‹ Guide ou instruction pour connaître ou choisir un médecinChapitre 8 sur 8 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De la conduite des médecins envers leurs malades.

II est moins difficile qu’on ne le pense de distinguer le bon médecin du mauvais, par sa manière de se conduire envers les malades, par le mode d’investigation qu’il emploie dans la recherche des circonstances de la maladie, par le jugement qu’il porte sur sa nature et sa terminaison. Quant à la méthode de traitement les personnes étrangères k l’art ne peuvent absolument pas s’ériger en juge compétent, quand bien même elles se seraient rendu familières quelques notions théoriques de médecine.

Le médecin qui ne respecte pas ce précepte, medicus non accédai nisi vocatus (que le médecin ne vienne point s’il n’est appelé), doit par cela même exciter la plus grande défiance, il montre un caractère vil, intéressé au point de chercher à gagner de l’argent au mépris de toutes les convenances. Les médecins qui, sans être appelés , sous un prétexte quelconque, vont visiter des malades, ou mendier une clientèle par des voies détournées se déshonorent. N’est-on pas indigné de voir des médecins riches et recommandables d’ailleurs, despendre jusqu’aux plus basses manœuvres pour s’enq-

pafer d’une clientèle, à cet eflet séduire des domestiques, courtiser de vieilles intrigantes.

Personne n’a décrit aussi énergiquement que Vuzer les méprisables ruses employées pour se procurer une clientèle. 11 met dans la bouche d’un médecin imbu des maximes que nous avons exposées, les conseils suivants : il doit dire que le grand nombre de ses malades ne lui laissent le temps ni de manger, ni de dormir ; dans les cafés, dans les cercles, en un mot partout où il remarque qu’il peut être entendu, il doit se plaindre hautement qu’il est un vrai martyr, que jusqu’à minuit il est obligé d’être dans les rues. Il ne doit recevoir aucune visite ni eu faire aux autres, et on ne doit jamais le trouver qu’au pied du lit des malades. S’il va à pied, il est obligé pour ne pas les renverser de mettre de côté les enfants qui se trouvent sur son passage, et quand il va en voiture, il doit continuellement avoir les yeux sur son agenda. S’il est invité à un repas, il ne doit promettre de s’y trouver qu’avec cette restriction, si cela est possible ; mais jamais cela ne doit être possible, il doit se dispenser d’y aller, et plutôt se mettre au lit, afin de faire croire qu’il n’a pas assez de temps pour visiter tous ses malades. Si quelqu’un l’appelle en toute hâte, il doit s’inquiéter, crier : vous autres croyez que je puis me mettre en quatre; j’ai déjà visité plus de cinquante malades, cinquante autres m’attendent, et des milliers sont dans mon antichambe qui veulent me parler. Où demeurez-vous? Je ne demande pas mieux que d’aller chez vous; mais, il faut que vous attendiez ! mon Dieu! dans cette ville n’y a-t-il donc pas d’autres médecins que moi? Pourquoi n’en appelez-vous pas un autre? mais pourtant... Venez ici, comment vous nommezvous? Dans cinq minutes je serai chez vous.

Mais le médecin qui traite, en sous main, le malade d’un de ses confrères est bien plus coupable, et bien plus méprisable. Tl nuit non seulement au malade, car

il n’y a rien de plus dangereux que de ^e faire soignçr pat deux ïnèdeciûs, sàns que l’un ait connaissance de l’autre, mais il agit envers son collègue comme un ëscrôc puisqu’il lui enlève une partie de ses honoraires, et porte atteinte à sa réputation. ÎÊU général, les jeunes inédeciiis Se laissent trop aller à de pareils écarts. Ils cherchent à s’en èxcusér en allégéânt qu’il leur était impossible dé rester tranquilles spectateurs du meurtre d’un malade, quand ils étalent dans la ferme conviction de pouvoir le sauver (1). Quels que soient le zèle et l’empressement de quiconque cherche à sauver la vie a son sémblahlè, on ne peut pas toujours néanmoins, approuver la voie suivie pour arriver à ce nohle but. En effét, qu’arriverait-il si chacun voulait, avec les meilleures intentions du monde, faire d’un malade le sujet de ses expériences?

Quant à la durée de la visite d’un médecin, on ne peüt la préciser, parce qu’elle dépend de plusieurs circonstances accessoires, comme de la gravité, de la complication de la maladie, de la manière dont le malade s’explique, et aussi du coUp-d’œil plus ou moins exercé du nlédecin. Mais tout malade a le droit d’exiger de son médecin qu’il veuille bien l’entendre. 11 y a certainement des malades, parmi lesquels les hypocondriaques et les hystériques se distinguent, qui ne se lasseraient jamais d’exposer leurs bizarres affections, quand même le médecin aurait assez de temps pour rester une journée entière assis près de leur lit. Mais cé sont dés exceptions qui ne doivent point déconcerter le médecin habile, quand il possède ou du moins connaît l’art de diriger le discours de ses malades et de mettre des bornés à une fastidieuse loquacité qui rend plus diÉcile la connaissance ou le diagnostic de la maladie. Mais par

(1) Ce motif encore que «ineère, n’en serait pas moins blâmable çt( dénoterait une outre-citidance peu scrupuleuse plutôt qn’un savoir . réel.

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contre, il y des médecins, et qn trop grand nombre, qui ou par vanité, ou par, trop grande hâte, ou par impàtiénce, ne laissent pas leurs malades proférer une parole, qui les arrêtent dès qu’ils ouvrent la bouche, en leur criant : c’est assez, jé connais déjà votre affaire. Je ne nie point qu’il n’ÿ ait des maladies qui se connaissent au prémier coup-d’oéil que l’on jette sur les malades ; malgré cela, je soutiens que le médecin le plus exercé ne doit pas trop se fier à son tact, et que par conséquent il doit mettre à profit toutes les circonstances qui peuvent lui faciliter la connaissance parfaite de là maladie. Un médecin qui porte ün jugement sur une maladie, sans avoir fait les investigations nécessaires, rèssèmldé en quelque façon à un juge qui condamnerait un homme, parce qu’il lui trouyéràit l’air d’un fripon.

Ç’est surtout dans lés hôpitaux que les médecins négligent trop souvent de faire les interrogations nécessaires, leurs visites ressemblent plutôt à une promenade qu’à une affaire sérieuse et de la plus grande importance (1). Du reste, on ne peut dissimuler que certain^ médecins d’hôpitaux sont presque contraints à visiter superficiellement leurs malades, et pour ainsi dire, ep passant, parce que le nombre de ceux qui sont confiés leurs soins est trop considérable, il y a dé^ hôpitau^ ou chaque médecin a journellement depx çents malade^ à visiter, c’est-à-dire qu’il devrait toujours avoir dans la tête l’histoire de deux cents maladies; qu’il ne puiçsç les avoir toujours présentes, c’est ce qu’op se persuadera facilement; on en sera d’autant plus convaincu, que la ténuité des honoraires qui sont ordinairement assigu|â aux médecins des hôpitaux, n’est pas le plus excellent moyen pour les encourager à se vouer uniquement ët

(t) La rapidité et l’uniformité de leurs prescriptions, les a fait tourner en ridicule dans ce conte absurde d’un médecin d’hôpital qui accomplit sa visite en criant ; qu’on saigne à droite, qu’on purge à gauche.

exclusivement au service de rhôpital. 11 n’est même pas possible, attendu la modicité des revenus dont en général jouissent ces établissements, qu’ils puissent payer un grand nombre de médecins. Ils sont d’autant moins en état de le faire que souvent une bonne partie des revenus est dépensée à solder des employés superflus. En général, la magnificence des édifices du plus grand nombre des hôpitaux, semble attester que l’on a amplement pourvu aux besoins de la plus misérable classe des malades. Mais tout est pour l’apparence : ces établissements grandioses ne possèdent pas ordinairement des revenus suffisants pour être aussi utiles qu’il le faudrait. Vous remarquerez des salles grandes et aérées, mais du mauvais bouillon ; des couvertures propres et belles, mais des draps rudes. Le salaire des infirmiers est presque toujours si mesquin qu’il sont presque dans la nécessité de devenir des vampires ou des sangsues pour les malades.

Quelques médecins croyent s’emparer de toute la confiance du malade, quand ils prennent beaucoup d’informations, ils ne leur laissent pas dire une seule parole; avant que le malade ait répondu à leur première question, fis lui en ont déjà adressé une seconde et même une troisième. Aussi en savent-ils beaucoup moins sur la nature de la maladie, à la fin de leur interrogatoire, qu'auparavant. D’autres interrogent leurs malades, comme des femmes récitent leur chapelet, et ne font pas la moindre attention à ce que répond le malade. Parfois, il est arrivé qu’un pauvre malade après avoir fait tous ses efforts pour faire comprendre au médecin comment il expectorait, s’entend demander par le médecin, à la fin de son interrogatoire, s’il a expectoré.

Le véritable médecin est circonspect, il fait peu de questions, mais il les fait à propos; avant tout il se fait raconter par le malade l’histoire de sa maladie. Il acquiert de cette manière un tableau informe de la ma-

ladie qu’il perfectionne, ensuite par des questions peu nombreuses, mais faites à propos. Le médecin qui ne se fait pas raconter par le malade l’histoire de sa maladie, mais prétend arriver à connaître son état seulement à force de questions, ressemble à un homme qui, pour apprendre la cause d’un malheur dont un de ses amis a été victime, au lieu d’attendre patiemment qu’il la loi racontât, lui demanderait avec vivacité: as-tu été volé? as-tu fait faillite? as-tu perdu ton frère ou fa femme, ou ton fils? il pourrait bien l'interroger une heure avant d’apprendre que son ami s’était fracturé une jambe.

Dans le choix d’un médecin il faut donc observer attentivement , s’il interroge à propos et suffisamment, s’il ne le fait pas convenablement, on est autorisé à penser que la méthode de traitement ne sera pas non plus rationnelle et opportune. Du reste, il faut une certaine délicatesse et de l’habileté dans l’investigation des causes qui produisent les maladies, de sorte qu’on n’offense ni la décence ni les convenances. Cette règle est de la plus grande impoi’tance, en agissant autrement le médecin pourrait quelquefois mettre dans un grand embarras ses malades ou leurs parents, faire naître même des soupçons interminables entre deux époux, jeter ainsi une pomme de discorde dans les familles qui vivaient auparavant dans la plus parfaite harmonie.

