‹ Guide pour les manipulations de chimie biologique (volume 2)Chapitre 109 sur 162 · PROTÉ1DES ET DÉRIVÉS · texte numérisé non relu

PROTÉ1DES ET DÉRIVÉS

moyen d’une solution décinormale d’iode en présence d’empois d’amidon comme indicateur (RonchèSe).

A 100 centimètres cubes d’urine, on ajoute 15 centimètres cubes d’ammoniaque à 22° B. et 15 grammes de chlorure d’ammonium; on laisse en contact une demiheure, puis on filtre, et le précipité (recueilli sur un filtre sans plis) est lavé avec 30 centimètres cubes d’une solution contenant, pour 1 litre, 150 centimètres cubes d’ammoniaque et 150 grammes de chlorure d’ammonium. Le filtre bien égoutté cstdétaché de l’entonnoir, déplié avec précaution, puis son contenu est détaché complètement au moyen d'un jet de pissette (en opérant au-dessus d’un verre à pied) et la suspension introduite dans un ballon de 500 centimètres cubes. On ajoute goutte à goutte de l’acide acétique à 10 °/0, jusqu’à redissolution du précipité, puis assez d’eau pour amener le volume à 300 centimètres cubes environ ; on alcalinise alors par addition de 20 centimètres cubes d’une solution saturée à la fois de borate de sodium cL de bicarbonate de potassium, puis on ajoute 3 à 4 centimètres cubes d’empois d’amidon et on verse une solution décinormale d’iode, jusqu’à coloration nettement bleue de tout le liquide, persistant pendant une minute. Le virage ne présente pas une très grande netteté. Chaque centimètre cube d’iode décinormal correspond à 0Rr, 0084 d’acide urique. Gomme il reste en solution, lors de la précipitation de l'imite d’ammonium, une quantité de ce sel correspondant à 0RI , 001 d’acide urique, on voit que la teneur de l'urine en acide urique est donnée, en grammes par litre, par la formule :

ni'.ciiKifcm: ni i.'uhkk dans i.i'iiink dans laquelle n esl le nombre de centimètres cubes de solution d’iode employés.

APPENDICE

URÉE

Caractères de l’urée. — Recherche de l’urée dans l’urine

265. — Formation du nitrate d'urée. Dans une petite capsule de porcelaine, on évapore au bain-marie 4 à 3 centimètres cubes d’urine jusqu’au volume de 1 centimètre cube environ (pas à sec). On refroidit et on ajoute 1 centimètre cube d’acide nitrique : il se produit immédiatement une masse cristalline blanche de nitrate d’urée, formée de lames transparentes (examiner au microscope).

266. — Formation du biuret. Dans un tube à essai, on chauffe une petite quantité d’urée (0sr,10 environ) jusqu’à fusion, et on’ maintient un instant à cette température. Il se dégage de l’ammoniaque et la masse se solidifie; le biuret se forme par la réaction :

' NH2 ' NH2

co;NH2

= NH3 -f- nNH

c°:NH,

URÉE

Laisser refroidir, puis reprendre le résidu blanc par 2 centimètres cubes d'eau; chauffer légèrement au besoin pour dissoudre, puis ajouter 1 centimètre cube de soude à 10 °/0 et, goutte à goutte, une solution de sullatc de cuivre à 1 °/0 : les premières gouttes produisent une coloration rose violacé, tirant ensuite sur le bleu par addition ultérieure du sel de cuivre.

Dosage de l’urée

267. — Ce dosage est basé sur la décomposition de l'urée en acide carbonique, azote gazeux et eau, sous l’influence de l’hypobromite de sodium, d’après la réaction :

C0 ' NH2 + 3 Na0Br + 2Na0H =

2N -f- Na2C03 + 3NaBr + 3H20.

En milieu alcalin, l'azote se dégage seul; ou mesure son volume et on en déduit la richesse en urée.

