‹ Guide officiel du Klondike [microforme]Chapitre 44 sur 54 · ROUTE PAR L'OCÉAN ET PAR LA RIVIÈRE · texte numérisé non relu

ROUTE PAR L'OCÉAN ET PAR LA RIVIÈRE

La dernière route dont nous ayons à parler, est celle qui se fait par l’océan et par les rivières.

En partant de Vicioria, de Vancouver ou d’un port quelconque des Etats-Unis nous arrivons par vapeur à St-Michael, à 2,700 milles de notre point de départ.

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Le vapeur approche de St-Michael plus ou moins, suivant qu'il tire plus on moins d'eau. Un navire tirant moins de 12 pieds d’eau peut en approcher à un mille— ceux qui en tirent plus doivent jeter l'ancre plus au large. Dans ce dernier cas les marchandises sont transbordées dans des chalands que l’on remorque jusqu'aux quais des différentes compagnies. Le passage d'ici à Dawson et aux autres ports du Yukon, se fait dans des vapeurs de rivière dont plusieurs existent déjà. Il y en a quatre qui appartiennent à l’une des compagnies commerciales, trois à l'autre et un ou deux à des particuliers. Quand il fait beau continuellement, la durée du trajet de St-Michael à Dawson est de 14 à 18 jours. Le vapeur est obligé de remonter contre un courant très rapide ; il passe aussi souvent des endroits où l'eau est très basse et le passage dangereux, outre qu'on perd aussi beaucoup de temps à charger du bois de chauffage. Les Indiens coupent beaucoup de ces bois et le déposent en piles le long de la rivière. Sur les premiers 500 milles on ne se sert que de ceux que charrie la rivière car on ne trouve absolument aucun bois propre au chauffage dans le voisinage. Plus haut on en trouve en abondance, mais il est vert. On amarre le bateau au bord de la rivière, on envoie tout le monde à terre pour abattre les arbres que l’on charge sans les scier, puis on les scie à bord, en petites longueurs, au fur et à mesure qu'on en a besoin pour les feux. On ne trouve guère ainsi que du bois vert, car presque tout le bois mort a été ramassé depuis longtemps. Il :5t probable que dans peu de temps les vapeurs éprouveront bien des inconvénients et des retards par suite de cette disette de matériaux propres à chauffer leurs machines, car la limite des parages où l'on peut en trouver s'éloigne de plus en plus. Jusqu'à ce jour, nous n'avons eu que trois ou quatre de ces vapeurs sur la rivière, mais l’été prochain nous en aurons de 25 à 30. Ces vapeurs absorberont certainement en un seul voyage tous les bois qui sont déjà coupés, car ceux qui parcourent la rivière à présent brûlent de 16 ou 18 à 24 ou 30 cordes par our.

< Grâce à la complaisance du capitaine Kennedy, commandant le steamer ‘ Alice” de l'Alaska Commercial Company, je suis à même de donner ici les dimensions de son navire ainsi que le journal d’un de ses voyages.

Le capitaine !sarr, de la North American Transportation and Trading Company, a bien voulu aussi me donner les distances que séparent les diverses stations de son itinéraire, distances qu’il a déduites de la vitesse de marche de son vapeur. Je suis assez disposé à croire quelles sont un peu trop fortes et qu un relevé du cours de la rivière démontrera qu’elles sont plus petites qu'on ne le croit à présent.

Dimensions du vapeur ‘‘ Alice : ” ;

Longueur, 165 pieds ; largeur, 32 pieds ; profondeur, 8 pieds.

Machines, à double expansion, cylindres en tandem, pas de condensateur. Cylindre à haute pression, 14 pouces de diamètre, à basse pression, 22 pouces. Longueur du coup de piston, 6 pieds. Pression de la vapeur, 150 à 18o livres et consommation de bois de chauffage, de 16 à 18 cordes par jour. Il est capable de porter 500 tonnes de fret, mais tire trop d’eau (environ 52 pieds) lorsqu'il est ainsi chargé, pour la profondeur du fleuve. Eu 1896 il a fait .un voyage de St- Michael à Fortymile dans les conditions suivantes ; les distances indiquées sont celles que donne le Capitaine Barr :— :

St-Michael à l'embouchure du Yukon, 72 milles, en 9 heures 40 minutes ;

Embouchure du Yukon au Nulato, 576 milles, en 81 heures 30 minutes ;

Nulato à l'embouchure de la Tanana, 249 milles, en 36 heures 30 minutes ;

Embouchure de la Tanana au fort Yukon, 456 milles, en 60 heures 25 minutes ;

Fort Yukon à Circle City, 88 milles, en 21 heures 10 minutes ;

Circle City à Fortymile, 156 milles, en 47 heures 40 minutes ;

Fortymile à la Sixtymile, 97 milles, en 19 heures 15 minutes ;