Par des raisons qu’il est facile de deviner, les malades veulent connaître le nom de leurs maladies, et môme autant que possible la théorie de cette maladie. Un médecin complaisant qui veut sc rendre agréable, ne refusera jamais de satisfaire cette curiosité, autant que le permettent les circonstances. S’il, s’acquitte de cette tâche avec prudence et circonspection, en sorte que le malade arrive à connaître au moins jusqu’à un certain point l’état où il se trouve, il redoute moins le danger, le médecin contribue plus par ce moven à la gn.ériaon, que par les remèdes les plus coûteux. Il est fàchçux que l)ien des muladies ont des noms si effrayants que le rna-f

Ja9é qui ici éhtëWd polubtlcêi* uSt dë fcralhtë el terreur. CoUirhlint Un Wittladd à quilé Mëdeëiri dit qu’il est atteint d’üilfe ’flfe^rè UtitfMù, iiè èèÿâit-il pM- ëiiôuvanté? Ctinlfeértt he cmtélt-ll pâb q'üè Mites sëà' humeurs sont corFônijpués, qûe êùïi éut|is Va toiMêt' eii dissolution parla pütféfâdÜottt.Fèrsotiue ii’à toUVhé eti ridicule ateç autâtlt de taîèut qUê Môliéte i’étraUgëtë dü langage médical. Sien qüe ce gràrid éUmiquè dit parfois rabaissé, 'vilipendé la digtiité ét l^èxceîleiicè déia médecine , il n’en â pas îüoîils fait une critique très amusante des manières des médecins dé son temps. iVIais en lés ridiculisant, en les vouant âUi lUdqUé'rîes, à lâ risée, ne les a-t il pas dèconsidérèsj n’a-t-il i)âs détriiit dans les malades Une confiance qui leur est si salutaire? Le médecin prudent fié cherchera point, pour se donner plus d’impurtance, à les intimider par des expressions qui;les effraieraient. Les ïttetaphoreS recherchées dont queiqüés tnédeciuS sé servent, dans leurs phrases élégantes, pour faire comprendre au malade et aux assisr tauts la nature de l’affection, sont également impropres et ridicules.

On u’exlge pas seulement du médecin qu’il guérisse et adoucisse la maladie, mais on veut encore qu’ils en présage llssüe. Lé médecin dont les pronostics se véri-^ fient, quand même Us seraient presque toujours funestes,est beaucoup pins estimé que célui qui est uloîns capable de pronostiquer, et pourtant traitera son malade avec bien plus de succès. Celui qui détermine précisément l’issue d’une maladie, c’est-à -dire fait un pronostic juste, prouve sans doute qu’il est parvenu à comprendre quelle est la nature dfi mal, qu’il n’a point échappé à son œil scrutateur. L’art de prédite l’issüé des maladies se fonde en partie Sur la connaissance dé la nature de la maladie, en partie sur l’avantage d’avoir vu beaucoup de malades, et sur l’esprit d’observation. Aussi personne n’est plus capable qu’un médecin expérimenté dé décider qimVie sera la terminaison d’une ma-

ladie, &i elle finira par la gnérisbn ou par la mort^ ott st elle se changera en une aatrê^ et ed cpielle affectioto elle se changera. Personne ne répondra sur ce point avec plus de justesse que le médecin qui connaît dans tonte son étendue la science qu’il cultivé.

Il n’y a pas de matière en médecine où l’on ail déployé autant de charlatanisme que dans ce qui a rapport atf pronostic. Quelques médecins'j comme les anciens oractes, enveloppent tellement leur prcmostic dans «n nuage de doutes et d’équivoqueS qu’à tout événement ils doivent avoir raison. Néanmoins ils doivent être moins blâmés qne ceux qui prbphétisent avec assurance l’issue d’une maladie comme s’ils étaient des divinités infaillibles ; de sorte qu’ils plongent, au hazard , dans la joie ou dans la crainte une famille entière. Un mal q uelconque, tout insignifiant qu’il puisse paraître, peut se transformer en une maladie mortelle, sans que le médecin le plus expérimenté paisse même de loin prévoir cette métamorphose. Le médecin prudent qüi prend à cœur la vie de son malade, et la tranquillité de ceux qui l’entourent^ par cette raison, né promettra jamais d’une manière positivé la guérison d’une maladie, Aêinela plus légère, particulièrement quand il s’agira d’une maladie aigue. Il Sé contentera de dire, jusqu’à présent il n’y a aucun danger, il y a beaucoup de probabilité pour la guérison ; mais jamais il rie répondra snr sa tête ou sur sa fortune de la certitude de son pronostic. Tant que k putréfaction où le sphaèèïe ne s’est point développé, on peut penser que la vie éxiste, pourvu que l’organisation ne soit pas détruite. Aussi, û’est-il pas très rare de voir des malades se rétablir contre toute attente, et pour ainsi dire, revenir de la mort à la vie,-iplusieurs de ceux que des médecins avaient cru perdus. Par cela même que le médecin doit êitre circonspect dans le pronostic des maladies légères, afin de ne pas rendre douteux l’espoir fondé de la guérison, ü doit encore l’être dans les maladies aigues et

graves, afin de ne pas détruire tout espoir de rétablissement. Certains charlatans ne commettent pas cette faute par timidité, mais ils ont pour maxime de pronostiquer la mort dans tous les cas, même là où il n’y a aucun danger. C’est un artifice dont ils se prévalent pour faire croire qu’ils possèdent des talents extraordinaires. Voici leur ruse ; le malade vient-il à succomber, ils rappellent qu’ils l’avaient prévu ; guérit-il, ils se flattent, qu’on oubliera leur pronostic, quand ils se disculperont en alléguant qu’ils ont fait plus qu’ils n’avaient osé promettre. Affreux calcul! Pour accroître sa réputation, pour servir son propre intérêt, devrait-on jamais augmenter à dessein le malheur d’une famille affligée, que la crainte de perdre son chef, son soutien, plonge dans l’anxiété, dans l’effroi le plus cruel? Peut-être vous estil indifférent, à vous, barbares, qu’une tendre épouse reçoive de votre bouche des paroles de consolation ou* un arrêt de mort qui la jettera dans le désespoir. Croyez-vous que la joie causée par une guérison inattendue compensera aussi aisément et aussi rapidement la douleur que vous avez fait naitre, si mal à propos, dans le cœur sensible d’un ami, d’un fils, d’un père, d’un époux ou de quelque autre personne chérie, qu’il le serait de satisfaire votre soif d’or et de réputation par des honoraires très-élevés?

Lorsque tout espoir de guérison est perdu, le médecin doit, avec les plus grands ménagements, en donner avis aux parents, aux amis et au malade lui-même, dans le cas où il en aurait manifesté le désir, et que cela puisse se luire sans apporter aucun préjudice à son état. Il V a eu des médecins, qui, par un seul mot prononcé d un ton d autoi ité ont réduit au désespoir des familles entières, et ont fait tomber malades bien des pç:’onnes douces d’une vive sensibilité, pour ne pas les uvuo pit-paiee; à un dénouement fuclieux, ou dU moins leur avoir insinué qu’il était à craindre, Je cou-

ime téndve mère fit appeleç uu îpédéQin poïff

un de ses enfants malade, elle sentait, pour ainsi diré, en elle-même, l’irapossihilité de la guérison. Le médecin en entrant dans la chambre du malade, pour prouver l’exellence de son coup-d’œil, s’écria, la porte à peine entr’ouverte, c'est un enfant perdu. Cette imprudente exclamation impressionna si violemmentla pauvre mère, qu’elle tomba dangereusement malade, et peu s’en fallut que la même tombe ne renfermât la mère et le fils.

Au surplus, ces charlatans qui déclarent mortelles les maladies les pins bénignes, devraient i< qee par

leur condamnation à tnoid, ils perdent beandoup, de leur crédit, quand on reconnaît que la terminaison de la maladie dément le pronostic. Ils finissent par devenir des objets de dérision, et leurs pronostics les plus propres à se vérifier n’obtiennent plps-dès-lors aucune croyance.

On sait que d’illustre Van-Swieten prédit à une dame de haut parage qui ne songeait pas qu’elle eût à craindre aucun mal, que bientôt elle serait frappée d’apoplexie, qui, en elFet, survint peu après On sait aussi que quelques autres médecins qui voulurent imiter Van-Swieten, sans posséder sa sagacité, par le terrible pronostic qu’ils portèrent, jetèrent nombre de gens dans des maladies graves où plusieurs succombèrent. Tel hypocondriaque s’imagine avoir toutes les maladies dont il a appris les noms dans quelque ouvrage de médecine. Avec une telle pusillanimité ne perdrait-il pas tout courage si un homme auquel il a donné toute sa confiance venait, tout-à-coup, lui déclarer qu’il est sous le coup d’une dangereuse maladie, qu’il est menacé soit d’une hémophysie, soit d’une apoplexie. Relativement à la méthode de cure, j’ai déjà fait remarquer que le malade ne peut jamais en être juge compétent. Je terminerai en présentant quelques réflexions sur la façon d’agir du médecin relativement aux remèdes qu’il propose, aux règles diététiques auxquelles il assujetit les malades. Ces objets

d’être considérés avec la plus .grande attentipji^, pariftç que c’est par eux que l’on distingue essentieilepaentun habile rpédecin d’un ignorant.

Dans le traitement des maladies, le médecin se sert des r^èdes appelés pharmaceutiques.ou des diététiques^ ou des deuîi en même temps. On sait qu’on se procure ceux-là sur des recettes qu’exécute le pharmacien; ceux-ci se tirent des prescriptions relatives aux aliments, à l’exercice du corps, aux passions de Fâme, etc.

On reproche avec raison à la majeure partie des médecins de notre temps de se confier trop aux remèdes pharmaceutiques et de négliger les diététiques, ou du moins de ne Ips point employer de manière que les uns secondent les autres^ et qu’ils se fortifient mutuellement dans leur action. Les médecins des premiers âges de la médecine ont évité cette erreur avec le plus grand soin, mais, à la vérité, quelques-uns sont tombés dans le défaut Qpntraire. Ainsi,, quoique les pères de la médecine déterminassent avec la plus scrupuleuse attention, avec les soins les plus minutieux, les aliments dont leurs malades devaient faire usage, quMls allassent même jusqu’à déterminer l’espèce de mouvement qui convenait le mieux à leur plan de cirre, qu’ils missent en œuvre tout ce qui leur semblait propre à porter le calme dansTàme de leurs malades, au moyen de la musique, de la poésie, d’une société agréable, de manière que, par ces moyens, la guérison succédait avec plus fie certitude et de pi'omptitude ; néanmoins, aujourd’hui, la plupart des médecins se comftorteut d’une manière toute différente,, ils pensent que tout ce qu’ou peut exiger d’eux consiste cntièremeut dans la déüvrauee d’une refiette.,11 c^tlEqrt rare qu’ils quittent le lit d’utt malade sans avoir laissé une ordonnance, dopt l’effet u’estt. ie plus souvent, qu’une dépense inutile. , .

