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CHAPITRE XIV

PIGMENTS

Hémoglobine

269. — La matière colorante rouge du sang des vertébrés ou hémoglobine est un protéide ferrugineux, qui se dédouble aisément en une protéine, laglobine, et en un groupement prosthétique, l’hématine, contenant la totalité du fer. Pour obtenir celle-ci, il suffit de dissoudre quelques gouttes de sang dans 5 centimètres cubes d’eau et d’ajouter un peu d'acide chlorhydrique; l’hématine se précipite en flocons bruns.

L’hémoglobine peut, dans certains cas, être obtenue à l’état de cristaux; la forme de ceux-ci diffère suivant l'espèce animale dont ils proviennent.

Cristallisation de l’oxyhémoglobine

270. — Pour obtenir rapidement des cristaux d’oxyhémoglobine, on emploie de préférence le sang de

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cobaye ou de ral. Le premier donne des cristaux en

Fig. 30. — Oxyhémoglobine de cobaye.

forme de tétraèdres {fig. 30); le second, des cristaux

Fig. 31. — Oxyhémoglobine de rat.

prismatiques très fins réunis en rosaces {fig. 31). On

CU1STA I.LISATION DE L OXVH KMOGLOB1NE 20!)

peut aussi utiliser le sang- de cheval, qui lournit des

prismes très allongés {fig. 32), ou le sang d’écureuil,

Fig. 33. — OxyhémoglobLne d’écureuil, qui donne des laines hexagonales {fig. 33).

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Après avoir recueilli le sang de l’animal dans un petit, llaeon contenant des perles de verre, on agile vivement pendant une dizaine de minutes, de manière à favoriser la lormalion de la fibrine. Celle-ci reste adhérente aux perles; ou décante, on ajoute pour chaque centimètre cube de sang défibriné 7 à 8 gouttes d’éther, on agite de façon à saturer le liquide et à provoquer l’hémolyse, c’est-à-dire la dissolution de l’hémoglobine, on bouche et on abandonne à basse température, par exemple à la glacière. Les cristaux se déposent après un temps variable, de quelques minutes à quelques jours.

271. — Si on veut seulement examiner au microscope la forme cristalline de l’oxyhémoglobine, on mélange sur une lame de verre une goutte de sang défibriné avec une goutte d’eau ; on abandonne un instant à la dessiccation, jusqu’à ce que les bords de la goutte commencent à se dessécher, puis on couvre avec une lamelle. Les cristaux apparaissent dans l’intérieur de la préparation, à partir de l’anneau produit par la dessiccation.

Recherche du sang par la formation des cristaux de chlorhydrate d’hématine (cristaux de Teichmann).

272. — Déposer sur une lame de verre bien propre une petite goutte de sang défibriné et autant d’une solution de chlorure de sodium à 0,1 °/„; mélanger, puis laisser sécher à la température ordinaire (en tout cas, à une température inférieure à 40°), pour éviter la coagulation des substances protéiques qui, sans cela, gêneraient la réaction. Déposer sur la tache une grosse

CARACTÈRES SPECTROSCOPIQUES DE l’hÉMOGLOBINE 211

goultc d’acide acétique cristallisable, mettre une lamelle et chauffer lentement sur une très petite flamme (on doit atteindre tout au plus le point d ébullition de l'acide). Si pendant ce chauffage on observe avec soin la préparation, on voit tout à coup la tache rouge se dissoudre et faire place à une coloration violacée ou

Fig. 34. — Cristaux de Teichmann. A droite, faible grossissement; à gauche, fort grossissement.

bleuâtre. A ce moment la transformation est accomplie et on peut observer au microscope [fîg. 34) (obj. 5 ou 8, ocul. 2). En outre du point où ils se sont produits, on voit souvent apparaître des cristaux dans le reste de la préparation, en particulier sur les bords de la lamelle, pendant le refroidissement.

Caractères spectroscopiques de l’hémoglobine

273. — Lorsque l'on examine au spectr.oscope une solution assez diluée (0,2 à 0,3 °/0) d’oxyliémogiobine,

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on voit une nbsorplion de l'extrémité violette du specl re, <d on cons La Le en ouLre l'existence de deux bandes d'absorption comprises à peu près entre les raies I) (d E. Celle qui esL au voisinage de la raie I) est. moins large que l'autre, mais elle paraît, eu revanche, plus foncée.

Le speciroscope a vision direcLe étanL réglé, comme il est. indiqué au paragraphe 196, la raie I) coïncide avec la division 590, el, la raie E avec la division 530 environ.

274. — On verse dans un Lubc à essai 10 centimôLres cubes d’eau distillée eL quelques gouttes de sang défibriné, on agile et, dès que le liquide est, redevenu transparent, on l’examine à travers la fente du speciroscope. On aperçoit les deux bandes caractéristiques de l’oxyhémoglobine, dont les axes correspondent respectivement aux longueurs d’onde 578 et 542 {fiff- 35, I).

275. — Si on ajoute à celle solution d’oxyhémoglobine 5 à 10 gouttes d’un réducteur énergique, comme l’ hydrosu llile de sodium ('), il y a transformation en

(>) Pour préparer la solution d'hydrosulfite de sodium, on opère comme suit : On dissout •>() grammes de bisulfite de sodium dans 2UU centimètres cubes d’eau, et on ajoute o à 0 grammes de poudre de zinc. On refroidit, et on agite vivement. Au bout d’une demiheure de contact, on filtre, on ajoute un lait de chaux fait avec 6 grammes de chaux vive et 30 centimètres cubes d’eau, on filtre au bout de deux minutes et on verse 15 centimètres cubes d’une solution de carbonate de sodium à 10°/„. Le liquide, filtré encore une fois, est conservé dans de petits flacons pleins et bien bouchés. Il garde ses propriétés réductrices pendant quelques jours, surtout si on le conserve à basse température.

Lorsque l’on n’a pas d’hydrosulfite, on peut le remplacer par une solution de sulfure d’ammonium ; la réduction ne se produit alors qu’avec lenteur, au boni de plusieurs minutes.

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