corde de chanvre. TENTES.

Chacun a son idée à lui à propos de tentes, mais je puis dire pour ma part que l'expérience m'a appris que plus elles sont simples, plus elles sont commodes. Je conseillerais au lecteur de se procurer une tente pointue ordinaire de 10 pieds de diamètre, garnie d’un toit de toile de ro onces avec des côtés en toile de huit onces. Les côtés doivent avoir de 214 à 3 pieds de mur et au moins un pied de rabat. L’'inclinaison des côtés doit être assez rapide pour laisser couler la pluie. La hauteur ne doit pas être de moins de 9 à 10 pieds. —Si l’on veut avoir mieux que cela, une tente carrée, dite tente ‘‘ Egyptienne ”” est très commode. Elle a 10 pieds de chaque côté, un toit en toile de 10 onces et des côtés en toile de 8, comme pour les tentes pointues ordinaires. Une tente plus petite peut certainement suffire à tous les besoins, mais celles de cette dimension sont les plus agréables ; elles ne sont pas difficiles à transporter et logent trois ou quatre hommes bien à leur aise. La tente Egyptienne ou carrée peut loger quatre hommes et contenir en outre une quantité considérable d'effets d'équipement. On les dresse sans aucune difficulté en enfonçant d'abord quatre piquets en terre aux distances voulues en forme de carré; on y attache les cordes, puis au moyen d’une perche qu'on place au centre on soulève la tente qui se trouve ainsi dressée de suite. On ajuste ensuite les cordes qu'on attache comme il faut. On peut toujours trouver une perche ; il est donc inutile d’en porter une. Je conseillerai à une compagnie nombreuse d'emporter plusieurs tentes de cette sorte plutôt qu'une seule grande. Les premières sont plus faciles à porter et on peut se séparer par groupes sans inconvénient pour aller prospecter dans diverses directions. Les matériaux dont on fait usage pour la construction de ces tentes sont très rares et difficiles à se procurer dans ce pays. Elles coûtent aussi beaucoup plus cher à confectionner. Si la chose est possible, il faut faire faire la porte de façon à ce qu’elle soit à l'épreuve des moustiques. Pour cela il suffit de la garnir d'un morceau de toile à moustiquaire ou de coton très fin, que l’on attache aux côtés de la tente par des bouts de ruban. C'est le seul moyen d'obtenir la tranquillité. 11 faut avoir soin aussi de bien charger de terre le rabat du pied de la tente, si l’on tient à les empêcher absolument de rentrer. Ces insectes trouvent le moyen de pénétrer partout en passant par des endroits impossibles.

Pour en finir, je dirai : ayez bien soin de vous munir d’un équipement aussi simple et aussi effectif que possible. Ne vous occupez pas d’inventions baroques dont le but soi-disant est de faire disparaître soit un inconvénient, soit un autre, car elles en créent souvent bien plus qu’elles n'en éliminent. Méfiez-vous surtout de canots en métal. J'admets qu'ils soient légers, spacieux et utiles quelquefois, mais ils se brisent facilement et sont très difficiles à raccommoder, tandis qu’un canot en bois se raccommode facilement presque partout et à n'importe quel moment. Rappelez-vous aussi que des avaries de ce genre sont presque inévitables. Si l’on emporte des canots de tilleul ; il faut emporter aussi quelques planches de ce bois pour servir à faire les réparations qui pourront être nécessaires. On en trouvera facilement quelques morceaux qui sont jetés de côté comme inutiles et qu'on peut placer dans le fond du canot. Dans le cas où le côté du canot se trouverait enfoncé par un choc quelconque, et quand les bords du trou ne sont pas trop éraillés, on ramène le bois à sa place après en avoir garni les bords de blanc de plomb, puis on cloue à l'intérieur un morceau de bois qui recouvre la voie d’eau et l’on passe une couche de blanc de plomb par-dessus le tout. Le canot se trouve alors aussi solide qu'auparavant. Si la voie d’eau est trop mauvaise pour qu’on puisse la réparer de cette façon, on enlève d’abord les éclats au ciseau, en coupant les bords du trou en biseau ; on les garnit de blanc de plomb, puis on y ajuste une pièce de bois dont les bords sont aussi biseautés de façon à s'appliquer exactement dans le trou. On recouvre alors cette pièce d’un morceau de bois dont les bords dépassent ceux du trou et on le cloue solidement à la paroïie du canot. Le canot se trouve ainsi remis à neuf par un travail qui ne dure pas plus d’une heure et peut-être moins.

RÉGISSANT L'EXPLOITATION DES MINES ALLUVIALES DANS LE DISTRICT PROVISOIRE DU YUKON, TERRITOIRES DU NORD-OUEST.

(Approuvés par un Ordre en Conseil, le 18 Janvier, 1898.)

Page 1