Dans lo choix d’un médepiu, ou doit en général faire heaucioup d’attention à ses pfcsçripüpns, à toute ^a conduite au Ut d’uu malude ; pu observera principale-

ment sHl smt en mNe temps pQm]îmer les remèdes dié? tétiqnps fin^ P.Î]Maçent|qne§- L’art de cpmlîiner ces moyens est purtont nécessaire d^tn» les makdige ehcpniques où l’on a snffisammen| du temps popr donner nne moUleare direction à k marche dp k makdie; parTemplni des moyens diététiques. Ainsi, par exemple^ on peut prendre les remèdes nutritifs ep hién PÎWS grande quantité que tes ïemcdes appelés pharmaeeutlques} Us sont pins homogènes an corps, et remplacent keiïeptent les pertes qn’il fait- ïl en résnlte que par un choix çouYpiiahle et opportun des aliments, diverses jpalatüe^ ont été éloignées, contre lesquelles antérieurement on avait eu vain épuisé des pharmacies entières. Whytt assure avoir vu guérir par le simple usage des œufs frais, plusieurs émaciations, chloroses et jusqu’à des ictères qui n’avaient jamais voulu céder à aucun re^mède pharmaeeutique. C^st par la même raison, que tops les jours nous voyons confirmer l’opinion de Hunter, que les symptômes vépérieus d’auGieune date, reconnus inGurables, se dissipent parle seul emploi d’alimefifs nourrissants, de bon vin et (du séjour à la campagne dans nn bon air. Unteryvqqd a également démontré, ce que plus tard a confirmé le Gélèfire Scarpa, que les ulcères inyétérés des jambes, provenant de causes internes, contre lesquels les ressources de k Cfiirurgip 4ey.eUàkut §aus effet, guérissept siu.o» tous, au moins pour la plupart, ,au mqyen d’uu régiure animal, du yiu et de l’apphçation d’un ^pdage expulsif. pl est yr^i que dans ùp temps, Je? roif 4§ Fraucé et les pois d’4p|t.ef.erce guérjssméut les |eroueIlps par le simple attouchemeut? trupyéconsmous 4e

çp phéuqmèué ailleurs qüp dans riu^epce salutaire de k Yéuéràtipn, de la cqufiaùçe, ejl ‘gépéra)fmcnjt des eycikuts de l’ame sur t’organismè’ 4 P# également incontestalde c’est pur la môme raisqp fjue les amulette^ ejf les autres de k superstijtiqn, quelque aqit

kur nom, 7 Uf gfiéyi k fipvre imtermdtetKk pt d’autres

maladies que les méde'cins avaient inutilement traitées, parce qu’ils prétendaient les subjuguer seulement à force de recettes. Tout médecin sait que l’immortel Boerrhaave guérissaient les hypocondriaques par l’exercice soit à pied , soit à cheval, et que Sydenham, L’iiypocrate du siècle précédent, soutient que le mouvement du cheval est un remède aussi spécifique contre la phthisie pulmonaire, que l’écorce du Pé^ou contre les fièvres intermittentes. Mon intention n’est pas de dérouler ici la longue liste des maladies chroniques obstinées qui se dissipèrent entièrement dans des voyages de pur agrément, par un séjour dans des lieux ehampêtres, dans nue société agréable, ou aux eaux minérales, etc. J’appellerai seulement l’attention et la réflexion des lecteurs sur la multitude de maladies des plus opiniâtres, rebelles à toute sorte de traitement, qui ont été guéries uniquement par la musique. N’est-il pas reconnu que la guérison de la mélancolie, de. la manie, dépend entièrement de l’exitation dans l’âme, de mouvements en opposition à ceux qui prirent part à la production de la maladie ; qu’ainsi la cure de ces maladies devient très difficile dans les hôpitaux, puisque ces établissements manquent ordinairement des moyens nécessaires pour régler convenablement les écarts de l’imagination chez ces malheureux?

11 ne suffit pas que le médecin prescrive des remèdes diététiques , il doit avoir soin de les choisir de manière à ce qu’ils ne soient point eu opposition avec des remèdes pharmaceutiques. Un médecin qui néglige cette règle , fait voir que dans la cure des maladies, il agit par une sorte de routine, et non d’après des principes certains et déterminés. Une faut pas être médecin pour juger, au moins dans la plupart des cas, si le médecin dans ses prescriptions sait allier les remèdes diététiques et pharmaceutiques, de manière qu’ils soient dans une convenance parfaite de rapports , que ces deux 'sortes de médicaments tendent au même but; on peut donc

encore facilement sur ce point apprécier la capacité dp médecin. Si, par exemple , un médecin ordonne la saignée, et qu’en même temps il permette des aliments nourrissants , tels que des consommés, des œufs, du poulet , du pigeon, etc. ; sa manière d’agir est irrationnelle, tout-à-fait inconséquente. En effet, il ne pouvait ordonner une saignée que dans la vue de diminuer la masse du sang, et par ce moyen affaiblir la force vitale, mais jamais il n’atteindrait ce but, tant que d’un côté il restituera ce que de l’autre il avait soustrait. Cependant cette faute n’est pas très-rare chez lés médecins, il en est même qui, lorsqu’ils prescrivent une émission sanguine, au même instant engagent leurs malades à sê bien nourrir, pour remettre le sang perdu. Le vulgaire seconde ordinairement cette ridicule théorie, et jamais, dans aucun temps, les cuisines, les caves ne sont PUj s mises à contribution que q», and on prescrit la saignée i>our guérir ou prévenir une maladie. La manière d’agir de ces médecins qui, convaincus de la nécessité de fortifier leurs malades, leur prescrivent des remèdes corroborants, mais au même temps les soumettent au régime des galériens, au pain et à l’eau, est également contradictoire et irrationnelle. Cette conduite absurde est devenue trop commune ; journellement on voit ordonner contre les maladies dues à la faiblesse, par exemple, dans la chlorose, dans les hémorrhagies chroniques, et les maux de nerfs , etc., des remèdes toniques, tels que la limaille de fer , la canelle, l’eau de menthe poivrée , le quinquina, etc., tandis que la viande, le vin, le café, sont interdis, comme si l’usage modéré de ces subtances particulièrement à l’égard des personnes qui y sont habituées, pouvait nuire, dans les cas où l’on attend les plus grand» succès des remèdes fortifiants. Jamais l’action des remèdes ne répondraù notre attente, si elle n’est soutenue,en même lemps par celle d’ulimcnls qui leur soient analogues, et tendent au. nieiue but. 11 est certain que

(jèppï^d gpi^vent 4u traitement ' irratipnnel " ^es, jljftSeçins, iç)nt, les D^ÿcaniients hygiéniques et phar- ,;ipij,acfifitique^i se ejt détruisent les effets les

yupçs.des^qtres.,^.‘.V:'.'^j^

' ^f^’erfpiir la plnS gr%®i^?Ç l’on puisse cpnimettçe pnin^eicinè contre lel)on sens , est de prescrite des médiçaménts qui ontün effet contraire, de teiïe sqrté (|\ie l’îictiQU de l’un nn^ntisse^ celle de l’autre. “ ,

Le malade qui se confié à un médecin fait ave;^c lui d’une inanière implicite le contrat suivant : moi piàlade, je m’engage à me souniettre à toutes les prescriptions, mais à poûdition qué.toi médecin tu ne m’astreindras à aucune exigence, pénible, au-delà de ce|les qui sont strictement nécessaires au rétablissement de ma santé. En vérité, certe^ns membres delà faculté semblant ne s,av,oir rien de. ce pontract, et sont, dans toute V.étendue du mot, 4e vrais. typps pour les nialades. A en Juger d’après leurs prescriptions, on serait tenté de crpire que , tout ce qu’un malade désire, lui est nuisible^ et jp'é toqt ce qui lui répugne doit lui être avantageux.')Bieu’des , iioinmes du peuple sont tellemeiit persuadés qu’un bop ' prédecln doit leur défendre tout ce qui leur p,fait,.qu’ils perdent tonte confiance dans un médecin qui n’est .imjs ^ pussi rigoureuxet qui scijlemerd éloigne tout ce qui peut leur nuire. Il en résulte qne beaucoup de médecins font des prohibitions seulement pour se maintenir on ' réputation-, un plus grand nombre, et sous ce rappopt il ne ipérite point d’être blâmé, parce que les malades et leurs alentpurs ne sont que trop disposés à outrç- . passer les concessions du médecin en fait d’aliments, et à tromper sur ce point; ce qui cause la perte d’un grand nombre de malades.

Cependant les médecins ne gagnent rien avec leur despotisme. Les malades, persuadés d’avanee (lu’auciiiio de bîurs demandes ne leurs scraitîut accordées, et ne , ptmvant pourtant résister à leurs envies, se décidtmt h

(ettjpjQyer l? ej s.^ti§f9fl| iejjif .çpp.Ç'l^t s^s

réfliéçïiir ,au^ suites s’il u’ep. WQuue consé-

' qiiepçe ^l^gse, pu ,^ue (ji^el(jP .^uiéUo^^tion sur- Ylieilné., jiç médeciu pe):4|a,ppp)Çup,^e 4u ^a^^^ s’il amyç, pe qui je plus op^iqajrp^ (j^e Je ji^ade spjt f^it ipaj, .eu ajrapt |aÿ ,uf^ç idps prçj^"

p,^es pax Içïué^ecjyu pu prp^ès spu iusu, le ^édecjn ,qui ip,^t eu œuv^e trop de iigueui n pu e^ pÇ^it uiJpArpyë, et copime lî U eu coupçut pas 1^ cau^e, 4 ne peut y 4;euié<jier couveu4>lemeut.

|1 ue laut blaîfter uu medecau ai parfois 4 defqp^ au juàtade quelquephose. quoiqu^.soit iptuqerqqpt persiia.dé ^ue par qtte mcçae qtle ue puisse lui cau^ei au( un ' pri^udice 11 seiait^oice a a^u ainsi pai qe qu qrdin^ye^uieut on e^t di^po^e a crjoipe qu au-iuoyqu d que telle

défense, le malade sera a l aliEi de tout 9e qpi pe^tui .Unire. Par çctte raison, le piedecm doit s iiuppi^er la loi 4e daiie des piolubitions ^on^ccs spnplcjnept sur la .pps^bdité d un daUoti qui sqi^ait a qi^iq^'-i^ njcnit pqiir les jpei sonnes en sapte 11 y a ^puc qertai ics tjipses la ,dp;îKC pu exemple, que [e mcdecin (|qit absolument ^p terdire apres une maladie: non pas qu il qraigne que la pbose.en elle-meme spit dangereuse, mais plutpt pa^ee qu’il seiait responsable fli^ tqps les aceidcn|;b qpon ne maiiquqrait pas de lui attri})uer en cas de récidivé.