Ce qui fait un trajet d’une durée totale de 255 heures 25 minutes de ph à Fortymile ; c'est-à-dire de dix (10) jours, 15 heures et 25 minutes pour une istance de 1,597 milles Outre cela, on a perdu de 4 à 6 heures par jour à couper et à charger du bois

Pendant le même été, quelques semaines plus tard, le même vapeur chargé de 400 tonnes et remorquant un chaland presqu’aussi lourdement chargé, a fait le même trajet comme suit :

Embouchure de la rivière au Nulato, 102 heures 55 minutes ;

Nulato à la Tanana, 37 heures 20 minutes ;

Tanana à Yukon, 69 heures 30 minutes ;

Yukon à Circle City, 31 heures 20 minutes. A Circle City on a laissé le chaland et fait le trajet jusqu’à Fortym'!e en 47 heures 40 minutes. En redescendant, le trajet de Sixtymile à Fortymile n'a duré que 4 heures et 10 minutes. De Fortymile à Circle City, 13 heures et le trajet actuel de Sixtymile à St-Michael a duré 4 Jours, et 16 heures,

À l'avenir presque tous les voyages devront se faire avec du bois coupé par les équipages, du bois vert par conséquent.

Après avoir remonté à 1,300 milles le long du fleuve, nous arrivons à ce qu’on appelle les Yukon Flats. Ces bas-fonds ont sans doute formé ie bassin d’un lac dans les temps passés ; aujourd’hui ils se trouvent :mplis d'îles et de chenaux sans nombre dont la plupart sont trop peu profonds, trop tortueux ou trop étroits pour qu'on puisse y passer avec un vapeur, Les bancs de sable et de vase y changent constamment de place et déplacent ainsi le chenal du vapeur de telle sorte qu'il devient plus difficile À suivre d'année en année. Pendant l'été de 1895 l’eau est restée haute pendant une bonne partie du mois de septembre ; il en est résulté que l'un des bateaux de l'Alaska Commercial Company, l ‘‘ Arctic” a pu faire cinq voyages de l'embouchure du fleuve à Fortymile. Ceci est un ‘‘record” et n'a jamais été refait depuis. Le voyage aller et retour le plus rapide de St-Michael à Fortymile a été fait nar le même vapeur en 1807. Il a duré moins de 22 jours. D'habitude sa durée est d’un mois. [l est toujours bon de compter sur plusieurs jours de retard à St-Michael. Les vents violents de ces parages rendent souvent impossible la traversée de la mer Behring pour ce rendre à St-Michael Les mêmes retards sont occasionnés bien souvent aux voyages de retour et il est “elquefois nécessaire d'attendre des journées entières à l'embouchure du fleuve. De plus, le chenal de l'embouchure est peu profond et tortueux; comme d'ailleurs il n'est ouvert que pendant 3 ou 37% mois de l'année il est impossible de le baliser ; quand même cela serait possible, cependant, ce ne serait d'aucune utilité, car la glace en flottant de tous les côtés dans les eaux peu profondes de la mer de Behring y soulève des masses considérables de boue qui s'accumulent souvent dans certains endroits qu'elles rendent impassables quoique peu de temps auparavant ces endroits avaient pu être suffisamment profonds pour qu’on pûr y passer. Une fois, en 1806, un bateau s'est trouvé pris sur un de ces bancs à l'embouchure du fleuve et y est resté en panne pendant 14 jours jusqu'à ce que le vent et la marée soient devenus :ssez forts pour le remettre à flot, Si nous voulons entrer dans le pays par cette route il ne faut guère compter arriver à Dawson avant le milieu du mois de juillet, La glace sur la rivière disparait vers le milieu du mois de mai, mais la mer Behring n'est guère jamais ouverte avant la fin du mois de juin,—-j'ajouterai même qu'en 1896 aucun vapeur n'a pu approcher de Saint-Michael avant le 7 juillet.

Je renvoie ceux qui veulent avoir plus de détails sur les frais de voyages par cette route à l'Alaska Commercial Company, 310 rue Sanson, San Francisco, ou à la North American Transportation and Trading Company, de Chicago. On me dit que la Canadian Pacific Coast Navigation Company---bureaux à Vietoria et à Vancouvér--va mettre des vapeurs sur cette route (sr l'océan et sur la rivière) et que le Canadian Pacific Railway va faire de même. Il suffit d'adresser une demande à l’une de ces compagnies pour obtenir tous les renseignements possibles sur leurs corditions et les facilités qu'elles donnent. Cette route n'impose naturellement aucune inconvénient au voyageur, si ce n’est le voyage en mer pendant dix ou douze jours, mais elle réduit la durée de la saison de travail À Dawson de deux mois à peu près. En passant par le sud on arrive à Dawson vers le milieu du mois de

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