‹ Guide ou instruction pour connaître ou choisir un médecinChapitre 1 sur 8 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

L’opuscule dont nous offrons la traduction au public est l’œuvre de Joseph Franck, l’un des plus illustres médecins de ce siècle; issu d’une famille dont la science médicale était, pour ainsi dire, le patrimoine. Son père, J. P. Franck, a été regardé comme le plus grand praticien de son temps, il a été médecin des empereurs d’Autriche et de Russie, professeur dans plusieurs Universités d’Allemagne et d’Italie. Il a publié plusieurs ouvrages, mais son abrégé de médecine, qu’il a laissé imparfait, lui a ac* quis une réputation colossale, et a été imprimé dans toutes les langues vivantes. J. Franck était son fils aîné, il a aussi composé un grand nombre d’ouvrages de médecine, parmi lesquels se trouve celui-ci qui a vu le jour à Vienne en 1800 . Ils l’ont fait connaître comme l’un des plus savants médecins de ce siècle, mais, c’est surtout sa pathologie interne qui l’a rendu célèbre; elle a aussi été traduite en plusieurs langues, elle vient de l’être en français et fait partie de VEncyclopédie médicale, éditée par M. Bayle.

Si jamais livre peut être utile, c’est la traduction d’un semblable ouvrage. Quel temps plus opportun pour son apparition? les malades, dans la capitale, sont traqués comme des bêtes fauves; les murailles sont couvertes des affiches des charlatans; les plus impudents médicastres répandent par milliers de mensongères brochures ; les journaux sont remplis d’annonces trompeuses, des femmes éhontées se proclament des Esculapes, enfin, les systèmes de médecine les plus absurdes sont hautement professés. On est surpris qu’aucun médecin n’ait cherché jusqu’à présent à prémunir le public contre les dangereux pièges qui lui sont tendus de tous côtés, par un écrit à sa portée où serait victorieusement combattu ce fatal préjugé que, pour discerner un bon praticien, U faut absolument être médecin soi-même. J. Franck l’a

tenté pour l’Allemagne où son ouvrage n’a pas été sans utilité; pourquoi n’en serait-il pas de môme en France où l’impudence des charlatans est à son comble, puisqu’il donne les signe^caractéristiques du vrai praticien.

Nous sommes porté à croire que c’est en partie à l’ouvrage de J. Franck que les médecins sont redevables de la considératioh dont ils jouissent, à juste titre, en Allemagne; les charlatans y sont aussi eu plus petit nombre qu’ailleurs. Puisse-t-il obtenir un tel succès dans notre patrie. Pourquoi non? puisqu’il enseigne à ceux qui sont dépourvus de connaissances médicales les moyens de discerner le médecin digne de fixer leur choix, celui à qui ils pourront, avec sécurité, confier ce qu’ils ont de plus cher, leur vie, celle de leur épouse, de leurs enfants. C’est une heureuse idée dont la réalisation est sans doute une des plus forte barrières à opposer au charlatanisme, car elle détruirait les préjugés qui en sont le plus ferme appui.

Joseph Franck a consigné dans cet ouvrage des conseils aux élèves en médecine, particulièrement à ceux qui voyagent à l’étranger, les devoirs des médecins envers leurs collègues, envers les malades, envers les pharmaciens, enfin envers le public; et comme il n’y en a pas sans réciprocité, les devoirs corrélatifs de ceux-ci en découlent naturellement. 11 contient, en outre, des vues sur l’organisation médicale qui ne seront peut-être pas sans intérêt dans un moment où une loi sur cet objet sera prochainement soumise aux Chambres. On y verra qu’au temps de J. Franck, les maux qui résultent du trop grand nombre de médecins, de la manie d’écrire, de la surabondance des livres se faisaient déjà sentir.

Nous en avons retranché une grande partie des digressions relatives aux coutumes et aux institutions de l’Allemagne, nous les avons remplacées par desconsidérations plus analogues à nos mœurs actuelles, et aux idées qui dominent présentement. Aussi nous as sumons la responsabilité de ce qu’on y trouvera de blâmable, lui laissant le mérite de ce qu’il renferme d’utile.

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