L’excessive coudescendppce du piedecin envçrs ses malades, qui l ciqpcqjie de detepjjre tontes Jçs cjjoses nuisibles, est un defaqt llblipable que l cxcpsçrve sévérité. Une condescendance (Je cetje sorte, quand elle , dirige .Ja cou,duite d.qmédecm cqvers les riclyes qt ïcS hauts perspnqp^gs 4 é^ç;q 4 e un caractère vil. Le médecin prudeqt tiendra, le juste-tndiçuept^^ S(iv<irité despotique ^qt Ja coüde^cpndauce 'servile. Souvent |e« malades eux-même, les parents ou les amis prpposciit quelques remèdes qt les spumettent à rapprobalion'du médecin. Or, comme l’approbation cl rupcerd nojro upinion avec celle d’uütfui flattent cl ciircHscii t )iptr«

amour-propre; certains médecins profitent souvent de cette disposition pour entrer en grâce auprès de leurs malades et s’en faire à jamais des protecteurs. A peine une vieille commère propose-t-elle un remède qu’un médecin adulateur a tout prêt' un panégyrique de ce remède ; il admire l’heureuse idée et pousse quelquefois la flatterie jusqu’à paraître rougir de n’avoir pas proposé le premier un aussi excellent remède ; au contraire, d’autres rejettent absolument tout ce qui est proposé par des personnes étrangères à la profession. Un médecin honnête accepterait sans doute un remède de quelque part qu’il vînt, s’il avait la conviction qu’il pût sauver son malade. Mais hors ce cas, presqu’impossible, il y aurait les plus graves inconvénients dans la condescendance du médecin qui autorise l’administration d’un remède même innocent ; d’abord, c’est enraciner dans l’esprit du public, qui, à tort ou à raison lui attribue la guérison, ce funeste préjugé que sans aucune étude préliminaire , sans aucune connaissance des maladies, encore moins de notre organisation, on peut guérir des maladies que la médecine traitait sans succès. Ce préjugé’ cause tant de maux, que peut-être jamais un médecin ne devrait consentir à soumettre un malade à une épreuve toujours dangereuse, ne serait-ce que par la perte d’un temps précieux pendant lequel la maladie acquiert le plus souvent une intensité redoutable. 11 ne doit y cgnsentir que s’il ne peut faire autrement, peutêtre vaudrait-il mieux renoncer à la cure dans l’intérêt bien entendu de l’humanité.

Dans ui: temps, on a agité avec beaucoup de chaleur la question de savoir si un médecin probe et délicat peut se prévaloir dés remèdes secrets, des prétendus arcanes. En faveur de rallirmative on avait donné cette raison que le vulgaire rarement estime ce qui tombe trop aisény^mt sous ses sens, en un mot que l’amour du merveilleux dont il est dominé le fuit courir après toutes les chimères, (|u;d est épris de ce qu'il coniprcud le

moins, que lés meilleurs reiïièdes ont été acquis de leur inventeurs comme des secrets, et qu’un médecin qui découvre un remède à l’avantage de l^umanité a bien aussi le droit d’en retirer quelques bénéfices. Néanmoins l’expérience et les lois de la morale s’élèvent contre toutes espèces dé ventes de remèdes secrets. Tous les vendeurs d’arcanes ou remèdes secrets, sans ex(;eption, sont trompés ou trompeurs, et je considère comme un de mes devoirs les plus sacrés d’avertir de se mettre en garde contre ces fourbes qu’on rencontre partout, mais quiabondentparticulièrement en Angleterre.Les remèdes secrets consistent en remèdes actifs et en remèdes inactifs. Dans ce dernier cas, non seulement ils épuisent la bourse du malade sans lui procurer aucun bien, mais il lui font un tort réel en ce que le temps le plus favorable à l’emploi de remèdes efficaces s’écoule. Dans le premier cas, il court un danger évident de succomber par des remèdes actifs qui ne s’adaptent pas à tous les tempéraments, à tous les âges et à toutes les individualités. Il est d’ailleurs impossible d’en régler convenablement les doses, d’après les diverses circonstances, les diverses phases de la maladie ; ils devraient donc être sévèrement proscrits. Grâces soient rendues à la sagesse du gouvernement qui, par des réglements de police rigoureux, en a empêché la vente, et prohibé leur annonce dans les gazettes et autres feuilles périodiques.

La science médicale, quand elle parviendrait au sommet de la perfection, n’en resterait pourtant pas moins une science dont les efforts sont dirigés contre l’accomplissement d’une loi naturelle, que souvent elle peut bien éloigner, mais qu’elle ne peut absolument empêcher d’arriver. J’entends parler de la mort, phénomène aussi naturel que cf'ui de la vie, que la superstition nous montre à tort sous la forme d’un spectre tenant d’une main une horloge et de l’autre une faux, mais que le philosophe SC représente sous l’image du sommeil. Ne plus ùlrc, retourner au sciu de lu terre d’où nous »om-r

,, wes «pJrtis, aliaadoiiner jpQur toujours tout ce qu’ou possède, tout pe qu’qo aimp, sout certainement de terribles . pensées qui effraient plus, en général, peux qui sont dans un état de santé parfait que cpu^ qui sont près fie mourir; la majeure partie des malacjes meurt aussi tranquillement que l’on s’endort, lorsquérrameest c^me iet le corps affaissé. Mourir, dit Weikurd^ !çst une simple , griniace. On doit gémir sur la position des médecins à qui souvent on impute la mort des malades qui succôinbept, et qui s’entendent appeler assassin par une popu- , lace ignorante. Dès reproches aussi injustes déteruunent quelquefois des médeoius cà abandonner certains malades plus tôt que réellement ils ne devraient ledaire, quand ils jugent que tout espoir de guérison est évanoui. Il en . résulte que quelques malades qui, peut-être, eussent . été sauvés, sont abandonnés à-une mort certaine, qu’on laisse quelques malheureux agonisants lutter sans auoun secours contre des douleurs que l’art médical aurait pu adoucir, môme dans les derniers moments. Ép général, les médecins, comme l’a fort bienobsçrivé le célèbre Bacon, ne se sont pas occupés du traitement des moribonds, et ont négligé bien des remèdes capables d’adqu- , cir cet état, de rendre la rnort plus douce, plus facile, sans pourtant la bâter. Mms, afin qu’ils puissent remplir leur devoir cntièremeut et étendre lès bienfaits de leur science jusqu’à la tombe, les parents et les amis des . moribonds doivent bien se garder de mettre le médecin en appréhension par les indices de ces reprQqlies;,la mort du malade ldi cause déjà assez de,peine.

, Je crois utile d’ajouter ici qqelques considéralious SUC le témoignage du médecin et sur ses boiioraiies,

; Les devoirs du citoyen obligent à l’obéissance aux lois, dont le médecin seul peut l’exempter. Au moyen du certiücat d’un médecin , le citoyen qui aurait dû voler à la défense do la pairie sur les frontières, jouit du repos chez lui et d’une parfaibî tranquUlité, plusieurs autres obligations civiles et politiques sont annulées,

.|)i?j5^e Je^i coi^f^entiosHs sortes sontidétettites.

. Pow gu« les médecms perdent pas oettç belle prérç- ;gati\îe, de soustraire un malheureux ^ 4es devoirs dont l’aficomplissemeat ne po^^rrait avoir lieu sans açcroitre soii infortune, U pk tout^à-fait indispensable jgue leurs , qertifioats soient çpnformesà la plus rigide morale, pt rédigés en toute conscience. Up médecin porterait atteinteà la dignité sa professiun ét perdrait toute eon- %nçe devait les autorités, si par légèreté, par craiute, P^r certaiues convenances ou par un vil intérêt, il donnait aypcune facilité blâmable des attestations de choses dont il n’aurait pas la conviction. Jaïuais on ne devrîât exiger d’un médecin rien gm ne pût se concilier, avec la dignité de son caractère ou compromettre sonhonnètété , et donner occasion à ces écarts, qui arrivent trop aisément en ces occurrenœs. Du reste, les médeàns -se . trompent fort, s’ils croient que ceux à qui ils ont déli- ; yrés des certificats de complaisance leur en sauront gré,

. priucipal.ement quand ils;oat agi par un vi intérê|t. |Gielui qqi coupait bien le cœur humafn, sait qu’un profond mépris doit ^re la récompense due à des actes aussi honteux qpe préjudiciables apx intérêts de l’état. Qui .pourrait japiais accorder de restüne, du respect, de fa confiance à un homme que l’on sait avoir abusé, par un vil égoïsme, du bénéfice des lois, avoir ainsi trompé ses çoncitovens et l’état ?

^ 1] n’est certainement rien de plus injuste que le ridicule, et le mépris que l’on cherche à répandre sur la né- .,éessitc où se , trouvent placé les médecins de se faire payer de leurs malades. Quiconque sert l’état, n’est'ril . pas payé par }e public? Pourquoi le médecin ne devraitil pas l’être? la différence entre les honoraires du médecin et le fonctionnaire public^, consiste simplement en ; cela que le premier reçoit immédiatement son argent des mains de ses concitoyens, le second par l’intermédiaire du fisc. Quelques médecins peuvent avoir fait naître un pr^qgé défavorable , et s’être attiré des sar-

càsînes par leur' éttpidilé. 'Quoiqu’il en soit, c’est le comble de l’ingratitude dans un malade de refuser de payer les honoraires d’un médecin, qui a sacrifié pour lui une grande partie de son temps, et souvent exposé sa vie. Relativement à la manière dont ils doivent demander et recevoir leurs honoraires, et à leur quotité on ne peutrien préciser, pârée que tout dépend de la coutume du pays, dé la fortune des'clients, etc. Certainement le médecin qui, éloigaé de la cupidité et d’un intérêt sordide, se distingue par sa modération dans ses demandes, et ne refuse jamais au pauvre ses soins gratuits, méritera l’estime et là considération générale. Au^urplus, nous avons déjà manifesté notre sentiment sur ce point.

