GUIDE ET INSTRUCTION
UN
On comprend aisément pourquoi les habitants d’une petite Tille ou d’un TÜlage, lorsqu’ils sont malades, doivent s’abandonner aux chances du hasard.Généralement parlant, ils ne peuvent arriver à ce degré de culture indispensable pour juger même superficiellement du mérite médical d’un individu, quand le défaut de concurrents ne leur interdirait pas la faculté du choix. Mais pourquoi le public éclairé d’une grande et populeuse cité, renfermant un nombreux essaim de médecins ne se laisse-t-il pas guider, lorsqu’il en choisit un, par les règles de la raison ; la cause en est bien moins évidente. Ce n’est pas, parce que, suivant Bacon, rien ne plaît tant à la multitude que ce qui flatte l’imagination, et enlace rentendcment en se liant aux notions vulgaires, que le monde va se pipant aisément de ce qu’il désire, qu’elle affecte un penchant déterminé pour le merveilleux , l’étrange', l’impossible ; que Montesquieu a dit que nous n’aimons presque que ce que nous ne connaissons pas, et c|u’il n’y a rien de beau que ce qui n’est pas ; non , mais, parce qu’on est généralement convaincu de l'impossibilité d’acquérir jamais les moyens de connaître le mérite des médecins par des signes certains et positifs de leur savoir et de leur caractère moral. C’est ordinairement une réputation usurpée, l’influence des recommandations, la vénalité de jour-
Pour connailre et clioisir