PREFACE
L y a très peu d'endroits au monde qui aient attiré l'attention du public autant que cette fraction du district du Yukon, dans le Dominion du Canada, qui est connue sous le nom du Kilondyke, Cette curiosité, éveillée il y a quelques mois seulement, s'est récemment accrue avec une telle intensité, que l’on voit aujourd'hui des vingtaines de milliers de personnes tourner leurs regards de ce côté dans l'espoir d'y trouver un jour la fortune et le bonheur.
A la seule fin de fournir les meilleurs renseignements possibles à tous ceux qui les veulent, l'Hon. le Ministre de l'Intérieur, x ordonné la publication immédiate d'un manuel devant contenir tous les renseignements les plus complets à cet égard. La besogne m'a été ‘assignée tout naturellement, parce que, de tous les employés du gouvernement canadien, je me trouvais être celui qui connaissait le mieux cette région. Je commençai donc ce travail vers le milieu du mois de décembre dernier, quelques jours après mon retour ; on comprendra sans doute pourquoi ce livre n’est peut-être pas aussi bien fini que j'aurais désiré le voir quand j'aurai dit que, pour le compléter, il m'a faliu préparer des cartes spéciales, choisir des photographies sans nombre et les mettre en bon état pour la reproduction, écrire bon nombre d:: chapitres nouveaux et relire de nombreux rapports anciens, faits par moi-même et par d’autres, choisir, mettre en ordre et intercaller, comme il faut, mes rotes dans le nouveau texte ; cette tâche était d'autant plus difficile que, lorsque j'étais en voyage, la plupart du travail m'était imposé ; mes notés, prises en plein air comme elles l'avaient été, étaient difficilement intelligibles à d’autres qu’à moi, car, je les avais souvent écrites quand j'avais les mains engour-
dies, et les sens presque paralysés par le froid terrible des vents d'hiver sur les sommets glacés des montagnes.
Tout défectueux qu'il soit, cet ouvrage suffira, je l'espère, pour combler les lacunes qu'il est destiné à remplir. Il en restera bien peut-être quelques-unes, mais elles seront faciles à combler pour ceux qui voudront se donner la peine de réfléchir un peu. Les extraits tirés des rapports anciens ont été revus et amplifiés d’après les renseignements les plus récents. Si l’on consulte ces anciens rapports, il ne faudra donc pas s'étonner de trouver certaines différences.
RE on. NÉ de
Rte
vi PREFACE.
Cette partie de l'ouvrage qui est de création récente est aussi complète que possible.
11 m'aurait fallu infiniment plus de temps que je n’en avais devant moi, pour donner des détails suffisamment nômbreux pour répondre à toutes les questions qui peuvent se présenter.
Je sais, par expérience, que ceux qui croient penser à tout n'éprouveront aucune difficulté à poser les questions les plus diverses, qu’elles se rapportent ou non au sujet que nous avons à traiter et si je le voulais, je pourrais certainement remplir ce volume d'exemples pareils qui sont uniques dans leur genre. Je préfère les laisser de côté cependant et m'adresser tout simplement aux sympathies de ceux qui ont l'esprit plus pratique, et qui savent compter un peu aussi sur leur propres ressources.
Les cartes ont été préparées à la hâte, mais elles donnent, néanmoins, tous les renseignements connus et recueillis, soit au cours de mes observations personnelles, soit par ouï-dire.
Je ferai observer que sur la grande carte qui indique les routes diverses, celles qui suivent une rivière ou un cours d’eau quelcorque, sont indiquées avec exactitude, tandis que les routes de terre ne sort indiquées qu'approximativement et ne représentent que :les projets seulement. Ceci tient à ce qu’on n’a encore fait aucun relevé de ces routes, ou bien que si ces relevés existent, je ne les ai pas eus sous la main,
WILLIAM OGILVIE,
Ottawa, le 27 janvier, 1898.
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