Quoique je ne partage pas entièrement l'opinion du célèbre Hafeland sur les devoirs des médecins, il me semble faire chose utile que de la transcrire ici, bien convaincu qu’on la lira avec plaisir, et qu’elle ne pourra que leur concilier l’estime et la considération que l’austérité et les tourments d’une profession si pénible et si exigeante,leur méritent incontestablement. Le principe fondamentale que ne doit jamais perdre de vue le médecin dans l’exercice de sa urofession, est de se conduire de manière qu’il obtienne par les meilleurs moyens, son objet essentiel, c’est-à dire la conservation de la vie, le rétablissement de la santé, et le soulagement des maux de ses semblables. Dans l’exercice de sa profession, il ne doit voir que des malades, et ne faire aucune différence entre eux , soit à cause du rang, soit à cause de la fortune. 11 doit apporter la plus sévère exactitude et la plus grande délicatesse dans ses actions; à cette eff^t, il lui sera très avantageux de transcrire fidèlement sur un journal tout ce qu’il fait, ^out ce qu’il observe. Sa comluite et son maintien tendront surtout à inspirer de la confiance au malade. Le médecin doit être affable, mais avec dignité , et décent sans affectation , qui, sans être bouffon , mais sérieux quand il s’agit de donner du poids à ses paroles, ù ses uelions,

complaisant, condescendant en toutes choses qui ne sont point essentielles, mais aussi inébranlable dans la prescription des choses nécessaires , et très-rigoureux dans leur exécution. Il doit s’intéresser aux maux des malades, et s’y intéresser cordialement, avec des sentimens purs et un profond respect pour la religion et les consolations qu’elle nous prodigue. Le médecin ne doit être ni trop sobre en paroles , ni bavard, encore moins nouvelliste , il doit donner toute son attention au malade , observer chaque circonstance, s’informer de tout traitement antérieur, et considérer convenablement tout ce qui environne le malade ; son élocution ne sera ni trop recherchée ni trop ordinaire. Une sera pas non plus trop minutieux, et ne tombera pas dans la pédanterie ; il se gardera surtout de parler avec passion ou avec trop de chaleur, mais il s’énoncera tranquillement et avec prudence.

L’objet du médecin n’est pas seulement de guérir, mais encore de prolonger la vie , et d’adoucir les douleurs dans le^ maladies incurables.'Le devoir, le plus grand mérite du médecin, une des règles les plus importantes dans la pratique, est celle de ne jamais perdre l’espoir et le courage , de cacher toujours tout danger au malade, et dans aucun cas ne lui annoncer sa lin, puisque ce serait infailliblement la hâter. La conviction d’avoir consciencieusement rempli son devoir, est r unique but vers lequel il doit tendre dans la cure d’une maladie. Combien d’obstaefes ne s’y opposent-ils pas ? Les préjugés de toute espèce, les divers degrés de culture de l’esprit, le caractère, le tempérament et diverses autres circonstances indépendantes de lui, se réunissent pour l’empêcher de mettre en usage les moyens qu’il croit les plus avantageux au malade. 11 a besoin, pour en triompher, de connaître parfaitement les hommes. La médecine est, de toutes les professions, celle où l’opinion publique est de la plus grande importance. La voix du peupledécide du mérite du médecin.

n aurait tort de se déclarer de quelque parti, çar U appartient au public, qu’il soit populaire ; cette qualité éât la base de sa profession. J1 serait coupable d’abandopner, par des motifs quelconques, inais surtout é cau?e d’associations ou d’intérêts politiques, cette liberté de pensée qui en forme le caractère, et ne lui laisse voir que son objet principal, le malade (1).

Quant à la manière de se comporter avec ses pollègues, le médecin observera principalement cette règle de leur vouer une estime digne de réciprocité, et quand il ne l’obtiendrait pas, il s’efforcera d’apporter la plus grande patience dans ses rapports avec eux. Le médecin qui chercbe à ravaler ses collègues, avilit sa profession ef lui-même. L’art médical n’est pas encore arpyé à ce degré de perfection et d’exactitude où l’on pourrait ayee certitude prononcer sur toutes les méthodes de traitement, et condamner celles qui ne sont pas conformes à notre manière de penser. Nous ne possédons encore aucun code qui, en général, puisse faire loi; chacun est encore libre de se former des idées partie u~ .hères et propres sur l’organisme et sur la méthode dê traiter des maladies, pourvu que ces idées ne contredisent poiot la raison et l’expérience.

Lè jeune médecin doit respecter dans les vieuy confrères la maturité de l’expérience, un coupd’œil profond et sûr, l’étendue, la solidité des connaissances, l’aptitude à distinguer ce qui est essentiel à la profession de ee qui ne l’est point, et ce qui est

(1) Le médecip ne s’adonnera pas avec trnp'd’ardeur aux nouvellçs invenlipps. p ne sera pas le premier àjes meltre en usage, ni Je dernier ^ quitter celles qui ont fait Jeur temps. Outre les hepitqde?, les préjugé^, la routine, il aura encore à secouer le joug des erreurs de son siècle en général, et celles de ses maîtres en particulier. Qu’il prenne gartlé de s’attribuer cwladvement je mérite de gnérisons qpi ne ÿout |e plu? spuventque l’opvrage (Je la nature, tout au plus ^id^ys étprovoqnéés par eux, en lui imprimantune bonne (Jirection.Combnin ne devons-nous pas être en garde contre nos propres faiblesses, quand celles des plus grands médewus «uqs iii«mùeo( Unis le* jom’s en Wigf? ,

utile pour son objet, de ce qui lui est inutile ; l’hap bileté qu’il a acquise d’adapter les règles générales ^ la forme spéciale de la maladie, de la déterpiiuer de k manière la plus exacte, ainsi que le traitement qui lui convient, enfin la promptitude avec laquelle il sait trouver dans chaque cas, le lieu, le temps et la mesure. Par contre, le vieux médéciu doit estimer dans les jeunes un coup-d’œil vif et pur, la force des impressions neuves que produisent en lui les phénomènes de la nature et les ressources de l’art, la vigueur des facultés intellectuelles, l’envie d’apprendre, les elforts pour déçouiirir la vérité, la diligence, l’application, la culture de l’esprit savamment instituée.

L’ayantage des consultations est en général très probléiuatique, suivant Hufeland. En effet, ou les opinions sont semblables, en ce cas la réunion de plusieurs médecins est sans utilité, ou elles sont réellement différentes , alors il en naît facileinent de la - confusion et le malade est traité à moitié ; il s’y mêle trop souvent de la passion et des personnalités, et ce iju’il y a de plus fâcheux, c’est lorsqu’il y a.plusieurs médecins, même chez les moins indifférents, l’intérêt pour la cure et pour le malade étant partagé, sembla s’affaiblir beaucoup. -Cependant il y a des cas ou les consultations sont avantageuses, et même inévitables , c’est lorsque la maladie est très-obscure ou très-opiniâtre, que le médecin d#vieut inquiet, emharassé, que le malade commenee à .perdre confiance en lui et se décourage, qu’une grande responsabilité est attachée à la cure; enfin quand je niédecijn, uni au malade par les liens d’uue vive affection, UC veut pas s’en rapporter à lui-même , dans la crainte qu’elle pc trpublàt ses facultés intellectuelles.

Pu pcvit donc résumer ainsi les qualités d’uu médecin; Une éducation libérale, la finesse des sens, un esprit /jalme, posé, réfléchi, méthodique, observateur, prompt à sç décider dans les cas urgents ., un discerneurnut sagace, rapide et sûr pour distinguer les m ou

une sage expectation est utile de ceux oii la teinporisation serait nuisible; et savoir saisir l’occasion si fugitive, profiter de l’opportunité et garder la mesure en tout. Un jugement juste, solide , droit, mûri par la méditation. Un raisonnement fort, puissant, irrésistible. Des mœurs pures, une probité intacte, des passions modérées , réglées. La tempérance, la sobriété , la modestie, le désintéressement, l’affabilité; mais l’humanité, la charité , la douceur formeront le fond de son caractère. Il ressentira la pitié la plus tendre pour ses malades auxquels il sera entièrement dévoué. Compatissant aux faiblesses d’autrui, il sera sévère pour lui-même. Il aura beaucoup de patience, de tolérance , mais une connaissance profonde du cœur humain , une attention inépuisable , consacrée toute entière au traitement des maladies où rien ne doit être négligé, lui auront appris qu’il faut déployer une grande fermeté, une persévérance inébranlable dans les résolution arrêtées. Une conduite régulière, des manières simples , aisées, une déférence bienveillante pour ses confrères lui mériteront leur estime. L’amour de sa profession, une ardeur infatigable pour l’étude , l’éloignement du tourbillon des affaires , derentrainement des plaisirs, des sociétés bruyantes, de toute préoccupation politique, des connaissances méthodiquement acquises et bien digérées , un grand fond d’expérience mûrie par la réflexion, une élocution simple, consolante, éloignée du bavardage et du laconisme, lui donneront unô Considération méritée. 11 apportera une intelligente exactitude à recueillir les faits. Sans aucun préjugé, sans aucune prédilection pour un système, une doctrine quelconque, n’ayant d’autres guides que l’expérience et l’observation, il les étudiera, les pèsera, les appréciera avec une raison sévère, sans, toutefois, lorsqu’ils seront authenti(iue8, les rejeter parce qu’il ne pourrait les expliquer. 11 remontera aux causes quand cela sera possible, mais il ne s’appuyera que sur l’expéricuce et l’observatiou, et u’employera

que les méthodes thérapeutiques qu’elles auront consacrées, car, comme le dit Bacon, celle-ci esi la démonstration des démonstrations.

La plupart des qualités énumérées ci-dessus, ne peuvent être reconnues que par des personnes instruites , mais, en déünitive, les signes à la portée de tout le monde qui doivent déterminer dans le choix d’un médecin, sont la probité, l’ardeur pour l’étude, l’amour de sa profession, la prudence, la droiture du jugement, l’expérience, la sensibilité, des passions modérées et réglées, la tolérance, la patience, la douceur, la franchise, la modestie, la retenue, la circonspection, la discrétion, une fidélité inébranlable au maintien d’un secret, la tempérance, tant par rapport aux aliments et aux boissons, que par rapport à toute espèce de plaisir, un esprit sage, une grande aptitude au travail, un raisonnement juste, solide, de la piété sans fanatisme, le désintéressement , un entier dévoûment à son état auquel il consacre tout sou temps, ne lui en dérobant ni pour la littérature, ni pour le journalisme, ni pour des compilations littéraires, ne cultivant en un mot d’autres sciences ou art que la médecine. 11 ne se laissera dominer par aucun s^'stème n’embrassant pas trop promptement les innovations. Il sera aussi éloigné d’un flux de paroles que d’un laconisme trop étroit, il compatira vivement aux maux d’autrui, il Interrogera convenablement ses malades , il combinera dans leur traitement le régime aux médicaments.

Je ne crois pas pouvoir mieux terminer cet opuscule qu’en présentant quelques vues sur l’organisation de la médecine, comme complément de ce que j’en ai dit au commencement.