On doit se rappeler qu’il ne se dégage ainsi que les 0,92 de l'azote de l'urée; si on opère en présence de sucre, saccharose ou glucose, on obtient la totalité de l’azote correspondant à l'urée. On doit donc opérer en présence de sucre, ou bien multiplier le résultat trouvé par 100/92; il n’y a pas lieu de faire cette correction dans le cas des urines fortement diabétiques. Il faut savoir aussi que dans le dosage de l’urée contenue dans l’urine, il existe une cause d’erreur en plus due à ce que l’hypobrornite décompose également d’autres substances azotées, les sels ammoniacaux, la créatinine, etc. On

DOSAGE DE L’unÉE 203

trouve donc un peu plus d azote que n en tout nii ail Purée seule. Dans In pratique ordinaire celle cause d’erreur, assez faible, est ordinairement négligée.

268. — L’appareil employé se compose d’une cloche à gaz graduée en centimètres cubes et dixièmes de centimètres cubes, portant un renflement au voisinage de l’ouverture, et d’une capacité totale d’environ 35 centimètres cubes (G. Bertrand).

On commence par mouiller intérieurement la cloche, puis on l’égoutte, et on y fait couler suivant une génératrice, au moyen d’une pipette, 10 centimètres cubes de la solution d’hypobromite(* 1), puis, doucement et sans mélanger, 5 centimètres cubes d’une solution de soude à 4 °/0 (soude normale) ou d’eau sucrée à 10 °/0, qui surnage, et enfin 1 centimètre cube d’urine exactement mesurée , qui surnage à son tour la couche précédente. Redressant l’uréomèlre, on lit le volume total occupé par le liquide (/?</. 28), et on note ce volume. On bouche solidement avec le pouce, on retourne deux à trois fois pour mélanger, et quand le dégagement de gaz a cessé, on retourne l’instrument sur la cuve à eau, puis on retire le pouce et on laisse écouler l’excès d’hypobromile. On plonge

Fig. 28. — Uréomètre.

(') La solution d’hypobromite s’obtient en faisant dissoudre

1 centimètre cube de brome dans 7 centimètres cubes de soude à 36° B. préalablement étendue de 25 centimètres cubes d’eau.

URÉE

complètement l’éprouvelle, maintenue inclinée, dans 1 eau de la cuve, de manière que le gaz prenne la température de celte eau, mesurée à l’aide d’un thermomètre. Redressant l’éprouvette, maintenue à l’aide d’une

Fig. 29. — Manière de tenir l’uréomètre.

pince en bois, on fait coïncider les niveaux à l’intérieur et à l'extérieur [fig. 20); le gaz est alors à la pression atmosphérique H, que l’on mesure à l’aide du baromètre, diminuée de la tension de la vapeur d’eau F la température t (puisque le gaz esL saturé de vapeur d’eau à celte température); cette tension est donnée par les tables (p. 338). Bouchant alors le tube avec le pouce, on le retire de l’eau, on le retourne, et on lit le volume occupé parle liquide qu’il renferme.

La différence entre ce volume et le volume total oc-

TRANSFORMATION DU VOLUME DE l’.\ZOTE EN POIDS 205

cupé par le liquide avant la réaction représente exactement le volume d’azote mesuré i'i t° et à la pression H — F. Pour ramener ce volume à 0° et à 700 millimètres on se sert de la formule :

Le volume V0, exprimé en centimètres cubes, et multiplié par 1,2511 (poids du litre d’azote à 0° eL 760 millimètres) donne en milligrammes le poids d’azote obtenu. Ce poids doit être multiplié par le rapport 100 '92, si l’on n’a pas opéré en présence de sucre. Le calcul est simplifié par l’emploi de la table ci-jointe.

D’après la réaction indiquée plus haut, on voit que 28 grammes d’azote correspondent à 60 grammes d’urée ; le poids obtenu doit donc être multiplié par 60/28; on obtient ainsi, en milligrammes, la quantité d’urée correspondant à 1 centimètre cube d’urine, ce qui correspond à l’urée en grammes par litre.

On se contente souvent, pour aller plus vite, de multiplier le volume d’azote ramené à 0" et à 760 millimètres par le coefficient 2,91 (ou 2,68 si on opère en présence de sucre). Ces coefficients peuvent être aisément déduits du calcul ci-dessus.

Transformation du volume de l’azote en poids

Soit Vr le volume de l’azote mesuré à la pression II et à la température t de la cuve à eau; le poids de cet azote est donné par :

P = Vt (H — F)n,

en appelant n le rapport ,^(1+0, «HW)'

206 URÉE

Table des valeurs de n de 10° à 30°.

Température

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