Le premier aphorisme d’Hippocrate est un modèle d’éloquente concision, et le plus bel exorde de la science médicale par l’importance des vérités qu’il contient; mais, ce qui est réellement surprenant, c’est qu’il renferme les yérUftbles bases de toute bonne organisation

tn'ëdîcWé, ttft ^êttt hardittleüt affiler qti’èUe tera d*àu,. tant pîttS vidtëüSè qtl’ëllfe is’en éldignera davantage. Rappelions cet aphorisme! « La vie est courte, l’art est long, l’occasion fugitive, rekpdfience trompeuse, le jugement difficile, il ne suffit pas qUé le médecin fasse cè convient, il faut encore que le malade et ceux (Jui l’ap^ prochent, et lés éhoSeS externes correspondent au ïnô ' me but.’

Puisque la brièveté de la vie, l’étendue de la science sont de grands Obstacles à la perfeetion du médecin , n’est-il pas évident que tous les instants de cettè vite trop courte doivent y être consacrés sans réserve, que les études doivent être très-prolongées. Puisque l’occasion est fugitive, l’expérience trompeuse, le jugement des maladies difficile , n’èst-il pas encore évident qu’il est indispensable que le médecin ait observé longtemps, qu’il ait acquis une longue expérience, pour être moins exposé à tomber dans des méprises, èt savoir aider à propos la nature dans la solution des maladies. Mais Fexpériencê personnelle serait bien insuffisante, s’il ne s’^propriait celte de tous lés temps, de tous les lieux. L’enttCe du sanctuaire médical devrait donc être interdit après Vingt-trois ans, et les études médicales commencées à la sortie du collège et prolongées jusqu’à trente ans. C’est à peine à cette époque dé la vie que la maturité du jugement et la vigueur des facultés ititelléctuelles peuvent permettre de confiera un homme la vie des autres. Il s’ensuit que la carrière médicale doit être sévèrement interdite a quiconque aurait détourné quelque peu de l’emploi du temps qui lui appartient entièrement, exclusivement, dans l’étude d’unè autre profession, en un mot, ne l’aurait pas uniquement dépensé dans l’étude de la médeeiue. Ces raisons péremptoires imposent, en outre, au législateur l’obligation d’astreindre les élèves à suivre assiduement et pendant longtemps les cliniques des hôpitaux; jusqu’à un âge où ils uyeut acquis le discernement sûr,un jugement solide^

pfü(îèHëè iütêlligentè, dé iftftilièi'e à savoir prêiidfé üiiè décision prôMptë ët salutaire, quand le ttionient d’agir ëst arrivé J fc’cst par des travâut côntihuels, dés études CôilStâüteS qu’ils y parviendront. C’éSt t^ellement: un crime dé lèze humanité qUe de dérober uU itistâüt â du art qui vous côrtüe la Vie de vos semblables. Un long stage dans les hôpitaux est donc indispensable, ét après lui, tout élève, avant de pratiquer, devrait êtrè astreiùt à en faire uü d’Un ân ou deux près d’un médeciti eid excercice, car il est des choses dans la pratique civile qu’il faut savoir et que l’On u’âpprend pas dans les hôpitaux ; l’adoption des iüësures qUë üoüS VetiOfis d’eXposer l’enlporteraièUt sur toütês lès autres, pour former des praticiens habiles, utiles, éprouvés.

Mais il lie sulîit pas que le médecin fassè ce qui convient , il faut encore que le malade et ceux qui l’eUtoUrent, enfin que les choses du dehors tendent au même but, c’est-à-dire à la guérison. Il est d’une nécessité absolue à cette fin que le malade exécute poiiCtuellement Ce que le médecin lui prescrira ; il faut pour cela, que le médecin lui inspire une entière confiance, sans laquelle souvent les'remèdes demeurent inéficaceS, I l’inspirera', lorsque sa philantropie, son âge, sès études ^ ses manières, ses moêurs , sa conduite, sa douceur la auront mérité Une considération en harmonie avec la dignité de sa profession, et la Sainte mission qu’elle lui impose. Il est du devoir du législateur d’adopter deS mesures qui assurent au public ces garanties;

Parmi les choses du dehors qui doivent seCoUder le médecin, la pharmacie occupe le premier rang. Mais lâ encore, si des lois sévères ne répriment les abus qui se glissent si facilement dans l’exercice de cette profession, la pauvre humanité, loin d’y trouver d’efficaCes secours, en deviendrait souvent la victime. Que de maux ne ré-^ sulte-il pas dans la préparations des médicaments j de la négligence, de l’inattention, de l’ignorance, de la vanité, d’uu demi-savoir. La substitution d’uu médica-

ment à un autre par cupidité ou par une fausse science mérite une punition grave, ainsi que la vente des médicaments altérés, sophistiqués. C’est un véritable attentat à la vie des hommes,d’autant plus criminel qu’il est accompagné d’une sorte de préméditation, qu’il décrédite les meilleurs médicaments et par suite , tend à décréditer la médecine qu’il réduit à l’impuissance, à enlever an médecin sa réputation. Les herboristes, les droguistes, qui commettraient de pareils délits , encourreraient le même châtiment.

Les orgueilleuses prétentions de la chimie , qui veut tout décomposer, tout recomposer, tout expliquer, sans tenir compte de la force vitale, des impondérables, des incoercibles, qui échappent à tous les réactifs, le nombre infini de corps découverts par elle, qui surchargent inutilement notre mémoire et grossit nos livres , compense-t-il suffisamment le petit nombre de médicaments vraiment efficaces qu’elle a créés ? Nous savons qu’elle surprend souvent nos sens par une trompeuse similitude, mais tant qu’il sera vrai que des causes différentes produisent des effets différents , nous ne croirons pas que le sucre de betterave est identique à celui de canne. Il serait bien avantageux, dans l’intérêt public, qu’il soit rigoureusement défendu aux pharmaciens de vendre sans ordonnances cette foule de médicaments prétendus innocents, tels que pâtes, pastilles, tablettes, dont les effets immanquables sont de ruiner la bourse et l’estomac des malades, de les entretenir dans une fausse sécurité , en leur inspirant une espérance trompeuse , tandis que le temps où leur guérison aurait pu s’effectuer est à jamais perdu.

Pourquoi ne leur interdirait-on pas la vente des substances inertes , mensongères, insignifiantes, comme les grains de vie, les globules h(»raéopathiques que le peuple dans son langage trivial mais énergique, a si justement appelé de la graine de niais} n’est-ce pas un vol manifeste ?

Tout pharmacien convaincu de connivence avec un médecin, mériterait qu’on lui fit fermer boutique. Ce même délit devrait attirer sur le médecin un châtiment aussi sévère ; l’altération des aliments et des boissons est egalement criminelle, elle devrait attirer sur leurs auteurs la rigueur des lois; ce sont des modes d’empoissonnements , dont les effets, pour être lents, ne suiit ])as moins réels. La sollicitude du gouvernement doit procurer aux malades l’air le plus pur, une eau salubre , dégagée de corps étrangers, dans les hôpitaux et partout ailleurs ; que dans ces asiles du malheur , ils reçoivent les soins de médecins éclairés et consciencieux, nue bonne alimentation , des médicaments bien préparés, administrés avec ponctualité par des infirmiers probes et intelligents, par conséquent suffisamment rétribués, si les choses externes , loin de concourir à la guérison, ainsi que le recommande Hippocrate, l’ent|-avcnt, l’empêchent, la ruine du malade n'est-elle pas certaine ? Si, par exemple, des charlatans audacieux , par des discours artificieux, par des écrits mensongers^ vendus publiquement, ou distribués secrètement , viennent détruire la confiance et la santé du malade, n’est-ce pas un homicide avec préméditation que la loi doit réprimer sévèrement. Tout médecin qui s'associerait directement ou indirectement avec un charlatan , une personne non médecin, pour donner des consultations , vendre ou faire vendre des médicaments, devrait être expulsé ignominieusement du corps des médecins qu’il déconsidérerait. Mais celte mesure ne serait pas suffisante pour détruire le fléau du charlatanfsme. On n’y parviendra jamais en sévissant seulement contre les charlatans. Leur esprit souple et fécond en ruses, saura (duder les lois et se mettre à l’abri de leur atteinte. Leur témérité, leur impudeur, leur cupidité, d’ailleurs, les leur feraient enfreindre. Elles devront aussi punir ceux qui les consultera eut, qui employeraicnt Içurs rêipèdes, coinme fauteurs et pomplices

d’uné sorte d'escroids des plus nuisibles k la soOiété, spe'culant sur la crédülité du public dont ils détruisent la santé. L’hÿgièné , quelques liotious d^anatottiîe et de physiologie énseignées dâns les écoles, énlèveraient au charlatantsUie une grande partie de sob ihfluetice. OU apptendrUit queles biérifaits de la nature, la force titaïé, un air pur, une éaü saflübre, un régirïié bien réglé, tftt exercice cOrixenable, ont plus d’efficaCité que totis leifrs prétendus arcanes. Il n’arriverait plus si comuiun^iént qu’un médecin, par un traitement rationnel, ayant arraché au trépas une personne affectée d’une malatdié grave, on fasse honneur de la cure à quelques charlatans , et cela , parce qu’au moment ou le malade entre en convalescence, il aura administré un remède insignifiant. Ce médicament inerte sera vanté , prôné , exalté comme un remède souverain, et il aura fait des milliers de victimes avant qu’on en soit désabusé. Si le malade succombe, on accuse le médecin d’impéritie, quand il ne faudrait souvent inculper que les préjugés et l’ignorance de ceux qui l’environnaient.

Mais il est un travers ou plutôt un vice de la société qui est suivi des conse'quences les plus fâcheuses , C’est l’inconcevable légèreté, l’inepte audace avec laquellé l’homme le plus ignorant prescrit des remèdes, ce que le médecin le plus expérimenté ne fait qu’avec crainte, à des personnes affectées des maladies les plus graves. Dans une bonne organisation médicale, toute personne non médecin qui donnerait des conseils à un malade, sauf les cas urgents, où les secours dé l’homme de l’art manqueraient, devrait être légalement responsable des suites qui en seraient résultées.

11 est de la plus grande importance que leS goüvernements ne nomment aux emplois rétribués que des médecins dont les preuves soient faites par une longué expérience. Malgré les avantages qui en résulteraient, si le plan que nous avons proposé dans le cours de cet opuscule û’était point adopté, en prolongeant la durée

^ rfiçulairt l’époque de la vie où l’exçj'ciçp de Jlaui,éde.ciq^^prait permis, on diminuerait de beaucoup la çpueurrence sans gêner la vocation, ni employer 4’aptps arbitraires illégaux, la loi étant égale pour tous. Nous ne nous flattons pas pourtant que cette organiser jflon serait sans défaut, quel est l’ordre de choses qui en est exempt. Corrigeons les abus autant que possible, mettons nos institutions en harmonie avec nos mœurs actuelles , mais rappelons-nous avant de détruire, que ce qui existe a la sanction du temps, l’épreuve de l’expérience, la puissance de l’habitude, perfectionnons-le avec prudence , avec ^rconspection, de manière à ne point introduire de nouveaux abus, si cela est impossible, du moins à pouvoir les corriger, quand ils se manifesteront. Profitons des institutions utiles qui ont pour'elles l’autorité de l’usage. En Autriche, par exemple, et dans d’autres pays dpd’AUemagne, les médecins forment des associations par ^stpicts ou éercles, c’est presque toujours l’ancienneté, quand ce n’est pas l’élection qui détermine le choix du président. En Italie, chaque commune entretient le nombre de médecins dont elle a besoin. C’est le conseil de la commune ou plutôt la réunion des propriétaires présidée par le maire qui les nomme. Tout médecin qui veut concourir pour être médecin dans une commune , doit envoyer au consul ses titres à l’appui de sa demande dans un délai fixé. La vacance des emplois est annoncée dans un journal ofii eiel, on y énonce les honoraires, les charges et obligations. Le conseil nomme sur ces titres; son choix est principalement déterminé par l’âge, le nombre d’années d’exercices, la réputation, les mœurs, après des informations préalables prises dans les communes où le médecin a déjà^xercé, ou celles qu’il a habitées. Ainsi les phis anciens; paédecins arrivent aux emplois les mieux rétribués, ceux qui commencent leur carrjère débutent dans ceux où ils le spnt le moins. Néanmoins les habitants d’une eomipunesout libres d’appeler, en le payant,

tel médecin qn’ils jugeront à propos. Les médeciii's qui ont acquis une grande réputation vont exercer dans les grandes villes où ils ne sont pas rétribués par lés coiiununnes, ils occupent les places dans les hôpitaux, les chairs de professeurs, etc

Un objet capital dans l’organisation médicale c’est le choix des professeurs. Dans ces dernier temps on a beaucoup vanté le concours, comme le meilleur moyen d’entretenir l’émulation parmi les médecins, le plus puissant excitant à l’emploi de toutes les facultés, afin d’acquérir de profondes connaissances; mais suivant nous l’amour de l’humanité, le désir de soulager ses semblables, et par la d’acquéru' une réputation méritée sont des mobiles assez puissants pour qu’un médecin déployé toute son énergie, use de tous ses moyens pour atteindre ce noble but

Pour un qui est élevé sur le pavoi, ses concurrents humiliés, flétris dans l’opinion publique sont découragés, exercent avec dégoût une profession, ou à leur entrée ils ont été marqués du sceau de l’infériorité, sinon delà réprobation. Demander si l’on doit préférer le concours à l’élection, c’est demander si dans une société de gens instruits;, une petite fraction réunit plus de lumières que la totalité, et si l’on peut mieux apprécier le mérite d’un médecin en quelques instants que d’après sa vie entière Nous le répétons, sans avoir besoin d’aiitres stimulants le médecin honnéie.j.digne, consciencieux, mu par des sentiment^ élevés,‘‘|(aV une philantrophie éclairée, par un vif If» f^iénee, par un intérêt

légitime, puisquïl par la satisfaction

intime d’y avoir yiîéuiM eMj^'^l^le désir d’obtenir üiie considération ra(^iéé. qu’il est de la plus ter¬

rible responsabilité, s’appliquera de toutes les forces de son intelligence, avec une volonté inébranlable, le zèle le plus ardent, à accroître autant que possible son savoir, et à acquérir les connaissances les plus vastes et les plus étendues, afin de concourir aux,progrès dé la

science. Le seul mode de concours exempt d’inconvénients, est celui adopté par les sociétés savantes, qui Imssaut ignorer le nom des vaincus ne procl iment que jcelui des vainqueurs. Le mérite modeste, timide, reste souvent méconnu; la seule manière de le mettre en évidence, de lui rendre justice, est de le faire juger par l’ensemble de ceux qui peuvent l’apprécier. . .

iCe serait une belle, grande, généreuse et salutaire idée; que de réunir, si la chose était possible , tous les médecins d’un état, ou au moins leurs délégués, afin de recueillir les fruits de leur expérience , de leurs études, de leurs méditations , de réunir en un faisceau toutes leurs lumières , que des hommes supérieurs, haut placés seraient charger de coordonner de mettre en harmonie , après avoir pesé, discuté , passé au crible de la raison , toutes les opinions, toutes les idées , toutes les vues émises, et élagué toutes les propositions disparates, les exeentricités inapplicables, les hors-d’œuvj'e inserviables. Une organisation établie sur une base aussi large, aussi ferme et aussi solide approcherait autant que possible de la perfection. Ils écarteraient soigneusement tous les mo.yens proposés dans des vues intéressées ou suggérés par les passions ou par les préjugés; sou critérium iufàillible dans le triage serait le bien do la société, le soulagement de l’humanité , ils auraient pour guides des praticiens sages et raisonnables dont l’expérience et et le bon sens seraient de sûrs garants. Le principal but d’une semblable réunion, sera le plus grand avantage de l’humanité, mais elle ne perdrait point de vue l’accroissement de la profession médicale eu dignité, en considération, eu bien-être. Elle employerait pour arriver à une fin aussi juste , tous les moyens légitimes. Ils mettraient en œuvre tous les mobiles, tous les ressorts , toutes les influences capables d’agir sur le cœur humain,pour le porter aux plus grands, aux plus nobles sacrifices à la sainte mission de la médecine, le soulagc-

ment de nos semblables, l’amour du bien serait l’âme d’une pareille assemblée et dominerait «es décisions.

Le code Justinien, dont encore aujourd’hui on admire la sagesse, n’a-t-ii pas été compilé avec les opinions des jurisconsultes de ce temps. îN’en a-t-il pas été de même de l’immortel code du grand Napoléon. Si quelque chose de bon, d’utile, de solide, d’applicable peut jamais sortir de l’esprit humain, c’est bien la seule, la vraie manière d’y parvenir, pouvu que le choix, l’ajustage des matériaux, la mise ensemble des éléments soient confiés à des hommes spéciaux, capables et animés de sentiments libéraux.

Ge ne serait donc pas une conception peu méritoire que celle de réunir dans l’intérêt de l’humanité lés efforts , les travaux des hommes d’une profession consacrée à la servir, de les exciter à se communiquer leurs lumières , à s’entr’aider, à se secourir mutuellement. Le fiel de la plus odieuse calomnie ne saurait souiller des intentions aussi respectables que pures et généreuses.

N’a-t-on pas justement observé que du choc des opinions naît la lumière ? Dans l’hypothèse contraire, il s’en suivrait que les talents, les conceptions d’un seul homme seraient supérieures à ceux de tous scs collègues, qu’il connaîtrait mieux leurs besoins, les abus qui lèsent leur profession , et dont ils sont victimes , et les meilleurs moyens à y opposer ; en un mot que les connaissances d’un seul individu l’emporteraient sur celles de tous ses confrères, opinion que l’envie ou une vanité blessée oserait seule soutenir.

Pourquoi ne prendrait-on pas des mesures préventives contre les ravages du charlatanisme, n’est-ce pas au contraire là marque d’un bon gouvernement de prévenir les désordres, d’éviter les abus ? Si haut que soit placée dans l’opitiion lasciencode la médecine, si élevé que soit le rang de ceux qui l’exercent , n’y aura-t-il pas toujours des gens assez vils, assez cupides pour

S^r][]ï cr^ulitéj'ppp^ire^, Vautoidté n’y ^ppor^i ppiiH 4’oiîstaçles , ne prenïnit pas 4e sévères mesurer ppntre ces hommes aussi éhoptés qu’avides et ignoranji's, ne seralt^elle pas coupable ? Sonaileppe^son apathie à leur égard, ne confirmeraientelles pas le public dans l’opinion erronée qu’il s’est fpp- Bïée de leigr habileté ? rf ’e^t-ce pas une sorte d’ayèu tâcite de leurs talents, un encouragement à riimposturê, à l’auitlace e| une ^orte de flétrissure imprimée à la prôfieasipP' de médecin. L’apiorjté ne donnerait-elle pas pn funeste exemple en ne Pïettant pas en usage tous lesmoyens dont elle dispose pour préyenir leurs attentats contre la société, et les punir sévèrement quand elle n’a pu prévenir leur perpétration., jCar , il n’est pas permis d’espérer , malheureureusept, que les signes que nous avons donnés pour caractériser le ntédecin probe et habile soient assez promptement répanfîôs dans le public, de sorte que l’action de la police devienne bientôt inutile pour détruire le charlatanisme. L’entente fraternelle des médecins serait, une mesure très-efficace pour y parvenir. Tous les jours ne se forme -t-il pas des sociétés littéraires, scientifiques, pourquoi ne s’en formerait-il pas dans le noble but de concourir avec plus d’eusemblp , plus d’accord, partant plus de succès au soulagement de l’humanité, et à l’amélioration morale et matérielle de ceux qui s’y dévouent corps .et âme ? Lst-il une manière plus certaine de mettre lin à cet égoïsme , à cet isolement dont on se plaint, à juste titre, où chacun ne pense qu’à lui, n’est occupé que de lui, qu’en établissant des réunions, où l’on apprend à çe çonpaître, à s?pstimer mutuellement- S’il arrivait qu’un des inembircs s’écartât des voies de rbonueur , les représentations de ses confrères n’auraient-elles pas la plus grande force pour l’y ramener, supposez qu’elles fussent infructueuses, sa radiation-provisoire ou définitive, serait une punition redoutable, en môme temps qu’un avcrtisscmpnt salutaire pour le public. Rien rie contribuerait plus à la

dignité de la profession, à la considération persônriel|e des médecins que ce soin apporté à ce qu’aucun d’eux n’y portât atteinte pas sa conduite. Pourquoi l’autorité ferait-elle défaut à une si noble tâche ?

Dans une bonne organisation médicale, une existence honorable doit être assurée au médecin , le cumul des places interdit; elles devraient être données au mérite jugé par l’élection ou à l’ancienneté. C’est un malheur que les facultés soient aussi multipliées en Allemagne, il est rare que l’enseignement y soit complet, il est vrai que dans la plupart on tient compte aux élc^es de riÀstruction qu’ils ont acquises avant de s’y rendre. Dans quelques-unes on oblige les professeurs à se retirér après 60 ans, c’est priver les élèves et les malades dès immenses avantages qui résultent d’une longue expérience, des bienfaits de ce tact médical qui ne s’acqincH que par une longue pratique. Le médecin délicat, éclàiré sentira mieux que personne le moment où sa retraite devient nécessaire. Il serait encore plus nuisible de mettre une certaine classe de médecins sous la surveillance ou sous la dépendance d’une autre classe ou d’autres médecins, ce serait mettre en relief ceux-ci, et proclamer l’incapacité de ceux-là, leur enlever lu confiance dont le malade a tant besoin pour sa guérison. Voilà où conduit la fatale idée de faire diverses catégories de médecins ; les honoraires sont mal-à -p^ropos fixés d’après ces catégories, tandis qu’ils ne devraient l etre que d’après la fortune des malades.

Un point essentiel dans toute bonne organisation raé. dicale, et qu’il ne faut jamais perdre de vue, c’est que la meilleure garantie de la capacité des candidats est moins dans la multiplicité et la rigueur des e'-.amens que dans la maturité de l’àge, la longue durée des études, la continuité de la fréifuentation des cliniques, la moralit/', !a bonne conduite et l’amour de l’étude. En eft’et, c’est a l’àge où le jugement a aei^uis toute Çsa maturité, où riüuiginatioü est suüisaiomcnt refroidie, où les pas-

sions sont modérées, où toutes les facultés soiit dans une parfaite harmonie qu’il est licite à un homme d'assumer la terrible responsabilité de la vie de ses semblables; quelques rares exceptions confirmeraient plutôt ce principe qu’elles ne le détruiraient.

J’ai souvent admiré la faculté de médecine de Paris, qui au temps de Guy-Patin fit une pension làl’un de ses membres à la condition qu’il ne ferait pas de livres ; hélas! elle n’a point eu d’imitateurs. On aurait peutêtre empêché par là la réalisation de la stupide pensée de certains auteurs qui ont eu la prétention d’improviser des médecins, de vulgariser une science qui est le fruit de longues études, ou plutôt d’une vieille expérience personnelle et traditionnelle soumise à l’ànalogie et au raisonnement. On oublie que dans la pratique il faut à chaque instant résoudre les problèmes les plus ar.épsi, dont la solution exige une multitude coimaissauces que la brièveté de la vie de l’homme lui laisse à peine le temps d’acquérir, qu’elle requiert une pratique co.nstante pendant bien des années pour en faire une juste application. Les seules connaissances médicales dont la vulgarisation devrait être permise, utile, profitable, sont celles de l’hygiène et celles qui apprennent à portei' de prompts secours dans les cas qui ne comportent aucun délai, tels que l’asphyxie, la syncope, etc. La multiplication des publications périodiques et autres, ayant pour but avoué la popularisation, les connaissances médicales et particulièrement de celles qui conduisent à des résultats pratiques, immédiats, n’est proi)re qu’à causer des maux infinis par l’application intempestive des remèdes, par l’ignorance de l’organisation, des tempéraments, de l’idiosyncrasie par l’accroissement de ce travers dont nous avons déjà signalé les tristes conséquences, nous entendons parler de cette manie des perspnnes les plus ignorantes de vouloir médicamenter atojril; e,^ à travers, bon gré, malgré, toutes les maladies qui se présentent à elles. La médecine n’étant que le

résultat de l’expérience, et de l’observation d’nn no^abre infini de faits, consiste dans l’application opportune des agens pharmaceutiques et hygiéniques qui ont eu le plus de succès dans les cas les plus analogues à medadie actuelle. Comment la pratiquer sans connaître les règles, les pincipes déduits de ces cas si nombreux qu’il faut avoir présents, analyser, comparer, en y joignant aussi la connaissance de Faction des médicaments, des aliments, enfin de toutes les ressources hygiéniques. La presse quotidienne serait bien plus utile en combattant les préjugés qui entravent la pratique (Je la médecine et en démasquant toutes les ruses du charlatanisme, qu’en prétendant enseigner la médecine (1).

(1) Loin d’encourager la publication des écrits de médecine, il est de la plus grande urgence (jue l’autorité prenne des jnesures pour arrêter le débordêmerit littéraire qui nous innonde. On a beaucoup crié contre la censure des ouvrages, avec raison sans doute, excepté pour ce^ de médecine. Les mauvais livres en ce genre sont de véritables poisons, ils sèment le meurtre en répandant des traitements pernicieux. On répondra qu’ils seront réfutés, que la vérité se fera jour ; oui, mais à travers des milliers de victimes. Qui vous assurera que tous ceux qui auront lu un livre pernicieux pour la sauté publique, en liront la réfutation. Des circonstances puissantes en favoriseront le succès ; ainsi l’amour du merveilleux, l’envie de se singulariser, les cures dues au hazard, ou à la nature pendant l’usage des remèdes bien qu’inefficaces, même contraires, les recommandations d’ignorants haut-placés, malbeureusement trop communs, les gens payés, corrompus, les coteries, les annonces fréquentes dans les journaux, les affiches, l’impudeur, la témérité de ceux qui les débitent. Toutes les chances sont donc en faveur des charlatans, et c’est une erreur massive que de croire que la presse en ce cas pourra remédier aumal qu’elle aura fait.

a Vd plus jjuste, en disant : caloinnien, calovmieg? il en resle^-y toujours quelque chose. L’intérêt bien entendu de la sociéié exige donc que tous les livres de médecine soient examinés par une commission de médecins, et que la vente de ceux reconnu dangereux soit prohibés. Jlfaig ce n’est pas s<îulcmenl du poison des écrits que le léjdslateur doit préserver 1» société; il est des pratiques, dos systèmes de médecine dont l’exercice peut être très dangereux. L’autorité serait coupable de ne pas garantir le public des dangers qu’il enlraitie, même par leur-inertie flui fuit obstacle aux médicamonU eilii aces, Lcmagnétlspae mérlfeapsipi d’vliifW l’attention dnlégislateur. jEat-il une réalité, ou n’est-il qu’.urip chimère, un rèyo de nojre imaginaiioor ÇJous no prenons point ici les arguments pour ou contre, nous n’cotroroiu

lla»s Mase d’acîihéttl'ë ïeS inéde^ •

cins étrangers ati Kbfé é^e^dîée dé la nàfédecîflé, é*ést une injùfe faftte aux Universités étïângètes q^, âtéc raison uséradent de représailles. Par Un excès d’égoïsifire OU d’amour propre mal entendu, on obligerait donc un Boerrhaave, un Stoll, un Scarpa, à s’asseoir sur les baïrcs, et à subir des examens ; ce serait ravaler la dignité de l’art dans leur personne, oublier toutes les convenances, tous les égards dns au mérite.

Il n’est aucune branche des éotinaissances humaittes où la superstition ait conservé autant d’empire que dans la médecine. Cela tieùt à la tiatüre des objets dont ellé s’occupe, la vie, la santé, sont les biens les plus précieux dont la perte entraîne celle de tous les autres. Elle réveillé les passions les plus décevantes, la crainte, l’espérance; c’est là , où le charlatanisme puisé sa force. Raison de plus pour porter les médecins à combiner leurs efforts, à se serrer, à s’unir, à s’étreindre pour ainsi dire, loin de créer entre eux des intervalles, des espaces que le charlatanisme saurait bientôt franchir. Qu’une mesquine vanité ne les empêche pas de se éoUcerter pour arriver au but commun, but honorable ; la conservation de leurs semblables ; leur bien être, Pamélioration de leur position n’est qu’un objet secondaire , leur isolement, leur séparation de leurs côllé-

pas dans celte imoprtante discussion. Considérant la question sous le point de vue légal, nous pensons qu’én admettant comme vérité démontrée la puissance du somnambulisme, il devrait être défendu ant somnambules magnétiques, sous les peines les plus sévères de donner des avis aux malades, de se mettre en rapport avec eux, avant qu’une cotnmission de médecins n’aît constaté que leur éta t de somnambule est bien réel. Dans ce cas seulement ils pourraient être autorisés à sô prévaloir de leurs facultés, mais sous la surveillance d’un médecin qui vérifieraient leurs prescriptions et empêcherait l’exécution de cellea. qui entraîneraient quelque danger. Car personne n’ignore que bie'n des accidents mortels oAt été causés par 1 p.s prescriptions insensées de cer-* tains somnambules vrais ou simulés. Toutes les personnes qui s’associeraient à un somnambule, les favoriseraient ou coopéreraient en quoique ce soit à leurs consultations, avant qu’elles n’ayenl été AUlo i risées, encourreraient les méoies peines,,

gués, nuiraient plus à la dignité professionnelle qu’ils ne profiteraient à l’élévation individuelle. ,

Un autre objet très important aussi qui a fréquemment excité la sollicitude du gouvernement, et a causé des peines inouïes aux médecins, c’est la responsabilité médicale. Je n’en dirai qu’un mot. Il est impossible que le médecin ait d’autres juges que Dieu et sa conscience; sa conduite, ses résolutions dans son art ne peuvent être incriminées. Comment constater la négligence, le mauvais vouloir, la coupable intention d’un médecin? Le traduire devant les tribunaux sur de semblables inculpations, serait donner lieu à des décisions arbitraires, à des jugements mal fondés, qui comblant, la mesure des perplexités qui affligent le médecin dans l’exercice de sa profession, la rendrait imprgd^icable pour tout homme consciencieux qui tient à son honneur, à sa réputation. Comment constater le mauvais vouloir, la coupable intention ? autant vaudrait faire le procès aux mauvaises pensées. Personne ne résisterait à une pareille inquisition. C’est à la conscience du médecin à l’absoudre ou à le condamner sur ces points. Tout autre tribunal serait incompétent, jugerait arbitrairement, jamais en connaissance de cause. C’est eficore à la conscience du médecin qu’il appartient de décider s’il doit dénoncer les faits connus dans l’exercice de sa profession, il est dans son droit, en ne les faisant point, mais son devoir l’oblige à obtempérer à cette maxime, Prma lex salus populi.

S’il en était autrement, s’en serait fait de la médecine, personne n’oserait se livrer à sou exercice, sauf de inéprisaldes êtres qui se-mettraieut audessus de toutes les flétrissures; cependant la crainte d’une condaninution Rurajoutée à ranxiélé qui saisit l’am ' d’un médecin probe et consciencieux, lorsqu’il doit jjreudre de . dé * terminalions dont dépend leur salut ou leur perte, leur ae\ien(irait très préjudiciable.

ÇJÈVRIiH.^-pniii'iiiieriotlo M. Clîffl?', rue Itpïfl'ç. tt*.

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